Semaine 26 Du 30-06-2010 au 06-07-2010
|
|
COPIE CONFORME - de Abbas Kiarostami. (7/20)
France / Italie / Belgique - Couleur, 1h46 - 2009.
Avec : Juliette Binoche, William Shimell, Jean-Claude Carrière, Agathe Natanson, Gianna Giachetti. |
|
Drame : Lors d’une conférence en Italie à l’occasion de la sortie de son bouquin intitulé Copie conforme, un écrivain essayiste britannique d’une cinquantaine d’années, prétend que la copie d’une oeuvre artistique peut être plus belle que l’original. Vaste question. En effet, elle nous amène à réfléchir sur l’art et l’apprentissage de l’art. Le fait de copier est une partie incontournable de cet apprentissage. Nous autres humains avons des tendances simiesques évidentes et par là une faculté d’adaptation allant du pire au meilleur et inversement. Comment apprendre - en art et au-delà - sans être influencés par le passé, des millénaires nous ont précédés, et sans en profiter afin de pouvoir gagner et en temps et en efficacité. Pour aller vite, l’on est en mesure d’en conclure rapidement qu’il est fort possible qu’une copie soit plus belle que l’original; à l’inverse, si la copie est vraiment identique, donc conforme, elle n’a plus d’intérêt et partant plus de raison d’être, et cela est valable aussi, du coup, pour l’original. Les deux s’annulent, pour ainsi dire. Quant à la définition de l’art, elle relève pratiquement de l’impossible, tout comme celle de l’amour, de la justice ou de la liberté. J’ai bien dit “pratiquement”, insinuant par là que l’on a parfaitement le droit d’y réfléchir en creusant bien profond. Je ne m’étendrai pas davantage sur ce sujet passionnant, en tous cas pour le moment. A cette conférence a assisté une femme d’origine française et galeriste de son état. Particulièrement interpellée par les propos de l’écrivain, elle va se débrouiller pour lui donner rendez-vous. La rencontre aura lieu et nos deux personnages ne se contenteront pas de faire vaguement connaissance; ils vont au contraire se lancer dans toutes sortes de réflexions... Ils finiront par se rendre à San Gimignano, un patelin proche de Florence. Dans un bistrot, leurs échanges vont les faire bifurquer étrangement dans un jeu de rôles, elle devenant son épouse et lui son mari. Jusque-là tout va à peu près bien. Mais cette “métamorphose” apparaît toute plate... on entre dans leur jeu - qui n’en est pas un tout en en étant un - de plain-pied. Kiarostami, en fait, poursuit sa recherche comparative en utilisant le vrai ou le faux couple - en tout cas cette imitation de couple - comme des éléments humains qui sont ou ne sont pas des copies conformes à la réalité. A l’évidence, ils ne le sont pas... et qui plus est, le film commence à lourdement patauger dans les eaux boueuse d’une pensée qui s’est égarée... Quant à Juliette Binoche, récompensée pour ce rôle à Cannes 2010 (Tim Burton est vraiment cinglé, ou fait semblant de l’être !!!), elle est particulièrement nullissime, spécialement dans la scène du restaurant où elle improvise telle une modeste débutante d’environ quatorze ans ! D’autant plus qu’elle a face à elle un William Shimell fort juste, économe dans son expression vocale et dans sa gestuelle... mais attention, très présent ! Avisse aux pseudos ! Celles et ceux qui se prennent pour des comédiens en se contentant de “ne rien faire” et “d’être le personnage” - comme on l’entend dire depuis plusieurs décennies. Sauf exception plutôt rare, le comédien n’est jamais le personnage; il doit partager avec ce dernier car, en revanche, il ne peut se transformer totalement - ce qui d’ailleurs n’aurait plus aucun intérêt. |
|
|
LES PETITS RUISSEAUX - de Pascal Rabaté. (7/20)
France - Couleur, 1h34 - 2009.
Avec : Daniel Prévost, Philippe Nahon, Bulle Ogier, Julie-Marie Parmentier, Hélène Vincent, Bruno Lochet, Charles Schneider. |
|
Comédie : D’après la B.D. du même Rabaté. Emile et Edmond sont deux potes de pèche retraités, septuagénaires et vivant paisiblement à la campagne... jusqu’à en oublier les restes de leurs pulsions, on va dire amoureuses... Enfin, pas tout à fait. Edmond, en vérité, il s’en cache d’ailleurs, fait des rencontres avec des dames de sa génération via les petites annonces. Un beau jour - enfin, pas pour tout le monde - Edmond claque à la surprenante. Emile, malgré son énorme tristesse, va prendre la relève côté gent féminine... Accidentellement, au départ... mais, très vite d’une manière bien calculée... Il va entrer en contact avec la dernière “conquête” d’Edmond, une certaine Lucie, puis, de fil en aiguille, aura une et même deux autres aventures... plus ou moins abouties. On peut retenir de ce gentil p’tit bout d’film la première partie où nos deux compères font plaisir à voir, baignant dans une ambiance un peu rétro voire nostalgique - un épisode reposant pour le spectateur lassé par les castagnes et autres courses poursuites. Par contre, la seconde partie nous plonge au coeur de la sinistrose; nous montrer des dames du troisième âge dansant dans une salle de bal... eh bien, cela aurait pu ou dû être drôle... marrant, quoi. Au contraire, c’est d’une tristesse infinie. Bref, le film dans son ensemble n’est pas si mal que ça et on peut se laisser tenter par l’excellence de la prestation de Daniel Prévost. J’ajouterai, pour ma part, une mention spéciale à Philippe Nahon.
|
|
Haut
de Page
|
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004
Strahinja Kosmajac
|
|
|
|
|