Semaine 18
Du 25-04-2007 au 01-05-2007
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L’AVENIR
EST AILLEURS - de Antoine-Léonard
Maestrati. (12/20)
France - Couleur, 1h25 - 2006. |
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Documentaire
: Au début des années soixante,
les Antillais - surtout les jeunes - furent
largement alléchés par une migration
vers la métropole, vu que dans leurs
îles, ça manquait sérieusement
de boulot... Le gouvernement français
profita donc de cette occase pour avoir de la
main d’oeuvre à bon marché
pour effectuer les petits boulots... C’est
l’ineffable Michel “Deboué”
notamment qui exploita la magouille... Peu de
temps après, l’on incitait les
Français de la métropole (les
vrais Français, n’est-ce pas...)
à aller s’installer, fort confortablement
dans les îles antillaises... Une véritable
politique de substitution selon Aimé
Césaire. Dans ce film, un peu nonchalant
certes, de nombreux témoignages appuient
le propos des auteurs. L’on y découvre
quelques documents d’archives; les parcours
naïfs de la plupart des jeunes Antillais;
l’état des lieux de nos jours en
France - notamment en région parisienne
... Une bonne partie des banlieusards actuels
sont originaires des fameuses îles...
et, pour certains jeunes, la double identité
culturelle n’est pas qu’enrichissante...
Ils sont aussi victimes d’un double refus
d’intégration tant en métropole
qu’au “bled”... Ils sont surtout
victimes de la couleur de leur peau... En effet,
bien qu’étant Français pur
jus, avec carte d’identité et tout
le bazar... ils ont toujours un regard peu amical
à subir ici ou là et un peu partout...
Un scandale de plus à ajouter à
la longue liste noire de la colonisation...
Cependant, ces insulaires si proches et si éloignés
à la fois, ne perdent jamais leur sens
de l’humour... ni leur sens de la fête
chantée et dansée... On rit avec
ce film pourtant théoriquement dramatique.
Pour ma part, je fus fort bien entouré
durant la projection : 80% des spectateurs étaient
antillais et ne rataient pas une occasion de
s’esclaffer ! De quoi réchauffer
le coeur alors même qu’on est en
train de mater un douloureux constat. |
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DIAMANTS SUR CANAPE - (Breakfast
at Tiffany’s) de Blake Edwards(10/20)

USA - Couleur, 1h55 - 1961. (Reprise)
Avec : Audrey Hepburn, George Peppard, Patricia
Neal, Buddy Ebsen, Mickey Roone, José
Luis de Villalonga, Martin Balsam, Stanley Adams,
Alan Reed.
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Comédie
: D’après le bouquin du
décapant Truman Capote, l’histoire
de la jeune et jolie écervelée
Holly. Elle baigne son imaginaire dans l’eau
des diamants les plus purs... cherche un milliardaire
à épouser... rencontre également
au passage le vrai amour... En la personne de
son nouveau voisin, un écrivain sur la
touche qui fait le gigolo pour subsister...
C’est à peu près exactement
la même intrigue que celle du récent
Hors de prix... réalisé
par Salvadori et interprété par
une autre Audrey... De là à crier
au plagiat, il n’y a qu’un pas...
mais, que nous ne daignerons pas franchir...
Fermons la parenthèse et notons immédiatement
qu’en 1961 aux States (ou ailleurs), une
comédie ne pouvait être que partiellement
corrosive. Bien dommage ! Ici, Edwards, tergiverse
sans cesse entre le cru et la cruauté
et l’impure pureté des bien-pensants...
C’était l’époque qui
voulait ça... Toutefois, j’attrape
l’idée qui me vient soudain à
l’esprit, contrairement à ce que
certains s’imaginent, le cinéma
hollywoodien a toujours été plus
moins formaté. Certes, de nos jours,
c’est beaucoup plus lourdingue... d’autant
plus que ça jure - ou devrait du moins...
- avec nos mœurs prétendument évoluées...
Comme quoi, l’on piètine tout de
même... l’on tourne en rond... et
n’en déplaise aux ultra-réactionnaires,
la page de Mai 68 ne pourra pas être tournée
tant qu’elle n’aura pas été
entièrement lue...! Passons. Toujours
est-il qu’il ne faut point bouder son
plaisir même s’il n’est que
modeste. Audrey Hepburn, pétillante comme
elle seule savait l’être, illumine
le film... Peppard, en revanche, n’assure
que mollement... quant à Mickey Rooney,
dans le rôle d’un Japonais, il est
infiniment plus triste que marrant... Néanmoins,
bien que la sauce ne prenne pas tout à
fait, la mièvrerie alterne heureusement
avec quelques coups de griffes pour le moins
sarcastiques. |
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NEXT
- de Lee Tamahori.(12/20) 
USA - Couleur, 1h36 - 2006.
Avec : Nicolas Cage, Julianne Moore, Jessica
Biel, Thomas Kretschmann, Peter Falk. |
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Fantastique
: D’après K. Dick, cette fois.
Un autre genre... Cela dit, l’intrigue
ne pète pas pour autant des flammes.
Un vague “magicien”, Frank Cadillac
de son pseudonyme, possède un réel
don : celui de voir l’avenir... mais seulement
deux minutes à l’avance... Jusqu’au
jour où il croise une belle demoiselle,
qui, sans doute sous l’effet du coup de
foudre, lui ouvre la prémonition bien
au-delà des malheureuses cent vingt secondes...
Dans le même temps, il est repéré
par une fliquette chargée d’une
affaire de terrorisme fort délicate à
régler... En effet, les salopards ayant
piqué aux Russkoffs un engin explosif
nucléaire ont décidé de
le faire péter en plein L.A. ... et,
le big problème de la police, c’est
que tout le monde ignore l’endroit exact
où se trouvera l’engin au moment
fatidique. La fliquette a donc absolument besoin
de Frank Cadillac et fera tout pour le coincer
et l’obliger à aider les bourres
à mener l’enquête... Voilà.
Toute la composition du parfait navet est en
place. Cependant... ma bonne dame, le navet
aussi ça se cuisine... se prépare...
se mijote... Le chef cuistot, ici, n’est
autre que l’efficace Lee Tamahori, réalisateur
néo-zélandais travaillant aux
States et ayant notamment mené à
bien l’avant-dernière aventure
de James Bond, Meurs un autre jour,
en 2002. Pour commencer, il fait court en resserrant
l’action au maximum - ne laissant ainsi
point le temps aux spectateurs de réfléchir...
de se poser des questions pouvant gêner
l’appréciation de ce divertissement
sans prétention - préfère,
ensuite, les vertus d’un habile montage
aux excès si modernes des effets spéciaux...
et, pour finir, bénéficie d’un
casting de haut niveau : Cage, Juliane Moore
(dans un rôle suicidaire pour quelqu’un
de médiocre) et la cerise sexy du gâteau,
l’insupportable Jessica Biel qui ferait
repousser les couilles d’un eunuque. Regrettons,
toutefois, le temps qui passe... au regard d’un
Peter Falk un peu trop vieilli à notre
goût... |
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LES
OUBLIEES DE JUAREZ - (Bordertown) de
Gregory Nava.(2/20) 
USA - Couleur, 1h53 - 2006.
Avec : Jennifer Lopez, Maya Zapata, Antonio
Banderas, Sonia Braga, Martin Sheen. |
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Policier :
Cette histoire, librement inspirée de
faits réels, est pourtant peu convaincante.
Il s’agit, une fois de plus, de l’éternel
abus de pouvoir qui mène à l’exploitation
de l’homme par l’homme - expression
malheureusement tombée en désuétude
because excès de bannissement de l’idéologie
communiste... qui n’avait pas que du mauvais
(et c’est moi qui vous le dis, citoyen
sans nulle étiquette !). Ici, il s’agit
plutôt, et en sus, d’abus extrêmes
à l’égard du personnel féminin
vilement exploité par ailleurs... savoir
violé et assassiné... Seulement,
bon sang, quelle idée de mêler
à cette affaire sociale grave et sérieuse
une “chose” aussi factice que la
starlette (pas comédienne pour un peso
!) Lopez Jennifer. Total, le truc vire grotesque
et minable... A part quelques petites miettes,
qui, pour être ramassées, nous
obligent à nous pencher bien bas, le
cul à l’air ! Gare à tes
fesses, honnête spectateur... ! |
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TRES
BIEN, MERCI - de Emmanuelle Cuau.(14/20)

France - Couleur, 1h46 - 2006.
Avec : Sandrine Kiberlain, Gilbert Melki, Olivier
Cruveiller, Christophe Odent, Camille Japy. |
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Comédie dramatique : Attention !
Citoyen au bord de la crise de nerf ! Un comptable,
d’un âge mûr, quelque peu
lassé sinon harassé par les conditions
de travail des temps modernes, souffrant d’un
stress désormais banalisé (son
épouse, chauffeur de taxi, n’en
est de son côté point exempte),
se voit coller “une prune”, le matin,
par des contrôleurs because clope au bec
dans le métro (près de la sortie,
tout de même),et, le soir, témoin
d’un contrôle d’identité
apparemment peu justifié, reste planté
devant les flics et observe... Les coyotes s’énervent
et il finit au commissariat, y passe une nuit
pour le moins désagréable... et...
de fil en aiguille, atterrit dans un hôpital
psychiatrique sans qu’aucun membre du
personnel - de l’infirmier à la
psy en passant par la secrétaire - ne
soit en mesure d’expliquer à sa
femme les motifs de son internement... Vous
l’avez compris, nous sommes en plein Kafka.
Mais, plutôt cocasse et marrant le Kafka...
Cuau (nom se prêtant à un mauvais
jeu de mots que, pour une fois, j’éviterai
de faire...) fait preuve d’un sens comique
enviable par les temps qui courent dans un film
qui n’est même pas une véritable
comédie... Certes, l’invraisemblable
côtoie ici un réalisme soigneusement
étudié... Qu’importe, l’auteur
est tellement proche de notre quotidien à
tous, qu’en fait il ne s’agit là
que d’un assez raisonnable coup de pouce
à l’exacte réalité.
Un coup de pouce souvent bienvenu; une caricature
esquissée dans, ne l’oublions pas,
un divertissement tout de même. Non point
d’un divertissement dans le sens vulgaire
du terme... plutôt dans le genre subtil
et fin et finalement très crédible.
Voilà un film qui, tout en témoignant
de notre ordinaire, nous change de l’ordinaire
! Un script plus que correct, une mise en scène
minutieuse; du solide, quoi. Du solide solidement
interprété, Melki et Kiberlain
en tête. Voilà qui est très
bien. Merci, Emmanuelle Cuau ! |
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WE
FEED THE WORLD / LE MARCHE DE LA FAIM
- de Erwin Wagenhofer. (20/20) 
Autriche - Couleur, 1h36 - 2005. |
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Documentaire :
Comme souvent, les films extraordinaires ont
tendance à clouer le bec ! Disons tout
de même qu’il est question ici de
la production agro-alimentaire à l’échelle
planétaire, avec pour point de départ,
l’Autriche. On commence par le pain; des
tonnes de cette denrée basique sont jetées
pour des raisons techno-magouilleuses... Par
le sale jeu de l’OMC, le Brésil
est astreint à cultiver un soja parfaitement
inutile aux besoins alimentaires de ce pays
naturellement riche mais économiquement
pauvre - savoir, t’as un paquet de “laissés-pour-cons”
qui crèvent la dalle. Ailleurs, c’est
le dumping des pays riches qui provoque un phénomène
cyniquement apocalyptique. En Afrique, tu retrouves
des fruits et légumes, en provenance
d’Europe, nettement moins chers, que ceux
produits par les paysans autochtones... Lesquels
paysans se voient contraints d’émigrer
vers le Nord... où ils sont, notamment,
accueillis par une horde de petits sarkozys
qui leur menottent les poignets et l’âme
avant de les bouter hors de France, de Navarre
et de l’Ensemble de la Communauté
Européenne... ! Ce film, qui ne fait
que montrer, démontre en fait bien mieux
que s’il avait par trop voulu prouver...
Il nous met en évidence le fait que,
étant donné que nos industries
produisent de quoi nourrir douze milliards de
personnes, chaque être humain (il y en
a - en hausse constante - 850.000) qui meurt
de faim dans le monde est clairement victime
d’un assassinat. La fin de cette œuvre
documentaire exemplaire est particulièrement
édifiante. Le P.D.G. du groupe Nestlé
nous explique (?) que la réduction du
temps de travail est préjudiciable au
travail lui-même puisque défavorisant
la création d’emploi. Autrement
dit, plus on travaille, plus on crée
du travail. La scène qui suit, sans que
personne ne lui ai “tendu la perche”,
ce bougre d’âne nous fait visiter
une usine en formulant le commentaire suivant
: “... voyez, comme c’est grand,
bien structuré, de plus en plus robotisé...
et à quel point le travail est bien effectué
avec un minimum de main d’oeuvre...!”
Sans autre commentaire ! |
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