JUIN 2007

Semaine 23/24  Du 30-05-2007 au 12-06-2007

 

L’ARME A GAUCHE - de Claude Sautet.(6/20)
France - Noir et blanc, 1h40 - 1965. (Reprise)
Avec : Lino Ventura, Sylva Koscina, Leo Gordon, Alberto de Mendoza.

Policier : Comme la plupart des cinéphages, je souffre quelque peu de “collectionnite”. Ainsi, ce polar de Sautet était le dernier de sa filmographie que je n’avais pas encore zieuté. (Si l’on excepte “l’invisible” vraie première réalisation du cinéaste, Bonjour sourire, une petite comédie datant de 1955 avec Henri Salvador, reniée par l’auteur). Ses vrais débuts, il les fera avec le magnifique polar noir Classe tous risques, désormais un classique, mais peu vu par le public à l’époque (1959). Certes, L’arme à gauche , malgré un certain succès de fréquentation, est un film qui a mauvaise réputation et qui, en 1965, écoeura Sautet de la mise en scène... Mais, je tenais à vérifier. En effet, il n’y a vraiment pas de quoi se rouler par terre avec cette sorte de série B franco-italo-espagnole, comme il y en eut tant dans les années soixante. A preuve le casting composé de “seconds couteaux” à l’exception de l’immense Ventura. Il s’agit d’une banale “aventurette” policière dont le protagoniste est un capitaine “à la pêche”... qui accepte un petit job d’expertise d’un schooner. Autour du modeste bateau, une série d’intrigues plus ou moins crédibles et peu passionnantes... Le tout se terminera par une sorte de huis clos à bord de l’engin motorisé qui en fait sert de moyen de transport à un trafic d’armes... C’est seulement en 1970 que Claude Sautet, convaincu par un scénario de Jean-Loup Dabadie, va trouver sa vraie voie avec Les choses de la vie... Si vous ne connaissez pas bien la suite, je rappelle que le festival Claude Sautet se poursuit au Reflet Médicis. Une rétro intégrale allant de Classe tous risques à Nelly et M. Arnaud.

 

 

BLACK SNAKE MOAN - de Craig Brewer. (7/20)
USA - Couleur, 1h55 - 2006.
Avec : Samuel L. Jackson, Christina Ricci, Justin Timberlake, S. Epatha Merkerson.

Drame : La complainte du serpent noir, in french plizz... S’agit d’un drôle de tête à tête entre une jeune petite particulièrement délurée, souffrant d’une sacrée inflammation du cul pour tout dire, et Lazarus, un ex-joueur de blues vieillissant qui recueille la fille dans sa baraque quelque part dans le Tennessee... Elle vient de passer une sacrée soirée la veille, soirée qui s’est fort mal terminée pour elle par un tabassage dans le genre sérieux... Le brave Lazarus va tout faire pour arracher la gamine à ses démons sexuels. Il ira jusqu’à l’enchaîner et parviendra à l’apprivoiser grâce au respect qu’il lui témoigne... En effet, drôle de film qui mêle allusions bibliques, pulsions délirantes et profondément chaude blues music... L’auteur titube souvent entre moralisme et marginalité, entre prise de liberté et bons sentiments bien conventionnels comme il faut. Et, malheureusement, le happy end nous attend comme le couperet de la guillotine “curetonesque”... Dommage. Les acteurs, mis à part l’imbuvable Timberlake, sont tous très juste et le film leur doit beaucoup.

 

 

BOULEVARD DE LA MORT - (Un film Grindhouse) - (Grindhouse : Death Proof) de Quentin Tarantino.(3/20)
USA - Couleur, 1h50 - 2006.
Avec : Kurt Russell, Rosario Dawson, Rose McGowan, Tracie Thoms, Zoe Bell.

Horreur : Il a bien fallu que cela se termine comme ça ! Vu le dérapage cérébral de Quentin ces dernières années...! Ici, il s’évertue à nous réaliser - à l’identique - une série Z des années soixante-soixante-dix, absolument creuse, sans scénario, sans intérêt aucun, si ce n’est quelques petits traits d’humour et un certain savoir-faire. Des nanas, toutes plus abominablement moches les unes que les autres et d’un “vulgaros” sans nom, tchatchent de sexe plus ou moins cradingue pendant des plombes avant de se faire défoncer - non pas le cul - mais la tronche par un malade mental, cascadeur de son état, qui roule à trois cent mille kilomètres à l’heure avec sa poubelle de course... Alors, comme Q.T. devait craindre que le spectateur ne soit trop con pour comprendre la première histoire, il nous en sort une autre du même cru durant la deuxième heure... Et, c’est reparti... des espèces de salopes “gravosses” qui jactent cul sale avant de se faire agresser par le gogol à la tuture mortelle...! Plus chiant que ça tu meurs ! Q.T. voit décidément trop de films et a totalement oublié qui il était et qui il fut... L’auteur de deux chefs-d’oeuvre, au style terriblement personnel : Reservoir Dogs et Pulp Fiction... ! Fuck you Tarentula !!!

 

 

COEURS PERDUS - (Lonely Hearts) de Todd Robinson.(6/20)
USA - Couleur, 1h48 - 2006.
Avec : John Travolta, James Gandolfini, Jared Leto, Salma Hayek, Scott Caan et Laura Dern.

Policier : Fin des années 40 aux States. Un bourre, totalement désabusé depuis le suicide de sa meuf, se planque dans la paperasse bureaucratique au lieu de continuer à briller sur le terrain... Son collègue et pote en est tout marri... Quand, soudain, une autre femme se suicide... Notre bourre, qui a un pif du tonnerre, refuse d’admettre qu’il s’agisse d’autre chose que d’un meurtre... Ainsi, avec son collègue et pote, il va reprendre du service au plus haut niveau et se retrouver sur la piste d’un couple diabolique. Le mec est séducteur-gigolo, la nana, une violente...! C’est inspiré d’une histoire vraie et, paraît-il, également influencé par la vie du grand-papa du réalisateur Robinson, qui fut flic lui aussi... Bon, tout ça, c’est de la petite anecdote; nous, ce qui nous intéresse c’est le film. Largement inégal, pour ne pas être plus méchant, il nous conte une histoire - et même plusieurs - dans le désordre... Cela devient une coquetterie maniaque, ce procédé souvent inutile et ici particulièrement vain. On commence en 1950 ou 51 (je ne sais plus), puis on se retrouve plusieurs années en arrière, puis retour en avant... tzétéra... Démarche qui, finalement, ne sert qu’à semer le doute dans l’esprit - pas forcément con - du spectateur. Au-delà, le propos est maladroitement ambigu... Les deux diaboliques finissent sur la chaise fumante... et les deux flics protagonistes balancent une ou deux petites “philosepheries” vaguement à propos de la peine capitale et de la vie en général. Sinon, cette petite chose se laisse tout de même regarder malgré une grosse déception au vu du casting prometteur, notamment...

 

 

DIALOGUE AVEC MON JARDINIER - de Jean Becker. (18/20)
France - Couleur, 1h50 - 2006.
Avec : Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Fanny Cottençon, Elodie Navarre.

Comédie dramatique : Deux vieux potes d’école se retrouvent dans leur petit patelin après bien des années d’absence de l’un d’entre eux... L’artiste peintre, n’est-ce pas qui revient finalement au pays... L’autre, c’est le jardinier dont l’artiste avait besoin... qui se présente un beau jour pour le poste... Ils se reconnaissent, se marrent en partageant leurs vieux souvenirs, refont connaissance, et se lient à nouveau d’amitié... mais encore bien plus fort qu’avant... Voilà du bon cinoche français à l’ancienne ! C’est simple comme “bonjour”. Simple comme le bonheur ! Ouais, parce que avec un script et des dialogues aussi solides et jouissifs, une réalisation impeccable et deux comédiens tels que Auteuil et Darroussin, c’est du régal constant d’un bout à l’autre du film. On partage avec eux des moments rares... de joies, de rires, de tristesse aussi... Il n’y a pas grand chose d’autre à dire, cette “toile”, c’est une évidence, faut aller se l’offrir, c’est tout... sans écouter les petits méchants critiques qui trouvent le propos par trop simpliste (qu’est-ce que tu veux, les branleurs faut que ça se branle; si ça peut plus se branler... ben, c’est pas content... un branleur !)... sans non plus tenir compte du bien trop mou démarrage de ce bijou pourtant, bordel... Bordel de merde, ouais ! Si le film s’appelait Le jardin de la bite et s’il était interprété par Jean... Dujardin, que ça te ferait tout de suite 700.000 entrées en un quart d’heure... ! Alors que là, il faut se contenter de 9.700 en une journée. Doux Jésus !

 

 

 

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