Avril 2007
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Luigi Comencini
8
juin 1916, Salo (Lombardie, Italie)
6 avril 2007,
Rome (Italie)
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Profondément socialiste et humaniste - deux
vertus allant naturellement de pair ? - , Luigi Comencini donna, à
sa manière, à tous les cinéastes qui voulurent
bien le voir et l’entendre, une excellente leçon de démarche
artistique.
Semblable à un philosophe de la qualité d’Alain,
il considérait apparemment que bien avant de se proclamer artiste,
il fallait être d’abord un artisan digne de ce nom.
Il réalisa ainsi une quarantaine de films de tous genres, refusant
assez systématiquement de devenir ce qu’il appelait une
“marque de fabrique”, fût-elle du niveau d’un
Fellini !
Heidi, un innocent divertissement pour les plus jeunes, fut
son premier film. Suivit alors un succès triomphal de par le
monde entier assez inattendu avec Pain, amour et fantaisie
, gentille comédie familiale mais fort savoureuse, qui par la
même occasion révéla une certaine Gina Lollobrigida
et confirma les talents de comédien du fameux Vittorio de Sica.
Un an plus tard, en 1954, une suite fut donnée pour la plus grande
joie de millions de spectateurs nullement indigents, mais simplement
désireux de se divertir, et ce, pas nécessairement de
la manière la plus facile. La comédie italienne populaire
y gagna en prestige et surtout en impact, sans pour autant devenir,
à cette époque-là, ce que l’on désigne
depuis une quarantaine d’années, la “comédie
à l’italienne”...
La comédie dite à l’italienne prendra forme à
partir de l’inoubliable Pigeon réalisé par un autre
futur “maestro” Mario Monicelli.
Entre-temps, Comencini, continuera de varier les genres, avec des comédies
sans prétentions (La belle de Rome), ou moyennement
engagées (La grande pagaille), ou encore le drame plus
ou moins mélo (La ragazza)... Après des films
de commande, il va exploser avec un vrai mélo pur-sang L’incompris.
Un chef-d’oeuvre qui marquera les débuts de ses évocations
poético-mélodramatiques sur le thème de l’enfance.
Il deviendra par la suite un spécialiste en deux matières
: l’enfance et le mélo (dans le sens noble). En témoigneront
Les aventures de Pinocchio (l’enfance) et Un vrai
crime d’amour (mélo adulte).
Au passage, il aura pratiqué, si j’ose dire, la comédie
à l’italienne avec le trop méconnu (distribué
en France avec deux siècles de retard, savoir exactement plus
de quinze ans) A cheval sur le tigre ou encore l’inoubliable
L’argent de la vieille.
Lorsqu’on lui reprochait quelquefois d’avoir réalisé
des films mineurs tels que Les Russes ne boiront pas de Cola Cola,
(avec Nino Manfredi tout de même et loin d’être nul
!), Comencini s’expliquait volontiers en précisant qu’il
avait toujours préféré mettre en scène un
film modeste, afin de dépanner un ami producteur et dans le même
temps de continuer à gagner sa croûte, plutôt que
d’être amené par la force des choses à réaliser
des spots publicitaires... Il était, disait-il, fondamentalement
anti-pub et tenait à rester cohérent fut-ce au prix de
quelques œuvres mineures.
Vieux retraité depuis plus de vingt-cinq ans, à 90 balais,
il est parti sans adieu, tout naturellement vu son âge... Discrètement...
Mais, son grand mérite fut d’être discret de son
vivant !
Sa sereine modestie l’a élevé au niveau des plus
grands, à savoir des plus respectables.
Mézigue et Moi-Même.
Filmographie : http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=141.html
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