JACQUOU L’ARTISTE-CROQUANT


Août 2005

 

Jacques DUFILHO

19 février 1914, à Bègles,Gironde, France.
28 août 2005 , France.



Jacques Dufilho, l’artiste-croquant, croqua la vie pleinement... quelque part entre terre et ciel... Il travaillait la terre comme on fait une prière; il visitait le ciel en artiste à part entière. Passionnante alliance entre le concret et l’abstrait que la façon d’exister de cet homme hors normes.

Sa gueule - sauf son respect - est de celles qui désormais ne peuvent plus que faire rêver le spectateur en quête de personnage...

Depuis 1938, il joua une soixantaine de pièces et tourna plus de cent-soixante films. Et, outre sa physionomie, on le compara à toutes sortes d’animaux (à lui seul, il aurait pu remplir un parc zoologique...!), il avait le talent, certes; mais également et surtout le sens du travail bien fait. Ce fut un artiste d’un autre temps. Celui où l’on apprenait le métier de comédien.

Et puis, comme tout comédien qui se respecte - et bien davantage encore - il était capable d’enfiler la peau d’une multitude de personnages, généralement pittoresques et excentriques... avec toujours ce regard un peu fou qui souvent inquiétait...

Au cinéma, je l’ai vu dans un nombre incalculable de films; mais, rarement il m’impressionna comme dans la première réalisation de Robin Davis, Ce cher Victor, avec pour partenaire un autre géant de l’Art Dramatique, Bernard Blier. Un régal auquel peu de gens daignèrent goûter... Le film fut un bide et reste à l’heure actuelle trop méconnu !

Toutefois, le Septième Art ne lui donna pas tout ce qu’il méritait. Loin de là ! Peu de premiers rôles et pas mal de nanars... L’un des seuls à l’avoir mis en haut de l’affiche fut Jean-Louis Trintignant dans (lui aussi) son premier film Une journée bien remplie.

En revanche, entre l’agriculture, le théâtre ou le cinéma, Dufilho aura vécu toute une vie bien remplie ! Une vie de quatre-vingt-onze ans...! Oh, je sais. Une existence n’est jamais trop longue; ce n’est pas ce que je voulais dire... Je remarquais simplement qu’au bout du compte, au lieu de pleurer sa disparition, il est mieux de se réjouir de son beau et long passage parmi nous !

Lui qui était si chrétien, souhaitons que son dieu ait réservé à son intention un petit lopin de terre paradisiaque labourable à loisir...

Mézigue et Moi-Même

 

Filmographie complète sur: http://www.imdb.com/name/nm0240638/