SEPTEMBRE/OCTOBRE 2006

Semaine 40  Du 27-09-2006 au 03-10-2006

 

LA BELLE DE ROME - (La bella di Roma) de Luigi Comencini. (12/20)
Italie - Noir et blanc, 1h38 - 1955. (Reprise)
Avec : Alberto Sordi, Silvana Pampanini, Paolo Stoppa.

Comédie : Amoureuse d’un jeune boxeur impétueux qui se castagne avec les flics et finit en prison, notre belle va devoir se débrouiller toute seule... trouver du travail pour commencer... Elle va rapidement être engagée comme caissière dans un troquet grâce notamment à ses formes généreuses... mais s’avérera également très compétente. Le patron, un homme mûr et même vieillissant, va s’éprendre d’elle au point d’en faire son associée dans une autre affaire... à condition qu’elle l’épouse... Un autre commerçant, ami et voisin du patron du rade, qui trompe par ailleurs régulièrement sa moitié va la draguer. Tombent tous comme des mouches autour d’elle...! A mon humble avis, pour trouver belle Silvana Pampanini, faut être connaisseur ! Mais bon, on va dire que c’est une beauté d’une autre époque... Quant au film, rarissime sur les écrans - et pour cause -, il est difficile de le considérer comme une vraie comédie dite à l’italienne, tant cette espèce de petit vaudeville bon enfant est léger et son scénario plutôt creux... Logique qu’il n’ait point marqué les mémoires. Cela dit, nous sommes en 1955, la naïveté et la fraîcheur existaient encore et cette amusette fonctionne en remplissant son rôle de divertissement. Alberto Sordi (l’ami commerçant dragueur), toujours en grande forme, transforme la banalité en situations extraordinairement drôles et Paolo Stoppa (le patron du café) est parfait. On sort de la salle paradoxalement réoxygéné par ce film vieux de cinquante ans !

 

 

LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA - (The Devil Wears Prada) de David Frankel. USA - Couleur, 1h50 - 2005.(0/20)
Avec : Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Simon Baker, Emily Blunt.

Comédie : La déesse des magazines de mode (Miranda Priestly) serait donc une... diablesse... C’est ce que ressentent ses différentes assistantes notamment... et d’autant plus qu’elles subissent ses lubies et caprices au quotidien et au plus près... et d’autant plus encore qu’elles sont à son service en tant que subalternes de bas étage largement méprisées par la satanique patronne ! La nouvelle recrue, Andrea, engagée contre toute attente, va goûter elle aussi aux “délices” de ce milieu tyrannisé par un personnage hors normes... L’ennui, c’est que l’on comprend mal le comportement de Madame Priestly... Elle nous est présentée comme quelqu’un de brillant et classieux qui dans le même temps s’abaisse à humilier ses employées de la manière la plus gratuite qui soit... se comportant ainsi comme la dernière des idiotes et non point comme une personne digne d’admiration, même relative... On ne peut pas remettre en question la qualité du jeu - supérieure comme d’habitude - de Meryl Streep. Néanmoins son personnage est incohérent. Cela tient sans doute à l’adaptation on ne peut plus formatée “Hollywood” du bouquin, qui lui, semble assez différent et quelque peu plus subtil... Je ne l’ai point lu, mais après en avoir feuilleté seulement quelques pages, il m’a semblé d’emblée assez évident que le livre avait été défiguré. Ainsi, dans ce navet, nous avons droit à tous les clichetons et tics filmiques vus et revus des centaines de fois ! Par ailleurs, l’on nous met en vedette Meryl Streep alors qu’elle n’apparaît qu’une fois toutes les vingt scènes environ. Le vrai rôle principal, c’est Anne Hathaway qui l’assume... une jeune femme d’une nunucherie comme on n’en voit que dans les (mauvais) films ! Ajoutez à cela une image terne, sans âme aucune et bien sûr fort désagréable et vous obtenez le plus insignifiant des films sortis récemment...

 

 

J

HARD CANDY - de David Slade. (12/20)
USA - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh, Jennifer Holmes.

Policier : Ah, comme il est difficile de parler d’un film sans en parler tout en en parlant... En effet, ici tout repose sur le suspense et les rebondissements... Il serait mal venu d’en révéler quasiment quoi que ce soit ! Toutefois, précisons qu’il s’agit d’une rencontre par le net entre un homme de trente-deux ans et d’une ado de quatorze ans. Ils ont rendez-vous dans un rade et c’est la jeunette qui insiste pour que le gars l’invite chez lui. Comme il est photographe, elle voudra aussi poser pour lui... Après, cela se gâte méchamment... l’histoire vire sacrément... surprises en tous genres, angoisses et frayeurs et tutti quanti ! L’on peut aussi se risquer à dire qu’il s’agit - pratiquement du début à la fin - d’un huis clos entre ces deux personnages. Un huis clos sérieusement dramatique mais non dénué d’humour. Les interprètes sont parfaits et la jeune Ellen Page (qui a probablement en réalité plus de quatorze ans) possède un charme précoce, troublant et inquiétant... Une vraie révélation, comme on a coutume de dire. L’image numérique est moins gênante que d’habitude étant donné qu’elle est parfois pertinemment utilisée. Et, pour mon plus grand plaisir, la mise en scène est truffée de gros plans. Je pense donc que je peux décemment recommander à tous les amateurs d’émotions fortes notamment, ce cruel divertissement...

 

 

INDIGENES - de Rachid Bouchareb.(0/20)
France - Couleur, 2h08 - 2005.
Avec : Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Bernard Blancan, Antoine Chappey, Mélanie Laurent, Mathieu Simonet.

Guerre : En 1943, 130.000 “indigènes” d’Afrique du Nord vont s’engager dans la guerre contre le nazisme aux côtés des Français... A partir de là, nous avons droit à un film de guerre incroyablement conventionnel et par-dessus le marché tout à fait “politiquement correct”. Que cette oeuvre ait provoqué un débat intéressant et constructif est à l’évidence une bonne nouvelle ! La règle du jeu n’ayant pas été respectée, il est tout naturel que ce genre de réactions ait lieu. Ainsi, les pensions des “indigènes” qui ont survécu vont être revues à la hausse. Enfin ! Je suis de l’avis de tout le monde, il est tout de même malheureux qu’il ait fallu attendre soixante ans que ce film soit réalisé pour qu’enfin le gouvernement français se réveille. En revanche si le film a servi la cause d’une certaine population, il n’a point servi le septième Art. Au reste, l’art est inutile par définition. Il n’est au service de rien ni de personne. Au lieu de dire “libre comme l’air”, on pourrait dire “libre comme l’art”. La prise de liberté n’est pas le seul critère bien sûr; il lui faut comme supports fondamentaux, l’esthétique et l’émotion. Or, ce film peu crédible n’est pas parvenu à m’émouvoir. Jamel et Samy sont plutôt à côté de la plaque. Les dialogues, comme toujours, sont mal adaptés à la faible connaissance de la langue française des personnages. Même leur accent arabe me paraît un peu juste; j’ai eu plutôt l’impression d’entendre l’intonation de certains banlieusards... Jamel, et c’est bien évidemment regrettable, m’a même fait sourire au second degré. Au-delà de ce film et concernant la guerre en général, je dirai une fois de plus qu’il vaut mieux se méfier avant (bon nombre de gens savaient que l’Allemagne était en train de devenir folle à l’époque) plutôt que de commémorer après. La mort est incurable.

 

 

 

Haut de Page

 


Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac