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CES
SALLES OBSCURES QUI S'ETEIGNENT... (3)
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Chapitre 3 : Affolements et scandales
Dans les années 80, au plus bas de la fréquentation,
ce fut la panique à bord, avec bien sûr, un important
nombre de fermetures. Les "Champs" y perdirent beaucoup
- pour des raisons diverses et variées - mais essentiellement
dues à la "démission" des spectateurs.
Les "Marbeuf", "Colisée", "Biarritz"
et autres "Ermitage" (doté d'une grande salle
sublime) laissèrent leur place à des commerces
à la con du genre culottes bariolées ou à
des bureaux...
Une étincelle de crétinerie jaillit alors de
quelques cerveaux ébouillantés... Des professionnels
de la "distriexploitation", je précise. Puisqu'il
y a de moins en moins de public, rendons les sorties cinématographiques...
événementielles... !!! En voilà une solution,
qu'elle était bien comme solution ! Savoir, en fait,
réduisons encore bien davantage la fréquentation
en "luxifiant" les salles et en augmentant les prix.
Ben voyons ! Dieu merci, cette idée n'est jamais parvenue
à réellement s'imposer - même si aujourd'hui
encore il existe quelques renards sacrément futés
(des génies de la tête !) qui tentent vainement
de relancer cette funeste démarche ! Nous en reparlerons
dans le chapitre suivant à propos des "cartes
illimitées"...
Afin d'éviter une énumération lassante,
je vais prendre seulement quelques exemples significatifs
et révélateurs de la connerie de l'homme lorsque
l'affolement s'empare de lui. Durant la deuxième moitié
des années 80, des quartiers entiers de Paris se retrouvèrent
sans aucune salle de proximité, et, cas particulièrement
choquant, le 16ème arrondissement perdit sa seule salle,
le "Mayfair", pour des raisons bassement matérielles.
Certes, il y avait encore la Cinémathèque, alors
située à Chaillot ; ainsi que le pauvre vieux
"Ranelagh" - au demeurant une salle fort charmante
- qui programmait à peu près exactement toutes
les 222 heures un film ; le reste du temps, cette sorte de
monument servait tout de même de salle de théâtre
(ce qui n'était pas forcément plus mal) ou bien
restait, portes ballantes, sous la pluie d'une fine poussière...
Par ailleurs, d'autres erreurs - mais alors de vraies erreurs
- furent commises. L'exemple le plus frappant
fut celui de la Porte de Saint-Cloud et de Boulogne-Billancourt.
Si mes souvenirs sont bons, en 1987, à Boulogne-Billancourt,
l'on se décida enfin à créer un complexe
cinématographique. C'étaient les années
noires du cinoche, je le répète, et, malgré
cela, quelques petits malins de la "Gaumont" décidèrent
d'ouvrir sept salles d'un coup ! Rien que ça... ! Alors
que deux ou trois auraient largement suffi. Attends, attends,
que je t'explique mon point d'observation. Il y avait en ce
temps-là, trois salles à la Porte de Saint-Cloud
: les "Trois Murat"-lesquels "Murat",
mon dieu, fonctionnaient encore à peu près bien
(1000 entrées par semaine et par écran, minimum
vital) qui, inéluctablement, étant donné
que les deux tiers de leurs spectateurs provenaient de Boulogne-Billancourt,
juste à côté, fermèrent leurs portes
à double tour ! Cela s'annonçait déjà
mal, mais le pire allait arriver au galop. Les sept salles
"Gaumont", qui plus est mal situées, en cette
période critique, ne pouvaient trouver leur public.
Moins de 700 entrées par semaine et par écran...
Et, peu de temps s'écoula avant que toutes les sept,
ne ferment ! C'est du genre "tout ou rien" tu vois
! Du genre : comment alimenter la crise.
Un peu d'algèbre. T'enlèves les "Trois
Murat" = 3000 entrées par 52 semaines, = environ
150 000 spectateurs annuels en moins sur Paris-périphérie.
Une fois les sept salles "Gaumont" de Boulogne-Billancourt
fermées, t'as plus un Boulonnais au cinoche. D'accord
? Donc, tu perds tes 150 000 dont certains - essentiellement
côté Paris - ont pris ou vont reprendre l'habitude
d'aller au cinoche plus loin (environ un tiers, pas plus)
-savoir 50 000. Tu perds net et définitif 100 000 specteurs
Paris périphérie par an. Ce n'est qu'une estimation
pifométrique, je l'admets. Néanmoins, une chose
est sûre, avec cette opération idiote, un nombre
non négligeable de spectateurs a été,
sinon définitivement perdu, du moins égaré
pour un bon bout de temps.
Mais, les vrais scandales sont tout récents, alors
même que le cinoche a repris du "poil de la bête".
Notamment, l'immonde fermeture du "Kinopanorama"
dont nous parlerons la semaine prochaine...
A suivre....
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