Semaine 51
Du 12-12-2007 au 18-12-2007
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DE
L’AUTRE CÔTE - (Auf der
anderen seite) de Fatih Akin.(16/20)
Allemagne / Turquie - Couleur, 2h02
- 2006.
Avec : Baki Davrak, Nurgül Yesilçay,
Patrycia Ziolkowska, Nursel Köse, Hanna
Schygulla, Tuncel Kurtiz. |
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Drame
: Après le ténébreusement
beau Head On et le quelque peu brouillon
documentaire Crossing the Bridge, Akin
développe dans une fiction fort inspirée
l’ébauche prometteuse de sa précédente
réflexion sur le thème du pont,
de la frontière et autres séparations
plus ou moins artificielles entre deux mondes
dont l’interstice est une ligne sismique,
savoir l’Europe (en l’occurrence,
plus particulièrement l’Allemagne)
et la Turquie. Deux mondes dont il parvient
avec force conviction et humanisme à
cerner par petites touches les différences
et les ressemblances... Deux mondes qui n’en
font qu’un. Cessons, une bonne fois pour
toutes de brouiller les pistes. En tous cas
le gars Fatih, lui, incarne clairement par la
présence de son œuvre filmique la
démarche inverse qui consiste à
poser un regard universel sur les (merveilleuses)
différences qui devraient nous rapprocher
au lieu de nous rendre imbéciles au point
de cracher sur tout ce qui ne ressemble pas
assez à ce que nous pouvons voir dans
notre miroir. Ici, il y a plusieurs histoires
qui se rencontrent et se confondent; celle de
Nejat - la plus centrale peut-être - dont
le père est devenu assassin par emportement
aussi vain que... lourd du sens du poids de
l’existence et de la fameuse condition
humaines; celle de la fille de la prostituée
turque dont l’amante est une idéaliste
qui finira aussi banalement mal que la mère
de son amoureuse... Ah! Comme tout cela semble
compliqué à première vue
! Pourtant, si l’on daigne aller visiter
l’univers aussi concret que poétique
de Akin, les événements narrés
par ce dernier deviennent bellement compréhensibles.
Je ne veux pas rechanter la chanson du poète...
mais, l’”échange de cercueils”
entre les deux régions de notre monde
à tous possède quelque chose de
sublime... tout en retenant savamment nos larmes,
si prêtes à jaillir à la
vue d’un Spielberg mélodramatique
(comme ça le prend parfois !)... Que
ce beau film à l’image insatisfaisante
- une fois de plus - ait été récompensé
à Cannes pour son scénario remarquablement
structuré ne m’étonne guère.
Cependant, sans vouloir tripoter les mouches
à l’excès, il me semble
que Fatih a peut-être omis de “déstructurer”
- du moins quelque peu - sa narration... Certaines
actions semblent “téléphonées”,
en effet. Quant aux comédiens, ils sont
tous pour le moins irréprochables - je
dis cela en ayant la dent dure - à l’exception
de Nurgül Yesilçay qui est plus
que parfait dans le rôle du père
de Nejat. Hanna Schygulla ne peut, elle, s’empêcher
de briller (fut-ce de mille discrétions)...
ça tombe bien, elle est magnifique ! |
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I’M
NOT THERE - de Todd Haynes.(7/20)
USA - Couleur, 2h15 - 2007.
Avec : Cate Blanchett, Christian Bale, Marcus
Carl Franklin, Richard Gere, Heath Ledger, Ben
Whishaw, Charlotte Gainsbourg, Julianne Moore,
Bruce Greenwood. |
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Comédie
dramatique : A démarche audacieuse,
prise de risques faramineuse... ! Sans déconner,
la bio de Bob Dylan vue sous ces angles (au
pluriel, n’est-ce pas...) n’a rien
de contradictoire (cas de le dire)... ni, tel
que le film est fichu, de bien révolutionnaire,
bouleversant ou tout du moins d’un peu
dérangeant. Du coup, on passe de l’autre
côté de la branlette, l’on
se sent insuffisamment dérangé...
! C’est le classique coup de la verge
insatisfaite, en somme ! Cela dit, l’agencement
de l’oeuvrette ne nous laisse pas nécessairement
indifférents. Il y a de la couleur ou
du noir et blanc, selon les époques et
les situasses... Du môme ou de l’adulte
mâle, ou bien encore de la femelle (Cate
Blanchett au sommet de ses insupportables compositions
ridicules !)... Du bien amené contre
du lourd gluant... Un peu de tout, histoire
de faire - ce que j’appelle une “salade-poubelle”
- un fatras plus ou moins cinématographique
avec ombre et lumière... Six interprètes
différents afin de mieux montrer les
divers aspects parfois choquants de l’un
des “beat-pop-country-rock” les
plus représentatifs ne sont contestables
que dans la mesure où l’on se fout
éperdument de l’illustration graphique,
dirais-je, d’un personnage hors du commun...
par essence même difficile à contourner,
encercler ou définir... que sais-je...
Le montage même du film n’a rien
d’exceptionnel et les aspects a priori
stupéfiants d’un être humain
qui a labouré divers sillons dans son
existence ne nous apparaissent que plus “normaux”
en fin de compte. Bob, où es-tu ? Dans
ta discothèque, mon pote, me répond
la voix de mes tympans et oreilles. |
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LIONS
ET AGNEAUX - (Lions for Lambs) de Robert
Redford. (10/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2007.
Avec : Robert Redford, Meryl Streep, Tom Cruise,
Peter Berg, Michael Pena. |
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Guerre
: Eh, pignouf ! T’aimes ça l’actu’
?!? Alors, crains rien, t’es servi toutes
catégories confondues ! Le cinoche de
nos jours est plus que jamais le reflet ou le
témoin de notre temps... comme dirait
- non pas le poète - mais le cinéphile
bien éduqué ! Cela dit, un gars
comme Redford, j’ai tendance à
respecter. A raison ou à tort, va savoir
! En sus, t’as la mère Meryl et,
pour une exceptionnelle fois, Cruise dans un
rôle de crétin... parfaitement
crédible ! Trois petites histoires. La
journaliste notoire face à un sénateur
indiscutablement débile; le vieux prof
face à ses étudiants (notamment
l’un d’entre eux); l’affrontement
direct de “kids” face à l’ennemi
afghan, quelque part là-bas... Le premier
entretien est convaincant dans la mesure où
il fait prendre conscience à la journaliste
du rôle social qu’elle joue et de
sa responsabilité politique (c’est
bien le moins, tu me diras); le second est prometteur
jusqu’à la fin... où le
cinéaste-interprète Redford dépasse
la “ligne rouge”; l’épisode
des deux jeunes soldats mourant par choix personnel
contre un factice ennemi, en revanche, est très
clair et net ! Autrement dit, : que Robert Redford
veuille éveiller la conscience de chaque
citoyen en mettant en avant l’engagement
personnel et ses conséquences, voilà
qui est non seulement bassement courageux, mais
véritablement louable et digne du plus
grand intérêt ! Mais, lorsqu’il
nous balance, malgré moult précautions,
que n’importe quel engagement - fut-ce
celui de ses deux anciens élèves
partis se faire tuer et épandre leur
sang dans une montagne fortement enneigée
de l’Afghanistan - est respectable et
essentiellement positif... là, je dis
stop ! Amusons-nous à pousser le bouchon...
Le soldat crétin (pardon pour le pléonasme)
qui s’engagea naguère dans les
troupes hitlériennes serait donc digne
de respect pour le seul fait qu’il se
soit engagé...?!? Il me semble avoir
suffisamment bien compris la démarche
intellectuellement “volontariste”
de Bob... cependant, bien que je respecte ses
soixante-dix balais marqués par des prises
de position notamment écologistes ou
plus largement politiques; bien que je ne considère
nullement ce Monsieur comme le dernier ver de
terre... force m’est de signaler - dussé-je
le crier sur les toits - qu’il fait une
erreur de raisonnement fatale... because il
a oublié l’essence même de
la philosophie qui consiste à placer
le beau au-dessus du vrai. Think about that
Baby ! “ . |
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LA
NUIT NOUS APPARTIENT - (We Own the
Night) de James Gray. (15/20)
USA - Couleur, 1h58 - 2006.
Avec : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert
Duvall, Eva Mendes, Oleg Tratakov, Tony Musante. |
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Policier
: Oui, tout comme le jour. Je précise
d’emblée, car c’est bien
de cela qu’il s’agit. L’auteur
de Little Odessa et de The Yards,
n’a de cesse de nous rejouer le même
air de flûte... Famille, comme je te hais
! Famille, comme je t’aime ! Le tout sur
fond de polar bien sombre et noir. Cette fois,
t’as trois bonshommes sur l’échiquier.
Le père, le bon fils et le meilleur des
mauvais fils qui soit ! En effet, le déluré
fiston qui joue le mauvais rôle est à
la direction d’un bar de nuit (très)
mal famé... L’autre, le bon gars,
est flic comme son papa. D’où opposition.
Mais pas si évidente que cela ! Le mauvais
fils - qui mène une vie dissolue en se
plantant une petite seringue dans les vaisseaux
sanguins ou de la poudre dans les narines -
ignore tout du trafic ignoble pratiqué
par les patrons du rade où il bosse...
En voilà de la nuance qui pourrit - qu’on
le veuille ou non - la pureté d’un
réel antagonisme. Bien et cependant passons.
Viendra vite le temps où le mauvais fils
rejoindra par la force des événements
la troupe de la flicaille. Le mérite
de ce film plus prometteur que teneur est la
qualité excellente de sa facture. Nous
restons parfois bouche bée devant le
talent des acteurs, Robert Duvall en tête
et comme d’habitude; nous sommes quasiment
les protagonistes d’une séquence
difficile à oublier de poursuite bagnolesque
sous une pluie tragico-torrentielle; nous savourons
presque toutes les prises de vues frôlant
la perfection. Au-delà, nous avons du
mal à mesurer l’ampleur de l’ambiguïté
(?) du plan final... A voir absolument pour
le spectacle ! A juger nécessairement
selon notre perception intellectuelle, nerveuse
et irrationnelle... |
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ONCE
- de John Carney. (20/20)

Irlande - Couleur, 1h25 - 2006.
Avec : Glen Hansard, Marketa Irglova, Bill Hodnett,
Danuse Ktrestova. |
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Comédie
dramatique : N’a pas coûté
cher ce “filmouille”... ! Une bricole...
! Le scénar est également linéaire
et simple (j’ai pas dit “simpliste”;
fais gaffe à ta gueule !!!). Les émotions
sont sinon primaires... du moins primitives...
Tout cela survole en rasant tout juste le bitume...
Y a un brave jeune gars qui chante dans les
rues en s’accompagnant de sa vieille “gratte”...
Un jour, une jeune femme l’aborde... De
fil en aiguille, ils se retrouvent au prétexte
de quelque banalité... Ils apprennent
l’un et l’autre que l’autre
et l’un ne vivent que par la musique...
Parce que, le gars, l’on s’en rend
compte immédiatement qu’il est
musicos-auteur-compo-chanteur, mais, la jeunette
et sympathique personne, elle aussi, elle sait
en jouer des tours pour peu qu’on lui
propose un piano... ou un crayon et un bout
de papelard pour écrire quelques harmonieuses
lignes... Ils vont “ben” évidemment
se tomber énamourés dans les bras
l’un de l’autre... mais... toujours
par solfège interposé. Voilà,
sur fond d’images “cheap”
et crades une inouïe aventure humaine contée
de la façon la plus évidente.
Je viens de le dire, les images sont pauvres;
mais, quelle maîtrise de la “pauvreté”
! Carney sait magnifiquement utiliser le matériel
dont il dispose ! Voilà une splendide
exception dans le domaine du cinéma que
personnellement j’affectionne si peu...
! Peut-être est-ce une des raisons majeures
pour lesquelles, par paradoxe, j’ai adoré
à en chialer cette “toile”
inondée de musique... hallucinogène...
! SVP ! Ne surtout pas confondre avec la merdouille
Les chansons d’amour d’un
certain Christophe Déshonoré...
Ici, c’est des vrais chanteurs, musiciens
et poètes (et quels comédiens
!!!) qui se présentent à nous
dans le plus beau costume... fait de quelque
voile peu coûteux et de fibres humaines
incidemment brillantes... humaines dans le sens
propre du terme... terminologie perdant son
sens suprême au profit de la bassesse
des sentiments les plus élémentaires
qui sont ceux d’un indicible amour...
Un amour proprement inhumain et cependant si
tendre qu’il en fend le coeur de l’étoile
surestimée souvent... Un petit bijou
qui ridiculise l’éternité
du diamant. |
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PAYSAGES
MANUFACTURES - (Manufactured) de Jennifer
Baichwal. (12/20) 
Canada - Couleur, 1h26 - 2006. |
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Documentaire
: Est-ce que tout a été dit à
propos de notre environnement naturel ? Sincèrement,
je pense que oui ! Mais, tout aussi sincèrement,
je pense que cela fait belle lurette que l’essentiel
a été signalé aux humains
qui n’ont rien voulu entendre... Alors,
à quoi bon, ce film de plus... ? A partir
de photographies (plutôt saisissantes)
de Edward Burtinsky, Jennifer tente de sensibiliser
les anesthésiés modernes à
la réalité la plus concrète
qui soit, savoir l’évolution, la
déformation et la destruction des paysages
naturels... La Chine, à l’heure
actuelle, est le plus frappant des exemples
! Néanmoins, il ne faudrait surtout pas
nous réconforter outre mesure en constatant
les dégâts des voisins (de moins
en moins) éloignés ! Il est question
ici de la façon la plus contestable d’adapter
- en fait de plier - les éléments
naturels, et à l’évidence
vitaux, pour nos propres sales gueules qui existe
de la manière la plus outrancièrement
excessive en ce bas-monde... ! Les photographies
au service de ce documentaire précieux
sont non seulement dignes de ce nom mais également
effarantes... ! Qu’en retiendra-t-on ?
De ces ruches assassines à plus d’un
titre ? Assassines directement lorsqu’il
s’agit de manipuler sans protection des
déchets très “modernes”
ou à peine moins directement par l’aliénation
et “l’insectification” de
l’être humain totalement perdu dans
le décor surréaliste d’usines
démentiellement fonctionnelles... ! Quelles
sont encore les personnes sensibles à
ce type d’avertissement ? Les convaincus
d’avance... ? Alors, c’est peine
perdue ! Voilà pourquoi, en ce jour funeste
- bikoz une crise de cafard - je ne verse même
plus la moindre larme en restant sèchement
ankylosé par le “ratage humain”...
Ce fameux accident, vous savez, qui fit de nous
des êtres... “supérieurs”...
! Bon courage ! |
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SOUFFLE
- (Sum) de Kim Ki-duk. (0/20)

Corée du Sud - Couleur, 1h24
- 2006.
Avec : Chang Chen, Zia, Ha Jung-woo, Kang In-huying,
Lee Joo-seok, Oh Sun-tae. |
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Drame
: Mes adieux à Kim Ki-duk. Après
nous avoir leurrés - volontairement ou
pas - avec son brillant Printemps, été,
automne, hiver et... printemps, (dont on
se demande s’il n’a fait que signer
la réalisation au bas d’un bout
de papier...), le mec Kim n’a pas cessé
de nous faire chier toutes vannes déchaînées...
! Il nous balance deux cents films par saison
depuis un certain nombre d’années
tous plus horriblement débiles les uns
des autres ! Je ne vais tout de même pas
me casser la tronche à essayer de retracer
son parcours intégral... ! Suffit de
ce dernier pour se rendre compte que le gars
est franchement taré de la sublime manière
! Là, il nous conte la tragédie
d’un couple victime d’adultère...
Cela commence par le mâle, n’est-ce
pas... Puis, la meufette s’improvise,
par réaction, amoureuse d’un assassin
dûment incarcéré - mais
indûment maltraité par ses compagnons
de cellule, tous plus débiles encore
que Kim leur auteur - et décide de se
rendre à la prison où il purge
sa connerie afin de lui déclarer sa flamme...
et plus si affinités... Après
quoi - je te passe les détails qui relèvent
de la plus haute infirmité mentale -
le mari de la meufette va être ébranlé
dans son comportement quotidien et branlé
tout court... si - par respect d’une certaine
symétrie - il ne cesse de se tromper
de femme quand il tire son coup... Voilà
de l’émotionnel dans le sens le
plus étrange du terme... Le blues de
la bite moyennement dure... Continue mon brave
Kim ! La prochaine fois, ce sera sans moi ! |
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