Semaine 15
Du 04-04-2007 au 10-04-2007
|
|
COUPS
DE FEU DANS LA SIERRA - (Guns in the
Afternoon / Ride the High Country) de Sam Peckinpah.(13/20)
USA - Couleur, 1h35 - 1962. (Reprise)
Avec : Randolph Scott, Joel McCrea, Mariette
Hartley, James Drury, Warren Oates. |
|
Western
: Deux aventuriers vieillissants, au service
d’une banque, en compagnie d’un
jeune homme brave et naïf - puis d’une
jeune femme qui quitte son père bigot
pour aller épouser une canaille -, ont
pour mission de convoyer une petite cargaison
d’or... En route, ils feront la connaissance
des frères Hammond - dont Bill, le futur
de la jeunette en fugue. Il s’agit d’innommables
crapules, au nombre de cinq, qui vont tenter
de violer la gamine juste après des épousailles
rondement menées... C’est là
que la castagne va démarrer, les deux
vieux et le jeune gars, prenant évidemment
la défense de la fille... Cette deuxième
réalisation de Peckinpah a fait date
dans l’histoire du western. A la croisée
des chemins entre le western américain
traditionnel et le nouveau souffle réaliste
et cru que Sammy fut le premier à commencer
d’exprimer... Cela nous donne un mélange
de poncifs, il fallait bien faire encore quelques
concessions, et de vision crépusculaire
baignant dans une violence, certes encore contenue,
mais inédite dans le genre. Le choc de
deux générations fort différentes
d’acteurs - Scott et McCrea face à
une horde déjà sauvage dont la
fantastique et bien pourrie gueule de Warren
Oates, qui deviendra par la suite l’acteur
fétiche de Peckinpah - ce choc donc,
est là pour déstabiliser le spectateur
habitué aux héros bien propres
sur eux et stupéfaits par l’apparition
de clodos puants soudainement débarqués
d’une autre “planète”...
Sam va plus loin en donnant à Scott un
rôle pour le moins ambigu entre aventurier
probe et malfrat désabusé. Trois
ans plus tard, il réalisera l’inégal
Major Dundee , inégal because
problèmes de montage final avec les financiers
et en 1968, grâce à la porte grandement
enfoncée par Sergio Leone, il va pouvoir
s’exprimer en toute liberté et
faire son chef-d’oeuvre, La horde
sauvage. Là, nous aurons droit à
du crépusculaire baignant dans des litres
de sang, giclant d’une manière
surréaliste à chaque coup de feu...
un ballet orchestré de main de maître
où la violence fascine, dégoûte
et canalise les pulsions explosives latentes
en chacun de nous. Dans Coups de feu dans
la sierra, il esquisse déjà
avec un indéniable talent son univers
sombre, cradingue et arrosé de sueur
et de sang... d’où pousse une plante
à l’aspect vénéneux...
mais paradoxalement nullement malsaine... Juste
une peinture épouvantable dont la lumière
et les couleurs nous marquent à jamais
et dont se dégage une poésie barbare
d’une beauté sublime. . |
|
|
DANS LES CORDES - de Magaly
Richard-Serrano.(0/20) 
France - Couleur, 1h30 - 2006.
Avec : Richard Anconina, Louise Szpindel, Stéphanie
Sokolinski, Maria de Medeiros, Jean-Pierre Kalfon,
Bruno Putzulu.
|
|
Drame
: Joseph est entraîneur de boxe française
et il prépare ses deux gamines - l’une
des deux étant sa fille légitime
et l’autre soi-disant sa nièce
- à la finale des championnats de France.
L’une gagne, l’autre perd, chacune
dans sa catégorie... A partir de là,
l’on nous assène une imagerie brouillonne,
chaque plan bousculant le précédent,
pour notre plus grand déplaisir ! On
nous sert quelque chose de fort inintéressant,
oscillant entre le documentaire très
mal documenté et une fiction qui traîne
par terre... ! Les interprètes font un
concours de nullité, les gagnantes (cette
fois les deux) étant les jeunes “boxeuses”...
Il y a comme toujours des critiques pour applaudir
des pieds et des mains, certains se réjouissant
de l’empathie que ressent le spectateur
à l’égard des personnages...
pourtant inexistants. Apathie me semblerait
plus adéquat...! |
|
|
DAY
NIGHT DAY NIGHT - de Julia Loktev.(3/20)

USA - Couleur, 1h34 - 2006.
Avec : Luisa Williams, Josh P. Weinstein, Gareth
Saxe, Nyambi Nyambi, Frank Dattolo |
|
Drame
: Une jeune femme débarque à New
York où elle doit exécuter un
attentat suicide... Nous allons donc la suivre
pas à pas, presqu’en temps réel,
depuis son arrivée jusqu’au moment
où elle doit appuyer sur le bouton fatal...
en passant par des instructions et des “briefings”
dispensés par des hommes cagoulés...
ceusses de l’organisation secrète
qui est aux commandes, bien sûr... Mon
pote, si t’as envie de te farcir un film
linéaire, c’est le moment où
jamais ! D’une linéarité
assommante, ce film qui n’aurait dû
être autre chose qu’un court métrage,
nous donne, en tout cas, la possibilité
d’inventer tout ce qui n’y est pas
présent, du grain à moudre n’est-ce
pas, des cacahuètes pour branleurs intellos...
C’est seulement dans la toute dernière
partie qu’un semblant d’émotion
et de sens - heureuse mais point hasardeuse
coïncidence - montre le bout de son pif...
La jeune illuminée, n’arrivant
pas à faire péter sa bombe, pose
la question : “...mais pourquoi ne veux-tu
pas de moi...?” , s’adressant sans
doute à un dieu quelconque... Cela dit,
on peut interpréter ça comme on
veut, et, du reste, je m’en contretape
les fesses. |
|
|
EL
CUSTODIO (Le garde du corps) - de Rodrigo
Moreno. (7/20) 
Argentine - Couleur, 1h38 - 2005.
Avec : Julio Chavez, Osmar Nunez, Cristina Villamor. |
|
Drame
: Ruben, garde du corps, solitaire endurci,
plane quelque part entre la Terre et la Lune,
tout en étant parfaitement discipliné.
Conformiste pur jus, la figure géométrique
qui pourrait le symboliser est le carré.
Il passe des heures à attendre silencieusement
et patiemment son ministre de patron... Un gars
bien antipathique qui ira jusqu’à
demander à Ruben de “croquer”
un de ses amis lors d’un déjeuner
dominical dans sa vaste demeure. Car Ruben a
tout de même un pôle d’intérêt,
un loisir constant, le dessin. Il possède
comme on dit un “bon coup de patte”.
Il obéira à la demande de son
patron à la manière d’un
excellent larbin... et, peut-être bien
que c’est à ce moment-là
qu’il commence à sentir poindre
en lui une forme d’humiliation... Un autre
film linéaire... et quelque peu chiant
? Oui, mais pas seulement. La lenteur, ici,
est de mise, certes, mais l’ensemble respire
tout de même quelque chose de vivant...
La scène du restaurant chinois lors de
son anniversaire en famille, par exemple...
Et puis, il y a cette fin inattendue... apparemment
incohérente avec le personnage Ruben...
ce qui ne fait qu’ajouter à son
intérêt... Méfions-nous
de l’eau qui dort, n’est-ce pas...
Est-il besoin de préciser que Julio Chavez
est une fois de plus, et désormais comme
d’hab’, impressionnant, impeccable
de justesse et étonnant par sa capacité
de passer d’un rôle à l’autre,
composant - comme tout vrai bon comédien
qui se respecte, finalement - des personnages
fort différents les uns des autres. Dans
L’ours rouge, il joue un révolté
bourru, dans Extrano, il devient, à
la surprise générale, charmeur
et séduisant... et ici, il entre dans
le costume d’un insignifiant pion tant
et si bien que dans un premier temps, l’on
a du mal à le reconnaître. Bravo
! |
|
|
J’ATTENDS
QUELQU’UN - de Jérôme
Bonnell. (0/20) 
France - Couleur, 1h36 - 2006.
Avec : Jean-Pierre Darroussin, Florence Loiret-Caille,
Emmanuelle Devos, Sylvain Dieuaide, Eric Caravaca,
Yannick Choirat, Marc Citti, Nathalie Boutefeu. |
|
Comédie
dramatique : Quand on a vu Le chignon
d’Olga, première réalisation
du gars Jérôme, normalement on
n’en redemande pas... Mais, que veux-tu,
possédé par le démon de
la curiosité malsaine, je suis allé
chercher une bien chiante confirmation...! Encore
des personnages qui se croisent dans leurs solitudes...
qui ne font que se croiser... qui se recroisent...
qui se décroisent... sur fond de néant
incolore... Ainsi, ce cafetier, joué
par un Darroussin de plus en plus exténué
- il est au bord du gouffre ou quoi ?-, si las,
si tristement dégonflé, traînant
toute la lourde fadeur de la condition humaine,
au point qu’on se surprend -réflexe
surréaliste ! - à lui tendre la
main pour le soutenir... ! Il est divorcé
son personnage... et donc bestialement à
l’affût de tout ce qui ressemble
de près ou de loin à un cul de
bonne femme... Cependant, il se soulage tout
de même régulièrement avec
la pute du coin... de ce petit patelin francilien...
Il va même en tomber amoureux, le malheureux...
Autour de lui, se traînent d’autres
ombres banales... sa frangine qu’a épousé
un ectoplasme au gros pif... Un revenant qui
poursuit inlassablement son ex qui l’a
largué pour aller se marier ailleurs
avec pourtant leur progéniture... Tzétéra...
Tout cet insipide monde tourne en rond... Et
puis, bien sûr, chacun attend quelqu’un,
n’est-ce pas... d’où le titre
très inspiré... Ici, les images
ne servent qu’à t’empêcher
de méditer sereinement... chose que tu
pourrais bien mieux faire en restant chez toi,
les yeux rivés sur ton mur gris beige...
Seule Florence Loiret-Caille (dans le rôle
de la pute au coeur gros comme ça) attire
l’attention... Marre de glaner à
la recherche d’une noisette pas trop moisie...
! |
|
|
LE
PRIX A PAYER - de Alexandra Leclère.(0/20)

France - Couleur, 1h35 - 2006.
Avec : Christian Clavier, Nathalie Baye, Gérard
Lanvin, Géraldine Pailhas, Patrick Chesnais,
Anaïs Demoustier. |
|
Comédie
: Bon. Là, c’est le Déluge
!!! La calamité miteuse... “l’absconnerie
cromagnonesque”... la diablerie à
moins quatre centimes... méchante débilité
au cynisme éhonté... !!! Dire
que les attachés de presse comparaient
cette pelure à... Qui a peur de Virginia
Woolf ?... Que ne ferait-on pour vendre
! Vraiment peur de rien !!! Tout ça parce
que Nathalie Baye boit trois verres de vin et
qu’il y a quelques scènes de ménage
absolument absurdes dans une sorte de cauchemar
qui tente désespérément
de se faire passer pour une histoire... !!!
Deux couples. Deux hommes et deux femmes. Les
deux hommes sont grugés. Leurs femmes
ne veulent plus niquer ! L’un est le patron
de l’autre. Bourré aux as, il va
décider de couper les vivres à
sa moitié (qui achète tous les
jours la quasi totalité de tous les magasins
de fripes de la capitale - comme c’est
crédible !) tant qu’elle n’aura
pas daigné lui refaire des gâteries...
L’autre est le chauffeur du premier et
sa meufette à lui s’est mise dans
le crâne de vouloir écrire... histoire
de donner du sens à son existence...
Le chauffeur est infiniment moins friqué
que son boss, et, pour lui ce sera moins simple...
Tout cela ne donne qu’une sinistre caricature,
à l’évidence nullement comique
!!! Leclère devrait retourner à
l’école - prendre des cours du
soir, que sais-je - avant de reprendre la plume
pour écrire (?!?) un scénario
(?!?). Mais, bien d’autres inquiétudes
envahissent l’honnête spectateur...
La débauche de billets de banque manipulés
par des êtres immondes... que l’on
nous présente finalement comme de braves
bougres... Dans ce contexte, les moindres faits
et gestes des personnages prennent une dimension
scandaleuse... On y jette un énorme reste
de choucroute aux ordures sans le moindre état
d’âme... Des tonnes de vêtements
et de chaussures de luxe sont balancées
dans et à côté des poubelles
dans la rue... Et le public rit !!! En tous
cas, une bonne partie !!! Ne rêve que
de faire la même chose ce public... ?!?
Nous prouve une fois de plus que le genre humain
est vraiment un ratage ?!? Putain ! On verra
bien, l’exact prix qu’il nous faudra
payer à tous, après les “érections
pestilentielles” comme disait Coluche... |
|
|
SCANDALEUSEMENT
CELEBRE - (Infamous) de Douglas McGrath.(13/20)

USA - Couleur, 1h58 - 2006.
Avec : Toby Jones, Sandra Bullock, Daniel Craig,
Peter Bogdanovich, Jeff Daniels, Hope Davis,
Gwyneth Paltrow, Isabella Rossellini, Juliet
Stevenson, Sigourney Weaver, Michael Panes. |
|
Drame
: Après le bouquin de Truman Capote,
De sang froid, l’adaptation de
celui-ci au cinéma sous le même
titre par Richard Brooks, et, il y a seulement
un an, la sortie de Truman Capote de
Bennett Miller, voici la quatrième approche
de l’affaire des deux tueurs via le personnage
truculent, excentrique et parfois génial
de Truman... Personnellement, je commence à
en avoir soupé. Toutefois, Toby Jones
dans le rôle de T.C. notamment, ainsi
que la présentation de facettes du personnage
passées quelque peu sous silence dans
les précédentes versions, font
que cette œuvre est franchement digne d’intérêt.
On ne va pas raconter à nouveau ce fait
divers sanglant, mais plutôt, s’efforcer
de signaler ce qu’il y a de nouveau à
“grignoter” dans l’adaptation
de McGrath. Nous sommes à l’évidence
plus proches de l’écrivain via
Toby Jones qui n’a rien à envier
à P.Seymour Hoffman - sans pour autant
que cela enlève quoique ce soit à
l’excellente prestation de ce dernier,
dûment oscarisée d’ailleurs
- au contraire, physiquement la ressemblance
est plus nette et l’interprétation
sans nul doute plus fidèle au personnage...
Cela dit, le film qui nous intéresse
ici a pour but de nous détailler sans
pudeur certains rapports sentimentaux entre
l’homosexuel Truman et l’un des
deux tueurs, le fameux Perry... Ils vont même
jusqu’à se rouler une pelle derrière
les barreaux (la scène de trop ?)...
A mon sens, cette approche n’apporte rien
de fondamental. Dans le livre déjà,
les rapports entre ces deux protagonistes apparaissent
à l’évidence comme - pour
le moins - ambigus... J’en profite pour
redire tout le bien que je pense de l’oeuvre
écrite en surlignant ma nette préférence,
toute réflexion faite, pour le bouquin...
Il se suffit à lui-même et, outre
l’intérêt anecdotique, il
ouvre des horizons de réflexion autrement
plus passionnants... Néanmoins, pour
le plaisir de la comparaison avec le film de
B. Miller, on a plus que le droit de se laisser
tenter. En prime, le charme de nombreuses stars
hollywoodiennes... Paltrow, Weaver et les autres...
N.B. Quant à Daniel Craig, il se spécialise
dans les contre-emplois... qu’il ne parvient
pas à assumer ! Après 007, il
interprète ici le rôle de Perry,
un métis mexicano-indien... d’où
la coiffure “barannisée”
du pauvre Daniel... |
|
|
SEGO
ET SARKO SONT EN BATEAU - de Karl Zéro
et Michel Royer. (0/20) 
France - Couleur, 1h35 - 2006 / 2007. |
|
Documentaire
: Spécial Mézigue : “A l’approche
des élections présidentielles,
et après leur portrait de Jacques Chirac
modérément caustique, Zéro
et Royer, remettent ça... ! A l’instar
de certains “Guignols”, ils nous
proposent une série de petites choses
dans la catégorie “rion’z
un peu”... Le principe est simple. Si
tu rigoles trente secondes avec Ségo,
il faut que tu en fasses exactement autant avec
Sarko... Total, j’ai failli hurler durant
la projection !!! En effet, rien de plus énervant
au monde que les pseudo-subversifs... !!! Notamment,
le sinistre Karl... avec son “look”
étudié façon croque-mort
pire que politiquement correct ! Du reste, on
connaît l’animal... pour son hypocrisie,
voire sa traîtrise... Là où
la langue de Karl Zéro passe, les poils
de cul ne repoussent plus...! A éviter
comme la peste bubonique !” |
|
Haut
de Page
|
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004
Strahinja Kosmajac
|
|
|
|
|