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Une petite brève pour un grand Emir |
Le 6 avril dernier ( je me le suis goinfré dès le 8) est paru aux éditions JC Lattès, le bouquin autobiographique, depuis son enfance jusqu’en 1995, d’Emir Kusturica. J’ai eu une légère appréhension avant d’attaquer la lecture concernant la qualité de narration écrite - sachant parfaitement que Kusturica n’est pas homme à avoir un “nègre”. Eh bien, au-delà de toutes mes espérances, le livre est magnifique, époustouflant, décoiffant, foldingue, plein d’humour, de drames et de poésie. En vérité, lorsqu’on connaît ses films, on ne découvre pas le bonhomme - on le retrouve ! Tel que nous le connaissons à travers ses films absolument inoubliables. Cela dit, on y apprend plein d’anecdotes, et le grand art de Kusturica, outre son sens inné de la tragi-comédie, c’est la capacité de nous conter des histoires et des personnages qui sont d’une invraisemblable vérité. A commencer par ses parents, Murat et Senka, puis de toute sa famille, de ses vieux potes avec qui il faisait les quatre cents coups dans sa chère ville d’origine, Sarajevo - ainsi que bien d’autres hautes ou basses figures rencontrées ça et là. Avec Emir, on ne sait pas s’il faut rire ou pleurer, alors on fait les deux. Comment, malgré une scolarité lamentable, il préférait jouer au foot ou au basket, il décide à la surprenante de faire des films, puis, son premier court-métrage ayant été récompensé dans un petit festival, comment il passe le concours d’entrée à l’Université de Prague, où il sera accepté et apprendra le métier de cinéaste. Ensuite, dès son premier long métrage, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, il va ramasser le Lion d’or à Venise; son deuxième, Papa est en voyage d’affaires, lui vaudra sa première Palme d’or à Cannes en 1985 - on connaît la suite, Le temps des Gitans (prix de la mise en scène à Cannes), Arizona Dream (Ours d’argent à Berlin), Underground (deuxième Palme à Cannes en 1995) etc. A ce propos, il faut absolument prendre connaissance du festin barbare et grotesque après la remise des prix à Cannes 1995 ! Entre autres, beaucoup d’autres. Qui plus est, on ne perd pas de temps en blablabla, en divagations ou errances pseudo-philosophiques, l’auteur va, comme toujours, droit au but, pas une miette de graisse - toutefois, ses réflexions sur l’amour, le cinéma ou la politique valent le dérangement ! Le seul reproche que je puisse lui faire, c’est de s’éparpiller en faisant le comédien par-ci, le musicien par-là, traînant la patte sur de nombreux projets cinématographiques, en oubliant peut-être qu’il est avant tout (malgré les immenses qualités de son livre) un cinéaste. Et pas n’importe lequel. Allez, un effort, Emir, offre-nous donc encore au moins un ou deux de tes chefs-d’oeuvre dont tu as le secret !
Pour de plus amples informations, on peut consulter l’excellent site de Matthieu Dhennin, exclusivement consacré à Emir Kusturica.
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