Semaine 43/44
Du 19-10-2006 au 31-10-2006
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AZUR
ET ASMAR - de Michel Ocelot.(14/20)
France - Couleur, 1h39 - 2004.
Avec les voix de : Cyril Mourali, Karim M’Riba,
Hiam Abbass, Patrick Timsit. |
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Animation :
Mon appréciation “pointue”
de ce film a forcément quelque chose
de déplacé voire d’un peu
absurde. En effet, je suis un adulte vieillissant...
et si je pouvais réellement me mettre
dans la peau d’un gamin, je mettrais 20/20
à la nouvelle œuvre de Michel Ocelot.
Azur, un petiot blond aux yeux bleus, et Asmar
brun aux yeux noirs ont la même nourrice,
quelque part dans les temps jadis, en Europe...
Un “beau” jour, la nourrice se fera
renvoyer avec Asmar comme une malpropre... Azur,
lui, va apprendre les bonnes manières
occidentales pendant que son frère de
lait grandira de l’autre côté
de la mer... Devenu jeune homme, Azur partira
à la recherche de la “Fée
des Djinns”... au pays d’Asmar...
Ce dernier, d’abord inamical, se joindra
à Azur... A l’image ultra sucrée
de certaines grosses productions en provenance
de l’autre côté de l’océan,
Ocelot oppose un graphisme, certes un peu austère,
mais autrement plus raffiné. Aux actions
guerrières exaltantes, il préfère
laisser la place à une aventure poétique
visant la paix... via l’amitié,
la fraternité et l’amour... Aux
grossièretés du genre rots et
pets, il suggère un humour plus délicat...
L’on peut aussi y voir - chacun son œil,
n’est-ce pas - une invitation à
nous rappeler que nous sommes tous de grands
enfants pour le pire comme pour le meilleur...
A l’image de Kirikou et la sorcière
(oublions vite la fausse suite!), la fin
est d’une joliesse pleine d’enseignements
pour petits et grands. Bref, voilà largement
de quoi recommander vivement ce divertissement
de qualité aux enfants de toutes les
couleurs ! |
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FRIENDS
WITH MONEY - de Nicole Holofcener.(0/20)
USA - Couleur, 1h28 - 2005.
Avec : Jennifer Aniston, Joan Cusack, Catherine
Keener, Frances McDormand. |
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Comédie
: Si l’on s’amuse à
relire le casting ci-dessus en cherchant l’erreur...
eh bien, l’on s’aperçoit
que l’erreur ce n’est pas Jennifer
Aniston... c’est les trois autres !!!
Ajoutez à cela une chanson originale
de... Rickie Lee Jones... et vous tombez des
nues !!! Nous vivons décidément
une drôle d’époque... où
tout le monde se vend grave... même ceusses
qui sont bourrés aux as ! Dans cette
“sitconne”, Jennifer, la Sheila
américaine, est à l’évidence
comme un ver dans la boue ! T’as quatre
gonzesses plus ou moins “zheureuses”
ou “maltheureuses” dans leur vie
sentimentale... donc, t’as également
droit à une poignée de connards
- dont le sublimement débile Scott Caan,
la demi-portion à son papa - qui participent
activement à ce concours de débilité
qui consiste à plonger le plus bas possible...
dans un abîme sans fond, réellement
sans fond... puisque les bredouillages divers
et variés des protagonistes sont hypnotiquement
creux... au point de transcender la banalité
par une paroxysmique volonté de viser
objectivement et abjectement le cerveau sous-reptilien
de l’homo-non-sapiens... ! A voir pour
le croire ! |
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LES
LUMIERES DU FAUBOURG - (Laitakaupungin
Valot) de Aki Kaurismäki.(6/20)
Finlande - Couleur, 1h20 - 2005.
Avec : Janne Hyytiäinen, Maria Järvenhelmi,
Ikka Koivula, Maria Heiskanen. |
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Drame :
Lorsque je vis, il y a quatre ans, L’homme
sans passé, je connaissais encore
très mal le gars Aki, pour n’avoir
vu qu’un ou deux de ses films... Ce dernier,
dûment récompensé à
Cannes en 2002, me fit l’effet d’une...
révélation ! Je profitai donc
d’une retro intégrale de A.K. et
me goinfrai la totalité de son œuvre...
Total : L’homme sans passé,
reste une sorte de miracle, une exception dans
la carrière de ce cinéaste radicalement
décalé, fort original et qui pratique
souvent l’humour dérisoire suscité
par le désespoir... Son nouvel opus me
conforte malheureusement dans l’idée
que Kaurismaki est certes un vrai artiste...
mais, qui ayant mis la barre si haut... peine
à maîtriser sa démarche...
et qu’il n’y est parvenu complètement
qu’une seule fois... Ici, la noirceur
est de mise ainsi qu’un dépouillement
quelque peu bressonien qui a tendance à
m’exaspérer... A force de minimaliser,
l’on finit par gratter toute la chair,
en commençant par la peau et en finissant
par les nerfs, et l’on se retrouve avec...
un squelette. Je n’aime pas chercher l’émotion
entre les images. |
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MALA
NOCHE - de Gus Van Sant.(0/20)
USA - Noir et blanc, 1h18 - 1985.
Avec : Tim Streeten, Doug Cooeyate, Ray Monge
Sam Downey, Nyla McCartthy. |
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Drame :
Un gars de souche ricaine en drague un autre
qui est immigré mexicain et qui n’a
pas même dix-huit ans... Gugusse, à
l’époque, ne devait pas avoir plus
de trois ou quatre dollars pour réaliser
son premier film. Cela se sent à chaque
image bien évidemment. Le noir et blanc
est surtout cradingue et fait mal aux mirettes...
Quant aux débris de son histoire sentimentale,
passons... Voilà, avec un peu d’indulgence,
ce que l’on pourrait appeler une erreur
de jeunesse... Seulement, n’est-ce pas...
les critiques intellos en font un prétexte
à se ronger la cervelle... Mézigue
et Moi-Même, nous nous sommes rongé
les ongles... N’est pas Cassavetes qui
veut. |
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LE
PARFUM (Histoire d’un meurtrier)
- (Pefrume : the Story of a Murderer) de Tom
Tykwer.(4/20)
Allemagne / France - Couleur, 2h27 - 2005.
Avec : Ben Whishaw, Dustin Hoffman, Alan Rickman,
Rachel Hurd-Wood,David Calder et la voix de
John Hurt. |
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Fantastique :
Un bébé surdoué vient au
monde dans la boue de la misère française
du dix-huitième siècle... quelque
part sous un étal au milieu d’un
marché de lépreux... Surdoué,
because il va bénéficier d’un
pif du tonnerre de dieu ! A quatre cents mètres,
il reconnaît un pet foireux et peut te
donner l’identité et la date de
naissance du coupable ! Mais, inculte qu’il
est, il va avoir besoin d’un maître
pour l’aider notamment à donner
un nom aux différentes senteurs qu’il
distingue comme pas deux... C’est Dustin
Hoffman - qui apporte forcément un peu
d’épaisseur à son personnage
- qui incarne le “maestro-olfactologue”...
Suite à la fin de cette première
partie, on commence à s’emmerder...
alors que, c’est précisément
à partir de là que la tragédie
est censée se nouer en nous nouant la
gorge... Que nenni ! Malgré une image
soignée, les décors, les costumes
et tout le toutim... la pellicule se traîne
telle une morve (cas de le dire !)... Pour celles
et ceux qui ont lu le bouquin fort bien torché
par Süskind, l’intrigue n’a
pas de secret... d’autant moins que l’adaptation
est fidèle au roman. Pour les autres,
on peut leur indiquer sans trop dévoiler
que “le jeune homme au pif magique”
ira jusqu’au bout de sa folle recherche...
sa quête d’un parfum... divinement
érotique. On peut contester l’utilité
de cette adaptation d’une œuvre littéraire
finement stylisée... et donc difficilement
transposable au cinéma... ou pourquoi
pas, l’accepter... En revanche, ce qui
est de plus en plus inacceptable, c’est
la démarche malodorante des “culs
vendus” européens qui tournent
en anglais - avec, bien sûr, des acteurs
anglo-américains - un film dont l’action
se situe en France... Histoire de décrocher
le marché américain et, du même
coup, puisque tout le monde s’anglicise,
conquérir plus aisément le marché
international... C’est ainsi que Jean-Baptiste
Grenouille (le protagoniste de l’histoire)
devient Jean-Bappetiste Gronoullie... Pour te
mettre dans l’ambiance, y a pas mieux
! |
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THE
QUEEN - de Stephen Frears. (0/20)
Grande-Bretagne, Couleur, 1h39 - 2006.
Avec : Helen Mirren, Michael Sheen, James Cromwell,
Alex Jennings, Roger Allam, Sylvia Syms,Tim
McMullan, Helen McCrory. |
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Comédie
dramatique : Spécial Mézigue
: “Avec cette innommable chose tournée
à l’aide d’un téléphone
portable, Stevie La Frayeur essaie de nous prouver
que les coulisses du pouvoir ne sont point impénétrables...
et, du même coup, il ressert aux nostalgiques
d’une certaine Lady Di, une pelletée
de louchées de souvenirs cucu-la- praline
dans le genre “pipolle”...! Oui,
parce que sa fine réflexion sur les différentes
formes de pouvoirs - monarchique ou démocratico-travailliste
à la Blair - n’est que platement
intellectuelle et sûrement pas passionnante...
surtout au cinoche... ! Les acteurs et trices
font ce qu’ils peuvent... mais à
l’impossible nul n’est tenu... ils
ressemblent aux personnages réels (toujours
vivants... ainsi la comparaison d’autant
plus aisée donne le vertige !) autant
qu’une pastèque ressemble à
une tête de noeud... Par ailleurs, alors
que l’on était en droit d’attendre
une certaine dose de causticité de la
part d’un cinéaste parfois dérangeant,
nous n’avons droit qu’à du
politiquement - très - correct ! Ah,
la scène du cerf... où la reine
y va de sa larme, bouleversette qu’elle
est... On manque virer “Mary Poppins”
l’espace d’une seconde... ! Allez,
abrégeons ! Et, comme on dit en bon franglais
: “Gode save ze Gouine” !” |
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SONGE
D’UNE NUIT D’HIVER - (San
zimske noci) de Goran Paskaljevic.(19/20)
Serbie - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Lazar Ristovski, Jasna Zalica, Jovana
Mitic, Slobodan Boda Ninkovic. |
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Drame :
Après le cauchemar de la guerre, dix
ans de taule... dix ans de taule pour avoir
zigouillé son meilleur pote, une nuit
de folle beuverie... Lazar rentre chez lui,
dans un petit patelin serbe... Or, son appartement
est occupé depuis quelque temps par une
réfugiée bosniaque et sa gamine
autiste... De quoi “scier” un chêne
! Mais, Lazar se ressaisit vite, ayant eu un
coup de cœur pour la fillette... Il va
accepter de partager sa maison avec les intruses...
Ils vont même se lier d’amitié
amoureuse très rapidement, tous les trois
! Bien plus qu’une rédemption,
la conduite de Lazar est celle d’un être
humain touché par la grâce. Grâce
incarnée par la fillette aux airs d’ange...
tant elle est en-dehors du monde réel...
De cette réalité boueuse qu’elle
rejette consciemment ou inconsciemment, peu
importe... ! Obsédé par une scène
de tuerie sans nom, Lazar va boire à
la source régénératrice
(?) de ces deux personnes, ombres perdues dans
l’ombre d’un enfer dont l’humidité
insalubre ne peut que pourrir d’une manière
ou d’une autre tout être fait de
chair et de sang... Ristovski et ses deux partenaires
(notamment la fille qui est une vraie autiste)
nous touchent, nous pénètrent,
nous font saigner les yeux en les inondant...
tant ils sont criants de vérité...!
Aussi bien de crédibilité première
que de la vérité souvent insondable
des âmes... ! La représentation
par des enfants “hors normes” d’un
extrait de la pièce de Shakespeare, Songe
d’une nuit d’été,
achève de nous bouleverser entre rires
et larmes. C’est du Scola mâtiné
de Cassavetes, ai-je envie de dire dans un élan
primesautier... Or, ce n’est pas autre
chose que la montée au sommet de la maîtrise
cinématographique d’un cinéaste
de grande qualité (aux antipodes d’un
Kusturica, cependant) qui, au fil de ses films,
aiguise son regard (après L’ange
gardien ou Baril de poudre) jusqu’à
flirter désormais avec la perfection...
à l’exception de la fin de cette
œuvre néanmoins majeure, fin qui
semble un peu... forcée. Hélas,
voilà encore un film qui ne sera vu par
“personne”! Une étoile filante...
Faisons un vœu... |
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TRANSYLVANIA
- de Tony Gatlif. (7/20)
France - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Asia Argento, Amira Casar, Birol Unel,
Alexandra Beaujard, Marco Castoldi. |
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Drame :
Sur un coup de tête et surtout de cœur,
Zingarella, une jeune femme italienne, qui plus
est restée enceinte de ses rapports chaleureux
avec un gitan de... là-bas... décide
d’aller rejoindre le paternel de sa future
progéniture en pleine gestation... Or,
ce dernier la rejette comme un mégot
de clope... et la bella Zingarella va se retrouver,
par bonheur, dans le sillage d’un beau
“citoyen du monde”, Tchangalo, interprété
par Birol Unel (Head On)... Beau, essentiellement
par sa grâce intérieure, bien sauvage
comme il faut... va-t-il être la “solution
finale” de notre gitane d’adoption...?
Gatlif est indéniablement un type formidable
(même si je ne le connais pas personnellement).
Il se dégage, quoiqu’il arrive
de se œuvres filmiques (souvent un peu
trop nonchalantes à mon goût de
cinéphile exigeant) quelque chose d’indiciblement
généreux, juteux, fruité
à la diable ! Ainsi ces séquences
- parfois à rallonges - de chants et
de danses; ces scènes de chaleureuses
étreintes, cette caméra rageusement
affranchie de toute orthodoxie. Néanmoins,
l’on reste sur sa soif... Gatlif ne va
pas - dans ses toiles en tous cas - jusqu’à
l’ivresse qui fait pousser des ailes... |
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