Semaine 29
Du 12-07-2006 au 18-07-2006
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ADAM’S
APPLES - (Adams aebler) de Anders-Thomas
Jensen. (10/20)
Danemark - Couleur, 1h34 - 2004.
Avec : Ulrich Thomsen, Mads Mikkelsen, Nicolas
Bro, Ali Kazim, Nikolaj Lie Kaas. |
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Comédie dramatique
: ... ou de préférence,
Les pommes d’Adam... n’est-ce
pas... Un néo-nazi, ex-taulard, est envoyé
en pénitence chez un cureton pour y effectuer
un retour, sans lavage de cerveau, à la
vie normale et équilibrée... Ivan,
l’homme de Dieu, est un positiviste invétéré
limite psychopathe... sa démarche consiste
à ne voir que le bien... Dans quelle mesure
sa “thérapie” peut-elle fonctionner
avec des extrémistes en tous genres, notamment
le facho Adam...? Il parviendra, toutefois, à
le convaincre très rapidement à
avoir une activité constructive; Adam choisit
de faire un gâteau avec les pommes du jardin...
Mais, mais, mais... que de problèmes et
de complications en perspective...! Bien que Jensen
(Les bouchers verts) essaie de réhabiliter
la curetonnerie - ce qui n’est point ma
tasse de thé - l’histoire de ces
deux hommes (ainsi que de plusieurs autres personnages)
est plutôt prenante et le film ne tombe
jamais dans l’imbécillité...
sauf la partie finale peut-être... un tantinet
bâclée et un peu décevante...
La religion, disais-je, n’est point ma tasse
de thé... néanmoins, l’on
peut toujours en discuter. L’oeuvre qui
nous est ici proposée favorise la réflexion
et le doute dans les deux sens... On peut donc,
après l’avoir vue, s’asseoir
autour d’une table et en parler. Pourquoi
pas ? Il y a des gens de bien, comme l’on
dit, dans le monde ecclésiastique; d’autant
qu’ici Ivan, le fervent croyant, est loin
de la caricature bigote, précisément
parce que de son comportement acharné se
dégage une certaine... caricature. C’est
un homme qui a tant souffert, qui a vécu
tant de drames et de tragédies (son enfance
violée, son fiston infirme, sa femme suicidée),
qu’il a fait une grosse fixation sur le
“bien”! D’où un aspect
pathologique... A l’autre extrême,
un violent crétin qui, lui aussi, d’une
certaine manière pourrait être considéré
comme malade... Voilà une confrontation
parfois passionnante et presque jamais dénuée
d’humour... Reste l’ambiguïté
de la réflexion de Jensen... qui ne m’a
point satisfait. Par ailleurs, les superbes comédiens
Thomsen et Mikkelsen sont à peu près
au sommet de leur art ! |
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ANTONIO
DAS MORTES - de Glauber Rocha.
(6/20) 
Brésil - Couleur, 1h35 - 1969. (Reprise)
Avec : Mauricio do Valle, Odete Lara, Othon
Bastos, Jofre Soares, Lorival Pariz.
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Aventures :
Antonio das Mortes est un mercenaire tueur à
gages qui a cassé tant et plus du bandit
officiellement considéré comme
tel - notamment de fameux cangaceiros - qu’un
beau jour, après avoir exécuté
le chef d’une bande, il commence à
avoir la nausée, d’autant plus
qu’il se rend - enfin ! - compte de la
misère du peuple, ce qui l’amène
à changer de camp... Voilà un
film pour le moins original et insolite ! Traité
d’une manière lyrico-épique,
avec une totale prise de liberté, il
étonne bien évidemment. Le problème,
c’est sans doute le manque de moyens financiers...
Ce qui donne souvent un résultat quelque
peu “pasolinien”... si vous voyez
ce que je veux dire... Avec un zeste de western
italien... Mais, halte ! Ici, les choses sont
sérieuses. Il s’agit avant tout
d’un film “politique”. Que
Rocha, grâce à un style indéfinissable
et une naïveté sympathique, ait
pu séduire - surtout à l’époque
- un grand nombre de cinéphiles, je le
conçois fort bien; pour ce qui nous concerne,
Mézigue et Moi-Même, nous sommes
peut-être un peu plus difficiles à
convaincre... Nous aimons par-dessus tout le
travail bien fait... du crédible... dans
n’importe quel genre... mais du crédible.
Bien qu’il y ait des plans saisissants,
un rythme allègrement et plaisamment
cassé par le passage soudain d’une
narration conventionnelle à une séquence
(par exemple) théâtrale, chantée
et dansée et une musique fort attachante,
le film risque à tout instant de provoquer
le rire au second degré... A voir seul
! Sinon, c’est la rigolade... |
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L’ARGENT
DE LA VIEILLE - (Lo scopone scientifico)
de Luigi Comencini.(20/20)
Italie - Couleur, 1h58 - 1972. (Reprise / Re-vision)
Avec : Alberto Sordi, Silvana Mangano, Bette
Davis, Joseph Cotten, Domenico Modugno, Mario
Carotenuto, Antonella di Maggio.
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Comédie :
La “vieille” (Bette Davis) est une
milliardaire américaine fort âgée
comme l’indique son surnom qui revient
tous les ans séjourner quelque peu dans
sa luxueuse villa près de Rome et de
ses bidonvilles... Dans ces bidonvilles, un
couple (Sordi / Mangano) dont le mari est un
misérable chiffonnier... un couple que
la richissime vieille peau invite régulièrement
à disputer des parties de cartes (le
“scopone scientifico” est un jeu
typiquement italien) où se joue de l’argent...
Comme notre couple n’a pas un rond, elle
lui prête chaque fois un million de lires
qu’elle récupère implacablement,
étant une passionnée et très
calée joueuse... Cette fois, le couple,
soutenu par tous leurs voisins, tient absolument
à ce que ce soit la bonne...! Les deux
premières soirées se passeront
comme à l’accoutumée...
mais, la troisième s’avère
homérique... jusqu’à l’inéluctable
défaite pour nos pauvres hères...
vu que l’Américaine dispose d’une
fortune et peut surenchérir jusqu’à
plus soif... Même l’intervention
de Richetto “le tricheur” n’y
changera rien... Alors, c’est la gamine
Cleopatra, l’une des progénitures
du malheureux couple, qui trouvera la seule
solution... Nous voilà en pleine comédie
dite à l’italienne ! Depuis la
commedia dell’arte, nos amis
transalpins nous ont habitués à
ce rire mêlé de larmes; ce constat
d’un monde mauvais et contre lequel l’on
ne peut rien... sauf se fendre la gueule...
Ici, la misère des “zonards”
romains (voir également le fabuleux Affreux,
sales et méchants d’Ettore
Scola), est comme un défi à tout
ce qui brille, rutile, domine... car le rire
n’est jamais loin. Du reste, dans ce film,
Comencini n’a pas une démarche
réellement mélodramatique - comme
ce fut les cas dans un bon nombre de ses réalisations
- , juste quelques touches émouvantes
et un peu cafardeuses, c’est tout. Par
ailleurs, on prend son pied à voir toute
cette galerie de personnages pittoresques, excessifs,
irrésistibles... mais, somme toute, traités
avec sobriété et retenue... Modugno
dans le rôle du tricheur frimeur ou Carotenuto
dans celui du “professeur”, notamment,
sont plus vrais que nature tout en nous faisant
parfois hurler de rire. Il s’agit donc
ici de ce que la comédie à l’italienne
a pu donner de meilleur avec satire sociale
en prime - une fable sur le thème de
la lutte des classes - dont il n’est pas
question de retenir uniquement une illustration
du dicton “l’argent va à
l’argent”... Le seul problème
avec Comencini, c’est qu’il est
parfois un peu fâché avec l’esthétique...
Personne n’est parfait. |
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LES
BERKMAN SE SEPARENT - (The Squid and
the Whale) de Noah Baumbach.(6/20)

USA - Couleur, 1h21 - 2005.
Avec : Jeff Daniels, Laura Linney, Jesse Eisenberg,
Owen Kline, Anna Paquin.
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Comédie dramatique
: A New York, dans les années
80, un couple et leurs deux jeunes fils... Le
mari, Bernard et son épouse Joan sont
tous deux écrivains... Lui connut un
certain succès avec son premier livre,
puis plus rien; elle, comme obéissant
à un étrange principe de vases
communicants, est de plus en plus éditée...
D’où une certaine amertume dans
la tête et le coeur de Bernard... Il est
à l’évidence aigri et petit
à petit les rapports avec sa femme (qui
l’a trompé plusieurs fois par-dessus
le marché) vont se dégrader...
au point d’en arriver à la rupture
! Et les deux gamins dans tout ça ? Le
plus jeune est du côté de la mère,
l’aîné est quasiment obnubilé
par son papa, dont il épouse toutes les
opinions jusqu’au choix de ses lectures
et de ses petites amies...! Autant le ton est
juste, autant l’oeuvre est - à
mon goût - banale car baignant dans un
quotidien tout à fait ordinaire... si
ce n’est la séparation... Certes,
nous allons voir évoluer ces personnages,
chacun à sa manière trouvant un
nouveau mode de vie... mais bon, y a pas de
quoi fouetter un chat... En revanche, l’interprétation
est de qualité supérieure dans
l’ensemble mais Jeff Daniels (Bernard)
frôle le génie en composant un
personnage - auquel il ne nous avait pas habitué,
il a surtout joué des p’tits gars
sympas - d’une complexité et d’une
subtilité passionnantes. Du travail d’orfèvre,
le pur talent en sus. |
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DON
QUICHOTTE - (Don Kihot) de Grigori
Kozintsev.(7/20)
URSS - Couleur, 1h40 - 1957. (Reprise)
Avec : Nikolaï Tcherkassov, Youri Touloubeiev,
Serafina Birman, Svetlana Grigorieva.
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Aventures :
Le picaresque vu par les Soviets... Pourquoi
pas ? L’image, les décors, les
costumes et bien sûr les personnages sont
soignés aux petits oignons, le tout presque
un peu trop... appliqué... Genre illustration,
mais sans aller aussi loin dans ce sens que
le père Bondartchouk avec son Guerre
et paix souvent proche du ridicule. Si
ma mémoire est bonne, la version d’origine
fut d’une durée de cent cinquante
minutes; or, ici, nous n’avons droit qu’à
cent minutes... Bon. On fera avec... Est-il
besoin de rappeler l’histoire de ce bonhomme
mélancolique à la triste figure,
qui après avoir lu trop de romans, se
lance lui-même dans l’aventure.
Il va jouer les justiciers avec son fidèle
compagnon Sancho Pança dans son monde
complètement imaginaire... Poussé
donc par une folie douce, il va vivre des moments
très durs... d’affreuses déceptions...
mais aucune ne parviendra à le rapatrier
dans la dimension réelle - en tous cas
communément admise et banale - des êtres
humains... Il est dans son univers et n’en
sortira pas. Bien évidemment, le roman
de Cervantès est inracontable, de même
qu’il est pratiquement inadaptable au
cinéma... Tout ce que l’on peut
dire, c’est que la phénoménale
prise de liberté (pour l’époque
surtout !) qui consista à “déchirer”
le monde en en riant aux éclats n’est
pas exactement palpable dans cet énième
version cinématographique. De plus, le
jeu des acteurs et le parti pris de la mise
en scène semblent excessivement théâtraux.
Cela dit, dans la mesure où l’on
admet un tel procédé, les comédiens
ne déméritent pas et l’extraordinaire
silhouette ainsi que l’expression tragi-comique
du visage de Tcherkassov sont parfaits par rapport
à l’image que l’on s’est
toujours faite de Don Quichotte. Il convaincrait
peut-être Cervantès lui-même...
quant au reste, je pense que l’auteur
serait un peu déçu... |
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ECHO
PARK L.A. - (Quinceanera) de Richard
Glatzer et Wash Westmorland.(7/20)

USA - Couleur, 1h30 - 2005.Avec : Emily Rios,
Jesse Garcia, Chalo Gonzalez, Jesus Castanos-Chima,
J.R. Cruz.
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Drame : Lors
de son quinzième anniversaire, une jeune
fille hispanique est consacrée femme
par une cérémonie très
très très traditionnelle, la “quinceanera”...
Ce sera bientôt le tour de Magdalena.
Seulement voilà, le jeunette a, entre-temps,
trouvé le moyen de se faire mettre en
cloque d’une originale manière...
Son petit copain, sans même la pénétrer
est parvenu grâce à un commando
de spermatozoïdes particulièrement
agressifs à l’engrosser. Balèze
le mec ! Mais, il paraît que c’est
possible. Rarissime mais possible. O.K., je
m’en fous, allons-y ! Continuons. Ses
parents vont découvrir assez rapidement
son début de protubérance et alors,
ça va barder ! Virée de chez elle,
elle se réfugie chez son grand oncle
Thomas. Toujours dans le quartier de Echo Park,
Carlos est un jeune gars un peu brutal et surtout
homosexuel. Cela ne manquera pas de bouleverser
sa famille et lui aussi sera accueilli par le
vieillard sympa... Rencontre donc inévitable
de Magdalena et Carlos... Oh! Cela ne nous donnera
pas une nouvelle version de “Roméo
et Juliette”. Loin de là. Les deux
bannis se contenteront d’une amitié
suffisamment solide, toutefois, pour éventuellement
former un couple et élever l’enfant
à venir... because le petit copain de
Magdalena (le lâche!) ne veut pas reconnaître
le bambin ! Bien. Il y a de tout dans ce modeste
film... au niveau du style, j’entends...
Nous passons par bien des situations marginales,
sordides et crues... mais aussi, par de gentilles
scènes avec le grand oncle, par exemple...
pour finir, une fois de plus par un “happy
end” forcé... et tout le toutim
chute profond dans le ridicule...! La presse
est unanime à l’égard de
cette oeuvrette, ayant sans doute reçu
un mot d’ordre des grands groupes financiers
qui aujourd’hui gèrent à
leur guise, en la frelatant, la liberté
d’expression...! Je ne marche pas dans
cette merde-là ! |
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ETE
VIOLENT - (Estate violenta) de Valerio
Zurlini.(9/20)

Italie, Noir et blanc, 1h35 - 1959. (Reprise)
Avec : Jean-Louis Trintignant, Eleonora Rossi
Drago,Lilla Brignone, Jacqueline Sassard, Enrico
Maria Salerno.
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Drame : Il
y a un an jour pour jour et heure pour heure,
dans la même salle, j’ai vu un autre
film de Zurlini, La
fille à la valise de chouette
mémoire. Ce fut le 14 juillet à
16 heures, au “Saint-Germain des Prés”.
Tu t’en fous... ? Bon, ben alors, on va
passer à la suite... Au bord de la Mer
Adriatique, durant l’été
1943, une histoire d’amour entre un jeune
fils de fasciste (mais vachement sympa lui-même
- rien à voir avec “tel père
tel fils” ) et une jeune veuve fort esseulée
et bien tristounette. C’est la petite
amie du jeune homme qui ne va pas être
contente...! Mais les tourtereaux, possédés
par l’amour fou, ne s’en soucient
guère... Carlo, c’est le prénom
du gars, est un planqué rapport à
la guerre, n’est-ce pas... grâce
aux relations du papa qui est aussi un officier
de marine... C’est pour ça qu’il
peut se baigner tranquille et se dorer au soleil
pendant que ses compatriotes se castagnent pour
des prunes... des prunes et des bastos plein
la gueule...! Or, à la fin quelque chose
de profond (on se demande quoi exactement...)
va se mettre à le culpabiliser un petit
peu... Bon, du coup, là, c’est
moi qui m’en fous...! L’essentiel
de l’histoire, c’est la passion
sentimentale de nos deux protagonistes... passion
non exempte d’emphase, notamment dans
l’interprétation de Rossi Drago,
la belle transalpine des années cinquante.
Ce qui rend le film agréable à
suivre, c’est avant tout la mise en scène
élégante, dirais-je, de Zurlini...
qualifiée à juste raison de néoclassique.
Malheureusement, nous sommes loin, cette fois,
de la quasi perfection à tous les niveaux
du film que Valerio réalisera un an plus
tard, savoir la fameuse Fille à la
valise... L’histoire ressemble parfois
à un simple prétexte... tant elle
est ténue et peu soutenue même
par une mise en images de qualité...
La densité n’est pas au rendez-vous
et l’ensemble des protagonistes est finalement
insuffisamment crédible. (Sans parler
du problème récurrent à
l’époque du cinéma italien,
la postsynchronisation, because pas de prise
de son directe, et le doublage des Trintignant
et autres ne parlant pas un mot de rital). En
revanche, l’ennui aussi est absent pour
cause de savoir-faire de l’auteur, et
ce n’est déjà pas si mal... |
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L’HOMME
SANS FRONTIERE - (The Hired Hand) de
Peter Fonda.(17/20)

USA - Couleur, 1h30 - 1970. (Reprise)
Avec : Peter Fonda, Warren Oates, Verna Bloom,
Robert Pratt, Megam Denver.
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Western :
Après moult balades plus ou moins aventureuses
durant sept ans à travers l’Ouest,
Harry est un homme fatigué qui n’a
plus qu’une envie, retourner à
son “sweet home” auprès de
son épouse... Une femme de dix ans son
aînée et qui fut pour lui, lorsqu’il
avait vingt ans et elle trente, une erreur de
jeunesse. Une erreur alourdie par la naissance
d’une fillette... Lors de son voyage de
retour, alors que ses deux compagnons, Harris
et Dan, veulent poursuivre leur errance, un
incident majeur va se produire dans un rade
sordide... Le jeune Dan va être tué
sous un prétexte fallacieux... et, c’est
là que les ennuis commencent... Les deux
amis, Harry et Harris, vengent quelque peu leur
jeune compagnon puis retournent ensemble à
la ferme de l’épouse du voyageur
fatigué... L’accueil sera froid
- pensez, après sept ans ! - mais, le
dégel se pointe à l’horizon...
quand un autre drame va s’annoncer afin
de mettre un point final aux mésaventures
de nos “non-héros”.... Scorsese
lui même aurait dit de ce film qu’il
s’agit d’un anti-western, d’un
genre re-créé par Fonda Jr. Je
ne le contredirai pas ! Outre la démarche
idéelle, ce film crépusculaire
(pour le moins) est formellement unique. Peter
Fonda y pratique “souventes fois”
la superposition de deux plans différents
avec une maestria admirable. Il s’en dégage
une atmosphère poétique démultipliant
les émotions... sans parler de l’accompagnement
musical, savant mélange de “country”
et d’harmonies plus modernes... C’est
à une époque bénie des
dieux que ce faux film d’aventures vit
le jour. Une époque où la perplexité
mena à un doute certain, où le
désenchantement était de mise,
où une désespérance aux
couleurs ocre et tout naturellement distillée
prédominait dans le domaine du cinématographe
américain... Provoquant ainsi une suave
et difficile prise de conscience dont la finalité
était la renaissance de l’espoir...
Un espoir plus cohérent, raisonnable
et rationnel mais nullement dépourvu
d’une poésie feutrée dont
chacun sait qu’elle vise le coeur... |
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RADIO
ON - de Christopher Petit. (5/20)
Grande-Bretagne / Allemagne - Noir et blanc,
1h43 - 1979. (Reprise)
Avec : David Beames, Lisa Kreuzer, Sandy Ratcliff,
Sting, Andrew Byatt, Paul Hollywood, Sue Jones-Davies.
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Drame : Suite
au suicide de son frangin quelque part en Allemagne,
Robert quitte Londres afin de tirer au clair
cette tragédie... S’ensuit un “road
movie”, avec moult “music”
à l’appui, lancinant et... “lanchiant”...
Robert va, bien évidemment - faut quand
même justifier l’existence du film
et la faire accepter quelque peu - faire des
rencontres insolites durant son petit périple...
Notamment, un jeune musicos et sa guitare qui
chante aussi bien que Sting... étant
donné que c’est Sting qui interprète
le rôle... La plus marquante de ses rencontres
sera celle d’une jeune et belle allemande
(intéressante Lisa Kreuzer) avec laquelle
il vivra une brève romance ratée...
Les kilomètres défilent, la musique
est quasi omniprésente, l’émotion
rare... mais la “chose” intrigue...
Alors, bon gré mal gré, puisqu’on
est dans la salle, on accepte de suivre - sans
grande conviction - cette balade un peu lâche
et vaine, nonchalante et porteuse... d’
implicites déceptions dont, bien sûr,
la plupart du temps l’on n’a rien
à fiche... Les personnages sont des ombres,
la route est balisée, l’étrange
tombe dans l’eau tiède d’un
ennui léger mais persistant... et, pour
finir, on se demande, on se demande, on se demande...
? |
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LE
SECRET DE KELLY ANNE - (Opal Dream)
de Peter Cattaneo.(0/20)
Grande-Bretagne / Australie - Couleur, 1h26
- 2005.
Avec : Vince Colosimo, Jacqueline McKenzie,Christian
Byers, Sapphire Boyce.
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Comédie dramatique
: Ici, pas de doute. C’est le
navet. D’emblée, je l’indique
! Cattaneo l’indûment heureux (grâce
au succès du film) réalisateur
de The Full Monty confirme sans sourciller
qu’il ne sait rien faire sauf si la chance
s’en mêle... Une gamine (autiste
?) de sept ans a deux amis imaginaires : Pobby
et Dingan. Ses parents ont beau désespérer,
rien n’y fait, la môme est têtue
et ne veut pas décrocher de son petit
univers chéri... Un beau jour, son papa,
creuseur de trous profonds à la recherche
d’opales en Australie, décide de
la débarrasser de ses copains irréels
en les emmenant au boulot avec lui... Une explosion,
faisant disparaître dans la mine Pobby
et Dingan, va provoquer le désespoir
de la petite fille ! Elle va se rendre malade...
pendant que dans le même temps son papa
est accusé de tentative de vol dans une
mine appartenant à un fou furieux parano
qui voit des malfaiteurs partout... Alors bon
! On ne va pas tortiller de la fesse gauche
pour balancer ce ramassis de maladresses aux
ordures ! (Au sens figuré, je précise...
pour ceux qui me prendraient pour un malade
mental). Rien ne colle, rien ne va... Jusqu’au
titre français, toujours aussi recherché...
Cela ne fera jamais que le millionième
titre avec le mot “secret” dedans...! |
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SUPERMAN
RETURNS - de Bryan Singer.(3/20)
USA - Couleur, 2h34 - 2005. Avec : Brandon
Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey,James Marsden,
Frank Langella,Parker Posey, Eva Marie Saint.
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Aventures fantastiques
: Alors, comme ça, le gars Superman,
il était barré sur les déchets
de sa planète d’origine, Krypton,
vérifier si tout allait mal... Cinq ans
après - dites-vous ? - il revient sur
Terre alors que depuis sa dernière apparition
à l’écran, dont ce film
est censé être la suite, il s’est
passé la bagatelle de vingt ans... Entre
les années 80 et 2006, je ne cite qu’un
exemple, on passe du bigophone à l’ancienne
au portable abominablement vulgarisé,
sans que cela n’étonne notre héros
- qui, cela dit au passage , en a profité
pour rajeunir...! Il va retrouver sa bien-aimée
Lois Lane mariée... et sacrément
transformée (Margot Kidder à l’époque
fut autrement charmante et dynamique)... en
Kate Bosworth... une sorte de poupée
laide et bête... Au secours ! Quant à
Lex Luthor, il persiste à être
son ennemi abonné... (Kevin Spacey remplaçant
Gene Hackman est nettement moins choquant -
il est même le seul petit atout de ce
film)... Les effets spéciaux actuels
provoquent une sorte de malaise cérébral
tant ils sont lamentablement virtuels; nous
n’avons plus du tout l’illusion
de la réalité comme ce fut le
cas en 1978 / 79... Eh, oui... Les sous d’abord
! Moins compliqué de pianoter sur un
clavier d’ordinateur que de s’évertuer
à construire une illusion crédible...!
De plus, l’intrigue tient en un demi paragraphe
sans ponctuation... Plus aucun charme n’opère...
Superman a beau essayer de nous faire croire
qu’il vole, on n’est pas complètement
con, on ne marche pas une seconde... tzétéra...
Bref, un retour aussi inattendu que vain. Vu
le succès (relativement) mitigé
de cette nouvelle mouture, nous n’aurons
peut-être pas à subir une suite
du genre Superboy ou The Son of
Superman - car il est bien clair que le
fiston de Lois Lane a été “progénéré”
par “Superparmesan” juste avant
son escapade spatiale... |
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VAGUES
INVISIBLES - (Invisible Waves) de Pen-ek
Ratanaruang.(3/20)

Thaïlande / Hollande - Couleur, 1h55
- 2005.
Tadanobu Asano, Gang Hye-Jung, Eric Tsang, Maria
Cordero, Toon Hiranyasup.
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Policier :
Tordu. Entortillé. Inefficace. Voici
les trois maître-mots (entre autres) qui
définissent cette ombrageuse et sinistre
balade filmique... Un cuistot japonais complètement
con accepte de tuer sa propre maîtresse
épouse de son patron... lequel patron
est lui-même le commanditaire de l’assassinat...
Puis, notre cuistot, toujours sur ordre de son
“boss”, prend le bateau pour se
planquer en Thaïlande... (L’histoire
démarre à Hong Kong, n’est-ce
pas...). Durant son voyage, plein de chuchotements
vagues et d’incidents suspects, quelques
plans de la mer nous suggèrent et soulignent
l’aspect invisible des vagues dont notre
antihéros va être victime... C’est
la partie la plus pénible du film, ce
voyage au ralenti, censé nous intriguer...
Une fois arrivé à destination,
notre cuistot-assassin, va se faire courser
par d’autres tueurs à la solde
de son patron... Le tout “éternellement”
au ralenti... La course de la limace à
travers ville... Sauf quelques minutes durant
lesquelles l’affaire est un peu plus rondement
menée...Quelques petites minutes d’oxygène...
Après, tout devient bêtement compliqué,
final tragique sur fond de psycho-philosophie
grise... comme la matière cérébrale...
qui se la joue mystico-extrême-orientale...
Le suspense intello voulu par le réalisateur
plouffe dans l’eau... sans faire de vagues...
D’où le titre... |
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VOL
93 - (United 93) de Paul Greengrass.
(10/20)

Grande-Bretagne - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Lewis Alsamari, Khalid Abdalla, Omar
Berdouni, Jamie Harding, Trish Gates.
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Drame : Je
ne pense pas que Greengrass, qui semble être
un honnête homme, se soit abaissé
à faire un film opportuniste. Tout de
même, très vite l’on se demande
“à quoi bon un tel film”...
Oscillant entre le faux documentaire et le film
catastrophe, son œuvre est réalisée
de main de maître “reconstitutionniste”,
chaque millimètre de détail -
parfois microscopique - est à sa place,
l’on y croit dur comme fer... et dans
le même temps on s’en fout un peu...
Surtout, lors de la première partie se
situant pour l’essentiel dans la tour
de contrôle, les acteurs étant
plus vrais que vrais... et pour cause... la
plupart jouent leur propre rôle ! Cela
dit, c’est pas du nanan de diriger des
non-professionnels, même lorsqu’ils
s’interprètent eux mêmes
! Le savoir-faire consiste à faire des
gros plans serrés - on ne peut pas rendre
crédible une meute de non-comédiens
- caméra à l’épaule,
avec un maximum de plans différents et
un montage vif et percutant... Tout cela, Popaul
sait le faire ! Dans la deuxième partie,
nous nous retrouvons en compagnie des voyageurs
du vol 93, le seul avion n’ayant pas atteint
son objectif le 11 septembre de la fameuse année...
Ici intervient plus largement la fiction car
personne ne saura jamais ce qui s’est
exactement passé à bord de cet
engin... Grâce à la mise en scène
toujours efficace, nous partageons les émotions
diverses et variées et très éprouvantes
des otages du 93... C’est la partie la
plus prenante du film... Comme quoi, au cinoche,
ce n’est pas le reportage - et encore
beaucoup moins le docu-fiction - qui font vibrer
le spectateur... Un spectacle gagne à
être mis en scène... Au-delà,
nous n’avons droit à aucune prise
de position, aucune réflexion plus ou
moins “profonde”, le film est objectif,
ouvert... voire béant ! |
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