JANVIER 2007

Semaine 3  Du 10-01-2007 au 16-01-2007

APOCALYPTO - de Mel Gibson. (10/20)
USA - Couleur, 2h18 - 2006.
Avec : Rudy Youngblood, Dalia Hernandez, Jonathan Brewer, Raoul Trujillo, Morris Bird

Aventures : La chute de la civilisation maya vue par l’oeil toujours aussi linéaire, si je puis dire, du gars Gibson. Après avoir indûment et lourdement re-châtié le petit Jésus, il nous propose une nouvelle série d’images bien saignantes et sans se casser la nénette côté scénar... Une tribu de guerriers particulièrement agressifs saccagent un village bien tranquille, tuent presque tout le monde et font prisonniers les autres... pour les mener vers un sacrifice monstrueux en l’honneur, n’est-ce pas, du dieu soleil... L’aller est pénible mais... ce ne sera qu’une promenade comparé au retour... Enfin, le retour du seul survivant quasiment miraculé... S’agit d’un certain Patte de Jaguar qui court vachement vite ! Il a intérêt ! Parce qu’il va avoir à ses trousses pendant presque deux jours une dizaine de guerriers qui décoiffent grave ! Force m’est de reconnaître que la course-poursuite est terriblement prenante ! Malgré l’insupportable violence, par trop complaisante bien des fois, Gibson nous prend aux tripes et parvient à nous faire partager cette épouvantable aventure. Ajoutons à cela que la reconstitution (décors, costumes et personnages) est très convaincante, d’autant plus que le film (tout comme son précédent) est tourné en “version originale”. Tous les personnages jactent yacatèque. Toutefois, âmes sensibles s’abstenir !

 

 

BAD TIMES - (Harsh Times) de David Ayer.(7/20)
USA - Couleur, 1h55 - 2005.
Avec : Christian Bale, Freddy Rodriguez, Eva Longoria, Tammy Trull, J.K. Simmons.

Policier : Un “ex” de la guerre du Golfe, Jim Davis, très marqué par son vécu militaire, est dans la mierda et cherche désespérément à se faire engager dans la police de Los Angeles. Avec son pote Miguel alias Mike, il sillonne la ville en allant souvent de déconnade en déconnade... Son pote est un gentil petit paresseux qui baratine sa nana rapport au boulot et en profite pour picoler, fumer des joints et rire bêtement avec le fêlé Jim Davis... Il y aura bien sûr quelques castagnes bien assaisonnées, aussi violentes que gratuites... Outre l’insupportable image qui se la joue “flou artistique” - je te laisse imaginer ce que ça donne avec un support merdiquement vidéotesque - le film est bien trop souvent sur la corde raide... Savoir que, par moments, l’on se demande sa raison d’être ainsi que la raison de son excessive durée... Toutefois, le malaise est assez bien distillé... c’est un peu trop le drame pour le drame, un peu trop complaisamment cradingue... mais l’on reste à peu près accroché grâce notamment aux personnages qui ne sont pas totalement creux et, bien évidemment, à leurs interprètes...

 

 

12H08 A L’EST DE BUCAREST - (A fost sau nu a fost) de Corneliu Porumboiu. (6/20)
Roumanie - Couleur, 1h29 - 2005.
Avec : Mircea Andreeseu, Teo Corban, Ion Sapdaru.

Comédie : Ici, nous avons affaire à un faux long métrage... L’introduction, pleine de petits remplissages insignifiants, se traîne pendant plus de la moitié du film... Le prétexte est honorable : quelques jours avant Noël, dans un petit patelin roumain, le patron de la télé locale décide de rendre hommage, seize ans après les événements, aux “révolutionnaires” de la région. Ceusses qui qu’auraient gueulé très fort (avant !) la chute du vampire Ceausescu... Il invite pour ce faire à son émission deux braves citoyens... quelque peu - du moins apparemment - ringardos... Piscoce, retraité et Père Noël à l’occasion et Manescu prof d’histoire plutôt alcoolo... Lorsqu’il prendront la parole pour témoigner et évoquer leurs souvenirs plus ou moins “héroïques”, il y aura de la contestation dans l’air... En effet, l’émission est ouverte - par téléphone - aux téléspectateurs. Nos deux braves vont même prendre quelques injures dans la figure... on les traite de menteurs - notamment le prof qui prétend avoir manifesté dans la rue avec ses confrères bien avant l’heure H, savoir 12h08 le jour J où le dictateur a fichu le camp. Il y a donc environ vingt minutes à prendre dans cette modeste réalisation - au demeurant plutôt sympathique. Et, cela devient une habitude au cinoche, on nous régale d’une fin bien torchée... La fin d’un film étant, en principe, “la cerise sur le gâteau”, n’est-ce pas... vous avez droit ici à la cerise... quant au gâteau... Concluons que pour une “Caméra d’Or” (la récompense de ce film à Cannes 2006), l’oeuvrette se défend pour une fois pas trop mal !

 

 

ELECTION 2 - de Johnnie To. (2/20)
Hong Kong - Couleur, 1h33 - 2006.
Avec : Louis Koo, Simon Yam, Nick Cheung, Cheung Siu Fai, Lam Ka Tung, Lam Suet.

Policier : Les élections se suivent et se ressemblent... Eh oui, j’y suis retourné... Vérifier si la deuxième partie était également digne du label “hong-connerie”... ! En fait, le con, c’est moi... Mais bon, c’est une autre histoire... Le mandat de deux ans du “délégué” de la triade élu dans le premier épisode arrive à expiration... Là-dessus, t’as un jeune enfoiré, assoiffé de pouvoir lui aussi, qui va tout faire pour détrôner de force “le délégué” qui s’accroche en voulant absolument garder son titre malgré les règles du jeu. Voilà, c’est tout. Sinon, t’as droit à des dialogues toujours aussi débiles : “Tu n’as pas fait suffisamment tes preuves pour devenir délégué”. “Si, car j’ai la force avec moi.” “Cela ne suffit pas, tu es trop jeune !” “Oui, mais je suis un homme droit, un vrai frère”... Ou encore : “Nous devons nous méfier des Chinois !” “Pourquoi ?” “Parce qu’ils sont très puissants !” “Alors, il nous faudra négocier ?” “Pas forcément”... tzétéra. Je te cite ça approximatif, mais le ton y est ! Puis, tout d’un coup, en pleine rue, t’as un gangster cinglé qui sort un couteau plus long que son bras et tranche la première gorge qui passe par là... Enfin, pas tout à fait... c’était l’homme à abattre ! L’homme abattu donc met une plombe à terminer sa danse à deux temps et quand il finit de valser, il s’écroule théâtralement dans les caniveaux en râlant bien fort pour que tout le monde entende... Tu finis même par ne plus lire les sous-titres... alors, ça donne : “Hao tchao zheu ha gung !!!” “Djim bah gâh tout li lâh !” Tsao tsu tsa hêêê !” “Tsao tsiu tsao zha !!!” Puis, “pan, pan, crac, jdoumb, fffiouh, chtak, tsak, boum !!!” T’as vraiment besoin d’aller voir ça ?!?

 

 

FUR : UN PORTRAIT IMAGINAIRE DE DIANE ARBUS - (Fur : An Imaginary Portrait of Diane Arbus) de Steven Shainberg. (7/20)
USA - Couleur, 2h00 - 2006.
Avec : Nicole Kidman, Robert Downey Jr, Ty Burrell, Harris Yulin, Jane Alexander.

Drame : Méfions-nous des films qui nous promettent en ouverture de l’extraordinaire... Comme c’est le cas ici... Ce n’est qu’une indication prometteuse qui tente de te persuader que tu vas être vachement dépaysé... on essaie de te conditionner, en somme... Je m’explique. La nana Diane Arbus, épouse d’un photographe, n’est que l’assistante “bonne à tout faire” de son mari. Alors qu’un talent potentiel dort en elle et finira par éclore suite à quelques étranges aventures... En effet, la jeune femme qui s’ennuie sérieusement, va repérer un voisin portant cagoule... de façon que l’on ne voie que ses mirettes... Elle va entrer en contact avec lui - contact provoqué d’ailleurs par le gars - et va découvrir son visage puis tout son corps... que de poils partout ! Le bougre souffre d’une maladie incurable qui génère une pilosité envahissante et sans cesse renouvelée. Il a du reste travaillé dans un cirque et ainsi Diane fera également la connaissance d’un certain nombre de ses amis... tous des “freaks”. Des “monstres”... de cirque en l’occurrence... C’est donc grâce à ce petit monde, à l’exact opposé de son milieu bourge, que Diane Arbus va à terme parvenir à extérioriser sa “douance” en matière de photographie. Pour ceux qui ne la connaissent pas, je précise que ce n’est pas un personnage de fiction. Néanmoins, le portrait, comme l’indique le titre est plutôt imaginaire, savoir très librement inspiré de sa biographie... Beaucoup trop dilué, le film souffre d’une lenteur aiguë... d’une paresse un peu usante pour le spectateur... et d’un manque d’”extraordinaire”, rapport à la promesse du début... Mais, nous sommes loin d’une ânerie... mis à part les postiches “prisunic” du “monstre velu” ou encore la fausse barbe totalement synthétique du mari de Diane... Cela est peut-être dû à la lumière écrasante mais indispensable quand un tartine sur un support vidéo...

 

 

L’INCROYABLE DESTIN DE HAROLD CRICK - (Stranger than Fiction) de Marc Forster. (10/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2006.
Avec : Will Ferrell, Maggie Gyllenhaal, Dustin Hoffman, Queen Latifah, Emma Thompson, Tom Hulce, Linda Hunt.

Comédie : Le mec Crick, contrôleur des impôts, fonctionne comme une mécanique horriblement bien huilée ! Il compte tout, le nombre de frottements de sa brosse à dents, le nombre de pas qu’il fait pour se rendre à son boulot, tzétéra... Un jour, en se brossant les dents justement, il entend une voix féminine qui raconte ce qu’il est en train de faire... Par la suite, il va l’entendre de plus en plus souvent... mais sera le seul à ouïr les commentaires de ce qui semble être une romancière... en train d’écrire sa vie à lui, Harold Crick... ! De psy en spécialiste de littérature, il finira par rencontrer l’affreuse.... affreuse because elle a prévu de le tuer dans son roman...! Bon, l’idée est tout à fait intéressante... bien qu’inaboutie... malheureusement... Et, malgré tous les défauts que l’on peut trouver à ce film sans prétention, on est pris dans cette toile remarquablement bien... tissée ! C’est totalement invraisemblable, les auteurs ne s’emmerdent pas à nous expliquer quoi que ce soit - même pas dans le souci de faire implicite, car il n’y a finalement rien à tirer du point de vue thématique... Nulle réflexion ne sert de support à la narration... Un divertissement, comme ça, pour “le fun”... comme on dit connement. Après tout, why not, camarade... ? Côté acteurs, autant on se régale avec la charmante Thompson et le toujours parfaitement impeccable Dustin (Tom Hulce, qui joua il y a plus de vingt ans le rôle d’Amadeus, n’a qu’une scène et il est méconnaissable); autant l’abominable Ferrell nous crève les yeux tout en ne crevant nullement l’écran...!

 

 

REQUIEM FOR BILLY THE KID - de Anne Feinsilber. (6/20)
France - Couleur, 1h26 - 2006.
Avec : Kris Kristofferson et les voix de Arthur H., Anne Feinsilber.

Documentaire : Ce docu-fiction, plus exactement, tente de semer le doute dans nos esprits rapport à la mort de Billy le Gamin... A-t-il réellement été tué en 1881 par son pote le shérif Pat Garrett...? Ou bien ce dernier l’aurait-il épargné en le laissant fuir et vivre vieux...? Théoriquement, on en a rien à foutre... Mais, quand on aime bien ce fameux genre en voie de disparition qu’est le western (pour ma part, j’ai toujours préféré le western revisité par les Italiens ainsi que ceux - de production américaine - qui ont été générés par la tendance post-leonienne), on plonge dans le truc... mais assez superficiellement tout de même... le film étant tout aussi superficiel et plein de parasites vocaux, les narrateurs s’entend. On y voit notamment le seul portrait existant du p’tit Billy. Oh, la sale gueule et la dégaine de clodo qu’il avait...! Mais bon, point trop ne faut juger sur la mine ni sur le costard qui ne fait pas le moine... surtout en l’occurrence ! Quelques interviews, des extraits de films de fiction comme celui de Peckinpah et une ou deux autres bricoles nous flattent quelque peu les mirettes sans jamais nous passionner. Pour aficionados !

 

 

LE SERPENT - de Eric Barbier. (7/20)
France - Couleur, 1h59 - 2006.
Avec : Yvan Attal, Clovis Cornillac, Minna Haapkyla, Pierre Richard, Simon Akbarian, Olga Kurylenko, Gérald Laroche, Jean-Claude Bouillon, Véronika Varga, Pierre Marzin.

Policier : Bon. Bien qu’un peu trop long, ce polar n’y va pas par quatre chemins ! On entre direct dans l’intrigue. Le photographe, Vincent Mandel est agressé dès le départ. D’abord mollo... puis de plus en plus sérieusement... Mais, qui donc lui en veut à ce point... au point de vouloir lui empoisonner la vie quelque chose de toxique au pire degré, voire à le détruire...? Eh bien, s’agit d’un ancien camarade de classe qui a, comme qui dirait, besoin d’expurger sa haine rapport à une vieille histoire de gamins. Un passif assez lourd, faut reconnaître ! Le gars va se présenter très vite, remplir plus que de mesure tout l’écran... Il se nomme (je peux le dire, cela ne fait pas partie du suspense) d’un certain Joseph Plender, devenu complètement cinglé...! Ecoutez, je n’ai pas l’habitude de cracher dans la soupe, même quand la toile est modeste ! Disons que l’ensemble fonctionne assez correctement - malgré le concours de laideur entre Attal et Cornillac; qui sera le prochain “Monsieur Miss France” ? suspense... Blague à part, il me semble que depuis quelques mois, le film dit “noir” reprend du poil de la bête dans la production nationale... Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai, ayant toujours eu un faible pour ce genre, surtout façon frenchie...! Je pense au film d’Olivier Marchal, sorti en décembre 2005 ou plus récemment à Ne le dis à personne de Canet. Cela reste encore modeste... mais... le polar français qui connut une fabuleuse période, un âge d’or... pourrait prétendre à un avenir plein d’espoir... Pourquoi pas ? En tous cas, je le souhaite vivement !

 

 

THE WICKER MAN - de Robin Hardy.(4/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h24 - 1973.
Avec : Edward Woodward, Christopher Lee, Britt Ekland, Diane Cilento, Ingrid Pitt.

Fantastique : Le voilà donc cet “inédit” que l’on n’attendait plus ! Un policier très “catho” débarque dans une île écossaise because disparition mystérieuse d’une jeune ado, Rowan... Dès l’accostage, il va tomber sur des gens un tantinet bizarroïdes... Par la suite, dans l’hôtel-resto où il décide de crécher, il va se faire draguer quelque chose de furieux par la serveuse (Britt Ekland aux seins nus) mais, tout en sueur, il chassera le démon de ses mauvaises pensées... De rencontres en enquêtes, d’interrogatoires en stupéfactions, il va rapidement se rendre compte qu’il est tombé dans un univers peuplé de païens très portés sur le cul, la “crudité” toutes catégories et aussi sur une certaine cruauté... Tout ce beau monde est dirigé par un taré, Lord Summerisle (Christopher Lee au comble du ridicule), un gars qui se la joue “guru” avec des rituels d’une connerie primaire, dans le but de revitaliser l’économie agricole de l’île ! Lee a pourtant accepté de travailler gratis dans cette série B, assez troublante néanmoins, il faut le reconnaître. S’agit-il d’une plaisanterie... d’une tentative désespérée de faire passer “quelque chose” par le biais de ce filmounet... pour quelle raison cet OVNI déroutant est-il considéré par certains comme un cult movie ? Ce qui est certain, c’est qu’un humour au premier degré et parfois décapant y a sa place. Pour le reste, cet “homme d’osier” a le droit de bénéficier du doute, pour peu que l’on soit clément...

 

 

 

 

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