AVRIL/MAI 2008

Semaine 18/19  Du 30-04-2008 au 13-05-2008

BERLIN - de Julian Schnabel. (7/20)
USA - Couleur, 1h23 - 2007.
Avec : Lou Reed, Antony, Sharon Jones, Ruppert Christie, Tony “Thunder” Smith.

Documentaire : En 1973, le disque Berlin de Lou Reed, ayant fait un gros bide, le chanteur musicien n’a accepté de l’interpréter sur scène que trente-trois ans après pour cinq représentations exceptionnelles, filmées par Julian Schnabel. Lou Reed a un faciès qui ressemble de plus en plus à celui d’une tortue. Son nouveau jeu de scène consiste à s’éponger le front avec ses doigts -car il transpire beaucoup le bougre- et de remonter sans cesse ses lunettes qui glissent sur le bout de son tarin -les plus grosses lunettes du monde. Sur scène, à ses côtés (à sa droite très exactement) il y a une véritable tortue ninja avec un slip de laine sur la tête et des dents complètement pourries qu’il nous montre en souriant sans arrêt de son air débile... tout en grattant sa guitare. Il s’la joue “j’m’éclate” tout en jubilant autant que mon orteil gauche. Sinon, il y a un hermaphrodite ainsi qu’une femme de ménage qui, en fait, est un homme et quelques autres encore, tous plus ridicules les uns que les autres. Un véritable show de momies. Nous avons parlé récemment des Rolling Stones... ici, nous en sommes aux antipodes ! Qui plus est, pour ajouter au spectacle, des bouts de films sont projetés sur la scène... dans lesquels, doux Jésus, apparaît Emmanuelle Seigner !!! Que vient-elle donc foutre là ? Bon dieu, quand auras-tu donc pitié du pauvre genre humain ?!? Sinon, la musique est bonne bien sûr, mais le ratatiné gnome Lou Reed a déjà fait beaucoup mieux... On a donc le droit de se priver de ce petit spectacle peu lassant car ne durant que moins d’une heure trente.

 

 

CHAPITRE 27 - (Chapter 27) de Jarrett Schaefer. (10/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2007.
Avec : Jared Leto, Lindsay Lohan, Judah Friedlander, Ursula Abott.

Drame : Court et simple, ce film nous fait suivre le meurtrier de John Lennon durant les trois jours qui ont précédé l’assassinat qui eut lieu le 8 décembre 1980. Le tueur, Mark Chapman, est une sorte de schizophrène, mythomane et donc largement taré (fort bien interprété par Jared Leto qui a pris 30 kilos pour incarner cet étrange personnage). Certes, la linéarité et le manque de densité de l’action pourraient lasser... nous ne sommes donc jamais vraiment passionnés par l’intrigue, mais prenons un plaisir presque malsain à zieuter le comportement déséquilibré du protagoniste. Il n’y a rien de spécial par conséquent à raconter sinon que l’assassin est venu tout spécialement à New-York pour buter le légendaire John. On se demande toujours pour quelle raison... Je ne veux point dire qu’il fallait absolument un mort, loin de là, mais le fameux Chapman avait largement le choix et pouvait très bien se contenter de buter un débile, un crétin ou un salaud... Ce n’est pas ça qui manque malheureusement en ce bas monde ! Autre question un peu paranoïaque : ce fada dangereux n’aurait-il pas été manipulé par le gouvernement américain ou le FBI... ? Voilà une interrogation sans réponse bien sûr et, comme toujours, il est parfaitement inutile de chercher un coupable, histoire de se consoler...

 

 

DESENGAGEMENT - de Amos Gitaï. (3/20)
Israël / France - Couleur, 1h55 - 2007.
Avec : Juliete Binoche, Liron Levo, Jeanne Moreau, Barbara Hendricks.

Drame : Suite à la mort de leur père, Ana et son demi-frère israélien Uli, se retrouvent en France... pour finalement ne rien se dire. Excepté la première séquence du film entre l’actrice Hiam Abbass et l’interprète d’Uli, Liron Levo, qui nous montre leur rencontre dans un train et dans laquelle ils ont un échange intelligent et intéressant, tout le reste du film n’est qu’une suite de balbutiements. Par exemple, nous voyons soudain, mal cadrée, Barbara Hendricks nous pousser une chansonnette totalement décalée et dont on se fiche éperdument bien sûr. Puis, Ana va retourner en Israël avec son frère, afin d’y retrouver sa fille qu’elle a abandonnée vingt ans auparavant. Le titre “désengagement”, si j’ai bien tout compris, signifie l’expulsion des colons israéliens de la bande de Gaza en 2005. Cet événement pourtant sérieux tombe également comme un cheveu dans la soupe... C’est de l’armée, m’sieurs dames, qu’il faut se désengager...!

 

 

DEUX SOEURS POUR UN ROI - (The Other Boleyn Girl) de Justin Chadwick. (4/20)
Grande-Bretagne / USA - Couleur, 1h55 - 2007.
Avec : Natalie Portman, Scarlett Johansson, Eric Bana, Kristin Scott Thomas, Ana Torrent, David Morrissey, Mark Rylance, Jim Sturgess, Benedict Cumberbatch.

Drame : Le gros barbu Henri VIII ne parvient pas à avoir un héritier mâle avec sa meuf, la reine Catherine. Alors, un certain Sir Thomas Boleyn, fera tout pour caser sa fille aînée, la célèbre Anne. Ce projet va pourtant capoter car le gros con Henri VIII va s’éprendre de son autre fille, Mary. Celle-ci lui donnera enfin un fils, mais qui sera considéré comme un bâtard ! Alors, il va revenir vers Anne (qui aura tout fait pour d’ailleurs) et finira par les enculer toutes les deux. La réalisation du film est moyennement crédible, cette petite histoire de deux putes qui essaient de se caser à la Cour Royale a même des relents nauséabonds ! Anne finira la tête tranchée ainsi que son frère. Mary quant à elle va récupérer la progéniture femelle de sa soeur aînée et permettra, ainsi, au royaume d’Angleterre d’avoir enfin une reine, la fameuse Elizabeth, celle qui gouvernera le pays pendant 45 ans. Les interprètes sont divers et variés, mais le gars Eric “Banane” ressemble bien davantage à un GI qu’à un British King. Encore un film que l’on peut aisément éviter.

 

 

FUNNY GAMES US - de Michael Haneke. (12/20)
USA - Couleur, 1h51 - 2007.
Avec : Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt, Brady Corbet, Devon Gearhart.

Drame : Bien qu’ayant vu, il y a un certain nombre d’années, la version originale autrichienne réalisée par le même Haneke, j’ai tout de même reçu à nouveau un choc assez rude avec ce film particulièrement odieux et violent. L’histoire est simple, il s’agit de deux jeunes gars qui vont visiter les résidences de bourges aisés afin de les provoquer progressivement avec pour objectif final de les tuer après les avoir fait souffrir de mille et une façons... et par jeu tout ça ! D’où le titre ironique, bien évidemment. Bien que l’image soit assurée par le génial Darius Khondji ; que les acteurs soient excellentissimes (en particulier Tim Roth, fascinant car il s’agit là d’un comédien qui ne “sait” pas jouer la comédie, c’est dire jusqu’où il vous emporte !) ; cette version, peut être parce que j’ai vu la première, est tout de même moins impressionnante et un peu trop explicite. Nous ne sommes pas idiots, nous autres spectateurs, nous avions tous compris dans le film original qu’il s’agissait de jeux, dont Haneke s’est en quelque sorte amusé à rendre le public complice. Ici, et c’est là un des défauts du cinéma américain, certaines scènes sont lourdes d’explications. Cependant, si on a les nerfs solides, on a cette fois, par contre, le droit de se laisser tenter. Bien que ce remake (comme tous les remakes) soit inutile.

 


 

Haut de Page


Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac