NOVEMBRE 2010

Semaine 47 Du 24/11/2010 au 30/11/2010


BIUTIFUL - de Alejandro Gonzalez Inarritu. (20/20)
Mexique / Espagne - Couleur, 2h18 - 2009.
Avec : Javier Bardem, Maricel Alvarez, Eduard Fernandez, Ana Wagener, Diaryatou Daff, Cheick N’Diaye, Guillermo Estrella, Taisheng Cheng, Luo Jin, Ruben Ochandiano, Blanca Portillo.

Drame : Uxbal est un marginal qui traficote au niveau de la main d’oeuvre clandestine - chinoise ou africaine. Il a deux enfants, un garçonnet et une fille, d’une femme dont il s’est séparé... mais qui continue à être envahissante. Alcoolo et volage, elle ne parvient plus à se retrouver elle-même, mais reste attachée à ses enfants et à Uxbal. Le film commence dans un bois enneigé et se resitue rapidement dans les rues et les bas-fonds de Barcelone. Uxbal souffre d’un malaise profond dans son âme et dans sa tête, mais aussi physiquement. Le diagnostic médical sera foudroyant; il a trop longtemps négligé de consulter un toubib. Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre... Alors, Uxbal entame un processus de rédemption, plus ou moins... malheureux. Il va notamment tout faire pour aider les pauvres travailleurs immigrés... Par ailleurs, il a l’habitude de rendre visite à des cadavres juste avant leurs funérailles et communique avec eux... La mort rôde partout autour de lui... Du début jusqu’à la fin, elle grignote du terrain. Le thème de ce chef-d'oeuvre est bouleversant et... immortel. Inarritu possède l’art de nous envelopper dans une ambiance surréaliste aussi palpable que la plus concrète des réalités. Sa mise en images est prodigieusement maîtrisée, portée par le souffle d’une inspiration qui frise le génie de la créativité - avec des scènes ébouriffantes, comme celle de la boîte de nuit, entre beaucoup d’autres. Des instants de grâce : Uxbal qui dit, avec une assurance désarmante de naïveté, que non, non, il ne va pas mourir; le sourire jovial et serein de Javier Bardem... La façon de boucler la boucle du film, simple, fascinante et incontournable. A propos de Bardem, ce sont douze prix d’interprétation qu’il aurait dû avoir à Cannes; or, il n’en a eu qu’un. (Comme quoi, Tim Burton n’a cessé d’être injuste). Javier est ici plus prodigieux que jamais, fascinant et beau intérieurement et extérieurement; ayant perdu quelques kilos pour mieux entrer dans ce personnage et vêtu n’importe comment, il est plus vrai que nature. Maricel Alvarez (Marambra, l’épouse de Uxbal), Eduard Fernandez (son frère), ou encore Ruben Ochandiano (le flic pourrave), tous sont épatants ! L’ambiance musicale nous prend à la gorge et au cœur; le piano plutôt classique, la corde d’une guitare qui inquiète, effraie et ravit... Curieusement, l’on sort de la projection comblé, heureux, sans l’ombre d’un coup de cafard. Ce film est sublime... et, à la fois, aussi inacceptable que la mort.

 


KABOOM - de Gregg Araki.(0/20)
USA - Couleur, 1h26 - 2009.
Avec : Thomas Dekker, Haley Bennett, Juno Temple, Roxane Mesquida, Chris Zylka, Kelly Lynch, Jason Olive, James Duval, Andy Fischer-Price, Brennan Mejia.

Comédie : Nous sommes sur un campus où se traînent nombre de jeunes gens dont Smith, son amie Stella, sa copine de plumard London, Thor, un débile mental surfeur... Nous avons droit à tout un tas de scènes de baise - entre homos, hétéros, bi, tri, tétra...- en fait, on s’en fout... Tant de complaisance exprimée par des gros plans sur un dégueulis, sur un crachat ou une merde de chien, nous lasse rapidement. C’est du cinoche bas de gamme pour ados quelque peu crétins. A moins qu’il ne s’agisse d’un pastiche ? Un pastiche plus vrai que l’original ? Parce que, après l’érotisme plutôt soft , le film vrille vers une sorte de parodie de films américains d’aventures fantastiques. Le pire, c’est que Gregg Araki se veut inventif et drôle. Mon Dieu, mon Dieu... ! Cela dit, l’écran est large, les couleurs pétantes et les filles pimpantes. A part cela, c’est du caca-boomboom !

 


POTICHE - de François Ozon. (0/20)
France - Couleur, 1h43 - 2009.
Avec : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Fabrice Luchini, Karin Viard, Judith Godrèche, Jérémie Renier, Bruno Lochet, Elodie Frégé, Evelyne Dandry, Sergi Lopez.

Comédie : Parfois, je ressens un irrépressible besoin de voir des images qui bougent. Alors, je m’aventure jusqu’à m’offenser moi-même en allant zieuter une toile de l’abominable Ozon - dont je connais bien la démarche “cinématographique”. Des films comme Sous le sable ou Huit femmes, entre autres, m’ont laissé un souvenir impérissable. Chez ce zozo, c’est le règne de la futilité creuse, du non-respect formel et idéel : tout, pourvu que ce soit du n’importe quoi... avec ce détestable aspect toc et mode à la fois ! Comme pour ses huit gonzesses, il y a huit ans, il nous ressert une adaptation théâtrale... A l’époque, il s’agissait d’une comédie policière; cette fois, c’est du genre vaudeville. Mais foireux, absolument foireux, s’il vous plaît ! Nous sommes en 1977 - malgré quelques anachronismes (les employés qui sortent du bureau pour aller fumer, un jeu de mot piteux sur le slogan le plus débile et aberrant depuis la nuit des temps : “Travailler plus pour gagner plus”...) - dans une province bien bourge. La potiche (Catherine Deneuve), c’est la femme d’un patron d’usine féroce et cruel envers ses employés (Fabrice Luchini), mais aussi à l’égard de son épouse et qui a bien sûr une secrétaire pour maîtresse (Karin Viard)... et qui va également être séquestré par les ouvriers... Alors, la potiche va reprendre en mains l’entreprise avec beaucoup de réussite. Plus ou moins assistée en cela par l’un de ses nombreux amants d’autrefois, le député-maire du patelin (Gérard Depardieu, qui ferait bien de maigrir un peu s’il veut que le cameraman parvienne encore à le cadrer...). Bref, je ne vois pas pourquoi je m’étale sur cet étron de luxe... ! Qui plus est, il est trop tard pour alerter le public. En deux semaines, la “chose” a ramassé plus de 1.400.000 spectateurs / France.

 



 

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