MARS 2007

Semaine 12  Du 14-02-2007 au 20-03-2007

 

ANGEL - de François Ozon.(0/20)
France / Grande-Bretagne / Belgique - Couleur, 2h14 - 2006.
Avec : Romola Garai, Sam Neill, Charlotte Rampling, Lucy Russell, Michael Fassbender.

Drame : Cette fois le zozo s’inspire d’un bouquin de Elizabeth Taylor (pas l’actrice, bien sûr); une scribouillarde de gare, j’entends qui écrit carrément dans les gares, ainsi c’est du direct du producteur au consommateur. Il nous a dégoté une sorte d’Arielle Dombasle (en moins vieille tout de même), pour jouer le rôle principal, tâche qu’elle assume comme une patate ! Normal, le zozo, bien qu’il s’agisse ici d’un mélodrame, nous la sert toujours aussi décalée sa connerie. Tout sonne faux, c’est voulu, et c’est d’autant plus énervant. Je ne vois vraiment pas quel public l’on peut espérer toucher avec une chose pareille. C’est l’histoire d’une jeune surdouée - qui n’a jamais lu un seul livre !!! - et qui écrit comme une déesse... Je t’en foutrais, moi, des gens qui écrivent sans lire ! Déjà, ça commence fortissimo dans le genre invraisemblable voire absurde... et le reste est largement idem. Si au moins le gars zozo avait le sens de la parodie... on pourrait rigoler... Non, ce n’est même pas drôle, c’est simplement long, beaucoup trop long...! C’est le dernier film que je vois de François Ozon. Promis, juré ! Adieu.

 

 


LA CITE INTERDITE - (Curse of the Golden Flower / Man cheng jin dai huanf jin jia) de Zhang Yimou. (6/20)
Chine - Couleur, 1h54 - 2006.
Avec : Chow Yun-Fat, Gong Li, Jay Chou, Ye Liu, Qin Junjie.

Aventures : C’est même pas un vrai film de “sabre”...! S’agit d’une sorte de tragédie aux accents shakespeariens... moins les idées, tu vois... La meuf d’un empereur, un certain Ping, est petit à petit - chaque jour une petite dose - empoisonnée par icelui... Par ailleurs, des complots se trament, se tissent et se nouent au sein de toute la famille - notamment les fistons de l’empereur... Tu comprends que lerche because tu somnoles, vu que tout ce machin se traîne comme morve au soleil... Mais attention, morve particulièrement enjolivée... S’il n’y avait quelques scènes d’action (tout de même !) remarquables de fulgurance, cette toile ne serait que de la merde noire dans un pot de chambre en or massif... A voir éventuellement pour les décors et costumes aux couleurs chaudement splendides... et aussi pour la belle gueule de Gong Li...

 

 

LE COME BACK - (Music and Lyrics) de Marc Lawrence. (1/20)
USA - Couleur, 1h43 - 2006.
Avec : Hugh Grant, Drew Barrymore, Brad Garrett, Kristen Johnston, Campbell Scott.

Comédie : Et voici maintenant du ciné-sitcom ! Des fois que t’aurais pas la télé... Un truc où il est question d’un ex chanteur-musicos vaguement pop... dans les années 80... Tu parles, après les années cinquante (naissance du mouvement beatnik), les années soixante et soixante-dix (fabuleuse éclosion - que dis-je, explosion - de toutes sortes de tendances musicales jazz-pop-rock), la “pop music” est sous perfusion... Donc, cette ex-superstar se retrouve sur la touche pendant un nombre certain d’années avant que l’on ne lui redonne la possibilité de s’exprimer à nouveau au top en tant que compositeur... pour une chanteuse, genre “staraque”, qui chante avec son cul... tu vois le genre... Pour ce faire, c’est sa femme de ménage qui va l’aider à écrire les paroles !?! Encore une surdouée qui scribouille comme elle pisse... Le reste, c’est du rose bonbon fadasse comme d’hab’... tu t’emmerdes et tu t’énerves...! A part quelques toutes petites notes de musique et la classe de Hugh Grant, y a rien à voir, circulez !

 

 

CONTRE-ENQUÊTE - de Franck Mancuso. (0/20)
France - Couleur, 1h25 - 2006.
Avec : Jean Dujardin, Laurent Lucas, Agnès Blanchot, Jacques Frantz, Aurélien Recoing.

Policier : Spécial Mézigue : “Pour démarrer, t’as fissa une gueule de con like sa grosse 4 X4 de merde. C’est un flic. Remarque, tu me diras, dans la police, des tronches pareilles, ça doit pas manquer. Il va lui arriver un pépin pour le moins tragique... ! Sa fillette. Zigouillée par un fou furieux ! Là, John Garden a l’occasion d’exprimer toute l’étendue de sa nullité. Lorsqu’il voit le corps de la gamine, il est bouleversé évidemment... et censé pleurer... Seulement, ça, il sait pas faire... Sait faire juste la grimace... Qu’enfin il nous fait un peu sourire le bougre ! Nous prouve qu’il n’est pas comédien... une fois de plus, tu me diras. D’autres scènes involontairement tragi-comiques suivront... toujours avec Garden Johnny... Lequel, en sus du marché, à pour partenaire un gars à sa taille... sa mesure... son étoffe... Le tragi-sinsitre Lucas Laurent... avec sa tronche de constipé... C’est lui le coupable. Mais... il va écrire, après avoir été condamné à cinq cents ans de prison, depuis sa geôle au flic pour lui clamer son innocence et crier à l’erreur judiciaire... Le flic, apparemment convaincu, va chercher un autre coupable... et va le trouver... sans le trouver... Toujours est-il que notre Laurent, après révision de son procès, va sortir de taule... et là, coup de théâtre... c’est quand même lui le vrai coupable ! Qu’il a niqué tout le monde, l’ordure ! Sauf... notre superflic Garden... qu’est pas con lui... même qu’il s’est démerdé pour le faire libérer exprès pour... pouvoir le zigouiller... ! Malin et cynique, l’enfoiré ! Voilà encore un polar réalisé par un ex-bourre... Un certain Mancuso... Parole, mais c’est la “Génération Sarkozy” ! Plus grave. Beaucoup plus grave ! Le fait de vouloir assouvir sa vengeance après que justice ait été rendue, le flic se comporte vraiment comme un facho ! Alors, tant mieux si l’abolition de la peine dite capitale est entrée dans la Constitution. Toujours ça de pris... Parce que, tant que la mort existera, il faudra se méfier des révisionnistes ! “

 

 

DARK HORSE - (Voksne Mennesker) de Dagur Kari. (7/20)
Islande / Danemark - Noir et blanc, 1h46 - 2005.
Avec : Jakob Cedergren, Nicolas Bro, Tilly Scott Pedersen, Morten Suurballe.

Comédie : Après le relativement sympathique Noi albinoi, Dagur Kari ne décolle toujours pas... Toutefois, cette série de petites mésaventures plutôt marrantes d’un marginal pur jus - le jeune Daniel, ne laisse pas indifférent... Bon. Le noir et blanc est crade le plus souvent, mais la démarche filmique donne un semblant d’ambiance... et quelques plans, ça et là, sont presque esthétiques... On s’enquiquine gentiment la moitié du temps malgré l’aspect franchement insolite de ce filmounet... que d’aucuns comparent à du Jarmusch... voire à du Tati... Pourquoi pas ? Après tout, une certaine nonchalance poético-rigolote est omniprésente et le décalage des protagonistes est évident. Décalage rapport à une société dont ils semblent se moquer sans nulle méchanceté... Personne n’est montré du doigt, pourtant le filmounet ne tombe pas dans les pièges d’un “politiquement correct” camouflé. Sauf peut-être, à la fin... l’histoire du bébé... dont on ne veut pas... puis, grâce à un pont qui bloque les bagnoles en se levant... n’est-ce pas... la vie finira peut-être par se perpétuer... L’important, c’est que les acteurs et trices sont justes et crédibles et que finalement, la venue au monde de ce petit ovni n’est pas si regrettable que cela...

 

 

ENTRE ADULTES - de Stéphane Brizé. (10/20)
France - Couleur, 1h20 - 2006.
Avec : Edith Mérieau, Vincent Dubois, Jeanne Ferron, Philippe Fauconnier, Céline Gorget, Vincent Rocher, France Ducateau, Cyril Couton, Charlotte Smither, Karim Hammiche, Véronique Dossetto, Dominique Coquelin.

Comédie dramatique : Tu veux que je te dise, Stéphane Brizé, c’est de la graine de grand cinéaste. Après Je ne suis pas là pour être aimé, il nous propose ici le fruit d’un travail d’animation d’un atelier avec comédiens professionnels n’ayant jamais rien tourné auparavant. Au départ, il ne s’agissait point d’un film destiné aux salles obscures. Et pour cause, quatre techniciens sur le tournage armés de caméras DV. En tant que simple spectateur, je ne puis que constater le résultat et regretter que le travail ne fut pas fait au moins en argentique format 16 mm... L’idée est simple. Elle s’inspire de la démarche de Schnitzler dans La ronde. Douze personnages, six hommes et six femmes, et deux scènes pour chaque interprète... Des couples qui se rencontrent, qui se font des confidences... ou des scènes de jalousie... tzétéra... Du simple mais qui fonctionne parfois à merveille. Bien que l’ensemble soit inégal et malgré la modestie de l’entreprise, Brizé trouve le moyen de se balader quelque part entre Cassavetes et Scola. Faut dire qu’il est servi par des comédiens tous remarquables. A part le désormais fameux Cyril Couton (que l’on reverra très bientôt dans Le candidat , première réalisation de Niels Arestrup), je n’en connaissais aucun et me réjouis forcément de découvrir autant de talent méconnu ! La palme revient à Jeanne Ferron, proprement géniale dans le meilleur “sketch” du film. Celui du rendez-vous d’embauche où carrément le tragi-comique pointe le bout de son nez. Mon genre préféré ! Ferron nous fait sourire tout en nous bousculant mille et une autres émotions. Vivement le prochain (vrai) film de Brizé dont le tournage devrait commencer l’été prochain !

 

 

PAR EFFRACTION - (Breaking and Entering) de Anthony Minghella. (0/20)
USA - Couleur, 1h58 - 2006.
Avec : Jude Law, Juliette Binoche, Robin Wright Penn, Vera Farmiga.

Drame : Spécial Mézigue : “Jamais Minghella (Le patient anglais, notamment) ne fut aussi sinistre ! Je ne sais par où commencer... tellement y a que dalle !!! Un gars, à Londres, qui a un léger malaise avec sa moitié... qui fait la connaissance d’une immigrée bosniaque... interprétée par Juliette Binoche !!! Sûr qu’elle arrive à rouler les “r”, mais à part ça... Faut pas oublier qu’une langue, c’est une musique qui s’apprend avant l’âge de dix ans; en plus, une musique sur laquelle on danse... La gestuelle, mon pote, le moindre tic... pas évident ! Enfin, le gars il va avoir une aventure avec cette nénette dans le même temps où le fils d’icelle participe au cambriolage de sa boîte, dévoyé qu’il est par une bande de voyous serbes... Du reste, le gamin lui aussi est à moitié Serbe... par son papa... Donc, forcément... chacun sait que c’est génétique, ces trucs... Les Serbes, c’est bien connu, ça a toujours été que de l’ordure... Z’ont bien eu raison de les exterminer - en compagnie des Juifs et des Tziganes, bien sûr - durant la deuxième guerre mondiale... ! Bref, passons sur ce détail... Détail tout de même énervant parce que récurrent chez les Anglo-américains... qui font dans l’anti-serbisme primaire... ! Par ailleurs, je me répète, je sais, t’as rien dans ce foutu ersatz de film ! Rien de rien !!! C’est ce qui s’appelle de la merde ! Pendant deux plombes ! Facile, ma critique ? Ben, va voir le film, tu m’en diras des nouvelles !”

 

 

VOLEM RIEN FOUTRE AL PAÏS - de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe. (20/20)
France - Couleur, 1h47 - 2006.

Documentaire : Capitalisme, mondialisation, pollution, esclavagisme moderne, travail parfaitement inutile dans une société d’hyperconsommation où tout devient jetable afin que tu sois obligé de racheter un truc qui aurait pu durer dix fois plus de temps... tzétéra... Tout y est ! Un film plein de vérités qui dérangent... Où tu piges, il serait temps, que la grande question c’est de savoir pourquoi on bosse ? D’ailleurs, tiens, je vais te citer un mec qui n’est pas franchement un anarchiste forcené... Un certain Albert Jacquard... qui estime que de nos jours, grâce aux machines, l’homme ne devrait, en toute logique, travailler que vingt heures par semaine... (Nous sommes loin des fameuses trente-cinq hebdos qui posent tant de problèmes aux esclavagistes !). Je ne te balance que quelques bribes d’extraits en vrac, histoire de te donner envie de lire son dernier bouquin (Mon utopie chez Stock) : “...Hélas, les gains de productivité ont été, pour une grande part, dilapidés en laissant proliférer des activités n’ayant pas d’autre fonction que de satisfaire des besoins artificiels souvent ridicules et parfois néfastes...” “...rappelons-nous la réaction de Socrate qui se serait écrié en entrant dans une boutique : “Que de choses dont je n’aurai jamais besoin !” Que dirait-il aujourd’hui en entrant dans un supermarché ?...” La croissance de la consommation est en réalité l’équivalent d’une drogue; la première dose crée l’euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème, par exemple le chômage, par la croissance, c’est s’enfoncer délibérément dans une impasse...” Du reste, dans ce docu réjouissant (parce qu’on se marre en plus !), les gens qu’on te présente ne sont nullement des fous furieux non plus ! C’est tout bonnement des humains qui ont compris un peu avant les autres que le monde se barrera en couille définitif si on continue à fuir en avant... Certains d’entre eux ont choisi de vivre à la campagne en faisant preuve d’une débrouillardise et d’une inventivité extraordinaires... D’autres s’assoient pour réfléchir... Et si on en faisait autant, nous autres...? Juste repenser un petit peu le monde... Non...? Si, allez ! On commence aujourd’hui !

 

 

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