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CES
SALLES OBSCURES QUI S'ETEIGNENT... (2)
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Chapitre 2 : La grande crise
Mais, avant de parler de la fin des années soixante-dix,
commençons par évoquer le début de cette
même décennie. En effet, dès cette période,
et dans le même temps que s’éteignaient
les dernières salles de quartier, les salles dites
de “première exclusivité” disparaissaient
elles aussi d’une manière tout à fait
originale et inédite... à savoir en se subdivisant...
De ce fait, le nombre d’écrans augmentait pendant
que celui des salles diminuait... Une bonne solution selon
certains qui trouvaient pertinent de rapetisser les salles
afin de pouvoir mieux les remplir... Pourquoi pas, “after
all”...? Sauf que, à force de se multiplier,
les salles devinrent pour un nombre assez important de plus
en plus petites... Ce qui avait tendance à fâcher
quelque peu le spectateur ignorant en quel lieu il allait
se retrouver; grand écran ou mouchoir de poche...?
Et, bien évidemment cette évolution allait parfaitement
à l’encontre de celle censée être
du cinématographe dont les capacités techniques
étaient loin d’avoir atteint leur limite... A
savoir, des espaces de plus en plus grands en fonction d’écrans
de plus en plus larges... théoriquement du moins.
C’est ainsi que le comble fut atteint avec la fermeture
du “Gaumont Palace” et de l’ “Empire
Cinérama” (devenant scandaleusement un studio
de téloche...!). A l’évidence, les films
à grand spectacle adéquats à ce type
de salles, manquaient cruellement; la crise s’acheminait
donc vers son paroxysme...
En effet, les productions de cette envergure nous
parvenant essentiellement des Etats-Unis, et ces mêmes
States étant déjà en train de souffrir
on ne peut plus gravement du virus télévisuel,
les “toiles” spectaculaires” disparaissaient
tout naturellement... Il faudra attendre les immenses succès
tels que Le parrain, L’exorciste ou
encore la déférlante des films-catastrophe,
immédiatement suivie par le phénomène
“Lucas-Spielberg”, pour que les grands écrans
du monde entier recommencent à être de nouveau
réapprovisionnés...
Les Studios américains avait trouvé une solution
radicale et d’une logique implacable car élémentaire,
à savoir proposer dans les salles ce que les spectateurs
ne peuvent avoir à domicile : du cinéma au format
pleinement... cinématographique...!
Mais, de par chez nous, le pli avait été pris,
et comme nous avons toujours dix ans de “retard”
par rapport aux Ricains, la crise allait régner encore
un bon paquet d’années ! La décennie suivante,
les années 80 seront à l’exception des
trois ou quatre premières, les plus terribles, un nouveau
péril, toujours véhiculé par le petit
écran, faisant son apparition : les cassettes vidéo...
Ces fameuses cassettes vont notamment, et en toute logique,
bouleverser quelque peu le domaine de la “distribution”...
Les fameuses reprises estivales de films souvent récents
vont décliner rapidement jusqu’à leur
disparition totale des “calendriers”... Entre-temps,
les salles de quartier ayant survécu pratiquent de
plus en plus la multiprogrammation afin de pouvoir être
rentables tout en assurant la continuation des films en exclusivité...
Finies, les premières, deuxièmes ou troisièmes
exclusivités d’antan... Du reste, le mot “exclusivité”
avait perdu tout son sens depuis fort longtemps. Au début,
il voulait bien dire ce qu’il voulait dire : présentation
d’un film inédit dans une seule salle; puis son
sens s’est élargi à mesure que les cicruits
devenaient de plus en plus importants... Jusqu’au début
des années soixante-dix, par exemple, un film largement
diffusé sortait dans huit salles parisiennes... De
nos jours, “l’exclusivité” s’étend
souvent au-delà de quarante ou cinquante écrans
Paris / Périphérie...! Certes, si l’on
compte le nombre de fauteuils, une certaine équivalence
se dégage : huit fois six cents places ne sont pas
loin de valoir quarante salles de cent cinquante places...
A suivre....
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