NOVEMBRE 2006

Semaine 48  Du 22-11-2006 au 28-11-2006

CASINO ROYALE - de Martin Campbell. (0/20)
USA - Couleur, 2h18 - 2006.
Avec : Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Caterina Murino, Judi Dench, Giancarlo Giannini, Isaach de Bankolé, Jeffrey Wright, Simon Abkarian.

Espionnage : Voilà que l’on nous dit qu’il est temps de “recentrer”, n’est-ce pas, le personnage de James Bond... au plus près de la façon dont l’imaginait Ian Fleming... Alors, l’on nous sert une “imagerie” déchaînée dans le genre cadrages “réalisses” - aux couleurs du numérique pourri - avec force castagnes crues, interminables et invraisemblables - grave contradiction avec le “réalisme” voulu ! L’on repart de zéro, Casino Royale nous contant les débuts de Jimmy, on lui fait utiliser le “gun” pour un oui ou pour un non, et surtout... il a la gueule de Daniel Craig ! Alors, Craig... c’est quelqu’un de difficile à définir... à décrire, voyez-vous...? Il tombe les gonzesses comme des mouches... alors qu’il a une tronche à payer double tarif quand il va aux putes...! Au-delà de sa physionomie et notamment de ses oreilles “superbement” décollées, c’est l’acteur Craig qui est à chier ! Il nous joue de la moue de crâneur en roulant des mécaniques, ses pauvres muscles toujours bandés à l’extrême - genre Maciste de troisième zone - et crache du bleu trafiqué de par ses mirettes creuses de sens... Le con, quoi ! Un pigeon à côté de lui fait figure d’intellectuel érudit ! Alors bon... Ian Fleming, certes, avait créé un personnage plutôt impitoyable - mais, dont il disait lui-même, du temps de son vivant, que la parfaite incarnation était Sean Connery. Rappelons qu’à l’époque, James Mason ou Cary Grant furent largement pressentis pour interpréter le futur fameux Bond ! A l’aune de ses références, l’on peut estimer la distance intergalactique qui nous sépare de la “rata” servie dans cet épisode où triple zéro zob est l’avatar de double zéro sept. Le comble absolu, c’est qu’il n’existe nulle intrigue sérieuse - hormis un vague tissu élimé d’une “tramette” d’histoire de casino servant à ramasser du blé pour financer des attentats terroristes (très à la mode actuellement) - et que la romance entre Bond et la principale girl ressemble à une foutaise satanique visant à détruire la moindre velléité onirique du plus timoré des soupirants ! But, don’t worry, bikozz - tous les écrits de Fleming étant épuisés - des scénaristes, parmi les plus asservis du monde, travaillent à une nouvelle histoire originale du mutant infâme d’un certain James Bond qui incarnait une vision fantaisiste et luxueuse du monde secret d’un espionnage de pacotille façon divertissement cinématographique léché à l’extrême, amusant pour les amateurs, et épicé de gadgets - dont des girls-objets... sirupeuses à souhait... ! Le cinoche comme sujet de rigolade nullement malsaine... Finie la rigolade ! On nous a cassé notre jouet... Il est temps de grandir et de devenir connement adulte...!

 

 

COEURS - de Alain Resnais. (3/20)
France - Couleur, 2h05 - 2006.
Avec : Sabine Azéma, Isabelle Carré, Laura Morante, Pierre Arditi, André Dussollier, Lambert Wilson, Claude Rich, Michel Vuillermoz.
Comédie

Comédie : D’après une pièce de théâtre du dramaturge Alan Ayckbourn; celui-là même dont Resnais s’inspira naguère pour réaliser Smoking et No Smoking. Une sorte de promenade d’un personnage l’autre... L’ennui discret de la bourgeoisie... S’aiment, s’aiment pas... Flippent ou ne flippent pas... Rient ou pleurent un petit peu ou pas du tout... En filigrane, un petit rien comparable à la cordelette d’un instrument de non-musique... Point d’âmes, mais des esquisses... qui flottent d’un décor l’autre, d’un plan l’autre... On se promène par un automne sans pluie ni feuilles mortes dans les jardins pavés d’un monde qui s’est oublié lui-même... Absence, voilà le mot... Ce film est absent. D’une élégance raffinée, les images nous caressent le regard... l’amadouent parfois... L’irritent plus souvent... Voilà du thé en sachet... à peine infusé... Le seul frémissement d’excitation exaspérante... c’est l’abominable coiffure de Sabine Azéma, désormais sorcière... puisqu’elle persiste avec dans le privé...!

 

 

LE LABYRINTHE DE PAN - (Pan’s Labyrinth) de Guillermo Del Toro. (14/20)
Espagne / Mexique - Couleur, 1h52 - 2005.
Avec : Sergi Lopez, Ivana Baquero, Ariadna Gil, Federico Luppi, Maribel Verdu.

Fantastique : En 1944, Franco fait la loi en Espagne... ça y est, les fachos ont gagné. Mais, il y a un autre monde... celui de l’enfance... Ainsi, cette petite fille accompagnant sa mère - bien évidemment - en route pour le cauchemar d’un univers régi par son beau-père à la gamine, un officier fasciste de la pire espèce...! Comment composer avec un sadique de son... éducation...? La fillette, fort heureusement, possède une capacité onirique enviable... Parallèlement donc aux atrocités du quotidien d’un village, elle va - réellement (?) - respirer l’air d’un monde fantastique habité par la poésie mais non dénué d’épreuves. Epreuves à surmonter infiniment plus acceptables que ce qui se passe dans la chambrée de sa maman enceinte de l’officier “draculéen” par exemple. Son onirisme déborde de l’écran et c’est là toute la force du film plutôt inspiré de Del Toro. J’entends par là que chaque instant insupportable d’horreur est plus que compensé par la poétique imagination de la fillette. Du reste, qui nous dit clairement que son monde imaginaire n’est pas le vrai ? Malgré des faiblesses narratives, l’auteur nous propose et suppose une autre possibilité - bien qu’inconcevable d’un point de vue rationnel. S’en dégage un malaise pas toujours agréable... mais, surtout une floraison de rêveries suffisamment puissantes pour établir un univers qui échappe aux règles de l’ordinaire... La fin est d’une cruauté sublime. Quant à Sergi Lopez, lorsqu’il s’exprime dans sa langue maternelle, c’est un autre homme.

 

 

LIBERO - (Anche libero va bene) de Kim Rossi Stuart. (8/20)
Italie - Couleur, 1h48 - 2005.
Avec : Kim Rossi Stuart, Alessandro Morace, Barbara Bobulova, Marta Nobili.

Drame : La famille décomposée, recomposée, surcomposée, tzétéra, c’est des idées qui sont à l’ordre du jour, n’est-ce pas... Ici, l’on nous montre un père seul avec un gamin et une gamine... because la maman, elle a un côté pute... qu’elle quitte le foyer pour courir le nanti... Nymphomane ? Bassement intéressée ? Complètement foudroyée par la connerie ? On ne le saura pas. Elle est très jolie en tous cas. Belle blonde. Le papa aussi est un sacré beau gosse (Kim Rossi Stuart)... mais, a-t-il besoin de montrer ses couilles à son fiston ou de se foutre sur la gueule avec sa meuf infidèle devant la progéniture ? Toute la question moderne de la conception familiale se situe peut-être à ce niveau-là... Kimmy, pour sa première réalisation cinématographique, ne manque point de justesse au plan du regard posé sur ces personnages en déséquilibre perpétuel. Du reste, le père, bien loin d’être victimisé est montré sous un jour pas toujours flatteur. C’est un nerveux colérique doublé cependant d’un chaleureux papa-copain. Quelques exagérations ou flottaisons nous laissent dans le doute... Mais, le film retombe sur ses pattes, quitte à succomber à l’art de la pirouette.

 

 

LE PRESTIGE - (The Prestige) de Christopher Nolan. (20/20)
USA - Couleur, 2h08 - 2006.
Avec : Hugh Jackman, Christian Bale, Michael Caine, Scarlett Johansson, David Bowie.

Fantastique ? : La question se pose, si j’ose dire... à l’évidence. Jusqu’où peut aller la fameuse magie des prestidigitateurs ou autres illusionnistes...? Ce film ne donne aucune réponse mais s’évertue, bien au contraire, à semer le doute après avoir émerveillé et fasciné le spectateur... Du reste, que demande le spectateur... sinon d’être trompé, abusé, joué... par le magicien ? Tu lui donnes l’explication, il se fout vite fait de ta gueule.
Si tu veux rester vivant en tant que manipulateur - de quelque sorte que ce soit - t’as intérêt à planquer ton jeu, user de tes ficelles pour immobiliser le client ! On ne raconte pas le moindre détail de ce genre de film ! Il faut me croire sur parole ! C’est du superbe ! Du magique ! Du cinématographique !!! En effet, s’il y a un domaine qui soit éminemment cinématographique, c’est bien celui de la prestidigitation... du magique ! Christopher Nolan ne s’en prive pas et parvient à nous blouser (moi, en tous cas !) d’un bout à l’autre avec la participation de comédiens extraordinaires ou remarquablement bien utilisés ! Ce film de divertissement “très haut de gamme” nous emmène cent ans en arrière, à Londres, et nous narre on ne peut mieux la rivalité de deux magiciens d’une envergure hors normes. C’est tout ce que je peux dire. Toutefois, je puis ajouter que même lorsque le spectateur croit avoir compris les diverses astuces - dont une principale - il n’en demeure pas moins qu’il se retrouve avec un point d’interrogation dans la tête : “...ai-je vraiment bien regardé ?”...

 

 

SHORTBUS - de John Cameron Mitchell. (3/20)
USA - Couleur, 1h42 - 2005.
Avec : Sook-Yin Lee, Paul Dawson, PJ DeBoy, Raphael Barker, Jay Brannan.

Erotique : Eh oui, c’est un film de cul ! Et il n’y a pas nécessairement de honte à le dire ! Les guides ou connards de critiques vont vous dire qu’il s’agit d’une “comédie dramatique” ou un truc de ce genre. C’est de la pudibonderie de chiottes ! De l’hypocrisie publicitaire qui consiste à ne point bousculer le chaland ! Cela dit, rien n’empêche cette merde de puer... ça se bite au cul ou bien ça se chatte la moule du début à la fin... avec juste quelques rares notes d’humour... Pas de quoi ravager un vagin ou ramollir une quéquette... simplement de quoi se rendre compte une fois de plus... que la chair est triste. Certes, au-delà de la baise infernale, y a comme un semblant de velléité de réflexion... amoureuse... Reste à savoir, éternelle question humaine, si l’amour passe inévitablement par le sexe, ou si le sexe n’a été érigé en amour par la volonté du génie humain... Sinon, cette toile est à l’exact opposé de Cœurs (voir plus haut); ça sent fort, c’est inélégant au possible... mais l’anesthésie est là. Comme quoi, apparemment, les deux extrêmes se rejoignent une fois de plus.

 

 

 

 

 

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