Semaine 11
Du 08-03-2006 au 14-03-2006
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L’AFFAIRE
JOSEY AIMES - (North Country) de Niki
Caro. (7/20)
USA - Couleur, 2h04 - 2005.
Avec : Charlize Theron, Frances MacDormand, Sissy
Spacek, Woody Harrelson, Sean Bean, Michelle Monaghan,
Richard Jenkins. |
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Drame : D’après
des faits réels... Il s’agit donc
- une fois de plus d’une “friction”
entre imaginaire et réalité... Passons.
Une jeune femme battue ramasse ses gosses et se
tire pour retourner vers ses parents, dans la
ville de son enfance. Un bled où si tu
veux avoir un salaire presque décent, il
faut que t’ailles bosser en enfer, dans
le trou du cul d’une mine. Notre héroïne,
comme un certain nombre d’autres femmes
du coin, choisira le dur labeur qui paie le plus.
Mais, les affreux machos mineurs n’auront
de cesse de l’humilier en la harcelant,
brutalisant, sexuellement et autrement. Contrairement
aux autres filles, elle va se révolter
et se retrouvera toute seule... Néanmoins,
elle ira jusqu’au bout. Procès et
tout le reste... Loin d’être passionnante,
cette histoire que nous avons déjà
vue quelque part, est traitée d’une
façon assez caricaturale et cucul-pralinesque
et si la réalisation n’avait été
soignée et les acteurs malgré tout
convaincants, c’eût été
le désastre...! Bassement féministe,
c’est-à-dire : récupération
commerciale d’un problème social
de première importance... Pour naïfs
et indulgents. |
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POINT
LIMITE ZERO - (Vanishing Point) de Richard
C. Sarafian.(17/20) 
USA - Couleur, 1h37 - 1971. (Reprise)
Avec : Barry Newman, Cleavon Little, Dean Jagger,
Victoria Medlin, Paul Koslo. |
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Aventures :
Un desperado fou du volant - nommé Kowalski
- défie les flics sur les routes du Colorado
dans sa Dodge 1970 sur-compressée. L’incident
a été déclenché, c’est
le moins que l’on puisse dire, pour excès
de vitesse ! De motards en bagnolards, d’état
en état, cette course dingue va prendre
des dimensions hypertrophiées, sensationnelles
jusqu’au paroxysme final. Durant toute cette
aventure un speaker d’une radio locale va
se prendre de sympathie pour Kowalski, l’encourager
et commenter les péripéties... Eh
bien, il n’est jamais trop tard pour bien
faire, n’est-ce pas... J’ai enfin
eu l’occasion de découvrir ce film
légendaire à côté duquel
je passai à l’époque. Légendaire
et pour cause ! Le réalisateur Sarafian,
lui aussi, avait fait un pari fou. Une course-poursuite
apparemment gratuite comme seul fil conducteur,
faut oser ! Mais, à la grande différence
de certains films actuels du même genre
(Fast and Furious, par exemple), ici
nous sommes au cœur de l’action sans
débander des yeux pendant toute la durée
de la toile, parce qu’il y a une véritable
ambiance... réaliste et à la limite
du surréalisme à la fois. Toute
une galerie de portraits rapidement esquissés
avec une heureuse alternance de scènes
diablement mouvementées et des moments
de calme et de silence reposants ou pesants...
Toute les émotions fortes et toute la beauté
de l’oeuvre émanent de la crédibilité
atteinte par le plus qu’habile cinéaste...
Aucun effet spécial, -bien évidemment
à l’époque...- mais des cascades,
des vraies, qui scient le spectateur. Simple spectacle
efficace, impressionnant et... primaire...? Que
nenni ! Il y a tant d’idées également
qui se dégagent d’une manière
diffuse dans ce superbe film... Si l’on
ne me croit pas sur parole, on a le droit d’aller
vérifier... et de se faire ses propres
idées tout en jubilant devant tant d’énergie
créatrice... |
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REUSSIR
OU MOURIR - (Get Rich or Die Tryin’)
de Jim Sheridan. (10/20)
USA - Couleur, 1h57 - 2005.
Avec : Curtis “50 Cent” Jackson, Terrence
Howard, Joy Bryant, Bill Duke.
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Policier :
Effectivement, voici un film de gangsters sur
fond de musique rap... Ce n’est nullement
péjoratif, mais je tenais juste à
préciser histoire de situer... On démarre
classicos sur une image plasticos et une vague
inquiétude nous enveloppe quelque peu...
que va-t-on nous servir pendant deux plombes...?
Bon, eh bien, en fait, il y aura un peu de tout...
buffet à volonté... charcuterie
saignante... brutalité assommante... sauce
sucrée salée épicée...
Un gamin “sans père” semble
heureux aux côtés de sa môman,
mais cette dernière ne fréquente
point ce qu’on pourrait appeler de gens
de “la haute”... Délinquants
et criminels en tous genres, plutôt... C’est
des “blacks” au fait... Donc, nous
plongeons dans des quartiers pour le moins populaires...
disons difficiles sinon sordides... A la mort
de sa mère assassinée, le gamin
va déjanter sérieux, s’enfoncer
dans le “deal” et tout ce qui s’ensuit...
Castagnes, amitiés, castagnes, trahisons,
castagnes, scélératesses, castagnes,
musique rap, castagnes... castagnes toujours...
Cela dit, il ne s’agit nullement d’un
film complaisant qui veut en donner pour son argent
au spectateur friand de violence exacerbée...
L’on est seulement parfois un peu perplexe...
où Sheridan (l’auteur du fabuleux
Au nom du père ) veut-il en venir...?
Nous raconte-t-il la terrible condition inhumaine
d’une communauté survivant au sein
d’une société impitoyable...?
La montée vers les “victoires de
la musique” d’un jeune paumé
talentueux...? Une série de règlements
de compte dans le cadre d’un polar comme
il y en a tant...? Eh bien, tout cela à
la fois, sans doute... Pourtant, à aucun
moment je n’ai perçu cette toile
comme un “film complet”... J’ai
eu le sentiment de voir plusieurs films en même
temps... Comme une suite de compromis... Du donnant-donnant
entre les financiers et l’artiste... D’où,
probablement, cette étiquette “rap
movie” qui ne se justifie que très
partiellement... pas nécessairement pour
le pire, du reste. Voilà un film qui te
partage un bonhomme en deux... Quant à
Sheridan, depuis qu’il bosse aux States,
il donne l’impression d’économiser
son souffle... |
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SHOOTING
DOGS - de Michael Caton-Jones. (3/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h54 - 2005.
Avec : John Hurt, Hugh Dancy, Claire-Hope Ashitey,
David Gyasi, Dominique Horwitz.
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Drame : En
1994, au Rwanda, les Hutus se mettent à
massacrer du Tutsi... par crainte de ses derniers...!
Qui tire les ficelles dans cet affreux bordel
qui mènera à une invraisemblable
boucherie...? Qui manipule... ? Y a-t-il un manipulateur...
? Eh bien, pas plus dans la salle qu’à
l’écran...! Autrement dit, ce n’est
pas avec ce film aux bons sentiments, que l’on
en saura davantage... On plante un décor
sans autre souci que de l’utiliser à
des fins mélodramatiques. On veut nous
tirer des larmes avec des personnages flous quand
ils ne sont pas sinistrement imbéciles...
Voir le cureton de l’école qui gave
gentiment les futures victimes de bondieuseries
plus vaines que jamais!
On essaie de nous faire croire que c’est
avec ce genre de produit que l’on peut rendre
hommage aux pauvres hères déchiquetés
par une haine dont les origines restent par trop
imprécises... et dont les seules conséquences
que l’on nous expose se bornent à
un étalage sentimental à quatre
centimes... Vade rétro “sale godasse”!!! |
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SOLEIL
VERT - (Soylent Green) de Richard Fleischer.
(20/20) 
USA - Couleur, 1h37 - 1973. (Reprise / Re-vision)
Avec : Charlton Heston, Edward G. Robinson, Leigh
Taylor-Young, Chuck Connors, Brock Peters, Joseph
Cotten, Whit Bissel.
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Fantastique :
En 2022, la surpopulation, la surpollution ont
provoqué une surmisère ! Ici, l’action
se situe à New York où un flic (Heston
le surexpressif !) mène une enquête
de la plus grave importance puisqu’il s’agit
du meurtre d’une “légume”
de la firme produisant le nouvel aliment synthétique
appelé “Soylent Green”... Le
thriller commence dans cette ambiance étouffante
car hautement caniculaire en permanence... Les
cadavres vivants jonchent les escaliers des modestes
immeubles, dont celui où crèche
notre héros avec un vieil ami aide-bibliothécaire
de son état ( bouleversant E. G. Robinson).
Tout le monde crève la dalle mais personne
n’est plus en mesure de réagir...
L’abrutissement total... ponctué
toutefois de quelques sursauts d’une intense
violence... Notre flic va de fil en aiguille descendre
aux enfers en un crescendo paradoxal allant jusqu’à
un paroxysme apocalyptique ! Une intrigue pareille
ne se raconte pas ! Le film fit à l’époque
une très forte impression et obtint le
Grand Prix au Festival d’Avoriaz 1974. Certes,
l’an 2022 paraissait déjà
trop proche il y a plus de trente ans - ce qui
permit aux mauvaises langues de se délier
à outrance - mais, au diable les détails...
tu changes une ou deux dates et le résultat
est le même ! Il suffit de regarder autour
de soi pour se rendre compte rapidement que l’on
approche dangereusement du point de non-retour...
Plus que jamais, ce film est à voir d’urgence
! Toutefois, comme il ne s’agit nullement
et de toute évidence d’un documentaire,
nous avons droit à un parfait film “de
genre”, à savoir un polar futuriste...
Rien n’y manque. Fleischer ne nous prive
pas de l’agréable en faisant un film
utile. S’en dégagent notamment une
sinistre poésie belle comme un sombre crépuscule
et portée par une musique en complète
opposition avec la sordide tragédie qui
se déroule sous nos yeux... |
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LE TEMPS
DES PORTE-PLUMES - de Daniel Duval.
(0/20)
France - Couleur, 1h34 - 2005.
Avec : Raphaël Katz, Jean-Paul Rouve, Anne
Brochet, Annie Girardot, Lorant Deutsch. |
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Comédie dramatique
: On va essayer de ne pas trop se fâcher...
Bien qu’il s’agisse pour la énième
fois d’un médiocre téléfilm...
Production TF1, distribution TFM... que dire de
plus ? Malgré une foultitude d’anachronismes,
l’action est censée se passer en
1954.
Un gamin, Pippo, est retiré à ses
parents indignes puis adopté par un couple
d’agriculteurs. Sa nouvelle famille l’accueille
plutôt chaleureusement... mais lui, il a
comme qui dirait des sautes d’humeur...
peu vraisemblables car mal amenées et mal
interprétées. (Non, non, je ne jette
pas la pierre au jeune Raphaël Katz par trop
inexpérimenté). Autour de lui, d’autres
personnages - ou plutôt de maladroites esquisses
- une très vieille femme avec qui il va
se lier d’amitié, un instit ridicule,
et surtout, un gars qu’a fait l’Indochine
joué par l’impressionnant freluquet
incapable d’exprimer correctement quoi que
ce soit, j’ai nommé - “Le Prix
Jean Gabin” (!!!), “L’Amadeus”
au théâtre (!!!) - Lorant Deutsch
!!! Allez, abrégeons, je sens que le ton
va monter... on a dit qu’on allait se la
jouer cool... profitons de l’absence de
Mézigue, n’est-ce pas... Donc, Daniel
Duval, nous narre probablement sa propre enfance
ou du moins s’en inspire... Ben, n’avait
pas grand chose à nous narrer, le bougre...
Il ne se passe rien... Des scènes décousues,
au gré du vent, défilent le temps
de quelques clignements d’yeux... Alors,
quand tu t’emmerdes, eh bien, tu comptes
les anachronismes... Je n’en citerai qu’un.
Moi aussi, je lisais “Blek” quand
j’avais exactement l’âge de
Pippo... Sauf que c’était en 1963
/ 64... Dix ans plus tard... Je précise
que le premier numéro de cette BD est paru
en 63 / 64... Aïe... ! |
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TRUMAN
CAPOTE - (Capote) de Bennett Miller.
(16/20) 
USA - Couleur, 1h53 - 2005.
Avec : Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener,
Clifton Collins Jr., Chris Cooper. |
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Drame : Ah
! En voilà un que j’attendais avec
impatience depuis plusieurs mois ! Mes informateurs
d’Outre-Atlantique m’avaient prévenu
que c’était du “supérieur”
! Effectivement. A commencer par P.S.H, interprète
idéal de l’excentrique Truman. Petite
parenthèse, je passe pour une fois très
rapidement sur la mauvaise qualité de l’image,
préférant évoquer les moments
les plus forts de ce très très bon
film. Voici donc, bien des années après
l’adaptation à l’écran
par Richard Brooks du bouquin De sang froid,
la genèse d’une œuvre vue, bien
sûr, cette fois de l’autre côté
du rideau... dans les coulisses... En 1959, au
Kansas, a lieu un épouvantable massacre
d’une famille de fermiers. Truman Capote,
voulant explorer un autre mode d’écriture,
se lance, suite à cet événement,
dans la création d’un nouveau genre
littéraire, le roman-vérité
ou plutôt le roman de non fiction... Les
assassins arrêtés, il s’empresse
d’entrer en contact avec eux afin de recueillir
le plus d’informations possible et se liera
de sympathie - voire d’amitié - avec
l’un des deux, Perry “l’Indien”.
Deuxième parenthèse : lorsqu’on
a lu le livre, les rapports entre Capote et les
deux criminels dans le film paraissent inéquitables;
certes, il était beaucoup plus proche et
complice de Perry, mais il n’en demeure
pas moins qu’il ne se désintéressait
nullement, au plan humain j’entends, de
l’autre, Richard, qui dans le film de B.
Miller semble par trop caricaturalement méchant.
Très vite et inconsciemment, l’auteur
va inévitablement influer sur le cours
des événements... Jusqu’à
quel point... et dans quelle mesure... toute la
question est là ... Et ce n’est pas
la seule... La réflexion passionnante que
propose le film nous excite les neurones en essayant
d’imaginer l’opposition ou la symétrie
qu’il peut y avoir entre l’auteur
d’un ouvrage de pure fiction dépassé
voire orienté par les personnages qu’il
a pourtant lui-même inventés et un
auteur-reporter de faits réels, en contact
avec de vrais personnages en chair et en os dépassé
cette fois par ses velléités créatrices
tant au niveau anecdotique qu’émotionnel,
les deux étant intimement liés.
Autrement dit, un parallèle s’établit
entre des personnages fictifs affranchis de leur
créateur et des personnages réels
plus ou moins dépendants d’un simple
témoin... Au demeurant, à la question
“qui a généré qui et
qui manipule qui...” l’on peut être
tenté de répondre par une autre
question : “y a-t-il, à proprement
parler, génération et manipulation”?
Quoi qu’il en soit, il est fort possible
que les termes ici utilisés ne soient pas
les bons, les rapports entre création,
imagination, réalité ou manipulation
étant infiniment plus complexes... Laissons
le soin aux dieux d’y répondre, ce
n’est point de notre ressort... pauvres
humains à l’ego souvent hypertrophié... |
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