JANVIER/FEVRIER 2007

Semaine 6  Du 31-01-2007 au 06-02-2007

BLANCHE NEIGE, LA SUITE - de Picha.(0/20)
USA - Couleur - 1h52 - 2006.
Belgique - Couleur, 1h22 - 2005.
Avec les voix de : Cécile de France, Jean-Paul Rouve, Marie Vincent.

Animation : Il y a une trentaine d’années, Picha nous régala d’une parodie fort salace de Tarzan, La honte de la jungle. Un dessin animé pour adultes bourré de trouvailles et de gags désopilants. Par la suite, il brilla nettement moins avec Le chaînon manquant et Le big bang... Là, on se demande carrément ce qui lui est tombé sur la tête pour l’abrutir de la sorte...! Cette “suite” nous conte, nous bafouille devrais-je dire, les mésaventures du Prince Charmant après le fameux baiser qu’il posa sur les lèvres de Blanche Neige afin de la réveiller. En effet, il se voit chargé voire obligé de rééditer son “exploit” en réveillant toutes les autres princesses (ou autres jeunes filles) endormies de la même manière... La Belle au bois dormant, Cendrillon et même le Petit Chaperon Rouge, toutes y passent...! On a bien du mal à suivre les rebondissements ou plutôt les tressautements bordéliques de cette série d’aventures lamentablement gribouillées du pied gauche...! Qui plus est, Picha, qui fut quelque peu original, à l’instar d’un Ralph Bakshi (Frtiz the Cat), s’essouffle ici à tenter vainement d’exploiter la démarche des auteurs de Shrek...Pour le moins décevant !!!

 

 

BLOOD DIAMOND - de Edward Zwick. (14/20)
USA - Couleur, 2h22 - 2006.
Avec : Leonardo Di Caprio, Jennifer Connelly, Djimon Hounsou, Kagiso Kuypers.

Aventures :Un jeune trafiquant de diams rencontre en taule un pauvre hère, récemment esclavagisé dans des mines diamantaires. Mais, il se trouve que l’homme noir a trouvé et planqué un “caillou” rose d’une valeur quasi inestimable... De quoi allécher le jeune aventurier...! Après quelques pourparlers, ils décident de faire équipe pour retrouver la pierre de la plus belle eau. En route, ils croiseront une belle journaliste qui fait dans le scoop humanitaire... De l’action à gogo, du cinoche pur jus mais aussi un message... Zwick, qui nous avaient plutôt habitués à de la guimauve jusqu’à présent, nous étonne agréablement en montrant du doigt, au passage, les différents trafics et trafiquants de haut vol - diamantaires pourris de fric ou autres - qui ne reculent devant aucune exaction pour se remplir les fouilles... ! Le film a beau être classicos, un peu toc et assez cucul par moments, il n’en est pas moins efficace - d’autant plus que les interprètes, DiCaprio et l’excellent Hounsou en tête, sont tous formidables, à l’exception peut-être de la (trop ?) jolie pour être casse-cou Jennifer Connelly. Un bon spectacle qui sait toucher là où ça fait mal...

 

 

HANTISE - (Gaslight) de George Cukor. (13/20)
USA - Noir et blanc, 1h54 - 1944. (Reprise)
Avec : Charles Boyer, Ingrid Bergman, Joseph Cotten, Dame May Whitty, Angela Lansbury, Tom Stevenson, Barbara Everest.

Drame : Un petit retour en arrière pour savourer l’art de la narration cinématographique d’il y a soixante ans, ça ne fait pas de mal par où ça passe. Un script solide, une mise en scène précise, sobre et spectaculaire juste ce qu’il faut, avec des acteurs au charme aussi désuet qu’irrésistible, voilà de quoi se réchauffer les mirettes. Bien qu’il ne s’agisse sans doute pas d’un chef-d’oeuvre absolu, ce film n’en est pas moins une sorte de “leçon de cinéma”. En effet, le spectateur se sent chouchouté en savourant ce divertissement artistique d’une très belle tenue... Certes, du moins c’est mon sentiment, le suspense n’est pas d’une efficacité absolue et quelques grosses ficelles nous gâchent un tantinet le spectacle... Je le redis pour la millionième fois, bien que le cinématographe se doive en toute logique de rester vivant et donc d’évoluer, il ne serait néanmoins pas dommage que certains se ressourcent en prenant en compte les vertus du classicisme et ne se contentent point de tout bousculer au détriment d’une grammaire cinématographique qui n’a rien de déshonorant ni de stérilisant... A découvrir ou à revoir, comme dirait l’autre.

 

 

MOLIERE - de Laurent Tirard. (7/20)
France - Couleur, 2h00 - 2006.
Avec : Romain Duris, Fabrice Luchini, Laura Morante, Edouard Baer, Ludivine Sagnier.

Comédie : Suite à son emprisonnement pour dettes en 1645, Molière disparaît mystérieusement... avant de revenir sur le devant de la scène (cas de le dire) quelques années plus tard. Tragédien raté, il aura compris dans l’intervalle qu’il était plutôt “fait” pour la comédie, et plus exactement la comédie de mœurs. Mais que s’est-il donc passé pendant ce long laps de temps ? Les auteurs se sont amusés ici à remplir ce “vide historique” à leur manière, et en partant d’une excellente idée... nous servent une comédie légère, trop légère peut-être... En effet, le jeune Molière va rencontrer durant ces fameuses années de maturation quelques-uns de ces futurs personnages, aujourd’hui d’une célébrité légendaire... Mais au lieu d’une réflexion profonde et fouillée - qui n’aurait nullement nui à une comédie digne de ce nom - nous avons droit, essentiellement à des “concours de circonstances” drolatiques, quasi vaudevillesques... Comme il est difficile de concilier la légèreté et la pensée riche ! Néanmoins, hormis Baer et plus particulièrement la petite Ludivine (beaucoup plus proche d’une “louloute” que d’un personnage comme Célimène) l’interprétation est soit correcte soit bien plus encore. Luchini est comme un poisson dans l’eau dans le rôle du “bourgeois gentilhomme” et Duris fait une fois de plus preuve d’excellence ! Son numéro d’imitation de chevaux de différentes races vaut à lui seul le détour... Toujours est-il que, malgré de réels progrès par rapport à son film précédent Mensonges, trahisons et tout le toutim...”, Laurent Tirla est encore loin de la finesse et de la grâce que nécessite une savoureuse comédie de mœurs...

 

 

ROCKY BALBOA - (Rocky 6) de Sylvester Stallone. (6/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2006.
Avec : Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Tarver, Geraldine Hughes.

Aventure : Et revoilà celui qu’on n’attendait plus ! A soixante piges bien sonnées, le gars Rocky décide d’aller se faire sonner à nouveau sur un ring ! Mais comme (presque) d’habitude, il sera victorieux sans l’être tout en l’étant, apportant ainsi une certaine subtilité à son propos à la base fort simpliste. Il se dégage toutefois de ce personnage quelque chose de pathétique et de sympathique à la fois. Tour à tour ringard et émouvant, lourdingue et dans le fond pas si con que ça... De là à parler de ce film comme d’une bonne surprise... faut relativiser, n’est-ce pas... C’est dans le genre regardable qui couvre le bruit du vol des mouches mais ne leur casse pas une patte... Dans la salle quelques spectateurs apparemment américains morts de rire au second degré mais applaudissant au premier degré à la fin... Sont ben bizarres ces Outre-Atlanticos...! Enfin, ça fait toujours une toile de plus...

 

 

LA VIE DES AUTRES - (Das Leben der Anderen) de Florian Henckel von Donnersmarck. (11/20)
Allemagne - Couleur, 2h17 - 2006.
Avec : Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Martina Gedeck, Ulrich Tukur, Thomas Thiemme.

Drame : En 1984, à Berlin-Est, un agent de la Stasi est chargé de surveiller, d’épier même, un metteur en scène de théâtre limite subversif et sa compagne, comédienne de son état... célèbre et à priori dérangeante, elle aussi... L’agent est une “mécanique bien huilée” que l’on suit de près dès le début du film, ce qui nous permet au passage de goûter aux “joies” de la dictature communiste de l’époque... Dans le genre sinistre, c’est gratiné... Ce que l’on omet de faire au niveau de cette histoire, c’est une réflexion un peu plus fouillée sur l’exercice du et des différents pouvoirs... à quelque degré hiérarchique que ce soit... Quoique, là, je suis peut-être en train de m’égarer en prenant mes désirs pour des ordres, savoir en refaisant le film tel que j’aurais aimé qu’il soit... L’intrigue et le propos sont ailleurs, mais, à mon sens moins passionnants et un peu plus “bateau”... L’implacable employé de la Stasi va virer sympa après avoir fait, à leur insu, la connaissance des deux artistes... Dans le genre prise de conscience soudaine comme l’éclair et pour des motifs qui peuvent sembler, légers, mal montrés et donc peu crédibles... Le parti pris de l’auteur est par trop à sens unique... N’y aurait-il que le régime communiste qui ait été aussi cruel et froidement tyrannique...? Nous avons parfois le sentiment que la réponse est “oui”... tant il manque à ce film - et au-delà à une tendance générale actuellement - ce que les bons vieux cinéastes italiens (Risi, Scola, Monicelli etc) appelait une “double vision”... des choses et essentiellement des personnages... Malgré toutes ces réserves, il temps que je le précise, il s’agit d’un très bon boulot servi par d’excellents interprètes. Le film démarre fort, le public a l’air d’aimer, tout va bien. Voilà, voilà.

 

 

 

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