MAI 2006

Semaine 21  Du 17-05-2006 au 23-05-2006

 

BUBBLE - de Steven Soderbergh. (0/20)
France - Couleur, 1h33 - 2005.
USA - Couleur, 1h13 - 2005.
Avec : Debbie Doebereiner, Dustin James Ashley, Misty Dawn Wilkins, Laurie Lee.

Drame : Après Schizopolis et Full Contact, voici la troisième tentative expérimentale de Soderbergh... qui passe d’un extrême (Ocean’s Twelve, par exemple) à l’autre... L’ennui, c’est qu’il nous emmerde quel que soit l’extrême. Ici, il nous fait du Robert Bresson à la sauce Pialat (dans ses plus mauvais jours !) et, du coup, personnellement, je ne suis plus d’accord et sûrement très loin d’être passionné...! Acteurs amateurs dans une non-histoire (dans le plus pur style de la vieille “Nouvelle Vague” française) et mis en scène (c’est étudié exprès, z’inquiétez pas !) de la façon la plus morne, la plus insignifiante qui soit ! Stevie se la joue “artisse-cinéasse” à l’européenne... Tout compte fait, même si je n’aime pas, je préfère et respecte davantage les originaux... ! Dans le “trou du cul” du Midwest, y a Martha et Kelly qui marnent dans la même usine... Arrive une nouvelle employée quelque peu bizarre... Ces trois personnages vont faire un peu plus que se croiser et sympathiseront d’une manière fort apathique... Un beau soir, la nouvelle employée est retrouvée assassinée chez elle... Qui qu’a fait ça... ? Oh, il ne s’agit pas d’un polar, on ne palpite jamais avec cet espèce d’essai à la mords-moi... Juste une réflexion (?) sur les States d’aujourd’hui (?)... qui va - bien sûr - jusqu’à fasciner certains de nos critiques... Pour initiés... à la Branlette Cinématographique...!

 

 

LE CAÏMAN - (Il caimano) de Nanni Moretti.(13/20 )
Italie - Couleur, 1h52 - 2005.
Avec : Silvio Orlando, Margherita Buy, Jasmine Trinca, Michele Placido, Nanni Moretti.

Comédie : Un producteur de série B voire Z se retrouve dans la mouise après un cuisant échec commercial. Une jeune cinéaste, fort peu expérimentée, va lui soumettre un scénario agressif à l’égard du mafioso politiquement déchu désormais qu’est Berlusconi... Ne comprenant rien au scénar, le producteur se lance dans une aventure qui, de toute évidence le dépasse... Du moins, dans un premier temps... Passons sur les diverses péripéties du producteur - tant professionnelles que conjugales - et prenons en compte la démarche fort saine d’un Moretti en belle forme qui a décidé, plus ou moins subtilement, de démolir la gueule de l’indigeste Silvio...! Il le fait en passant par la méthode “film dans le film” et autres tournures de style... pas mal réussies dans l’ensemble... et, c’est terrible mais de nos jours il faut le préciser, il s’agit d’une comédie... qui fait rire...! L’atout majeur de ce film c’est le personnage principal aussi minable que touchant, merveilleusement campé par un Silvio Orlando que tout le monde ne connaît pas très bien de ce côté-ci des Alpes - mais qu’il faut absolument découvrir ! Il possède l’étoffe des plus grands comédiens italiens d’antan... Ce n’est pas peu dire !!! Bien sûr, nous sommes relativement éloignés de ce que la fameuse “comédie à l’italienne” a pu nous donner à l’époque des Monicelli, Risi, Scola et les autres... Toutefois, il ne faut pas cracher dans la soupe - surtout quand elle est bonne... et si vous avez envie de rire moins bêtement que d’habitude... n’hésitez pas, courez-y !

 

 

CHROMOPHOBIA - de Martha Fiennes. (4/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 2h16 - 2004.
Avec : Kristin Scott Thomas, Damian Lewis, Penélope Cruz, Rhys Ifans, Ben Chaplin, Ralph Fiennes, Ian Holm.

Drame : Décidément, comme l’on dit désormais, les toiles chorales font tâche d’huile...
N’est pas Bob Altman qui veut, cependant... Il y a deux couples - d’hétéros, je précise - l’homosexuel (mâle) de service, un journaliste opportuniste mais repentant et un vieux schnock qui traîne par là... Les deux couples, c’est le couple officiel et attesté formé de K. Scott Thomas et D. Lewis et l’autre, en gestation fort menacée par la maladie, joué par P. Cruz et R. Ifans... Les autres sont respectivement R. Fiennes, B. Chaplin et I. Holm. Bon, les acteurs sont valables, cela va sans dire - excepté la Cruz qui n’est bonne que dans les films espagnols (voir plus bas)... Non, ce qui gêne, c’est l’éternel retour du minimalisme scénaristique - formidable source de justification pour les auteurs sans âme - l’éternelle inaptitude d’exprimer et de faire partager des émotions dignes de ce nom... Le couple officiel s’ennuie (avec nous !), l’autre est tragi-ridicule (Ifans en fait des tonnes à côté de la plaque !), l’homo est sapiens mais trop convenu, le journaleux on s’en fout et l’aïeul Holm mime l’inquiétude du sage... C’est de l’incolore, indolore et du surfait...!

 

 

COMME T’Y ES BELLE ! - de Lisa Azuelos. (0/20)
France - Couleur, 1h25 - 2005.
Avec : Michèle Laroque, Aure Atika, Valérie Benguigui, Géraldine Nakache, Francis Huster, Marthe Villalonga, Dora Doll, Alexandre Astier, Thierry Neuvic, David Elmaleh.

Comédie : Spécial Mézigue : “C’est finalement très simple de faire un film - surtout un film qui plaît au plus grand nombre... Eh, ouais... Tu te fais des copains au niveau de la produc’ (essentiellement l’immonde télévision), t’écris n’importe quoi, tu prends bien soin de te torcher ton cul lorsqu’il est bien sale avec de la bande vidéo, t’appelles tes copains et pines plus ou moins “acteurs” connus du public et tu dis “moteur”... ! Le montage, tu t’en fous, comme de tout le reste; tu sors une ou deux répliques (oh, pas plus!) pseudo-marrantes... répliques émises par des personnages qui, malgré leur invraisemblance - ressemblent au tout-venant - et c’est gagné ! T’as le tiercé dans l’ordre, le six chiffres au loto... et t’es un gros con !!! C’est juré, promis, j’arrête d’aller voir ce genre de navets ! “La vérité si je mens !”...”

 

 

DA VINCI CODE - (The Da Vinci Code) de Ron Howard. (0/20)
USA - Couleur, 2h32 - 2005.
Avec : Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen, Jean Reno, Paul Bettany, Alfred Molina, Jürgen Prochnow, Jean-Pierre Marielle, Etienne Chicot.

Policier : Tout le monde a lu le bouquin... sauf moi... Alors, je ne vais pas m’attarder sur les intrigues de base et je passe immédiatement à l’essentiel, savoir l’exécrable opportunisme de la mécanique marchande d’un certain “cinéma”... Quarante millions d’exemplaires vendus dans le monde...! Y a de quoi te brûler jusqu’aux poils du cul...! Là-dessus les producteurs du septième Art se ruent et te torchent rapidos une adaptation du déjà - d’après des gens de confiance - minable roman... Ils misent le maximum sur du “sûr” (reste à vérifier...); une vedette américaine, l’autre française; des seconds rôles assurés par des noms connus, une promotion infernale comprenant un passage par Cannes histoire de se faire entendre par toutes les oreilles possibles et imaginables... On prend, bien sûr, le réalisateur le plus crétin de tout Hollywood, Ron Howard, on “platifie” autant que possible au niveau de l’adaptation... savoir, on prend un peu de tous les symboles ayant existé et existant encore - du pyjama de nuit de noces de l’Ange Gabriel jusqu’aux chaussettes sales du dernier pape en vue... - on met tout le bazar dans un shaker et on en sort un cocktail ésotérique... si ésotérique que t’oseras même pas m’en donner des nouvelles... ! Paraît que ce truc bouleverse certains milieux cathos... Mon Dieu, mon Dieu...! Le petit Jésus aurait une descendance... avé la Marie-Madeleine... S’il y a une chose dont on se fout... n’est-ce pas ! A force de me gonfler avec, la Légende du Christ ne m’émeut pas plus (malgré des pensées dignes de méditation) que l’historiette d’un personnage de B.D. En effet, Qu’est-ce que j’en ai à fiche de savoir si Tartine avait un amant ou si Tintin nique Milou... ? La vraie foi ignore l’anecdote...

 

 

DUELIST - de Lee Myung-Se. (2/20)
Coréee du Sud - Couleur, 1h50 - 2005
Avec : Ha Jiwon, Gang Dongwon, Ahn Sungki, Song Youngchang.

Aventures : Au dix-septième siècle ou un truc comme ça, en Corée... le sabre fuse de toute son étincelante laideur, saignant au passage moult gueux ou autres personnages...! Y a de la criminalité dans l’air, de l’épineuse affaire... Et, c’est la gent féminine qui va s’évertuer à faire le ménage... en utilisant, bien évidemment, les mêmes armes que les pauvres couillus couillons... Nous voilà plongés dans un bien étrange spectacle où l’image est on ne peut plus soignée-léchée (ce qui, à priori, n’est pas pour me déplaire) mais où règne dans le même temps la confusion la plus totale... On nous balance dans tous les sens... ça castagne de partout... au ralenti comme en accéleré... on ne sait plus à quel héros se vouer... si tant est qu’il en fût...! Nous pataugeons dans du clip musical coloré de la manière la plus esthétisante... dans du sang et de l’amour esquissé... Il est tout de même assez terrifiant de voir à quel point l’on peut gâcher... Je dis bien “gâcher”...! Ne sommes-nous pas dans un monde de gaspillage et de gâchis qui ne profitera qu’à court terme aux plus enrichis...? Si, bien sûr ! Ce film en est, en quelque sorte, le reflet... Ventre plein, cerveau vide... Cerveau vide, ventre plein... Toutefois, il faut le souligner, même ce minable objectif est loin d’être atteint... Il y a tant encore de ventres vides... Remplissons-les et ensuite nous parlerons du cerveau... En tous cas, évitons si possible de perdre notre temps avec des crétineries de ce genre...! Pour initiés... à la Connerie Suprême...!

 

 

TRANSAMERICA - de Duncan Tucker.(10/20)
USA - Couleur, 1h43 - 2004.
Avec : Felicity Huffman, Kevin Zegers, Fionnula Flanagan, Burt Young, Elizabeth Pena, Graham Greene.

Drame : Un transsexuel sur le point de se faire opérer afin de devenir femme à part entière apprend soudain qu’il est père d’un fiston... fruit d’une passade dans une vie “antérieure”... Afin que les événements s’enchaînent de la façon la plus souhaitable pour lui (ou elle), ce personnage doit d’abord régler ses comptes avec sa progéniture, emprisonnée quelque part loin de chez lui pour de menus problèmes... S’ensuit ce qu’on appelle un “road movie” durant lequel le père et le fils vont faire plus ample connaissance... De mensonges en aveux, de répulsion en sympathie, de haine en amour, les deux protagonistes apprendront finalement l’essentiel de la condition humaine, de la vie pour parler plus simplement... Le film, à mon sens inégal, doit beaucoup à la fabuleuse interprétation de Felicity Huffman. Antipathique et pour le moins dérangeante au début, nous finissons par l’accepter et l’aimer durant la projection de cette oeuvre crue, directe, assez originale et décalée... dans la mesure du possible... N’oublions pas que nous sommes au vingt et unième siècle - siècle de la convenance et de la bienséance déguisées... A voir, si l’on a envie de sortir (quelque peu) des sentiers battus...

 

 

VOLVER - de Pedro Almodovar. (18/20)
Espagne - Couleur, 2h01 - 2005.
Avec : Penélope Cruz, Carmen Maura, Lola Duenas, Blanca Portillo, Yohana Cobo.

Comédie dramatique : Ah ! Pedro nous devait bien au moins ça ! Après le fort décevant (voir article Cinékosma) La mauvaise éducation, le voilà revenu à de meilleures intentions... Il nous narre à nouveau une histoire de femmes... de leur poésie qui va du battement de coeur au pet foireux... C’est tout Almodovar... Il nous rappelle ainsi que Tout sur ma mère (sa meilleure oeuvre) est l’un des plus beaux hommages à la féminité. Comment raconter un film de Pedrocito... et faut-il seulement le faire...? Bien sûr que non ! Sachons simplement qu’il s’agit - comme toujours avec ce vieux garnement - d’un méli-mélo d’intrigues qui ne tiennent debout que par la grâce de son talent ! Des filles, des jeunes femmes, des moins jeunes, des très vieilles et même des... revenantes...! Tout le monde de la gent féminine y est ! Au passage, il nous fait le plus merveilleux cadeau que puisse offrir un cinéaste : enveloppé de la manière la moins orthodoxe, il nous propose le rire... ce fameux rire qui, précisément et par définition, ne supporte aucune enveloppe conventionnelle... Ce rire qui nous saute à la figure et nous éblouit, nous rajeunit sans cesse et inlassablement nous encourage à ailmer pour vivre... Et, n’y voyez aucune flatterie, quoi de plus fascinant que la “déesse femme”...? Même Penélope Cruz y est parfaite ! Comme quoi...

 

 

 

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