Comédie : En fait, ce film dure à l’origine 2h48 et a été coupé en deux pour des raisons qui m’échappent. La première partie est sortie en 2009 (
voir article cinekosma) et la deuxième en juillet dernier. Néanmoins, nous allons essayer d’en dire deux mots. Je rappelle qu’il s’agit d’une série d’histoires, des sketches en quelque sorte, plutôt satirico-comique sur une période terriblement sombre de la Roumanie souffrant d’une dictature communiste... pourtant surnommée par des crétins “l’âge d’or” ! Les auteurs n’en ont que d’autant plus de mérite de pratiquer un humour tantôt bon enfant, tant fort grinçant - sans oublier une dose de poésie, de temps en temps. Cette (fausse) deuxième partie est composée de trois histoires. Il y a celle de la fille au dindon - non dénuée de drôlerie - qui est traitée sur un mode poétique et un brin surréaliste. Puis, celle d’un trafiquant d’oeufs, un peu malgré lui, et beaucoup par amour d’une aubergiste. Vu que sa grosse bobonne ne fait que dormir au lieu de baiser, en cachant son énorme cul gras. C’est le sketch le moins bien réalisé et narré. Le troisième et dernier frise l’humour dingo très en vogue dans les années soixante-dix - je pense aux Monty Python, Mel Brooks ou Woody Allen, toutes proportions respectées néanmoins. En gros, comment arnaquer de braves couillons, en faisant du porte à porte, en leur chipant leurs bouteilles pour ensuite les revendre ! Le prétexte : l’eau de votre immeuble semble polluée, mettez-moi donc, s’il vous plaît un peu de flotte dans une boutanche. Le summum, c’est quand on passe à la phase supérieure, celle de l’air pollué. Voyez le tableau : le gars qui remplit sa bouteille de l’air de sa cuisine, de sa chambre puis du salon... Là, on se marre bien. Toutefois, cette deuxième partie est dans l’ensemble moins réussie et moins drôle que la première. A propos de la Roumanie de Ceausescu, dans un genre nettement moins tordant, il est très intéressant de lire au moins un ou deux livres de Herta Müller. De nationalité allemande, née dans la province de Banat au sein du milieu souabe germanophone, elle n’a réussi à quitter la Roumanie qu’en 1987. Prix Nobel 2009 pour avoir, “avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l’univers des déshérités”, elle est notamment l’auteur de
La convocation (roman sombre et stupéfiant d’atrocité étouffante); ou encore de
L’homme est un grand faisan sur terre (beaucoup plus poétique et d’une originalité narrative extraordinaire). Comme le film dont je viens de baver deux ou trois mots ne passe plus, je ferme mon clapet... et vous souhaite plutôt une bonne lecture.