JANVIER 2007

Semaine 4  Du 17-01-2007 au 23-01-2007

CASHBACK - de Sean Ellis.(0/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h34 - 2006.
Avec : Sean Biggerstaff, Emilia Fox, Shaun Evans, Michelle Ryan, Stuart Goodwin.

Comédie : Me suis trompé de salle ! En fait, c’est complètement, tout à fait et totalement une comédie pour ados tarés ! La signification du titre ? Ce doit être “paiement en retour”, “donnant donnant” ou une connerie comme ça... Et puis, qu’est-ce qu’on en a foutre... ! C’est l’histoire d’un jeune gars qui s’est fait larguer par une jument à tête de godasse soldée à -99%... qui ressemble vaguement à une gonzesse... Il va en faire tout un plat...flipper... devenir insomniaque... tzétéra... Puis, va se décider à bosser de nuit dans un supermarché comme larbin de bas étage... Là, il va apprendre à stopper le temps, le figer, voire manipuler les personnes arrêtées en plein mouvement... C’est le clou, la trouvaille du film, n’est-ce pas... C’est censé nous épater et nous faire rire... ! Sean Ellis en profite pour viser au niveau des tétons nus et sous la ceinture... Les nanas surtout, évidemment... because le jeune homme est très ému par les formes féminines et que son domaine est la peinture... Dans son magasin de merde - dont le directeur est un débile pur jus censé lui aussi provoquer l’hilarité générale - le jeune con va avoir pour collègues deux ou trois autres ados-adultes (?) superbement tarés - et surtout, attention, une jeune caissière qui le branche très vite à mort ! C’est le début d’une nouvelle idylle, agrémentée par les clichés habituels et un autre clou, sérieusement rouillé et tordu du film, savoir un match de foot qui se veut irrésistible (décidément !) va nous être servi, bien nauséabond... moins les odeurs, fort heureusement...! Côté effets spéciaux, le “réalisateur” fait mumuse avec son ordinateur et nous sert des trucs vachement épatants - genre notre “protagonisse” qui se déplace entre les personnages figés du supermarché - et pense ainsi émerveiller le chaland... ! Pauvre garçon !

 

 

CONGORAMA - de Philippe Falardeau. (13/20)
Canada / Belgique / France - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Olvier Gourmet, Paul Ahmarani,Jean-Pierre Cassel, Claudia Tagbo, Guy Pion.

Comédie : Michel, ingénieur-inventeur belge, apprend à l’âge de 41 ans que ses parents ne sont pas ses parents et qu’en réalité il est né quelque part au Québec, dans un petit patelin... dans une grange ! Pour le moins bouleversé, il fonce au Canada à la recherche de ses vrais géniteurs... Sur place, il rencontrera un jeune gars portant le nom de ses parents biologiques, savoir Legros... mais là-bas, ça ne veut rien dire... la moitié de la population ayant le même patronyme... Le gars le dépanne en le ramenant à Montréal... mais une autruche - plus exactement un émeu - va tout faire péter dans tous les sens... because l’improbable présence de l’oiseau au beau milieu de la route va provoquer un plantage de la bagnole ! A partir de là - que même si c’était simple à raconter que je ne le ferais pas - le destin des deux hommes sera pour le moins transformé... ! Voici donc un film à l’intrigue multiple, si j’ose dire, aux rebondissements et surprises aussi nombreux qu’inattendus... Souventes fois, l’on est bousculé, étonné voire quelque peu décoiffé... par, disons-le tout net, une belle bouffée d’oxygène ! Ce dont le cinéma manque précisément de plus en plus cruellement ! Voilà, me semble-t-il, une bonne nouvelle ! Par ailleurs, la finesse de l’humour nous réjouit... l’on rit rarement aux éclats... mais on a presque constamment un agréable sourire pendu aux lèvres... Côté interprétation, on découvre un insolite Paul Ahmarani; Monsieur Cassel, on ne présente plus s’il vous plaît; quant à Olivier Gourmet, il est tout bonnement épatant, comme il sait l’être assez fréquemment... mais... tout de même un peu plus que d’habitude ! Voilà quelques excellents arguments pour aller voir ce film culotté, drôle et - malgré, à mon humble goût, un côté un tout petit peu désordonné et une image bien platounette - fort bien mené dans l’ensemble et finement intelligent... C’est rare par les temps qui stagnent ! Alors ? Vous y allez, oui !?!

 

 

L’ILLUSIONNISTE - (The Illusionist ) de Neil Burger. (7/20)
USA - Couleur, 1h50 - 2006.
Avec : Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel, Rufus Sewell, Edward Marsan.

Fantastique : En 1900, à Vienne, apparaît, comme venu de nulle part, un mystérieux prestidigitateur au charisme magnétique et à l’habileté... proprement surnaturelle ! Il devient la plus grande célébrité de la ville mais... le très méchant prince Leopold (à la superbe fausse moustache accolée à une vraie barbe - nous en reparlerons dans quelques lignes) commence à se manifester en manifestant - n’est-ce pas - de la suspicion à l’égard du beau gosse qui émerveille tout le monde... d’autant plus que la jalousie s’en mêle, étant donné que le magicien et la promise du prince se sont déjà fréquentés dans leur prime jeunesse et qu’un sentiment irrépressible risque (et ce sera le cas) de refleurir entre eux... Il charge son flic, un autre barbu - avec une vraie barbe - l’inspecteur Uhl de surveiller de très très près les probables tourtereaux... Cela va commencer par mal finir... puis finalement, ça se terminera comme le commencement, savoir par une belle romance... Bon. D’un côté, l’histoire n’est pas terrible et les tours de magie sont excessivement fantastiques pour que l’on parvienne à croire un seul instant - comme le voudrait l’auteur de cette toile, apparemment - qu’il ne s’agit que d’une formidable habileté technique du personnage.... De l’autre, tu as - c’est depuis longtemps devenu courant - un support virtuello-casse-mirettes et casse-bonbons - d’où le problème des fameux postiches dont je parle plus haut... du moins en partie... Les postiches sont peut-être à la base des petites merdelettes achetées dans une boutique de farces et attrapes... En tous cas, coller au prince une moustache synthétique sur de la vraie barbe et le filmer en compagnie d’autres personnages naturellement poilus, est à l’évidence une connerie noire et un foutage de gueule !!! Que les responsables de ce film aient de la merde dans les yeux, c’est leur problème, qu’ils se la gardent... mais qu’il ne viennent pas prendre les spectateurs pour des vrillés de la cervelle et de l’iris ! Quoique... tu me diras, le public... parfois... on se demande... Toujours est-il qu’à quelques semaines de distance, un deuxième film ayant pour thème ce qu’on appelle vulgairement la magie nous est servi avec un très bon casting (formidable Norton, notamment !)... mais, indéniablement, celui-ci est nettement moins “prestigieux” que l’extraordinaire bijou réalisé per Christopher Nolan... et que presque personne n’a malheureusement daigné voir en fin de l’année 2006... !

 

 

JACQUOU LE CROQUANT - de Laurent Boutonnat. (6/20)
France - Couleur, 2h30 - 2006.
Avec : Gaspard Ulliel, Léo Legrand, Jocelyn Quivrin, Marie-Josée Croze, Judith Davis, Dora Doll, Albert Dupontel, Olivier Gourmet, Tcheky Karyo, Bojana Panic, Malik Zidi.

Aventures : Bien des années après le cuisant échec de son premier long métrage interprété par son égérie Mylène Farmer (help !), Lolo Le Boutonneux remet ça... en remettant en scène , trente-six ans après l’excellente adaptation télé de Stellio Lorenzi, les mésaventures de Jacquou le péquenot... A l’origine, il y a un formidable bouquin d’Eugène Le Roy que beaucoup connaissent bien, j’imagine... En 1815, donc, les ultras cassent les couilles à tout le monde et, bien évidemment, plus particulièrement aux pauvres, qu’ils soient citadins ou paysans. Ainsi, d’une façon ignominieusement méprisable et brutale, le papa du petit Jacquou va finir par se faire buter au lieu d’avoir droit à un procès... La maman, elle, va se rendre malade et en mourir... Voilà notre garçon bien seul, désormais... Il va errer quelque temps à travers ville et campagne... avant d’avoir la chance d’”échouer” chez un brave curé (Olivier Gourmet again et again excellent)... Bien logé et bien nourri, il va grandir et devenir un beau jeune homme fort de sa haine à l’égard du comte de Nansac, principal responsable de tous ses malheurs. Un beau jour, ils se retrouveront face à face... tzétéra... on connaît la suite. Le film est certes soigneusement léché... mais un peu trop “westernisé” par moments pour un grand spectacle à la française... C’est bien regrettable. Ce qu’il y a également d’étonnant et d’agaçant, ce sont les longueurs du film - Lolo s’attarde sur du “creux” trop souvent, privilégiant des scènes “à faire” ou à “gros effets” - alors même que le bouquin est allègrement “soulagé” d’une grande partie de son contenu. Voilà qui est tout à fait paradoxal ! En effet, le roman de Le Roy est suffisamment long et riche en action, intrigues et réflexions pour remplir - au bas mot ! - les deux heures trente que dure ce film plutôt foireux... Quant au casting assez inégal, il est aussi racoleur... le générique met en évidence les interprètes en fonction de leur notoriété et non point en fonction de l’importance des rôles qu’ils assument... Ce n’est pas bien grave, mais c’est quelque chose qui a le don de m’énerver...! Pour finir, on a le droit de se demander dans quelle mesure cette toile n’a pas été générée par une démarche du style... “charity bizness”...?

 

 

SILENTIUM ! - de Wolfgang Murnberger. (14/20)
Autriche - Couleur, 1h56 - 2004.
Avec : Josef Hader, Simon Schwarz, Joachim Krol, Maria Köstlinger, Udo Samel.

Policier : Silentium = silence en latin... Là, au moins, c’est simple, clair et net. Pas forcément, cela dit, pour certains personnages de ce polar vachement gonflé ! Les fachos et des curetons bien plus dangereux que de simples “tartuffes” y sont fourrés dans le même sac. Le même sac à merde du gangstérisme le plus dur ! Et, ceusses qui osent les montrer du doigt publiquement risquent de finir (comme c’est souvent le cas) proprement et soigneusement “suicidés”... ! C’est donc par une élimination de ce genre que la toile démarre; la femme d’un “suicidé” ayant décidé d’engager un privé pour mettre à nu la vérité vraie... un privé interprété par un certain Josef Hader à la présence indéniable et au jeu sans bavures ! Du reste, je vous exprime les choses dans le désordre... comme elles me viennent, n’est-ce pas... du reste donc, tout le casting est aussi parfait qu’inconnu du public français. Un humour noir et cynique coule à flots tout au long des aventures de ce détective pour le moins décalé dans une société “moderne” comme la nôtre... un peu paumé aussi parfois, on dirait... C’est adapté d’un roman de Wolf Haas dont le héros-détective est récurrent dans tous les autres polars pondus par cet auteur. Il s’agit ici de la deuxième adaptation cinématographique des aventures de Simon Brenner; la première Vienne la mort, réalisée en 2000, est restée, à ma connaissance, inédite de par chez nous. Et le restera sans doute encore longtemps, vu que Silentium ! semble promis à un avenir confidentiel... malgré son grand prix au festival du film policier de Cognac; un “petit” festival, qui, si tous mes souvenirs sont bons, nous révèle presque tous les ans des films fort réussis et sortant résolument de l’ordinaire. C’est le cas en l’occurrence. Donc, si comme moi, on en a marre du politiquement correct, que l’on a un goût prononcé pour le cynisme intelligent ou la marginalité en général; si l’on ne redoute guère l’humour plus haut cité et des scènes (nullement complaisante, attention !) plutôt crues et impitoyables... eh bien, le film est là. Il vous attend, braves gens, qui avez envie de vous changer (réellement) les idées...!

 

 

 

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