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CES
SALLES OBSCURES QUI S'ETEIGNENT... (4)
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Chapitre 4 : Aujourd'hui et demain
Le Kinopanorama est un cas ! Sauvé à plusieurs
reprises, une fois par des indépendants dans les années
70 qui avaient trouvé pendant une période durable
une programmation adaptée au gigantesque écran
de la salle (surtout des reprises) ; une deuxième fois,
les reprises ne faisant plus recette, par le groupe Gaumont.
Au fil des années, une évidente érosion
de la fréquentation a affaibli la notoriété
de cette salle quasi mythique. Pour différentes raisons,
mais surtout "à cause" de l'apparition de
nombreux nouveaux grands écrans, moins immenses certes,
mais suffisamment concurrentiels pour démotiver les
spectateurs à se déplacer spécialement
dans un quartier excentré... Néanmoins, qu'un
grand groupe comme la Gaumont ait pris la décision
de fermer définitivement le Kinopanorama est assez
afflligeant. La fréquentation en était encore
suffisante pour couvrir les frais, et même si telle
n'avait pas été le cas, une boîte de l'envergure
de la Gaumont aurait pu, par éthique, continuer à
la faire fonctionner à perte. Perte largement compensable
par les bénéfices réalisés dans
les "1001 salles" exploitées par l'immense
firme. Mais à quoi bon parler de cinéphilie
à des financiers dont la passion est de jouer au "monopoly"
grandeur nature. Par-dessus le marché, le quartier
de la Motte-Picquet s'est retrouvé ainsi sans une seule
salle de cinoche.
Récemment, d'autres salles faisant partie de gros
groupes ont fermé pour cause de rentabilité
insuffisante. Telles le Gaumont Champs Elysées et l'UGC
Champs Elysées - deux salles "uniques"- donc,
selon la théorie des "friquouillards" ne
jurant que par les complexes ou multiplexes, ingérables
because ne rapportant pas ASSEZ de pognon ! Car, elles assuraient
encore, si mes souvenirs sont bons, une bonne moyenne d'environ
2500 spectateurs par semaine.
A contrario, certaines salles gérées par des
indépendants, probablement passionnés de ciné,
telles que le Max Linder (salle pourtant "unique")
surnagent tant bien que mal et leurs salles obscures sont
encore éclairées par une lueur d'espoir. Certes,
le Max Linder a été amené à accepter
les cartes d'abonnement illimitées, mais est-ce réellement
un problème grave ? Bon nombre d'indépendants
s'y sont mis aux cartes UGC et MK2-GAUMONT. Et, il me semble,
à priori, que c'est une assez bonne chose, voire une
solution... Une fois n'est pas coutume, UGC voulant faire
la bête a fait l'ange en l'an 2000, en balançant
"sauvagement" sa "carte illimitée"...
Ce faisant, UGC a forcé la main aux autres gros exploitants
et suite à de nombreuses protestations des indépendants,
a ouvert l'accès légal à ce type de fréquentation
aux salles de toutes envergures. J'espère que l'avenir
ne me contredira pas (du reste, depuis 2000 à ce jour,
pas une seule salle parisienne indépendante ne s'est
éteinte), mais j'estime, dans l'état actuel
des choses, qu'aucun exploitant ne peut s'en plaindre outre
mesure... Le raisonnement qui me fait dire cela est tout simple
: vaut-il mieux une salle avec dix spectateurs par séance
à 10 euros la place qu'une salle avec cinquante à
3 euros par exemple... ? La réponse semble évidente.
Mais revenons aux fermetures abusives ; celles qui, encore
une fois, ne sont pour l'instant pratiquées par par
les grosses boîtes... Pas de liste exhaustive, juste
quelques exemples.
Côté grands écrans : deux autres immenses
salles (accompagnées d'un complexe de plusieurs autres
écrans qui plus est) sont en voie d'extinction, totale
pour le Gaumont Grand Ecran Italie, et partielle pour le Rex.
Pour ce dernier, ce n'est donc pas une catastrophe ; mais
pour le super grand écran du Gaumont Italie, c'est
la même démarche que pour feu le Kino qui est
amorcée...
Dans le 15 ème arrondissement de Paris, l'UGC Convention
a fermé définitivement ses portes, il y a peu.
Cette fermeture, pour les raisons évoquées plus
haut, n'était point indispensable... si ce n'est qu'elle
favorise la fréquentation du Gaumont Convention situé
de l'autre côté de la place, au point que les
gérants du complexe annoncent une extension prochaine
avec deux écrans supplémentaires.
Non loin de là, le MK2 Beaugrenelle (ma salle préférée
durant des années - je l'ai vue "naître"
début 1978) dépérit dans l'attente de
la réfection totale du centre Beaugrenelle, outrageusement
foireux depuis sa création... Les travaux ne devraient
commencer qu'en 2007, mais ce complexe est délaissé
depuis déjà environ deux ou trois ans... Projections
floues, courants d'air froid insupportables dans la plupart
des salles, voire inondations dues à une nullissime
conception architecturale -et si t'es pris d'un besoin pressant,
t'es obligé d'aller pisser au MK2 Bibliothèque...
ce qui fait tout de même une trotte !
Par ailleurs, "MK au carré" crée
de nouveaux complexes ou multiplexes. Car, n'en déplaise
à Messire Karmitz, les 14 écrans du MK2 Bibliothèque
forment bien un multiplexe !Mais, ne chipotons pas ; ce qui
est réellement regrettable, c'est l'aspect et l'occupation
de l'espace hors salles au fameux MK2 Bibliothèque.
T'as quelques vagues vitrines avec trois exemplaires et demi
de bouquins ou de DVD ; des petits gâteaux à
600 euros pièce si t'as un creux ; le jus de chaussette
à 294 euros hors taxes, le tout baignant dans une ambiance
d'usine désaffectée. Si tu veux aller prendre
un pot alentours, c'est le grand luxe ; rade qui se la joue
grave alors qu'il est situé dans "le désert
des Tartares" exposé aux 150 plaies d'Egypte véhiculées
par des vents follement puissants !
Finissons en essayant d'être positifs. Depuis la rentrée
2005, MK2 a très judicieusement créé
un nouveau complexe-annexe, le MK2 Quai de Loire, face au
Quai de Seine ; une assez riche idée, reconnaissons-le...
et payante ! Les nouvelles salles démarrent du tonnerre...!
Espérons seulement que la tendance générale
qui consiste actuellement à concentrer les lieux cinématographiques
par groupes de "x" écrans s'affaiblisse et
pourquoi pas s'inverse... !
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