Semaine 17
Du 18-04-2007 au 24-04-2007
|
|
A CASA
NOSTRA - de Francesca Comenicini.
(13/20)
Italie- Couleur, 1h39 - 2006.
Avec : Valeria Golino, Luca Zingaretti, Giuseppe
Battiston, Laura Chiatti, Teco Celio. |
|
Drame
: Bienvenue à “casa nostra”,
petit enfer au quotidien... où règne
l’arnaque banalisée... où
la loi du fric cogne plus fort que jamais...
et où fleurissent les putes de tous ordres...
! Asservissement et paupérisation aggravée
des plus faibles sont à l’ordre
du jour. Elles sucent tout, les prostituées,
tout ce qui a du blé et du pouvoir; qu’elles
suceraient le diable et le bon dieu pour subsister...
Mais, pas seulement. Le plus grave, c’est
que le manant moyen est aliéné...
qu’il admire son prédateur, son
exploiteur, son bourreau... qu’il vote
pour lui... en espérant avoir, lui aussi,
le pauvre couillon, la plus grosse part du gâteau
possible. La nouvelle star, celle du vingt et
unième siècle, c’est l’enfoiré
pourri qui entube le mieux ! C’est cette
étoile boueuse qui nous fait rêver
désormais... Liberté pour ma gueule,
égalité, je suis égaux,
fraternité, chacun mon tour... Le cynisme
se propage paradoxalement de plus en plus de
par nos temps modernes ! Qu’on aille pas
croire que cela me fait plaisir de montrer du
doigt ceux qui sont le plus souvent des victimes...
! Nulle complaisance, nul malin plaisir, de
ma part à faire ce douloureux constat.
Nous sommes tous de plus en plus aliénés
par la soif de consommer... Prenons seulement
deux exemples cinématographiques. Les
temps modernes, l’incontournable
dénonciation d’un monde “robotisé”
où le travailleur le plus modeste est
réduit à l’état de
machine. Avec son légendaire sens du
comique, Chaplin a démoli l’industrialisation
esclavagiste en réalisant le film témoin
de son époque par excellence. Un peu
plus tard, c’est Mon oncle, le
génial chef-d’oeuvre de Tati, qui
nous met en garde, tout en nous faisant hurler
de rire, contre les méfaits du sinistrement
fameux modernisme. C’est à ce moment-là,
fin des années cinquante, début
soixante, que se déclencha dans le monde
occidental l’évolution cancérigène
(dans tous les sens du terme) de la surconsommation
de plus en plus vaine car incroyablement “gadgétisée”...
Tati tourne en ridicule les petits snobs friqués
de l’époque tout en nous fredonnant
l’air nostalgique d’un passé
alors encore tout proche... Que dirait-il aujourd’hui
? Et, par ailleurs, qui rit encore de ces choses-là,
de nos jours, ma bonne dame... ? Personne !
Tati fut fort prisé puis, lorsqu’il
se démoda, précisément,
disparut de l’horizon du consommateur
aveuglément vorace. Certes, plus personne
ne rit du “progrès” au nom
duquel on sacrifie le bonheur de vivre pleinement.
Francesca Comencini le confirme avec ce film
d’une noirceur quasi désespérée.
Une bien faible lueur d’espoir frémit
encore ça et là... Lorsque la
probe fliquette Golino balance à la gueule
de l’escroc en chef, “nous aussi
nous sommes a casa nostra !”,
savoir “chez nous” en français.
La réalisation est peut-être parfois
un peu confuse, mais la démarche est
fort courageuse. |
|
|
ACCIDENT - de Joseph Losey.(15/20)

Grande-Bretagne - Couleur, 1h45 - 1966. (Reprise)
Avec : Dirk Bogarde, Stanley Baker, Jacqueline
Sassard, Delphine Seyrig, Michael York, Alexander
Knox.
|
|
Drame :
On démarre direct avec un accident de
bagnole près de la baraque d’un
prof de philo. Les victimes, deux de ses étudiants,
un jeune homme et une jeune femme... Flash back
pour le prof... (Dirk Bogarde, génialement
ambigu). A partir de là, le film devient
formellement aussi déroutant qu’éblouissant...
Les souvenirs s’enchaînent par petites
ou longues séquences, bribes quelque
peu désordonnées à première
vue, un montage heurté et sacrément
audacieux. Ils furent trois à tomber
amoureux de la jeune étudiante, une princesse
autrichienne de la plus belle allure (Jacqueline
Sassard)... Un ami intime (Stanley Baker), prof
lui aussi, de notre principal protagoniste,
le jeune étudiant de la bagnole accidentée
(Michael York) ainsi que notre tourmenté
non-héros... L’un couche avec elle,
l’autre doit l’épouser, le
troisième n’ose pas l’aborder...
De fil en aiguille, l’on se retrouve dans
un sac de noeuds forcément inextricable;
d’où peut-être un excès
de subtilité... le film pouvant être
compris, si j’ose dire, de moult façons...
quasiment à l’infini... On a le
droit de considérer l’exercice
pénible, mais, pour ma part, le plaisir
l’a emporté. Le casting est somptueux
et nous avons même droit en prime à
la gracieuse présence de Delphine Seyrig
durant quelques (trop ?) courtes scènes...
Les avis semblent très partagés;
certains considérant ce film comme un
classique et un chef-d’oeuvre, d’autres
faisant preuve de plus de réserve...
Mézigue et Moi-Même, nous nous
situons “sagement” quelque part
entre les deux extrêmes... |
|
|
JEAN
DE LA FONTAINE, LE DEFI - de Daniel
Vigne. (0/20) 
France - Couleur, 1h40 - 2006.
Avec : Lorant Deutsch, Philippe Torreton, Sara
Forestier, Jean-Claude Dreyfus, Jocelyn Quivrin,
Elodie Navarre, Julien Courbey, Daniel Duval,
Jean-Pierre Malo, Armelle. |
|
Comédie
dramatique : Spécial Mézigue
: “Bienvenue dans ce navet royal, du temps
du Roy Soleil ! Interprété par
Jocelyn Quivrin. Vas-y voir, je te laisse juge.
Je poursuis avec le casting car c’est
ce qui effraie le plus dans cette entreprise
terrifiante ! Lorant Deutsch, l’inachevé
moustique, dans le rôle de La Fontaine.
Fallait oser. Daniel Vigne l’a fait !
Mais où il a frappé le plus fort,
c’est avec Julien Courbey dans le rôle
de Molière !!! Que même dans une
parodie, on aurait crié à l’excès
! Courbey ressemble à Molière
autant qu’un cul de poule ressemble à
la bouche de Nicole Kidman... si tu vois ce
que je veux dire... Ensuite, ce sont les trois
lignes de scénario qui te saisissent
aux neurones ! Bien sûr, il y est question
de l’inimitié jurée entre
Colbert et La Fontaine... mais, Dieu, comme
tout cela n’est qu’esquissé...
L’on nous sert bien évidemment
les phrases d’auteur incontournables...
Rien ne sert de courir, il faut partir à
point... tzétéra, j’abrège,
je ne vais pas répéter bêtement
toute la liste difficilement supportable énumérée
tout au long de ce médiocre téléfilm...
qui a néanmoins dû coûter
son prix... vu que les décors et costumes
d’époque, c’est pas donné...
Et tout ce gâchis, pourquoi... ? Pour
se casser la gueule au cinoche, la connerie
du public ayant tout de même des limites,
et espérer se refaire grâce à
la téloche nourrie par la pub et les
redevances payées... par qui...? Allez,
que flotte la merde dans les caniveaux avant
que la sécheresse ne nous étouffe...!” |
|
|
JESUS
CAMP - de Heidi Ewing et Rachel Grady.
(15/20) 
USA - Couleur, 1h25 - 2006. |
|
Documentaire :
Bienvenue au royaume, cette fois, de l’obscurantisme
le plus total...! Celui des chrétiens
évangélistes des States... qui
représentent 25% de la population, soit
80 millions de personnes ! Qui mènent
une guerre au monde impie en ayant pour but
de prendre le pouvoir - ce qui est en partie
déjà chose faite, grâce
à Bush, leur idole, comme par hasard
! Qui éduquent leur mômes, en leur
bourrant le crâne dès le plus jeune
âge, de la façon la plus monstrueuse
qui soit... leur inculquant la haine... en utilisant
Jésus Christ ! Doux Jésus, cas
de le dire !!! Par ailleurs, ces parents où
éducateurs spécialisés
reprochent vivement aux islamistes de former
de jeunes kamikazes... alors que dans le même
temps, ils apprennent aux plus petits, non seulement
à croire à n’importe quel
prix, mais aussi à se préparer
à mourir pour Jésus...! Le choc
!!! Voilà un documentaire, nécessairement
très proche de la réalité,
que l’on a du mal à croire... Cela
existe, ça aussi, de nos jours ?!? Certes,
mon pote, réveille-toi, le monde bouge...
en stagnant ! Le film, se voulant aussi objectif
que possible, n’oppose ici aux affreux
extrémistes que des chrétiens
modérés... ayant tout de même
compris un petit peu mieux la fameuse parole
du Christ... Amour et non haine... ! Tzétéra...
Ce qui donne au total une œuvre, certes
très impressionnante, mais manquant singulièrement
de causticité... L’humour y est
rare. L’on me rétorquera qu’il
est délicat de rire avec des énormités
pareillement graves... Si, justement, c’est
dans ce cas de figure, que le rire devient une
arme. Sans doute la plus redoutable. |
|
Haut
de Page
|
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004
Strahinja Kosmajac
|
|
|
|
|