Semaine 46
Du 06-11-2007 au 12-11-2007
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CHACUN
SON CINEMA - de T. Angelopoulos,
O. Assayas, B. August, Jane Campion, Y. Chahine,
M. Cimino, D. Cronenberg, L. et J.P. Dardenne,
R. Depardon, A. Egoyan, A. Gitaï, H. Hsiao
Hsen, A.G. Inarritu, C. Kaige, W. Kar-wai, Aki
Kaurismaki, A. Kiarostami, T. Kitano, A. Konchalovsky,
C. Lelouch, K. Loach, D. Lynch, T. Ming-liang,
N. Moretti, M. de Oliveira, R. Polanski, R.
Ruiz, W. Salles, G. van Sant, E. Suleiman, L.
von Trier, W. Wenders, Z. Yimou.
(6/20)
France - Couleur, 2h00 - 2006 / 2007.
Avec : Jeanne Moreau, Marcello Mastroianni,
Michael Lonsdale, Michel Piccoli... etc. |
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Comédies
dramatiques (courts métrages)
: En hommage au Festival de Cannes, à
l’occasion de son soixantième anniversaire,
trente-trois réalisateurs considérés
comme majeurs (et vaccinés, ha, ha, ha
!) se sont fendus d’un très court
métrage chacun d’une durée
de trois minutes environ. On ne va pas s’emmerder
à énumérer ces petits méfaits
un par un et dans le détail... ! S’agit
d’une espèce de concours de nullité,
en fait. Que certains de ces cinéastes
(et même la plupart) soient surestimés,
cela n’a jamais fait l’ombre d’un
doute pour Mézigue et Moi-Même.
Cependant, à l’aune de cet exercice,
certes pas évident, l’on se rend
mieux compte de la pauvreté de leur imaginaire...
Le cadre, c’est la salle de cinéma,
et non le style cinématographique. C’est
dire si ça vole bas... Certes, la présence
de Jeanne Moreau dans un vieux cinoche où
elle rencontre le fantôme de Marcello
Mastroianni ne laisse pas indifférent.
Les images soignées de Zhang Yimou ou
de Chen Kaige, non plus. Mais la misère
de l’ensemble laisse pantois ! Hormis
les sketches pas trop mal réussis de
Ken Loach, de Manoel de Oliveira (interprété
par son vieux et formidable complice Piccoli)
et de celui (comme par hasard !) de Walter Salles.
En effet, ce dernier démontre une fois
de plus qu’il est l’un des deux
cinéastes les plus créatifs du
monde et de ces dernières années
avec le génial Kusturica (qui lui n’a
pas participé à cette débauche
collective). Walter parvient en quelques instants
à installer une ambiance insolite et
irrésistiblement sympathique (grâce
aux deux protagonistes notamment) en mettant
en scène deux copains qui délirent
verbalement et musicalement devant une vieille
salle de cinéma quelque part dans un
petit patelin brésilien. Inénarrable
! Donc à voir ! Le seul petit problème,
c’est qu’il est délicat de
recommander un film de deux heures pour seulement
cent quatre-vingts secondes de pur bonheur... |
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LE
DERNIER GANG - de Ariel Zeïtoun.
(0/20) 
France - Couleur, 2h05 - 2006.
Avec : Vincent Elbaz, Sami Bouajila, Pascal
Elbé, Gilles Lellouche, Clémence
Poésy. |
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Policier
: Dans la foulée de Corneau, Zeïtoun
nous ressert un “french polar”...
d’une nullité assez crasse... pas
pire mais moins décevant... forcément...
le gars Ariel, contrairement à Corneau,
n’a jamais brillé par ses réalisations
cinématographiques... Librement inspiré
par les aventures du célèbre Gang
des Postiches et par un vague bouquin pondu
par un vague voyou, cette chose à la
lumière cradingue-dégueu se veut
“réalisse” et romantique
à la fois. Que de peines perdues ! On
essaie, par exemple, de nous rendre sympathiques
le truand en chef ainsi que sa jeune belle (pas
belle du tout, d’ailleurs !) alors qu’en
réalité il s’agit plutôt
de deux paumés - chacun à sa façon
- qui ne brillent ni par leur intelligence ni
par leurs éventuelles qualités
humaines... Magnifier un gangster est une démarche
périlleuse, en effet. L’un des
rares à y être parvenu fut l’immense
Melville... Seulement, lui, il savait créer
un univers d’un réalisme stylisé
hors normes et donc totalement détaché
de notre quotidien, d’où absence
de jugement moral... En un mot, Melville fut
un vrai cinéaste. Bref, passons donc
allègrement à côté
de ce Dernier gang... qui ne sera malheureusement
pas le dernier navet à éclore
sur l’écran blanc de nos sombres
salles. Signalons encore, pour bien enfoncer
le clou, l’inadmissible déguisement
du flic (joué par Gilles Lellouche) censé
le faire passer pour un clochard ivrogne...
Indigne d’une série Z albanaise
! |
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LE
DERNIER VOYAGE DU JUGE FENG - (Mabei
shang de fating) de Liu Jie. (6/20)
Chine - Couleur, 1h41 - 2006.
Avec : Baotian Li, Yaning Yan, Yulai Lu. |
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Comédie
dramatique : Ici, le juge est à
cheval - pas seulement sur les principes - afin
de pouvoir se déplacer dans les régions
les plus reculées de Chine et d’y
rendre justice... Il s’agit de son dernier
déplacement because modernisation...
L’on y voit donc le fameux juge vieillissant
accompagné de ses assistants parcourir
des sentiers sauvages et installer dans tel
ou tel village, quasiment d’une autre
époque, les “décors”
de son tribunal ambulant. L’on constate
que son boulot est loin d’être aisé
au vu des contradictions difficilement négociables
entre les us, coutumes et superstitions des
villageois et la démarche rationnelle
du juge et compagnie... Certes, ce petit film
possède un charme indéniable quoique
fort discret, n’est-ce pas... Mais, aucune
lenteur ne nous étant épargnée,
nos émotions si peu sollicitées
restent en sommeil... Le vieux juge rendra l’âme
au crépuscule d’une journée
particulière, après avoir assuré
sa fonction jusqu’au bout... Nous, on
reste un peu sur notre faim, ayant espéré
un peu plus de situations pittoresques et colorées...
La réflexion sur le temps qui passe,
on peut très bien la faire chez soi...
en ne jetant qu’un coup d’oeil sur
les aiguilles de l’horloge, n’est-ce
pas... |
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L’HEURE
ZERO - de Pascal Thomas. (0/20)
France - Couleur, 1h45 - 2006.
Avec : François Morel, Melvil Poupaud,
Laura Smet, Danielle Darrieux, Chiara Mastroianni,
Clément Thomas, Jacques Sereys, Alessandra
Martines. |
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Comédie
policière : Après le
succès immérité de Mon
petit doigt m’a dit, autre adaptation
d’un roman de la mère Agatha, P.T.
remet ça ! En plus morne et fadasse si
peut s’imaginer ! C’est évidemment
un whodunit émaillé d’humour
en sus du suspense. Enfin, faut le dire vite
! Le bouquin peut-être... quant au film...
on se demande... l’on hésite entre
larmes de dépit et sourire forcé...
sauf peut-être au second degré...
“passque” le suspense... tu peux
toujours te le suspendre où je pense...
! Une vieille tatie ou mamie, que sais-je, reçoit
dans sa vaste et faste demeure tout un tas d’invités,
membre de sa famille ou autres... Pas la peine
de s’attarder sur les différents
personnages et leurs “incarnateurs”;
passons direct au meurtre ! Car, nécessairement,
il y en a un. Et, c’est précisément,
la mère Magloire - la tatie ou la mamie
- qui se fait défoncer la tronche par
une sale brute...! Du coup, vu le nombre d’invités,
c’est pas les suspects qui manquent...
Bien sûr et comme toujours, le coupable
sera (théoriquement) celui que l’on
aura le moins soupçonné... Voilà.
Comme il est dit plus haut, l’on hésite
à qualifier ce machin de policier...
de comédie... de parodie... ou de navet.
En fait, il s’agit d’un film sur
le doute; un film qui remet profondément
le spectateur en question. Cerveaux sensibles
s’abstenir. |
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LE
MYSTERE PICASSO - de Henri-Georges
Clouzot. (10/20)
France - Noir et blanc / Couleur, 1h18
- 1956. (Reprise) |
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Documentaire
: La caméra de Clouzot face au génial
Pablo. Notons tout de suite et au passage la
qualité de la vraie photographie (de
l’époque, hélas !) en noir
et blanc et/ou en couleur. La démarche
du grand cinéaste nous fait saliver...
Il tient à nous montrer le magistral
peintre à l’oeuvre... au boulot,
quoi. Alors, toute une série de tableaux
vont être gribouillés sous nos
yeux éblouis dans un premier temps...
avant que la lassitude provoquée par
le trop répétitif défilé
des peintures, certes extraordinairement tracées
au fusain, ne nous fasse baisser les paupières...
En fait, Clouclou voulait pousser Pablito au
bout... Au bout de ses capacités d’improvisations...
mais il ne parviendra jamais à le pousser
jusqu’au bout... du rouleau. Certes, à
un moment, il faudra bien que le peintre cesse
de s’activer... Mais, la manière
dont il relève le défi du cinéaste
est impressionnante. L’intérêt
de ce documentaire pour le moins original, c’est
la manière évidente de nous mieux
faire apprécier et comprendre l’oeuvre
de ce peintre de génie... qui ne fut
nullement un génie de naissance (comme
tant de branleurs qui ont voulu par la suite
brûler les étapes...); il était
devenu génial ! Nuance. Le talent (ou
appelons cela comme on voudra) certes; mais
aussi le travail, l’expérience
incommensurable de l’artiste ont débouché
sur sa fameuse dernière période
où il explorait audacieusement un domaine
inabordable par un artiste à la créativité
prétentieuse et prétendument innée...
C’est après avoir fait le tour
de son art que P.P. - logiquement - fut amené,
sinon c’eût été la
sclérose garantie, à pratiquer
une expression picturale hors normes et apparemment
facile et simpliste. Cela dit, mon regret c’est
de n’avoir pas assez vu et mieux connu
à travers ce document l’artiste
lui-même. En effet, les trop rares séquences
où il apparaît en ayant quelques
échanges avec Clouzot, rompent la monotonie
du fameux défilé de tableaux,
et surtout, permettent de dévisager l’auteur.
Un auteur à l’impressionnante présence
et que j’aurais aimé entendre davantage.
J’ai le sentiment d’avoir assisté
en quelque sorte à un demi film. |
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NEVER
FOREVER - de Gina Kim. (7/20)
USA / Corée du Sud - Couleur,
1h41 - 2007.
Avec : Vera Farmiga, Jung-Woo Ha, David McInnis. |
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Comédie
dramatique : A New York, dans le décor
original de la communauté sud-coréenne,
une histoire sentimentale qui avait tout pour
être heureuse vire au drame... C’est
bien sûr la faute à la nana. Une
vraie Ricaine qui a épousé un
gars du Sud coréen et de la haute et
friquée bourgeoisie. C’est la famille
du gars, donc, qui mate d’un mauvais œil
la meuf... because les deux tourtereaux n’arrivent
pas à concocter une progéniture...
Comme l’épouse sait pertinemment
- ayant déjà été
fertilisée - que le problème se
situe plutôt du côté du mari
- un mari qu’elle adore - elle va tout
faire pour se faire “encloquer”
ailleurs. Elle loue les services d’un
autre Sud-Coréen, un clandestin, et paf...
leurs relations se compliquent... vu que, selon
l’auteur du film, l’on ne peut pas
niquer sans tomber amoureux. La nana en sera
donc à sa deuxième chute après
être tombée enceinte... Une chute
terrible car provoquée par Eros, le dieu
de la bite-au-cul ! Parce que, ce fameux Eros,
n’est-ce pas... il est vachement vicieux...
Il te fait croire qu’un petit rapport
intime... ma foi... n’est qu’une
amusette... Eh ben, non ! L’incendie se
propage immanquablement du sexe au coeur ! Blague
à part, ce fimounet gentiment mis en
scène et très correctement interprété
ne casse ni des briques... ni des genoux...
! L’on se laisse aller même jusqu’à
accepter une fin tout à fait singulière
car très (trop ?) ouverte... On revoit
la nana avec un môme... sur une plage...
elle semble heureuse... Qui en est le père...
dans quelle période et où se retrouve-t-on...?
Mystère et boule ! Néanmoins,
la conclusion en pointillé ne gêne
pas outre mesure... Après tout, à
chacun sa vérité, comme disait
Pirandello. |
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LA
QUESTION HUMAINE - de Nicolas Klotz.
(7/20)
France - Couleur, 2h15 - 2006.
Avec : Mathieu Amalric, Michael Lonsdale, Laetitia
Spigarelli, Jean-Pierre Kalfon, Lou Castel. |
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Drame
: Un psychologue attaché aux services
des Ressources Humaines se voit confier une
mission délicate : tâter les neurones
de son supérieur hiérarchique...
Semblerait que le big chief serait en train
de vriller du cerveau... Or, c’est là
qu’on va, bien au contraire - tout en
allant de surprise en surprise - s’apercevoir
que l’homme en question est tout sauf
timbré... et qu’il semblerait détenteur
d’un secret grave et terrifiant rapport
aux origines “nazillardes” de celui
qui a chargé le brave psy d’enquêter
sur la santé mentale du “chief”...
En somme, ce que Klotz nous propose, c’est
une réflexion sur les influences et rapports
plus ou moins directs de notre société
toujours fort capitaliste et du nazisme d’antan...
d’antan, mon cul, puisque toujours apparemment
présent ! Idée forte et bonne
à creuser. L’os dans cette affaire,
c’est que Klotz, de par son traitement
du film, creuse le fossé entre l’écran
et le spectateur. Le déroulement de son
oeuvre est certes insolite... mais quelque peu
déroutant aussi... En revanche, on a
le droit d’estimer que le parallèle
entre le nazisme et le capitalisme est finement
esquissé. Rien n’est lourdement
affirmé. Klotz suggère... propose...
le spectateur dispose... Why not ? Reste à
creuser au-delà, maintenant... Quelle
est donc cette passion typiquement humaine qui
génère le nazisme... ? |
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RETOUR
A LA VIE - de André Cayatte,
Henri-Georges Clouzot, Jean Dréville
et Georges Lampin. (10/20)
France - Noir et blanc, 1h45 - 1949.
(Reprise)
Avec : Bernard Blier, Louis Jouvet, Noël-Noël,
François Périer, Serge Reggiani. |
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Comédie
dramatique : Après la Deuxième
Connerie Mondiale, cinq retours vers la paix
retrouvée (?)... Quelle paix ? Celle
de la famille indigne dont le seul souci est
de faire signer une bafouille bassement intéressée
à une “revenante” des camps
de la mort ? D’un gars qui se retrouve
larbin de luxe dans un hôtel rempli de
“libérateurs” anglo-américains
envahissants... ? Celle d’un soldat indûment
décoré... par erreur ? Celle du
mec revenu de tout... sauf de l’enfer...
qui ne fait que prendre une autre forme lorsqu’on
se rend compte que l’ex-ennemi récent
est un gros couillon comme les autres ? Ou encore,
la difficile insertion dans un patelin français
d’une jeune Allemande qu’un brave
combattant ramène avec lui because romance
sérieuse... ? Autant de questions posées
par cette production dont les cinq courts métrages
ont été réalisés
par quatre cinéastes ne voulant pas tomber
dans les facilités d’une liesse
quelque peu artificielle. C’est proprement
fichu, remarquablement interprété
- zieutez donc un peu le “castinge”
- mais, au final, presque conventionnel... La
démarche critique étant sans doute
un peu trop systématique en devient quasiment
bien-pensante... Mais ne crachons point dans
une soupe composée principalement de
bons ingrédients. |
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STARDUST,
LE MYSTERE DE L’ETOILE - (Stardust)
de Matthew Vaughn. (14/20)
USA - Couleur, 2h02 - 2006.
avec : Charlie Cox, Claire Danes, Michelle Pfeiffer,
Robert De Niro, Peter O’Toole. |
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Aventures fantastiques
: Pour une bonne surprise, c’en est une
bien bonne ! Moi qui étais fortement
tenté de passer à côté
de ce qui me semblait une “divertisserie”
de plus, j’ai pris ça dans la gueule
et avec plaisir, s’il vous plaît
! En Angleterre, au dix-neuvième siècle,
un village est limité par un mur qu’il
est interdit de franchir... Un jeune homme le
fera pourtant, un beau soir ! Ce qu’il
va découvrir de l’autre côté,
va le scier quelque chose de magique et ce...
jusqu’à sa progéniture.
Un fiston. Lequel va lui aussi réitérer
“l’exploit” ! Que de surprises
dans cet autre monde ! Mais quel monde... et
quelles surprises par rapport à la normalité
du villagé “muré”...?
Voilà ce que peine à nous dire
clairement ce film pourtant accrocheur. Durant
un long moment, nous allons patauger quelque
peu... avec le film lui-même... car le
film en question pendant plusieurs dizaines
de minutes se cherche... Par contre, dès
l’instant où apparaît le
personnage complètement flingué
du ciboulot et interprété par
un De Niro fantastique dans tous les sens du
terme - cela fait un vieux bail qu’il
ne nous avait régalé de la sorte
! - le film opte pour une direction inconnue
à travers bois et marécages, ciel
et terre, piétinant toutes les conventions
! Voilà qui fait chaud au coeur et qui
divertit, amuse, fait parfois hurler de rire
l’honnête spectateur en mal d’originalité.
Si vous décidez de me faire confiance
sur parole, vous ne le regretterez pas... mais
n’aurez d’autre récompense
que le plaisir prodigué par cette toile
rafraîchissante ! Je préfère
prévenir. Pas de promesses mensongères
sur notre site ! |
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THIS
IS ENGLAND - de Shane Meadows. (13/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h38 - 2006.
Avec : Thomas Turgoose, Stephen Graham, Jo Hartley,
Andrew Shim, Vicky McClure. |
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Drame
: Ironique le titre ! Car l’England ce
n’est pas uniquement “this”
! Toutefois et entre autres, c’est cela
aussi. Dans les années quatre-vingt par
exemple; les sinistres années Thatcher
! Durant la guerre des “Mâles-Gouines”...
où l’on tenta d’exacerber
un patriotisme apparemment tombé en désuétude...
Voire... Comme nous l’avons déjà
suggéré, il faut chercher la profonde
vérité ailleurs... Nous sommes
tous plus ou moins possédés par
des passions de merde que d’aucuns - auxquels
nous autres, honnêtes citoyens, nous déléguons
le fameux “pouvoir” - utilisent
à des fins plus ou moins stratégiques
afin de préserver leur putain de “domination”.
Ce film, à l’image insupportablement
dégueulasse - et c’est bien dommage
! - nous met sous le nez et les mirettes quelques
scènes de la vie terriblement ordinaire
de pauvres gens, misérables des pieds
à la tête, et, plus grave, jusqu’au
moindre neurone... d’un cerveau (humain,
je le rappelle ! ) aux infinies possibilités
- tout du moins à l’aune de notre
petit siècle de vie - possibilités
qui pourraient, un jour qui sait, nous mener
jusqu’à la responsabilisation positive
de chaque individu et faire prendre conscience
à chaque citoyen que le pouvoir est entre
ses propres mains. Ce que nous propose ici le
cinéaste Meadows est une peinture à
l’eau sale d’un milieu comme qui
dirait défavorisé - savoir dans
la merde ! - avec tous les excès dus
à une politique d’assassins menée
par une main de fer dans un gant de boxe ! Un
gamin au caractère balèze est
ici le protagoniste. Il va du bas de son jeune
âge céder au plus simple : le néo-nazisme
des skinheads... Pour mieux en revenir, sans
doute... ? D’accord ! Mais ce film doit
être compris comme un avertissement, au-delà
du plaisir qu’il nous procure. Personnages
ordinaires d’un monde dans lequel nous
vivons pourtant au quotidien; mise en scène
sans concession; acteurs criants de vérité.
Du mauvais spectacle à cause de l’image
boueuse; mais une bonne illustration de la merde
dans laquelle l’humain patauge - avec
ou sans complaisance - pour cause de capacité
d’adaptation génétique. |
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LA
VERITE - de Henri-Georges Clouzot.
(20/20)
France - Noir et blanc, 2h04 - 1960.
(Reprise)
Avec : Brigitte Bardot, Sami Frey, Charles Vanel,
Paul Meurisse, Louis Seigner, Marie-Josée
Nat, Jacqueline Porel, Jacques Perrin, Claude
Berri. |
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Drame
: Titre simple et prétentieux à
la fois, La vérité nous
dérange... forcément. Selon le
dicton populaire qui est loin d’être
fallacieux. Ici, il s’agit du parcours
d’une très jeune femme quelque
peu délurée... en tous cas, selon
les apparences, “libérée”...
Elle est paresseuse et jolie... Paresseuse parce
que jolie... ? Peut-être. Il faut creuser
de ce côté-là, une fois
de plus. En tous cas, elle est en contradiction
avec les moeurs de son époque; elle veut
se “marrer la gueule”; danser, festoyer,
baiser à sa guise. Ira-t-elle jusqu’au
meurtre ? Je saute de but en blanc parce que
le thème du film, c’est la Justice
et la Vérité... La vérité
agrémentée de justice... ou l’inverse...
? Justice et Vérité sont-elles
compatibles ? Et, dans quelles mesures ? A l’aune
des us et coutumes d’antan qui plus est
? L’audace de Clouzot se situe précisément
là. A la croisée d’un certain
modernisme, d’une certaine évolution
socio-philosophique et d’un archaïsme
bien-pensant tombant de sa belle chute en désuétude.
Certes, cet archaïsme allait de toute manière
chutant... mais, il n’empêche, des
artistes tels Maître Clouzot firent de
leur mieux pour précipiter les “bons
usages” et les “bonnes intentions”
vers les archives d’une morale qui ne
devait plus avoir cours. A l’évidence,
l’utilisation d’une bombe sexuelle
(B.B.) n’est pas innocente. Il y a de
l’opportunisme là-dessous. Toutefois,
en 1960, le besoin de défaire les ceintures
de chasteté se faisait urgent ! Par ailleurs,
le film de Clouzot est un vrai régal;
plus spécialement pour un spectateur
des années futuristes (2000 and Co) ayant
laissé une place dans sa mémoire
pour les “choses bien faites”...
histoire de parler clairement et simplement.
Les comédiens sont aussi prestigieux
que prodigieux, le scénar est écrit,
les dialogues prennent les neurones à
la gorge et la font rire d’une manière
fort déployée ! Un jeune assistant
de l’avocat joué par Paul Meurisse,
présent au procès, exprime son
indignation à l’égard de
la partie adverse : “Ils sont vaches !”
dit-il. “Vous êtes jeune !”
répond Meurisse. Tout est là.
T’as plus qu’à savourer. |
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