Semaine 7 Du 17-02-2010 au 23-02-2010
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A SERIOUS MAN - de Ethan et Joel Coen. (15/20) 
USA - Couleur, 1h45 - 2009.
Avec : Michael Stuhlberg, Richard Kind, Fred Melamed, Sari Lennick, Adam Arkin. |
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Comédie : Nous voilà dans un petit patelin américain dans les années soixante. Nous allons y suivre un prof de physique, sage, rangé et modeste. Ce brave homme sans histoires va soudain voir s’abattre sur sa tête toute une avalanche d’ennuis de plus en plus sérieux, graves voire gravissimes. Il apprend que sa femme veut le quitter pour épouser un de ses collègues et vieille connaissance; son frangin, incapable de bosser, s’incruste dans son canapé; son fiston délaisse l’école hébraïque et fume des joints à l’occasion; sa fille lui pique du pognon pour se faire refaire le pif; sans parler des tracasseries professionnelles - ni de l’apothéose finale. Depuis 1984, les frères Coen ont réalisé une flopée de films en tous genres. Polars divers et variés, comédies et comédies dramatiques et ils ne m’ont déçu que trois fois. Moyennement avec O’Brother et Intolérable cruauté. Totalement et affreusement avec Ladykillers - remake du délicieux Tueurs de dames - d’une vulgarité qui ne leur ressemble pas. Du reste, c’est leur seul ratage absolu. Cette fois, ils enchaînent avec une nouvelle comédie qui ne ressemble que fort peu aux précédentes. Sans doute inspirée de faits autobiographiques, cette peinture d’un milieu juif pittoresque et quelque peu absurde, nous plonge dans un monde nouveau car très décalé. En vérité, un mélange de loufoquerie et de sérieux... dans le genre sombre. Humour noir et style feutré font étonnamment bon ménage et notre malheureux héros, faisant tout pour rester cool malgré les intempéries, tient à rester un mensch ou serious man tout en subissant les mauvais gags d’un dieu facétieux. Il va donc consulter trois rabbins, et là, on a envie de pisser de rire sans pour autant dépasser le stade du sourire. Il y a donc un équilibre inédit dans cette oeuvre aux accents étranges que l’on peut difficilement prendre comme une simple farce. Et, tout naturellement, nous allons sortir de cet enfer serein, déboussolés et ravis par les situations aberrantes où le comique côtoie une forme de gravité et un univers peuplé de fous - tous les personnages étant croqués sans pitié mais sans cruauté. A découvrir. |
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SAMSON ET DELILAH - (Samson and Delilah) - de Warwick Thornton. (14/20)
Australie - Couleur, 1h41 - 2008.
Avec : Rowan McNamara, Marissa Gibson, Mitjili Napananga Gibson, Scott Thornton. |
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Drame : Un petit village aborigène, isolé dans le désert du centre de l’Australie. On y mène une existence pour le moins terne et répétitive. Tous les jours au réveil, le jeune Samson sniffe une dose d’essence et tente en vain de s’emparer de la guitare électrique d’un groupe d’autochtones qui n’ont de cesse de jouer et rejouer quasiment le même morceau. Après quoi, il va s’ennuyer ailleurs. Il croise régulièrement une charmante jeune fille prénommée Delilah. Comme signes extérieurs de tendresse, ils ne trouvent pas mieux que de s’envoyer des cailloux dessus. Timidité juvénile, bien sûr. Delilah vit aux côtés de sa grand-mère qui, elle, inlassablement peint des toiles que l’épicier va détourner ensuite pour en faire du méchant commerce. La grand-mère vient à mourir et le glas va sonner doublement pour Delilah. En bons copains, Samson et elle vont quitter le village pour se rendre dans la grande ville. Le jeune homme en sniffant de plus en plus assidûment et Delilah traînant la patte derrière lui... C’est là que l’horreur les surprend. Les citadins sont pour le moins indifférents à leur égard - racistes plutôt. La jeune fille va endurer plusieurs chocs - violée, écrabouillée par une bagnole - pendant que son ami sniffeur plane à n’en plus savoir comment il se nomme. Après d’abominables épreuves, l’on s’attend au pire, vu que l’auteur a déjà atteint le paroxysme de la malédiction. Et pourtant. Sans trop dévoiler l’histoire, en se référant au titre, l’on pourrait lire dans le film - qui a de la gueule ! - que c’est bien la femme qui mène le monde et non pas Samson avec ses cheveux longs. Il se dégage de cette toile un dépaysement, certes, une sorte de fascination à mesure que l’action lente avance et va tout doucement son chemin - l’opposition avec le rythme de la ville nous permet de mieux comprendre la démarche très maîtrisée du cinéaste - de l’humour grâce à un clochard de génie, un certain Gonzo, interprété par Scott Thornton, et, pour finir une belle note d’espoir même pas insolente - logique. N’oublions pas la musique qui nous tombe dessus comme un don du ciel. Premier film de Warwick Thornton - dûment récompensé à Cannes 2009 par la Caméra d’or - cette oeuvre est une promesse qui, n’en doutons pas, sera tenue. |
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Strahinja Kosmajac
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