Juillet 2004
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Marlon Brando
3
April 1924
Omaha, Nebraska, USA
1 July 2004
Los Angeles, CA, USA.
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Je viens de me rendre compte avec stupéfaction que Brando
navait que 47 ans lorsquil créa le personnage de
Don Corleone...! La performance nen est que plus admirable. Autant
il est vrai que toutes les interprétations (ou presque) du monstre
sacré en question sont plus que remarquables; autant il me semble
quavec Le parrain il avait atteint le sommet de son art
ainsi que la possibilité dexprimer avec ce rôle
lensemble de ses facettes...
Brando était aussi séduisant quantipathique, aussi fragile
que costaud, aussi humain que cynique... Toutes ces ambiguïtés, on
les retrouve réunies dans le même temps lorsquil devient Don
Corleone, le mafioso pur et dur; le chef dune famille aussi respectable
que criminelle; le padrino viril et courageux - honnête à sa
manière - qui finira comme tout le monde en vieillard fatigué...
Encore une fois, quelle prestation dun bout à lautre du film
!
Au-delà de ce film, les multiples aspects du très complexe Brando,
me semblent avoir été très représentatifs dune
Amérique aussi fascinante queffrayante, aussi généreuse
quimpitoyable : une Amérique qui faisait rêver... avec quelques
frissons dans le dos...
Le voilà parti lui aussi, ses quatre fois vingt ans sous les bras, dans
un tramway nommé désert, tout seul dans un wagon spécialement
réservé pour lui... Déjà légendaire de son
vivant, il est tout naturellement appelé désormais à devenir
un mythe.
Grâce à sa géniale nonchalance, son jeu effrontément
décalé - qui a fait école dailleurs - ,
toutes ses apparitions à lécran sont fascinantes! Néanmoins,
selon Mézigue et Moi-Même, les plus incontournables de ses films
sont les trois Kazan, dans les années 1950 : Un tramway nommé désir,
Viva Zapata, Sur les quais . Des années 60, on retient surtout La
poursuite impitoyable de Arthur Penn et Reflets dans un oeil dor de
John Huston, où il est bouleversant de faiblesse dans son uniforme de
façade. Dans les années 70 : Le parrain de Coppola bien
sûr et le trop mésestimé The Missouri Breaks de Arthur
Penn où il se retrouve en excellente compagnie avec Jack Nicholson et
où il laisse libre cours à sa fantaisie - une fantaisie superbement
délirante qui nous laisse sans voix !
Encore une fois, il ne sagit ici que dun choix strictement personnel
et, je le répète, chez Brando tout est bon à voir...
Si lon est tenté den savoir plus sur sa vie, cest pas
les bouquins qui manquent...! Il en existe notamment un, bourré dinformations
(vraies ou fausses... après tout qui peut savoir...), mais malheureusement
assez mal rédigé (ou mal traduit - ou les deux), intitulé Brando
- La biographie non autorisée dun certain Peter Manso, aux éditions
des Presses de la Cité. Un monumental pavé de plus
de huit cents pages - que daucuns risquent de trouver indigeste.
Cest pour cette raison que le mieux quil nous reste à faire
est daller redécouvrir ses films! Cest loeuvre de lartiste
qui prime. Le reste est anecdotique...
Avec sa disparition, un crépuscule de plus, on cède quelque peu
au chagrin et à la mélancolie... Mais demain, il fera jour, comme
dirait le poète en manque dinspiration...
Filmographie complète sur: http://www.imdb.com/name/nm0000008/
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