Novembre 2006
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Philippe Noiret
1er
octobre 1930, LILLE
(France)
23 novembre 2006 PARIS (France)
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En effet, que dire de plus une semaine après
son départ... ? Que dire de plus que ce que tous les médias
aient pu dire...? J’arrive en retard.
Mais, en retard pour quoi... Je ne lui rendrai pas la vie en lui rendant
hommage... Alors... J’ai le droit, moi aussi, de dire à
ma façon, l’intérêt voire l’admiration
que j’ai portés et que je porte toujours à un grand
comédien.
Un grand comédien bien avant d’être une vedette.
Quand on passe - par chance ou par volonté ou sans doute les
deux à la fois - de La grande bouffe à Les
ripoux... l’on exerce pleinement le métier de comédien
!
Car il nous faudra bien re-admettre, un beau jour, que Art et Métier
ne jurent pas forcément ! C’est un choix. Pas toujours,
certes... Et, finalement, l’homme choisit bien peu son destin...
Néanmoins, lorsqu’on a pris la décision de faire
de son art un boulot, l’on doit un respect certain à sa
clientèle... Et il n’y a nulle honte à cela ! Bien
au contraire. D’où tout l’intérêt que
je porte au professionnel (je déteste pourtant ce mot, tant il
a été galvaudé !) que fut - et restera sur nos
grands ou petits écrans - Philippe Noiret.
Mais... que le métier de comédien est riche tant au niveau
des exigences qu’à celui des plaisirs voire de joies !
Voyez un peu comment s’exprime le meilleur pote de Noiret, le
savoureux et passionnant Rochefort ! Un homme qui n’a point peur
des mots ni d’un texte... Noiret non plus ne craignait nullement
un texte ! Il savait les lois de la diction, de la respiration, de la
décontraction nécessaires pour pouvoir exprimer quelque
chose en public ou devant une caméra. Au-delà, rien ne
l’empêcha de posséder une culture dite générale...
qui lui permit de cultiver sa fameuse élégance... dont
on parle tant, en oubliant qu’elle ne fut point innée.
Toutes ces lignes pour exprimer ma tristesse face au temps qui passe...
mais, qui aussi, efface... Efface l’esprit humain et artistique
au profit des plus vulgaires accumulations de “biens” on
ne peut plus bassement matériels.
Je ne me souviens plus du moment où j’ai fait la connaissance
(au cinéma, bien sûr) de Philippe Noiret. C’est qu’il
est venu s’installer dans ma tête progressivement, n’ayant
pas été bombardé star à quat’sous
du jour au lendemain.
En revanche, je me rappelle fort bien sa longue et belle collaboration
avec Bertrand Tavernier. Avec L’horloger de Saint-Paul,
Que la fête commence, Le juge et l’assassin,
un tiercé gagnant dans l’ordre, ils scellent une complicité
rare... Autres films de “poids” : Coup de torchon
ou La fille de D’Artagnan (même si ce dernier est
un “poids léger”)...
En parallèle, il mena une jolie carrière en Italie. Tout
le monde se souvient de Cinema Paradiso ou du bouleversant
Facteur ! Le seul reproche (?) que l’on pourrait faire
à Noiret, c’est de n’avoir jamais appris la langue
italienne... Pour entendre sa voix, il faut voir les films ritals en
version doublée; pour ressentir l’ambiance italienne, il
faut voir ces mêmes films en version originale... et là,
c’est lui qui est doublé... Mais bon, le moment semble
mal choisi pour balancer des reproches...
Mon coup de chapeau est symbolique car je ne porte nul couvre-chef...
Mon élégance est aussi rare que le vrai luxe... Permettez
tout de même que je vous applaudisse... Monsieur l’Artiste
!
Filmographie : http://french.imdb.com/name/nm0634159/
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