NOVEMBRE 2006

Semaine 45  Du 01-11-2006 au 07-11-2006

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LA CALIFORNIE - de Jacques Fieschi. (0/20)
France - Couleur, 1h45 - 2006.
Avec : Nathalie Baye, Roschdy Zem, Ludivine Sagnier, Mylène Demongeot, Rasha Bukvic, Caroline Ducey.

Drame : Jacques Fieschi, scénariste de qualité, se lance à son tour dans la grande aventure de la réalisation ! Mal lui en a pris ! Il nous adapte ici un bouquin de Simenon - dont je ne peux rien dire ne l’ayant point lu - qui semblerait être soit un de ses nombreux romans mineurs soit un livre difficilement transposable à l’écran... Cela dit, au vu de la rata nauséeuse que nous sert le sieur Fieschi durant tout ce navet... il est tout aussi possible que ce dernier ait bousillé l’oeuvre écrite... Tout d’abord, l’intrigue est inexistante et l’on a droit à une série mal montée de situations répétitives dans une villa huppée de Cannes dont la maîtresse de maison est une certaine Maguy qui passe son temps à se bourrer la gueule, entourée d’amis z’et connaissances plus ou moins parasitaires dont une vieille copine de beuverie, un amant serbe tzétéra... Tout cela traîne un bon moment avant que ne s’annonce un éventuel rebondissement... L’arrivée de la fille de Maguy... Or, elle débarque là-dedans, certes comme une perruque dans le pastaga, mais... les mains vides... si j’ose dire... Savoir qu’elle n’apporte rien à l’histoire sinon quelques petites précisions sur le passé quelque peu extravagant de sa maman. Un passé dont on se fiche royalement, d’ailleurs ! Il n’est point agréable - ni même très utile - de jouer les charognards en s’acharnant... Mais, tout de même ! Roschdy Zem dans le rôle d’un gitan (?) serbe (???)... je veux bien tout ce qu’on voudra... mais, le côté franco-maghrébin lui colle tellement à la peau que malgré ses efforts louables pour s’exprimer dans une langue (dont il a dû apprendre le texte phonétiquement) et pour prendre un accent adéquat en parlant français, il faut beaucoup d’imagination et infiniment d’indulgence pour le trouver crédible !!! Ne nous attardons pas trop sur les nombreuses erreurs petites ou grosses... mais, rappelons (une fois de plus) que les dialogues au cinoche sont souvent craignos et plus particulièrement ceux qui concernent des personnages étrangers et qui nécessiteraient un soin un peu plus évident... Et puis, et puis... et puis, il y a cette fameuse mode (Truffaut et Téchiné sont passés par là, n’est-ce pas...) qui consiste à faire une sorte de concours de vitesse pour dire son texte... ! Ce qui est le cas de tous les acteurs et trices du bâclage dont il est question ici ! Conséquence d’un certain “code de jeu” dans le genre : “...tu es le personnage, ne fais rien !” et autres refrains ineptes tant de fois proférés et entendus sur les tournages de films français... T’as même le gars Chabrol qui dit : “... moi, je ne dirige pas mes comédiens, je ne suis pas un dresseur de chevaux !” Encore un qui a tout compris !!! Bien, le fait de débiter son texte de la manière la plus subtile possible en réduisant son expressivité, cela a pour effet d’anéantir tout intérêt à l’interprétation des acteurs-mitraillettes... ainsi que d’ouvrir la porte grande béante aux faux comédiens... qui foisonnent depuis déjà trop longtemps de par chez nous...! Finalement, dans ce vaste bourbier, c’est Roschdy Zem qui a le plus de mérite...!

 

 

FAMILY PORTRAITS (Une trilogie américaine) - (Family Portraits : A Trilogy of America) de Douglas Buck.(0/20)
USA - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Jareed Barsky, Gary Betsworth, Ray Bland, Christine Caleo, Sally Conway.

Drame : L’expression d’une Amérique désespérée qui se cherche au bord du précipice... ou un truc comme ça... Le malaise profond de tout un peuple... tralala... Voilà approximativement un aperçu des commentaires qu’a suscité cette misérable petite chose, tournée en trois fois (trois courts métrages narrant chacun une autre histoire), because manque de blé. Ok, ça ce n’est pas grave, on se débrouille comme on peut, il n’y a rien à dire. L’ennui, c’est que les commentateurs voient de ces trucs dans les films... Moi, je n’ai vu que de la complaisance parfaitement malsaine due à un jeune cinéaste qui cogne dans la provocation gratuite. Le premier épisode est à cet égard le plus édifiant ! Une insupportable automutilation... c’est l’épouse qui déjante (on se demande pourquoi au juste...) pendant que son mari regarde la téloche... Elle s’arrache la gueule, se coupe les lèvres à coups de ciseaux et va se montrer, ainsi saignant, à son homme... lequel va l’achever en lui coupant les nibards notamment... et finit par se sectionner le zizi ! Cut ! (Cas de le dire !)... La suite est tout aussi morbide, sordide et gratuite... avec ennui profond en prime ! En effet, d’un couple l’autre, c’est toujours la haine, l’incommunicabilité pour des motifs obscurs, de la violence, tzétéra et tzétérum ! Je vois mal comment l’on peut sonder dans ce foutoir malodorant le désarroi de toute une nation, prendre la température de trois cents millions d’individus... par conséquent, je ne comprends absolument pas l’utilité de cette œuvre due peut-être (et même sans doute) à un gars qui, lui, souffre d’une sérieuse fêlure...!

 

 

LES FILS DE L’HOMME - (Children of Men) de Alfonso Cuaron. (7/20)
USA - Couleur, 1h50 - 2005.
Avec : Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam.

Fantastique : Dans un avenir proche, les femmes sont devenues complètement stériles et depuis dix-huit ans, plus aucun bébé... et ce, dans le monde entier ! Or, et c’est là que l’aventure commence (pour un ancien terroriste repenti), il y a une jeune femme noire qui est enceinte quelque part en cachette... Le truc, c’est de la préserver en la planquant... elle risque, en effet, de se faire piquer sa très précieuse progéniture par les autorités britanniques (nous sommes en Angleterre) because c’est une négresse et que depuis un certain nombre d’années tout ce qui est plus ou moins du genre “immigré”... et, oh, horreur, surtout quand il s’agit d’une personne “colorée”- est assez mal “considéré”...! C’est que nous vivons désormais - en 2027 très exactement - dans un monde plus intolérant qu’il ne l’a jamais été !!! Voilà une idée qui, à notre époque surpeuplée, est pour le moins “anti-visionnaire”! D’où son originalité, certes... toutefois, le traitement du film n’évite pas les clichés... sans nous embêter outre mesure... ni nous passionner non plus...

 

 

LES FOUS DU ROI - (All the King’s Men) de Steven Zaillian.(10/20)
USA - Couleur, 2h15 - 2005.
Avec : Sean Penn, Jude Law, Kate Winslet, James Gandolfini, Mark Ruffalo, Patricia Clarkson et Anthony Hopkins.

Drame : Il s’agit de la deuxième adaptation cinématographique du roman (prix Pulitzer en 1946) de Robert Penn Warren; la première datant de 1949 fut réalisée par Robert Rossen. Cette fois, l’action est transposée dans les années 1950. A travers le regard d’un brillant journaliste, Jack Burden, la montée au sommet puis la chute d’un certain Willie Stark, un homme d’origine modeste, aussi ambitieux que populiste (pas nécessairement dans le sens actuel et péjoratif du terme !). Du reste, Burden travaillera aux côtés de Stark en tant que conseiller stratégique. Le gars Willie, après un numéro du tonnerre face à la foule ébahie, parviendra enfin à être élu gouverneur en Louisiane. A partir de là, tous les moyens seront-ils bons pour assister les plus démunis et les plus grugés...? Voilà la question centrale de ce film riche en rebondissements et en émotions fortes. Les personnages sont complexes à souhait, les milieux politico-magouilleux ou familiaux sont soigneusement étudiés mais - m’a-t-il semblé - l’action de l’oeuvre est parfois difficile à suivre du fait d’un manque de précision de la structure narrative... Toujours est-il que Sean Penn est comme d’habitude (sauf rarissime exception) admirable d’ambiguïté... puis de sincérité... de passion et de fureur ! Le casting est par ailleurs “haut de gamme”... Notons tout particulièrement la performance de James Gandolfini dans le rôle d’ un “gros lard” politicard, sympathico-antipathique de balourdise.

 

 

MEMOIRES DE NOS PERES - (Flags of Our Fathers) de Clint Eastwood.(3/20)
USA - Couleur, 2h12 - 2005.
Avec : Ryan Philippe, Jesse Bradford, Adam Beach, Jamie Bell, Neal McDonough.

Guerre : Spécial Mézigue : “Voilà tout ce que j’adore !!! Du John Ford mâtiné de Steven Spielberg !!! Je rappelle que ce dernier est le coproducteur du film. Clint, quant à lui, s’affirme décidément comme un cinéaste sans états d’âme... voire d’âme tout court ! Afin de nous faire partager le plaisir d’une réflexion sur l’ignoble publicité concoctée autour d’un fait de guerre bassement symbolique, il nous emmerde pendant plus de deux plombes en étudiant à fond la question... de savoir qui c’est qui a réellement planté le fameux drapeau d’Iwo Jima, et de quelle manière exacte les bidasses “héros présumés” ont été photographiés lors du plantage de l’étendard flottant aux quatre vents... ils sont de dos, on n’est pas sûr de “qui-que-c’est-sur-la-photo”... y a même une môman qui reconnaît son fiston à... son fessier ! Bref, si ce n’étaient quelques prises de vues... (qui ont valu trois points de ma part à cette ratatouille)... il n’y aurait rien à tirer de ce faux problème... ! Savoir, la propagande en temps de guerre... papy Clint est tout “choquette”... alors que s’il y a un moment où l’on fait jouer la pub propagandiste, c’est bien en période de guerre...!!! Et ce, de tous temps ! Sinon, comment on ferait alors pour convaincre les braves couillons d’aller se faire plomber l’arrière-train...??? Comment on ferait pour éviter que les lampistes se le foutent au cul... le drapeau... au lieu de le planter en territoire de l’immonde ennemi...? “

 

 

NE LE DIS A PERSONNE - de Guillaume Canet.(7/20)
France - Couleur, 2h05 - 2005.
Avec : François Cluzet, Marie-Josée Croze, Kristin Scott Thomas, André Dussollier, François Berléand, Nathalie Baye, Jean Rochefort, Guillaume Canet, Marina Hands, Philippe Lefebvre, Gilles Lellouche, Jalil Lespert, Olivier Marchal, Brigitte Catillon, Florence Thomassin.

Policier : Par une belle nuit d’été, un couple heureux prend un “bain de minuit” et batifole quelque peu... Puis, suite à une légère prise de bec, la femme s’éloigne, disparaît derrière les buissons et... se met à crier en appelant à l’aide...! Le mari fonce à son secours mais en vain... il se fait latter sérieux et tombe dans les pommes... Huit ans plus tard, Alex (c’est le nom du mari) est toujours obsédé par l’assassinat de sa femme, Margot... Au fond de lui-même, il n’a jamais réussi à digérer et persiste à douter malgré l’évidence... Et voilà que soudain, il reçoit un e-mail anonyme le jour anniversaire du meurtre... Un petit vidéo-film... où il reconnaît Margot... en chair et en os... et bien vivante !!! A partir de là, nous allons avoir droit au meilleur comme au... moins bon ! Le meilleur, c’est entre autres, une course-poursuite... à pieds (pour changer) à couper le souffle ! Par ailleurs, tous les comédiens sont solides, surtout François Cluzet. Tombe bien, il a le premier rôle ! Mais l’intrigue est si embrouillée et complexe - un peu dans le genre Hydre de Lerne, tu vois... mais, en pire... tu lui coupes une tête, il en repousse six cents - que le spectateur fatigue... a la cervelle qui se décompose... En effet, un milliard de coups de théâtre et de rebondissements, c’est un peu trop pour un seul film ! Est-ce la faute au bouquin de Harlan Coben dont s’inspire Canet... Je n’en sais foutre rien, je ne l’ai pas lu (une fois de plus...). En revanche, une chose est sûre, transposer une atmosphère américaine en France... ça te pose comme un problème... Exemple les zivas qui volent au secours d’Alex... typiquement ricains... donc en porte-à-faux dans une cité frenchie... Cela dit, même si sa deuxième toile est inégale, Guillaume a fait des progrès indéniables. On a le droit de l’encourager !

 

 

SCOOP - de Woody Allen. (17/20)
USA - Couleur, 1h36 - 2005.
Avec : Woody Allen, Scarlett Johansson, Hugh Jackman, Ian McShane, Charles Dance.

Comédie : “Le Tueur au Tarot” est un serial killer pire que Jack l’Eventreur ! C’est pas peu dire... Insaisissable, il va pourtant baver sans faire exprès, laissant une piste pour se faire choper... Pour mener l’enquête, une jeune journaliste en herbe... et très sexy (Scarlett évidemment !), un magicien ringard (Woody bien sûr!) et un... revenant ! Sacrée équipe... qui va nous faire marrer quelque chose de rare par les tristes temps qui courent dans les salles obscures...! Woody a un petit peu vieilli... parfois il est poussif... il radote presque... mais, la majeure partie du film (une comédie ultra légère, mais on va pas mégoter !), il nous explose ! Et le scoop, dans tout ça...? Eh bien, le scoop, c’est qu’après les décevants Anything Else, Melinda et Melinda et Match Point , l’on ait enfin retrouvé le vrai Woody Allen !
N.B. Le public semble d’accord avec Mézigue et Moi-Même. Plus de 35.000 mille entrées le premier jour sur Paris/Périphérie ! Il s’agit du meilleur démarrage d’un film de Woody Allen.

 

 

 

 

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