JUIN/ 2006

Semaine 24  Du 07-06-2006 au 13-06-2006

 

 

 

CONVERSATION(S) AVEC UNE FEMME - (Conversations with Other Women) de Hans Canosa.. (7/20)
USA - Couleur, 1h25 - 2004.
Avec : Helena Bonham-Carter, Aaron Eckhart, Nora Zehetner, Erik Eidem.

Comédie dramatique : Soirée de mariage. Un homme et une femme, quadragénaires ou presque, se rencontrent, s’abordent; c’est le gars qui propose la coupe... La femme commence par refuser... mais, la conversation va inéluctablement s’installer... Il s’agit, en fait, de deux personnes qui partagent déjà un passé nullement oublié... L’un est le frangin de la mariée, l’autre une vague septième demoiselle d’honneur... Ils vont s’accoster, l’un et l’autre, tels deux navires plus ou moins rouillés, se re-draguant tout en se branlant la mémoire... L’originalité de ce modeste film réside dans le fait que durant quatre-vingt-cinq minutes, l’écran sera partagé en deux... accentuant ainsi subtilement la séparation des protagonistes... nous permettant de suivre plus qu’instantanément les actions et réactions des principaux bavards... Il se doit de reconnaître que leur “bla-bla-bla” est loin de surcharger nos neurones et que nous ne bandons que mollement à leur “aventure renouvelée”... L’une des deux moitiés de l’écran est parfois utilisée sous forme de “flash back” ou de réactions plus ou moins décalées... d’où un travail de montage très pointu et parfaitement respectable... Les comédiens assurent vaillamment, tout en participant activement à la banalisation des dialogues cinématographiques... Mais l’auteur tente d’être “réalisse”, me rétorque-t-on... C’est vachement réaliste, en effet, de faire se rencontrer un ex-couple hautement improbable auquel on inflige des situations scéniques rudement théâtrales et peu vraisemblables... Non, soyons sérieux, le script est bâtard, balbutiant quelque part entre Cassavetes et... de la guimauve... Toutefois, l’on ne s’emmerde que moyennement... et s’il on a rien d’autre à foutre... why not...?

 

 

ISOLATION - de Billy O’Brien. (0/20)
Irlande / Grande-Bretagne - Couleur, 1h34 - 2005.
Avec : John Lynch, Essie Davis, Ruth Negga, Sean Harris, Marcel Iures.

Fantastique : Histoire d’aliens bovins chez des péquenots zirlandais... ou un machin de ce genre... toute façon, on s’en branle, ça se passe toujours dans le noir... c’est du sous-exposé... “étudié”... Le film se veut étouffant d’angoisse... (D’ailleurs, il a obtenu le Grand Prix de “Gérardmerde” dont tout le monde se fout désormais...!). Une vache trafiquée par un apprenti sorcier se met à vêler de ces trucs...!!! Des génisses style “alien”... qui mordent et tout et qui précipitent affreusement la reproduction de monstrueuses créatures, bien évidemment d’une cruauté rare...! Le film comprend deux décors, si toutefois je ne me sois point trompé dans mes comptes, et nous fait chier tout autant que le sang gicle...! C’est du condensé genre pauvre et misérable autour d’un minable “monstrounet” dont la fonction génétique est de contaminer... Les acteurs font ce qu’ils peuvent dans la boue de cette fantastico-réaliste preuve de manque d’imagination qui s’inspire très très vaguement de la maladie dite de “la vache folle”... L’ennui, c’est que le pus, le sang et autres ordures sont malvenues dans ma tasse de thé...!

 

 

LA MAISON DU BONHEUR - de Dany Boon. (0/20)
France - Couleur, 1h40 - 2005.
Avec : Dany Boon, Michèle Laroque, Daniel Prévost, Michel Vuillermoz, Zinedine Soualem, Laurent Gamelon, Gaëlle Bona, Line Renaud, Antoine Chappey, Didier Flamand.

Comédie: C’était à prévoir, le gars Boon se fait plaisir à son tour en réalisant son petit film... C’est la mode qui veut ça... On voit actuellement en France un énorme pourcentage de premiers films chaque année - généralement réalisés par des gens qui sont tout sauf cinéastes...! Les pros, eux, se retrouvent ainsi à bosser pour la téloche, à réaliser des séries à la mords-moi... Les flics du vendredi soir, Mimounette et ses quatre fillettes... tzétéra... Bon. Le “zéro” principal de (faut-il le préciser ?) cette merde fumante est un “quadra” (comme il est z’à la mode de dire...) vachement radin... mais qui, un beau jour, pris de remords, décide d’offrir un somptueux cadeau à son épouse, savoir une baraque...! Il va se faire arnaquer de la plus totale manière par un agent immobilier - censé être infernal... mais qui semble sortir tout droit d’une latrine... comme du reste l’ensemble de ce foireux gâchis de pellicule... Un gâchis d’autant plus fâcheux que la lumière y est dirigée par le talentueux Jean-Marie Dreujou (Dogora de Patrice Leconte, entre autres) et que, pour une fois, l’on n’a point mal aux yeux en fixant l’écran, loin de là... et bien au contraire ! Quel gâchis disais-je... ! En effet, l’humour, une fois de plus “décalé”, de l’imbécile Dany Boon tant au niveau du scénar que de son interprétation lugubre nous donne la gerbe ou la diarrhée... au choix ! En matière de comique, il faut choisir, ou bien l’on réalise une comédie réaliste ou bien complètement déjantée... Mais, mélanger les deux revient à obtenir un résultat proche d’une salade composée de fraises aux concombres nains de Moldavie... Voilà, voilà... C’est la comédie française de la semaine. Toutefois, au vu des résultats du premier jour, ce ne devrait pas être un succès... Le public serait-il enfin en train de saturer...?

 

 

LA MALEDICTION - (666 - The Omen) de John Moore. (0/20)
USA - Couleur, 1h48 - 2005.
Avec : Julia Stiles, Liev Schreiber, Mia Farrow, David Thewlis, Pete Postlethwaite.

Fantastique : Le saviez-vous ? Au Vatican, les curetons, ont un observatoire qui leur permet de suivre l’évolution astrale, de remarquer, comme c’est le cas ici, qu’une comète fonce sur la Terre... une comète envoyée direct par Satan... Wouaouh...! Ainsi démarre donc ce remake on ne peut plus inutile de l’original réalisé par Richard Donner en 1975 - et qui fut, non seulement un gros succès générant des “séquelles”, mais aussi un excellent thriller dans le vrai sens du terme, savoir qu’il faisait frémir... Je n’irai pas jusqu’à dire, comme certains, qu’il s’agit d’un remake “plan par plan”, il n’en reste pas moins que cette nouvelle version n’apporte rien d’intéressant... Que l’on fasse un remake d’un film muet ou fort ancien, en noir et blanc, par exemple, je peux encore le comprendre - sans nécessairement approuver - mais refaire en 2005 un film datant de 1975 sans pratiquement y toucher, cela s’appelle de la connerie ! Donc, voici l’histoire de l’antéchrist qui déboule de par chez nous, et bien évidemment, à l’inverse du petit Jésus, il vient pour semer la zone en vue de détruire l’humanité. Notons les premiers rôles; le grotesque, laid et transparent Liev Schreiber (Gregory Peck dans l’original !!!) et l’incroyable Julia Stiles (Lee Remick dans le film de Donner !!!) dont la tronche en coin ressemble à... un coing... ou plutôt à une sorte de gnocchi fourré à l’huile de vidange...! Quant à Mia Farrow, proche de la retraite, elle gagne encore quelques sous comme elle peut... Le plus regrettable, c’est la présence de David Thewlis - révélé par le bijou de Mike Leigh, Naked - qui joue ici le rôle d’un “super blow-up” photographiant tout ce qui est invisible à l’oeil nu et qui, après l’imbuvable Basic Instinct 2, récidive en se vendant aux producteurs de navets... M’est avis qu’il se spécialise dangereusement...!

 

 

LE PASSAGER DE L’ETE - de Florence Moncorgé-Gabin. (0/20)
France - Couleur, 1h37 - 2005.
Avec : Catherine Frot, Grégori Derangère, Laura Smet, François Berléand, Jean-Paul Moncorgé, Isabelle Sadoyan, Samuel Le Bihan, Jacques Spiesser.

Comédie dramatique : Eh ben, dis-donc dindon ! Cette fois c’est au tour de Florence Moncorgé-Gabin-Ventura-Belmondo-Delon - plus connue sous le nom de Florence Moncorgé (le “Gabin” a été ajouté pour la pub, n’est-ce pas...) de nous pondre son épouvantable petit caca pseudo-cinématographique...! Dans les années cinquante, en Normandie, du côté de la Hague plus précisément, Jojo, un ouvrier agricole est engagé par Momo, une paysanne esseulée et vieillissante... qui va bien sûr chuter amoureuse du bellâtre... L’emmerde c’est que dans ce petit patelin sans nom, toutes les filles et femmes vont se mettre à tourner autour de Jojo telles des mouches à merde...! Y compris la belle et jeune fifille de Momo...! Cette dernière, institutrice de son état, va s’employer à apprendre à lire et à écrire à notre Jojo qui est analphabète jusqu’aux yeux... mais qui parle comme un citadin normalement éduqué... En effet, le plus effarant dans cette “toile”, ce sont les dialogues...! Personne, mais personne, ne soucie le moins du monde de ressembler à un campagnard... et, du reste, les acteurs n’y peuvent pas grand chose... au vu justement de l’écriture ! Toutefois, François Berléand, notamment, ne se fait vraiment pas chier... (faut dire qu’au rythme où il tourne, l’a pas l’temps le bougue...!). On a l’impression qu’il passait par là, qu’il a vu un tournage et qu’il s’y est invité... histoire de tuer le temps... Pas très sérieux tout ça ! En revanche, il semblerait que Laura Smet ait pris quelques cours de diction, vu les efforts contorsionnés qu’elle fait avec ses lèvres... Elle en est encore au stade de l’apprentissage, certes, mais il suffira d’encore une petite vingtaine d’années et tout ira pour le mieux de ce côté-là... C’est donc (presque) une bonne nouvelle... Ajoutons pour terminer, que l’histoire de cette oeuvre (dans le sens de “résultat d’un travail” - en l’occurrence mauvais...!) ressemble par bien des aspects au très valable film de Philippe Lioret L’équipier (voir article) avec déjà Grégori Dérangère dans le (même) rôle... celui de “l’étranger”... Le tout est photographié avec un “Instamatic” de l’époque des années cinquante... C’est dire la haute valeur esthétique de la première (et dernière ?) réalisation de la fille à son papa...!

NB : Connaissant la région, je déplore particulièrement que les paysages fort beaux au naturel soient ainsi souillés par la désinvolture coupable d’une personne - qui, même si elle n’est point artiste - aurait pu éviter un tel gâchis...!

 

 

 

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