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CES
SALLES OBSCURES QUI S'ETEIGNENT... (1)
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Introduction : Comme il s'agit d'une très
longue brève, Cinékosma vous propose de la traiter
en plusieurs parties (quatre chapitres), à raison d'une
par semaine.
Chapitre 1 : NOSTALGIE
J'te parle de ça à l'époque...
Quand j'étais bambin entre 9 et 13... J'habitais alors
un quartier très populaire, celui de Barbès...
Entre le métro du même nom et la place Clichy,
il y avait en ce temps-là, un nombre impressionnant
de salles déjà quelque peu flétries,
mais massivement fréquentées... Allez, je me
lâche, je les énumère : le "Barbès",
le "Louxor", le "Gaîté
Rochechouart", le "Delta" ; on
change de trottoir : le "Palais Rochechouart",
le "Trianon", puis côte à
côte, le "Ciné Montmartre"
et la "Cigale" ; dans une petite rue perpendiculaire
au boulevard de Clichy, se nichait discrètement la
"Nouvelle Comédie" suivie par le
"Ritz", "l'Atlas", le
"Scarlett"... on fait un saut de puce sur
le trottoir de gauche : le "Lynx", on revient
à droite, "l'Agora", puis le "Colorado"
(salle spécialisée dans les films fantastoches
et d'épouvante) ; le "Moulin Rouge",
le "Paramount Montmartre", le minuscule
"Mexico", l'immense "Gaumont Palace"
; on vire à gauche en pleine place Clichy : les "Images",
puis le fameux " Pathé Wepler" (seul
survivant) avec juste en face "l'Atomic"...
nous terminerons avec le "Select" et le
"Méry"... histoire de terminer...
on a déjà été assez exhaustif
comme ça.
Je naviguais, gamin obnubilé, d'écran en écran,
en sautillant d'impatience, et ne redoutant ni les putes ni
les maquereaux, ni les pédophiles, ni les glaviots...
C'est à cette époque que je devins accro des
images qui bougent. Ah, je m'en suis gavé des Maciste,
Hercule, Goliath ou Ursus ; des 007, OSS 117 ou bien Coplan
; des Django, Ringo ou Sartana... ! Mes vedettes préférées,
c'étaient les Mark Forest, Kirk Morris, Brad Harris
ou Kerwin Matthews, Roger Browne, Lang Jeffries, ou encore
Giuliano Gemma alias Montgomerry Wood dans ses westerns, Franco
Nero, Frank Wolff ou Kinski... J'en passe les 9/10èmes,
je cite ces quelques noms, juste pour situer...
Au-delà de la nostalgie, il y a la déception...
Toutes ces salles disparurent, les unes directement, d'autres
en deux étapes, en passant des séries B européennes
aux films pornos, puis à la trappe. Tout cela (grâce
à l'invasion du "Big Movie Snatcher" : la
télévision... qui assassina
les séries B avec des feuilletons de plus en plus débiles
(car, ne l'oublions pas, le cinéma bis italien notamment
recèle parfois des trésors d'invention génératrice
de jubilation ludique). Quant au porno, il fut anéanti
par la vidéo, mais ça, on s'en fout !
Il en fut de même pour toutes les salles dites de quartier
de Paris et de la Région Parisienne, dont je vous épargnerai
la liste, car j'en fréquentais également un
certain nombre.
Ces innombrables disparitions peuvent aujourd'hui nous laisser
quelque peu indifférents, d'autant que ce fut en cette
période une évolution assez logique, même
si certains comme moi peuvent la trouver déplorable...
Car, le pire viendra à partir de la fin des années
soixante-dix, où la crise cinématogaphique en
France fut à son "apogée"...
A suivre.... :
chapitre
2 - chapitre
3 - chapitre
4
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RENAISSANCE
DE LA CINEMATHEQUE |
Ce n'est évidemment pas un scoop ; tout le monde est
déjà au courant ! Mais, je me sens obligé
de faire ce rappel, ne serait-ce que pour contraster positivement
avec la brève précédente concernant les
nombreuses disparitions de salles obscures.
En effet, nous ne pouvons que nous réjouir de la réouverture
de la Cinémathèque, en un autre lieu, sous d'autres
formes, et surtout en beaucoup plus grand ! La bonne vieille
salle de Chaillot, créée en 1936 par Henri Langlois,
a définitivement fermé ses portes, après
de bons et loyaux services durant près de soixante-dix
ans ; sa succession est désormais assurée par
une bâtisse spacieuse (600 m2) avec un considérable
élargissement d'activités. En plus des trois
salles, dont une de 420 places, il y aura régulièrement
des expositions, des ateliers, des rencontres, et l'installation
d'une bibliothèque du film... ! De quoi saliver en
se frottant les mains. En effet et qui plus est, les "Rats
de Cinémathèque" vont pouvoir continuer
à danser... grâce à une formule populaire
qui permet de disposer d'une carte "libre accès"
à l'ensemble de la Cinémathèque, pour
la modique somme de 10€ par mois. Ce qui donnera, entre
autres, la possibilité de voir environ la bagatelle
de 30 films par semaine !!! Je sens pour ma part, que je vais
faire un immense effort pour fréquenter et hanter le
plus souvent possible ces nouveaux lieux alléchants...
immense effort car j'habite à une dizaine de kilomètres
bien frappés du quartier de Bercy... Toutefois, et
c'est là l'essentiel, cela me permettra de me laver
les mirettes en me goinfrant un peu moins de nouveautés
"naveteuses".
Gageons (ou du moins espérons) que ce haut lieu du
cinématographe suscitera de nouvelles vocations cinéphiliques
et qui fera se développer le goût de la rigueur
chez les spectateurs actuels et à venir... !
Après ces quelques bonnes paroles platement convenues,
il ne me reste plus qu'à aller me coucher...
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