Comédie : Je ne voudrais pas être indiscret mais j’aimerais savoir l’âge mental actuel de Bertrand Blier. Jusqu’ici, ses films ne m’avaient jamais ravi, mais il y avait toujours quelque chose à prendre. Des dialogues incisifs, des acteurs de la carrure de Marielle, Mastroianni ou Fresson voire des séquences d’anthologie - telle la scène dans Tenue de soirée où Jean-Pierre Marielle rentre dans son luxueux appartement après s’être royalement emmerdé au théâtre et découvre dans le salon trois minables squatters... Je ne raconte pas la suite. C’est à voir absolument. Dans l’ensemble le problème de ce cinéaste - qui sait écrire, ce n’est pas rien - c’est qu’il prend tant de libertés qu’au final il ne sait plus comment terminer son histoire. Alors, il balance un truc facile, sans queue ni tête. Par contre, ici, il atteint des sommets abyssaux d’un bout à l’autre. Pas un mot drôle, pas une situation qui soit quelque peu colorée... et, de la vulgarité en veux-tu en voilà ! Entendre les personnages proférer cinquante fois : “tu fais chier, t’es qu’un con !”, c’est un truc à lasser un légionnaire. La non-histoire, c’est un mec qui picole dans sa belle baraque, au bord de la piscine, non stop du matin au soir et du soir au matin... et qui est aussi bourré que la Vierge Marie ! De toute façon, que veux-tu demander à Dujardin ? Voilà un gars qui a raté sa vocation; il aurait fait un brillant colleur de timbres. Quant à Dupontel - autrement intéressant - il s’est trompé de film. Anne Alvaro, respectable comédienne de théâtre, se vautre dans ce navet indéfinissable dans des scènes de cul et de baise dont elle devrait rougir. Parce que tout est gratuit et rien n’a de sens. En fait, comme tout le monde le sait sans doute, le gars qui picole du pinard blanc sans cesse est importuné par la visite de son... cancer. C’est tout. Le cancer le harcèle par sa présence sans répit et puis point barre ! Aucune réflexion marrante ou sérieuse sur la vie, la maladie ou la mort - car c’est quand même ça le thème de cette merdaccia. Même la “trouvaille” de l’écrivain (m’a l’air d’un écrivain le Jean Dugland !) pour échapper à la fatalité de son destin sent le moisi tant elle a servi ! L’amour plus fort que la mort. Idée de génie d’un réalisateur-saboteur comme il y en a tant de nos jours qu’il ne nous reste plus qu’à gerber ! Font tout pour nous dégoûter du cinéma.... qui de toute façon est en train de crever... et ce n’est pas notre amour cinéphilique qui le sauvera. |