JANVIER 2007

Semaine 2  Du 03-01-2007 au 09-01-2007

DARATT (Saison sèche) - de Mahamat-Saleh Haroun.(2/20)
Tchad - Couleur, 1h35 - 2006.
Avec : Ali Bacha Barkai, Youssouf Djaoro, Aziza Hisseine, Dounia Hadre, Fatimé Hadje.

Drame : Nous sommes dans un village tchadien. La guerre civile vient de prendre fin. Le problème, c’est que tous les criminels de guerre ont été amnistiés ! Face à cette criante injustice, un vieil homme aveugle charge son petit-fils de venger son père assassiné par un boulanger... Atim, “celui qui est orphelin”, va donc en ville armé d’un pétard pour tuer Nassara - c’est ainsi que se nomme sa “cible”... Il va, dans un premier temps se débrouiller pour entrer chez le boulanger comme apprenti, puis... de jour en jour, il va de plus en plus hésiter à lui régler son compte... Le thème du film est bien évidemment celui du pardon... Malheureusement, et je ne ferai pas l’injure au réalisateur Haroun de lui faire l’aumône sous prétexte qu’il a certainement disposé d’un modeste budget en étant excessivement clément... Le film est mauvais, point barre. Réalisation plate et par trop lente; une seule scène (la dernière) réussie; interprètes non-professionnels qui récitent tzétéra... C’est ainsi et je n’y peux rien; je constate le résultat. Une fois de plus, les intentions sont bonnes... mais elles ne suffisent pas pour m’empêcher de conclure que la saison sèche peut être aussi chiante que la pluie...

 

 

ELECTION 1 - (Hak seih wui) de Johnnie To.(3/20)
Hong Kong - Couleur, 1h41 - 2005.
Avec : Simon Yam, Tony Leung Ka-Fai, Louis Koo, Nick Cheung, Cheung Siu Fai.

Policier : Ici, nous sommes en pleine “hong-connerie” ! Deux cent cinquante personnages se bousculent dans tous les sens à propos de l’élection du nouveau délégué (l’équivalent d’un “parrain mafioso”) d’une importante triade... On pige que lerche pendant plus de la moitié de ce film aux dialogues exsangues et malgré une certaine esthétique (cadrages soignés et couleurs chaudes), la non-intrigue est malmenée puisque... mal menée ! Johnnie To fait partie de ces petits cinéastes surestimés par la critique alors que son œuvre n’apporte rien d’autre qu’ennui et agacement... à quelques détails près... (la scène de “l’intronisation” du délégué est très réussie)... La violence en particulier, et comme d’habitude dans ce genre de productions, est terriblement complaisante... annulant ainsi la moindre fascination que l’on pourrait avoir pour ce type de situations... N’est pas Peckinpah ou Leone qui veut ! Et ce n’est pas le regard critique - mais pas trop - porté sur les flics qui peut intéresser ou étonner... De ce côté-là, nous sommes tous blindés; d’autant plus qu’ici l’on nous explique que la police ne peut que “réguler” la situasse... qu’elle n’est pas en mesure d’éradiquer le gangstérisme pour la bonne raison fataliste que si tu en élimines un ou plusieurs... il en réapparaît un ou plusieurs...! Ma légendaire curiosité malsaine me poussera-t-elle malgré tout à aller voir le second volet de ce diptyque...?

 

 

LE HEROS DE LA FAMILLE - de Thierry Klifa (0/20)
France - Couleur, 1h42 - 2006.
Avec : Gérard Lanvin, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Miou-Miou, Géraldine Pailhas, Michael Cohen, Claude Brasseur, Valérie Lemercier, Gilles Lellouche.

Comédie dramatique : J’ai une sainte horreur des navets de luxe ! Je “conclusionne” dès le début, qu’on me pardonne, j’ai hâte d’exprimer ce que j’ai sur la patate ! Un tel casting suppose un budget invraisemblablement démesuré pour un Klifa, l’homme qui réalisa naguère l’abominable Une vie à t’attendre... ! Il continue de copier les partitions d’un Claude Sautet, alors qu’il y a entre eux deux environ douze mille galaxies ! Un patron de cabaret se suicide pour des raisons à l’évidence très personnelles, puisque personne n’y comprend rien... Derrière lui, il a laissé un testament où il lègue sa boîte “Le Perroquet Bleu” aux enfants de son bras droit, son meilleur pote, son fils et son frère à la fois ! Du coup, le bras droit est pour le moins interloqué ! Ses enfants n’ont rien à voir avec ce genre de bizness ! C’est lui qui aurait dû hériter du cabaret... Bon. A partir de là, t’as toute une espèce de famille éclatée voire explosée qui se retrouve autour des souvenirs qu’a laissés le big boss... Et, évidemment, oh, originalité suprême, tous les membres de cette famille en profitent pour régler leurs comptes les uns avec les autres. Comme ils n’ont rien à régler en vérité, toi, pendant ce temps-là, tu te fais chier, tu regardes les belles robes ou autres vêtures des dames Deneuve ou Béart... Tu te marres au second degré parce que, quelles que soient leurs compétences habituelles, ils sont tous nuls... forcément avec un scénario débile et “débilement” dialogué, n’est-ce pas... Sauf peut-être Claude Brasseur... Quoique, le gars Klifa lui ait quand même fait une sacrée vacherie en le faisant passer pour un con dans les scènes où il chante en “play-back”, travesti en nana...! Quand t’as fini de regarder cette toile, tu as d’énervantes interrogations plein la tronche... savoir que peut apporter un film aussi vain et... est-il seulement possible que ce “néant avec une plume au cul” puisse plaire à quelqu’un ?

 

 

HOLLYWOODLAND - de Allen Coulter. (14/20)
USA - Couleur, 2h06 - 2006.
Avec : Adrien Brody, Diane Lane, Ben Affleck, Bob Hoskins, Ted Atherton.

Policier : En 1959, George Reeves, alias “Télé Superman”, se suicide (?)... Mais, la maman d’icelui engage un détective afin de démontrer qu’il s’agit en fait d’un meurtre... A l’évidence, il existe des indices étranges et douteux... comme, par exemple, l’absence d’empreintes digitales sur le pétard qui a craché la bastos... Le détective est un parfait antihéros (excellent, comme toujours Adrien Brody !)... il est à la pêche constamment et gagne quelques sous en suivant l’épouse d’un mari maladivement jaloux... Néanmoins, il va foncer dans le tas et sérieusement remuer la merde... Le film narre deux histoires en parallèle, d’une part l’enquête du “privé”, d’autre part, à coups de flash-backs, la bio dans les grandes lignes de George Reeves... Hormis l’image plutôt dégueulasse (ça la fout mal quand même au cinoche !), tout le reste est passionnant. Plus qu’un petit polar, cette œuvre est également par bien des aspects une comédie (dramatique) de mœurs... L’on y voit notamment nager quelques requins hollywoodiens ou autres... Voilà donc un film qui fut prometteur et... qui tient à peu près ses promesses ! Cela rassure, de temps en temps, n’est-ce pas... Et moi, ce qui m’éclate particulièrement dans les (bons) films américains, c’est les acteurs et trices qui sont tous prodigieux... jusqu’au plus inconnu dont je ne sais même pas le nom parfois...! A voir !

 

 

HORS DE PRIX - de Pierre Salvadori. (0/20)
France - Couleur, 1h40 - 2006.
Avec : Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff.

Comédie : Une jeune pute de luxe se trompe de cible dans un palace... Elle prend un larbin pour un richard...! Lui, évidemment, va profiter autant qu’il le pourra de l’occase... la nénette étant du genre plutôt... attirant... Quand elle va se rendre compte de son erreur, sa fureur sera grande et elle se vengera en plumant, jusqu’au dernier sou de ses économies, le larbin imposteur ! A tel point que le gars va se retrouver avec une addition d’hôtel salement salée qu’il n’a plus les moyens de régler... mais, les scénaristes ont tout prévu ! In extremis, une mémé hyper friquée vole à son secours... moyennant ses charmes bien sûr... les charmes du gars, n’est-ce pas, car il n’est pas mal du tout non plus... Suite à quoi, la nénette qui l’a plumé rencontre à nouveau le larbin... et ils échangent leurs points de vue... se racontent chacun (parce que la gonzesse, entre-temps a retrouvé un autre vieux bien nanti) ses petites aventures... le champagne qu’ils ont bu, les vêtements, montres ou moto qu’on leur a offerts... tzétéra... dans le genre profond et passionnant, si tu vois ce que je veux dire... Pendant toute la durée du film - excepté la pirouette finale qui dure trois minutes et où nos deux “zéros” décident de partir amoureusement ensemble vers un destin incertain sur les “deux roues” offertes par la mémé friquée - pendant donc 1h37, Salvadori nous chatouille sous la ceinture pour nous arracher un sourire avec cette histoire particulièrement immonde... Et, les rares fois où il se moque des vieux friqués, ce n’est point de leur richesse qu’il rit, mais de leur... âge !!! Ah, mais, Cher Monsieur, c’est que (de nos jours plus que jamais !) on ne touche pas au fric ! A la sacro-sainte oseille !!! Moralité (pour aller vite parce que j’en ai marre de toutes ces conneries !) : dans notre société plus riche que jamais et où il y a bien sûr de plus en plus de pauvres... il reste toujours une solution (surtout si t’es jeune et avenant ) : la prostitution, ma vieille !
P.S. : Gad Elmaleh est inexistant et Audrey (bien qu’elle soit mignonnette) n’a de Hepburn que le prénom...

 

 

UNE GRANDE ANNEE - (A Good Year) de Ridley Scott. (2/20)
USA - Couleur, 1h58 - 2006.
Avec : Russell Crowe, Marion Cotillard, Didier Bourdon, Abbie Cornish, Albert Finney, Freddie Highmore, Tom Hollander, Archie Panjabi, Valeria Bruni Tedeschi, Isabelle Candelier, Jacques Herlin.

Comédie dramatique : Max Skinner, un “parieur-boursicoteur”, banquier de son état, hérite d’un domaine provençal avec vignoble de haut niveau. C’est son oncle Henry, fraîchement décédé, avec qui il avait bizarrement “coupé les ponts”, qui lui a offert ça. Enfant, il avait été très proche de son oncle qui remplaçait son papa... Mais, étant devenu ce qu’il est devenu, il ne pense qu’à se débarrasser au plus vite de son héritage en le vendant... Dans un premier temps... Parce que, bien sûr, des souvenirs tout beaux tout plein vont lui revenir en mémoire et qui plus est, la fille (inavouée, savoir naturelle) d’oncle Henry fait son apparition... Puis, pour couronner le tout, il tombe amoureux d’une jolie autochtone... Là, c’en est trop, adieu la bourse, adieu la banque... bonjour veaux, vaches, cochons et bien sûr, bonjour pinard, il s’installe définitivement en excellente compagnie dans cette magnifique campagne française... Plus con et plus usé que ça, tu meurs ! Le seul éventuel intérêt aurait pu être la présence d’Albert Finney... aurait pu... car autant il est effectivement présent au générique, autant à l’écran, il meurt tout de suite après sa seule grande scène du film...! Ensuite, on nous balance encore quelques miettes sous forme de flash-back et l’immense Finney en est réduit à l’état d’ectoplasme ne se montrant que très sporadiquement et très parcimonieusement... Une insulte majeure à un comédien majeur ! De toute façon, que peut-on encore attendre d’un Ridley Scott qui fut cinéaste dans une vie antérieure et qui lui-même est réduit depuis fort longtemps déjà... à l’état d’ectoplasme...!

 

 

LE VIOLON - (El violin) de Francisco Vargas Quevedo. (17/20)
Mexique - Noir et blanc, 1h38 - 2005.
Avec : Don Angel Tavira, Dagoberto Gama, Gerardo Taracena, Fermin Martinez.

Guerre : ...ou guérilla plus précisément... Enfin, on ne va pas chipoter, la situation est tragique de toute manière ! Une poignée de misérables paysans révoltés contre des militaires pour le moins aguerris et armés jusqu’aux dents... Mais, le vieux Don Plutarco a une idée audacieuse et qui pourrait s’avérer excellente...! Il feint de vouloir visiter son terrain (car, il est paysan avant tout) qui se situe juste en bordure du camp militaire récemment installé là... En effet, l’ancien possède des armes et des munitions enterrées quelque part dans son champ. Il compte les planquer dans l’étui de son violon. Et voilà, on y arrive au fameux violon, dont Plutarco joue admirablement... Au point qu’il va faire craquer le capitaine de la garnison, grand amateur de musique... Il va venir jouer régulièrement - tous les jours - pour l’officier en attendant de trouver le moment opportun pour récupérer les sulfateuses et les bastos... Violon contre fusil...qui va gagner ? Et, à quoi joue-t-on, au fait ? A la guerre...? On n’en aura donc jamais marre...! N’en disons pas plus sur l’histoire... En revanche, précisons tout de suite que l’image - un noir et blanc salement et tragiquement beau - nous plonge dans un univers aussi étrange que banal. Un concentré de poésie ténébreuse, d’émotions visuelles et sonores, d’humanisme humblement noble, et quelques rires salvateurs... Et, surtout, surtout... Don Plutarco ! Personnage phénoménal... de ceux qui savent arrêter le temps... qui évoluent au gré de leur lenteur... d’une sérénité en toute circonstance... à la démarche et au visage merveilleusement expressifs... juste ce qu’il faut ! Plutarco est entré désormais dans la légende du septième art... Du reste, l’acteur, Don Angel Tavira, a été récompensé par le prix de la meilleure interprétation masculine à Cannes 2006, dans la section “Un certain regard”. Pour une fois, un prix parfaitement mérité ! Hélas, d’ores et déjà, comme à l’accoutumée, je doute qu’un large public soit au rendez-vous...

 

 

 

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