Semaine 3/4 Du 20-01-2010 au 02-02-2010
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CAPITALISM : A LOVE STORY - de Michael Moore. (18/20) 
USA - Couleur, 2h02 - 2009. |
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Documentaire : “... Ce grand échec de l’Inde apporte un enseignement : en devenant trop nombreuse et malgré le génie de ses penseurs, une société ne se perpétue qu’en sécrétant la servitude. Lorsque les hommes commencent à se sentir à l’étroit dans leurs espaces géographiques, social et mental, une solution simple risque de les séduire : celle qui consiste à refuser la qualité humaine à une partie de l’espèce. Pour quelques dizaines d’années, les autres retrouveront les coudées franches. Ensuite il faudra procéder à une nouvelle expulsion. Dans cette lumière, les événements dont l’Europe a été depuis vingt ans le théâtre, résumant un siècle au cours duquel son chiffre de population a doublé, ne peuvent plus m’apparaître comme le résultat de l’aberration d’un peuple, d’une doctrine ou d’un groupe d’hommes. J’y vois plutôt un signe annonciateur d’une évolution vers le monde fini, dont l’Asie du Sud a fait l’expérience un millénaire ou deux avant nous et dont, à moins de grandes décisions, nous ne parviendrons peut-être pas à nous affranchir. Car cette dévalorisation systématique de l’homme par l’homme se répand, et ce serait trop d’hypocrisie et d’inconscience que d’écarter le problème par l’excuse d’une contamination momentanée...” Claude Lévi-Strauss. Tristes tropiques. 1955.
Cherchez le rapport. Cherchez le rapport entre ce texte datant de cinquante-cinq ans et nos sociétés actuelles. A l’aide d’armes scientifiques et technologiques, dont on mésuse, une “élite” est parvenue à museler une partie croissante de la population humaine. Philosophiquement, culturellement et bien sûr économiquement et financièrement, nous sommes de plus en plus nombreux à nous faire sucer notre sang et nous faire baiser jusqu’au amygdales, à force d’ignorance, de silence et de peur. S’il y a tant de citoyens jetés à la poubelle - chômeurs, sans domicile fixe puis mendiants - c’est bien parce que le nombre nous avilit de la plus abominable des façons. Les machines dont les humains disposent sont fort utiles mais elles n’appartiennent qu’ aux employeurs et au lieu d’être réductrices du travail-corvée, elles en sont devenues destructrices. L’on nous bassine, par ailleurs, avec la croissance, le progrès, la modernité alors même que nous surproduisons des objets inutiles. Pendant qu’un milliard de personnes crève de faim dans le monde, nous, pays riches et surindustrialisés, nous produisons de quoi alimenter dix milliards d’êtres humains et en jetons plus de la moitié. Les faiseurs d’argent détruisent le bon fonctionnement d’une économie humaine en fabriquant de plus en plus de fric virtuel - non pas pour s’enrichir davantage mais pour avoir plus de pouvoir.
Dans le film qui nous intéresse ici, l’auteur nous montre de quelle façon le décès d’un employé peut générer des profits à ses employeurs; comment en 2008 l’on magouille une fausse crise - dans la mesure où elle n’est que financière - bancaire principalement - et non pas réellement économique. La crise économique, nos concitoyens la subissent depuis au moins une décennie (surtout depuis 1980); quant à la crise financière des arnaqueurs, elle était prévisible depuis longtemps. De leur côté, nos politiques, toutes tendances confondues, ne sont plus que des pantins au service du fric et ils sont censés prendre des décisions graves et sérieuses. (Je cite là de mémoire une phrase de Hermann Scheer). Pour faire en sorte que notre monde fini - qui est dans une situation inédite, faut-il le répéter - ne soit pas seulement fini dans le sens de “limité” mais fini tout court et pour de bon, il serait grand temps de se réveiller.
Pour ce qui est du dernier film de Michael Moore, il est en plus intelligent, décapant et marrant. Trois bonnes raisons pour ne pas aller le voir ? |
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NOISE - de Henry Bean. (6/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2006.
Avec : Tim Robbins, Bridget Moynahan, William Hurt, Maria Ballestros, Jessica Almasy, Gabrielle Brennan, Margarita Levieva, William Baldwin. |
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Comédie : David Owen, avocat new-yorkais, finit par péter un câble à cause de la pollution sonore urbaine en général et des alarmes de bagnoles qui hurlent sans raison valable. Il va s’employer à lutter contre ce “terrorisme” en se déguisant pour “travailler” les voitures et en se faisant appeler “Le Rectificateur”. Le réalisateur du film, Henry Bean, aurait eu le même parcours que son protagoniste. Etant moi-même fort sensible aux bruits envahissants, j’ai évidemment trouvé plutôt sympathique ce David Owen interprété par Tim Robbins. Quant à William Hurt, il s’est complètement ridiculisé dans le rôle d’un maire à la con. A part cela, il n’y pas grand chose à dire sur ce filmounet... A ma connaissance, il ne passe plus nulle part, et si j’en ai parlé, c’était juste histoire de causer. |
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VINCERE - de Marco Bellocchio.(10/20)
Italie - Couleur, 2h10 - 2008.
Avec : Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi, Fausto Russo Alesi, Michela Cescon. |
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Drame : Un épisode peu connu et peu glorieux de la vie de Benito Mussolini. Il s’agit de sa rencontre avec Ida Dalser qui tombera éperdument amoureuse de lui suite à sa tonitruante déclaration publique où il défie Dieu lui-même. Installés à Milan, ils conçoivent un fils que Benito va reconnaître puis désavouer. Après sa période socialiste, Mussolini va tout faire pour financer le Popolo d’Italia (aidé en cela par l’enthousiaste Ida) puis il va virer fasciste notoire, plaquer Ida et disparaître au moment où la guerre éclate. Ida n’aura de cesse de revendiquer sa qualité d’épouse et de mère - d’autant plus écoeurée en apprenant que le brave Benito s’est remarié. L’on nous retrace ici le calvaire de cette femme honnête et fidèle qui sera repoussée de partout et dont le fils finira dans un institut. Giovanna Mezzogiorno sert très bien le personnage d’Ida Dalser. Filippo Timi, dans un double emploi - il incarne le père et le fils - est de loin préférable dans le rôle de Benito Jr. En effet, il y a douze univers entre l’acteur et le vrai Mussolini (que l’on voit ici dans des images d’archives et qui nous stupéfie par son incommensurable laideur et son idiotie sans bornes !). Le film est soigneusement concocté et réalisé par un Bellocchio dans une forme moyenne. L’on se sent un peu trop éloigné des personnages... |
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Strahinja Kosmajac
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