Semaine 41
Du 04-10-2006 au 11-10-2006 (12ème Festival Jean Carmet)
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LES AMITIES MALEFIQUES
- de Emmanuel Bourdieu.
France- Couleur, 1h40 - 2005.
Avec : Malik Zidi, Thibault Vinçon, Alexandre
Steiger, Thomas Blanchard et Dominique Blanc,
Jacques Bonnafé, Natacha Régnier. |
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Comédie dramatique : Les amitiés
estudiantines (et maléfiques ?) de trois
jeunes gars inscrits en Maîtrise de Lettres,
Eloi, Alexandre et André. Les deux premiers
sont timides à souhait ce qui fait que
le troisième, très charismatique
et particulièrement brillant, va jouer
sur du velours pour les envoûter. Ils deviennent
vite les adeptes de ce “gourou” qui
va les influencer fortement dans leurs orientations,
l’un vers l’écriture, l’autre
vers l’art dramatique. Quant à lui,
le fameux André, il finira sous-fifre chez
les bidasses... Bien évidemment, ce film
fort intelligent, est loin d’être
aussi schématique que ce bref résumé.
Mais où donc ce niche le maléfice
qui stigmatise le titre de cette œuvre...?
Eloi et Alexandre vont parvenir avec succès
à leurs fins, chacun dans son domaine,
grâce aux directives d’ André...
lequel André s’avère incapable
- plus ou moins volontairement? - de créer
une œuvre écrite, son domaine de prédilection...
Le bougre est à l’évidence
pervers... mais envers qui, finalement...? Une
multitude de questions (peut-être trop implicites...)
se dégagent du parcours quelque peu étrange
de nos trois protagonistes... Dans quelle mesure
l’on peut être utile aux autres tout
en restant dans sa crasse... ? L’acte de
création est-il une preuve de faiblesse,
due, dans le domaine de la littérature,
à de vulgaires démangeaisons...?
De quelle étoffe est donc fait cet impressionnant
André...? Qui est-il et que veut-il au
juste...? Voilà bien des interrogations
qui peuvent s’avérer aussi passionnantes
que trop nombreuses... Par ailleurs, les trois
protagonistes (surtout par Thibault Vinçon)
sont très bien interprétés.
Et l’on a droit à un étonnant
Jacques Bonnafé (dans le rôle du
prof). |
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AVRIL
- de Gérald Hustache-Mathieu.
France - Couleur, 1h36 - 2005.
Avec : Sophie Quinton, Miou-Miou, Nicolas Duvauchelle,
Clément Sibony, Richaud Valls.
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Comédie
dramatique : Une jeune sœurette,
prénommée Avril, mignonne, chaste
et rayonnante comme un cœur d’ange,
n’étant jamais sortie de son couvent
où elle a été adoptée
après que sa mère l’ait
abandonnée, apprend un beau jour, à
l’âge de vingt et un an, qu’elle
a un frère jumeau. Un faux jumeau certes,
mais un vrai frère... Elle décide
d’aller à sa recherche et, mon
dieu, le dégotte assez rapidement, grâce
a de bonnes informations et à la serviabilité
d’un beau jeune homme qui la transporte
dans son véhicule... Le jumeau est en
compagnie de son... petit ami ! Aïe ! Commence
mal... Le frangin a viré homo...! Mais
bon, cela ne les empêchera nullement de
faire connaissance et de devenir tous les quatre
d’excellents amis... Mais... les nonnes
supérieures ne sont pas loin...! Et Avril,
jeune fleur à peine (et enfin) éclose
va se trouver confrontée à la
sauvage méchanceté de la Grande
Nonne Prédatrice...! Les acteurs font
de leur mieux, et ils le font bien ! Sophie
Quinton, idéale pour ce rôle, nous
fait oublier certaines limites de ce qui aurait
pu n’être qu’un filmounet
de plus. Et, hormis la fin - qui a mon avis
a dû faire l’objet d’une longue
négociation entre la production et l’auteur
-, nous sommes agréablement surpris par
tant de fraîcheur au service d’un
discret hommage à la tolérance...
pardon, au respect d’autrui. |
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BRASILEIRINHO
- de Mika Kaurismäki.
Brésil / Finlande - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Marcello Gonçalves, Zé
Paulo Becker, Yamandu...
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Documentaire :
Le “choro” est une sorte de jazz
typiquement brésilien apparu au dix-neuvième
siècle et qui est le fruit de différents
mélanges de musiques européano-afro-américaines
(du sud). L’on y voit, comme à
l’accoutumée, depuis l’énorme
succès de Buena Vista Social Club,
défiler toutes sortes de virtuoses qui
pratiquent une forme de magie fascinante avec
leurs différents instruments. Ainsi cette
inoubliable séquence d’un clarinettiste
invétéré qui tout en t’expliquant
les manipulations nécessaires pour accorder
ton joujou musical, te sort tout d’un
coup une série de notes... à transformer
un primate en bon dieu! Certes, la structure
du film n’est pas très originale...
on va me dire qu’il s’agit d’un
documentaire zizical de plus... Oui, mais...
L’on se laisse prendre et surprendre de
nouveau ! Un reportage qui fait vibrer le spectateur
en lui faisant partager les joies de l’harmonie
! |
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CA
BRÛLE - de Claire Simon.
France - Couleur, 1h51 - 2005.
Avec : Camille Varenne, Gilbert Melki, Kader
Mohamed, Marion Maintenay.
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Drame :
Victime d’une passion amoureuse aussi
nouvelle que dévorante, une adolescente
va virer dingo... L’objet de son adulation
est un pompier... qui va cramer pour de bon
à cause de sa brûlante obsession
sentimentale...! Je me dois d’être
honnête, tout en respectant la diversité
des sensibilités humaines autres que
la mienne propre, et force m’est de reconnaître,
par conséquent, que durant une heure
et cinquante et une minutes, j’ai passé
mon temps à chercher où il fallait
regarder...! Le film tourbillonne d’une
façon insipide et extatique à
la fois... Je me souviens d’un cheval...
Un beau cheval... comme quasiment tous les chevaux...
Le reste coince quelque part au fond de mon
subconscient... |
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CHANGEMENT
D’ADRESSE - de Emmanuel Mouret.
France - 1h25 - 2005.
Avec : Emmanuel Mouret, Fanny Valette, Frédérique
Bel, Danny Brillant, Ariane Ascaride.
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Comédie
:Un jeune musicien accepte de partager
un appartement avec une jeune femme esseulée
(excellente Frédérique Bel)...
vu les loyers actuels n’est-ce pas...
qui nous forcent la solidarité, si j’ose
dire...! Elle prétend avoir des “fréquentations”...
quant à lui, il va s’éprendre
d’une jeune élève à
qui il prodigue son savoir-faire musical...
Entre-temps, les deux colocataires auront couché
ensemble... par inadvertance... et décident
de ne considérer cet événement
que comme un petit accident... Ils feront tout,
l’un et l’autre pour se fuir...
alors que... où qu’ils aillent
leur amour naissant et inavoué les attend.
Voilà une charmante idée... qui
a généré un film aux dialogues
ciselés et assez finement comiques...
aux situations surprenantes et fort sympathiques...
et qui aurait pu être un merveilleux petit
bijou... si l’interprétation avait
suivi... Mouret (malgré sa bonne bouille)
récite; Fanny et Danny déjantent
complètement... quant à Madame
Ascaride, elle assure comme on dit vulgairement
pendant que Frédérique Bel est
la seule à pétiller... Dommage,
dommage... On compare le jeune homme Emmanuel
(un peu trop facilement) au respectable M. Eric...
Malgré toutes mes réserves - j’ose
le dire ! - c’est du Rohmer amélioré
! |
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DANS
PARIS - de Christophe Honoré.
France - Couleur, 1h32 - 2005.
Avec : Romain Duris, Louis Garrel, Guy Marchand,
Joana Preiss, Alice Butaud et Marie-France Pisier.
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Comédie
dramatique : Christophe Honoré
aurait voulu nous dire selon certains échos
qui m’ont titillé les esgourdes
: “Prends la peine d’ignorer la
tristesse des tiens”. Tiens, tiens...
Voilà une idée qui rend la tâche
difficile au spectateur tiré qu’il
est... par les cheveux... Il n’aime pas
forcément ça, le spectateur, se
faire tirer les tifs... Surtout lorsque l’affaire
démarre par un plan rapproché
d’un Louis Garrel bafouillant et mitraillant
le public de mille un postillons largués
à la vitesse de l’éclair.
D’emblée donc, l’on ne comprend
que lerche ! Deux frangins et leur papa... dans
Paris. L’aîné des frères
(formidable envers et contre tout Romain Duris),
s’encroûte dans le passé
tandis que l’autre fait tout pour vivre
pleinement l’instant présent. Le
père, lui, est bizarrement très
proche du gâtisme... La démarche
est “subtilissime”, n’est-ce
pas, au point de devenir perverse et méchante...
savoir, entortiller les neurones des plus endurcis...
L’image est laide-plastoc... et je t’en
passe et des meilleures... Facile de cracher
sur le travail des autres...? Pas vraiment...
En tout cas, très gênant lorsque
dans le même temps des personnes fort
respectables pensent le contraire et trouvent
leur bonheur dans ce qui me semble être
une mauvaise plaisanterie... |
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LE
GARCON SUR UN CHEVAL AU GALOP - (Chlopiec
na galopujacym koniu) de Adam Guzinski.
Pologne, Noir et blanc, 1h15 - 2005. (Inédit
- Sortie indéterminée)
Avec : Piotr Bajon, Aleksandra Justa, Krzystof
Radkowski, Wladyslaw Kowalsky.
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Comédie
dramatique : Plongés dans les
flots légers d’un ruisseau, nous
entendons le bruissement d’une voix off
nageant harmonieusement en compagnie d’une
image en noir et blanc de toutes les couleurs...
Un écrivain en mal d’inspiration
nous expire sa solitude... Son épouse
et son fiston sont là... pourtant...
Dans un bois, le papa écrivain trouve
une pièce de branchage qui ressemble
à un cheval au galop... Un malaise, à
peine esquissé au départ, nous
dérange... Le gamin serait (gravement
?) malade... Son père fatigué
par une vie vouée à la recherche
dramatico-artistique se voit contraint d’accompagner
sa progéniture jusqu’à la
ville la plus proche afin de lui faire subir
des examens approfondis... D’une poésie
incontestable, ce court voyage nous invite à
partager des émotions aussi inhabituelles
que simples... Le garçon est-il vraiment
au bord du gouffre...? L’onirisme de la
mise en scène nous invite, sans façons,
à le croire... A l’inverse, le
contraire est beaucoup plus crédible...
banalement crédible, à l’image
de la modeste réalité... Il n’empêche
que - en toute modestie et simplicité,
il m’a semblé que le film pouvait
être vu et compris de deux façons
diamétralement opposées. Le fin
fond de l’histoire réside peut-être
en ceci... que... le réalisme poétique
existe bel et bien pour peu qu’on l’accepte...
En clair, autant que possible, Guzinski nous
propose une “lecture” personnelle
sans pour autant insister sur l’acte créateur
du regard du spectateur... Il ne promet rien,
il semble s’être juré de
rester “sobre et dépouillé”
tout en marquant d’une profonde caresse
sa démarche d’auteur, par définition
créative... Son tableau, en définitive,
n’est pas autre chose qu’une invitation
à l’émotion suprême,
à la larme contenue, à la brisure
à peine consciente de nos cœurs
assoiffés de chagrins libérateurs. |
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JARDINS
EN AUTOMNE - de Otar Iosseliani.
France - Couleur, 2h01- 2005.
Avec : Séverin Blanchet, Michel Piccoli,
Jacynthe Jacquet, Muriel Motte, Lily Lavina.
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Comédie
dramatique : Otar est un poète.
Qui oserait dire le contraire...? Pas même
moi, l’emmerdeur en chef ! Néanmoins,
ses nonchalantes enfilades de séquences
à l’humour à peine esquissé,
ont de quoi décourager le cinéphile
le plus aimable... Il n’empêche,
que d’un point de vue strictement intellectuel,
le gars Iosseliani est parfaitement intéressant.
Au-delà, et soyons cohérents,
le cinématographe exige de la part de
ceux qui le pratiquent, une certaine rigueur
pour le moins. Sans quoi, nous fonçons
vers le “n’importe quoi”.
Néanmoins, certaines incursions dans
le domaine de “l’interdit”,
savoir plus précisément, le cassage
du convenu ne peuvent être que réjouissantes
dans un élan primesautier et rassurantes
après mûre réflexion. Il
en va ainsi de la formidable prestation de Michel
Piccoli dans le rôle pour le moins étonnant
- et fort savoureux - d’une grand-mère.
Pour conclure - assez tristement peut-être
- les règles de l’art gagnent à
être respectées. Car, ne vous en
déplaise - et je suis fort éloigné,
je le précise, de tous les extrémismes
formalistes - il existe une règle propre
à tout art. (Relire Alain, s’il
vous plaît !). |
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JE
M’APPELLE ELISABETH - de Jean-Pierre
Améris;
France - Couleur, 1h30 - 2006. (Avant-première
- Sortie le 15 novembre)
Avec : Alba Gaïa Kraghede Bellugi, Stéphane
Freiss, Maria de Medeiros, Yolande Moreau, Benjamin
Ramon.
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Comédie
dramatique : Je ne m’appelle
pas Elisabeth; pour les bonnes raisons que je
suis un garçon d’abord, puis, un
garçon vieux de cinquante-trois carats...!
Il n’empêche que pendant la durée
de ce film indiciblement joli, je suis retombé
dans ma prime jeunesse... et bien mieux encore...
! En effet, j’ai totalement accepté
l’invitation de Jean-Pierre Améris
à son spectacle magnifiquement amoureux
de l’être humain dans ce qu’il
peut avoir de meilleur ! Ma foi, ce n’est
pas peu dire ! Nous avons affaire ici à
de multiples variantes de ce qui d’un
point de vue “politiquement correct”
est considéré comme de l’engeance
méprisable. (Le jeune autiste en cavale,
la domestique souffrant d’un traumatisme
aigu...). Le prisme de la fillette - prisme
au-delà de toute considération
préjugée - nous permet de nous
plonger, bon gré mal gré, dans
une vision du monde aussi innocente que pertinente.
Pertinemment effrontée et par là
même dérangeante... Grâce,
en sus, (paradoxalement ?) à une mise
en scène belle et esthétique à
la fois... que d’aucuns jugeront conventionnelle
voire méprisable - et ceux-là,
je les empapaoute ! La fillette, interprétée
par une gamine au talent fou - je n’ai,
si ma mémoire ne me trompe, point vu
une telle prestation depuis Brigitte Fossey
dans Jeux interdits - dégage
toute l’humanité du monde par un
simple sourire ou moins encore, un clignement
d’yeux... A découvrir absolument
si tant est que l’on veuille se réconcilier
avec une incontestable émotion cinématographique. |
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LILI
ET LE BAOBAB - de Chantal Richard.
France - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Romane Bohringer, Aminata Zaaria, Saïdou
Abatcha, François Delaive.
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Comédie
dramatique : Où sont-ils passés
les films de ma jeunesse..? Je me doute bien
que je suis en train de virer croulant... Mais,
tout de même... On nous balance ici une
histoire qui est censée - à l’évidence
- se passer en Afrique subsaharienne sans se
donner la peine - pourtant pas lourde - de nous
situer géographiquement... Au bout d’une
heure, on nous fait bruire l’information
que l’action se situe près de Dakar...
Au Sénégal, donc... Jamais trop
tard pour bien faire... Et le baobab...? Où
qu’il est...? Pour répondre à
cette question grossière et naïve,
il suffit de s’informer. Je cite le commentaire
du film : “Avec sa solidité, ses
racines, le baobab est une représentation
de l’Afrique, mais il offre aussi la vision
d’un arbre généalogique
à construire, des branches offertes au
ciel où chacun pourrait s’asseoir
et prendre sa place.” C’est ce que,
à sa manière, Lili va faire en
tendant la main à Aminata, une jeune
femme de son âge qui a mis au monde un
enfant “sans père”... On
a le droit d’être touché
par cette main symboliquement tendue à
l’Afrique tout entière... |
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QUAND J’ETAIS
CHANTEUR - de Xavier Giannoli.
France - Couleur, 1h52 - 2005.
Avec : Gérard Depardieu, Cécile
de France, Mathieu Amalric, Christine Citti.
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Comédie
dramatique : Quand je “use to
be a singer”... je chantois, je chantois,
je chantois... Ainsi démarre la troisième
œuvre de XG... Festival Gégé
Dédé qui se fait plaisir à
nous chanter des niaiseries sentimentales...
On se dit, là, cette fois, ça
va être du gratiné ! Puis, ma foi,
l’on se prend tantôt à compatir,
tantôt à décrocher... Le
gars Gégé-Dédé nous
la fredonne - hormis bien sûr ses méfaits
pseudo-harmonques - sur un ton un tant soit
peu supérieur à ce qu’il
nous inflige par trop souvent ces derniers temps...
L’histoire d’amour est aussi usée
que la corde pour la pendre... mais... mais...
mais... le gars XG parvient à recréer
une certaine ambiance... C’est d’une
redoutable platitude, mais c’est également
tour à tour affligeant et émouvant... |
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ROCCO
ET SES FRERES - de Luciano Visconti
France-Italie - Noir et Blanc - 2h57 - 1960
Avec : Alain Delon, Annie Girardot, Renato Salvatori,
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Drame :
Qui n’a jamais entendu parler de Rocco
et ses frères ? Personne. Qui n’a
jamais vu Rocco et ses frères
? Moi. Lorsque SK s’aperçut que
le film était projeté en version
française, il partit voulant conserver
la musique de la langue italienne. Je suis restée,
en VF ou en VO, qu’importe. Je ne voulais
pas manquer ce fameux chef -d’oeuvre de
l’histoire du cinéma. Près
de 3 heures de pur bonheur, au bout desquelles
je regrettai néanmoins que la projection
soit terminée. Je ne vous raconterai
pas l’histoire, tout le monde la connaît.
Ce film m’a émue jusqu’au
profond de mon âme ; je vibrais avec les
personnages ; j’étais heureuse,
je pleurais avec eux ; je faisais partie de
la famille. Ce n’est pas un monde facile
dont l’histoire nous est contée,
il est même assez sordide ; et pourtant,
il s’en dégage une infinie lumière,
un merveilleux et cruel chant d’amour
qui touchera à son paroxysme, la mort.
Il y a quelque temps, mon frère, photographe,
me disait : photographier, c’est écrire
avec la lumière. Visconti nous donne
ici une époustouflante leçon d’écriture
mise en valeur par l’interprétation
des comédiens ; ils sont tellement merveilleux
qu’on oublie même qu’ils ont
du talent ; ils sont entrés dans la peau
des personnages du drame qui se joue ; ils ne
font plus qu’un avec lui. Ce film révéla
Annie Girardot et Alain Delon, dit-on ? On pourrait
penser qu’ils avaient déjà
une longue carrière derrière eux,
n’était leur âge. J’ai
enfin vu Rocco.
(Anne B.) |
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SOPHIE
SCHOLL, LES DERNIERS JOURS - (Sophie
Scholl, die letzten tage) de Marc Rothemund.
Allemagne - Couleur, 1h57 - 2005.
Avec : Julia Jentsch, Alexander Held, Fabian
Hinrichs, Johanna Gastdorf. |
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Drame :Et
si je vous disais que j’aime Sophie Scholl...
? Le personnage, j’entends ! Pourtant,
je ne suis pas du genre iodélogico-subalterne...!
Mais, permettez...! Cette Antigone, moins symboliquement
mise à l’épreuve que l’héroïne
de Sophocle, m’inspire le respect du genre
humain...! Une révolte, voulez-vous que
je vous dise, c’est toute la beauté
du monde ! La révolte, ne cherchez pas,
c’est un truc qui n’existe plus
guère... et ne renaîtra malheureusement
pas... Sauf... si que... les événements
chaotiques de nos temps modernes virent au pire...!
Les méchantes langues auront tendance
à s’exclamer “encore un film
sur la ténébreuse période
du nazisme !” Mais il n’en est rien.
C’est une nouvelle approche de l’horreur
hitlérienne via de jeunes étudiants
allemands qui ont décidé d’entrer
en résistance. Sophie est celle qui se
sacrifie le plus totalement et ses face à
face avec l’inspecteur - au-delà
même du sujet gravissime - sont des moments
d’une indicible intensité. Non,
il ne s’agit pas non plus de “théâtre
filmé”... mais d’une suite
de confrontations entre la jeune héroïne
et l’agent de la Gestapo Robert Mohr chargé
de l’interrogatoire qui passionne et fascine
- notamment par le jeu des acteurs qui atteignent
ici des sommets...! Les jeunes spectateurs sont
restés cois durant toute la projection,
saisis par l’authenticité recréée
de cette œuvre dénuée, par
ailleurs, de toute mièvrerie... |
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LA
TRAHISON - de Philippe Faucon.
France - Couleur, 1h20 - 2005.
Avec : Vincent Martinez, Ahmed Berrhama, Cyril
Troley, Walid Bouzham, Luc Thuillier |
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Guerre :Voici un autre témoignage
de notre histoire dite contemporaine... Cette
fois, nous sommes en Algérie durant
“la guerre sans nom” (j’en
suis toujours à me demander comment
l’on pourrait nommer les autres guerres...),
en compagnie du sous-lieutenant Roque, stationné
- voire sclérosé - dans un petit
village de l’est du pays. Le jeune homme
peine à assumer sa fonction bidassière,
tiraillé qu’il est entre les
exactions de la soldatesque colonialiste et
son devoir de maintenir un équilibre
le moins fragile possible... En effet, le
moral des soldats de souche nord-africaine
s’effrite... et par ailleurs, le haut
commandement est en train de magouiller une
tambouille qui sent le roussi... Pour ma part,
j’ai n’ai guère été
subjugué par cette œuvre cinématographique
un peu trop fade à mon goût;
néanmoins, voilà un excellent
sujet de réflexion pour les lycéens.
Dans ce contexte, le film - loin de “trahir”
- remplit bien sa mission.
P.S. Pour en savoir plus sur le colonialisme
en général, je me permets de
signaler l’existence d’un ouvrage
remarquablement bien documenté : “Le
livre noir du colonialisme - du XVIe au XXIe
siècle”, co-écrit
par vingt-deux auteurs, sous la direction
de Marc Ferro.
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TROIS
CHAMBRES A MANHATTAN - de Marcel Carné.
France - Noir et blanc, 1h40 - 1965.
Avec : Annie Girardot, Maurice Ronet, O. E.
Hasse, Gabriele Ferzetti, Geneviève Page |
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Comédie
dramatique :On m’avait prévenu.
C’est du Carné mineur. Si mineur,
que malgré l’absence d’ennui,
on se pose des questions dans l’ombre
de la salle pourtant déjà obscure...
Nullement au sujet des interprètes, Girardot
et Ronet en tête. Toutefois, il nous est
permis ici, d’apprécier à
sa juste valeur, l’utilisation des studios
qui permet une lumière plus étudiée
que celle involontairement imposée par
les cinéastes de la Nouvelle Vague à
l’ancienne; ainsi que les mouvements de
caméra infiniment plus aériens
que ceux effectués dans des “décors
naturels habillés”... Un autre
bon point, tout de même, l’ambiance
feutrée et jazzy... noyée dans
la mélancolie du whisky qui coule élégamment
à flots... |
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