JUILLET 2006

Semaine 29  Du 12-07-2006 au 18-07-2006

 

 

 

ADAM’S APPLES - (Adams aebler) de Anders-Thomas Jensen. (10/20)
Danemark - Couleur, 1h34 - 2004.
Avec : Ulrich Thomsen, Mads Mikkelsen, Nicolas Bro, Ali Kazim, Nikolaj Lie Kaas.

Comédie dramatique : ... ou de préférence, Les pommes d’Adam... n’est-ce pas... Un néo-nazi, ex-taulard, est envoyé en pénitence chez un cureton pour y effectuer un retour, sans lavage de cerveau, à la vie normale et équilibrée... Ivan, l’homme de Dieu, est un positiviste invétéré limite psychopathe... sa démarche consiste à ne voir que le bien... Dans quelle mesure sa “thérapie” peut-elle fonctionner avec des extrémistes en tous genres, notamment le facho Adam...? Il parviendra, toutefois, à le convaincre très rapidement à avoir une activité constructive; Adam choisit de faire un gâteau avec les pommes du jardin... Mais, mais, mais... que de problèmes et de complications en perspective...! Bien que Jensen (Les bouchers verts) essaie de réhabiliter la curetonnerie - ce qui n’est point ma tasse de thé - l’histoire de ces deux hommes (ainsi que de plusieurs autres personnages) est plutôt prenante et le film ne tombe jamais dans l’imbécillité... sauf la partie finale peut-être... un tantinet bâclée et un peu décevante... La religion, disais-je, n’est point ma tasse de thé... néanmoins, l’on peut toujours en discuter. L’oeuvre qui nous est ici proposée favorise la réflexion et le doute dans les deux sens... On peut donc, après l’avoir vue, s’asseoir autour d’une table et en parler. Pourquoi pas ? Il y a des gens de bien, comme l’on dit, dans le monde ecclésiastique; d’autant qu’ici Ivan, le fervent croyant, est loin de la caricature bigote, précisément parce que de son comportement acharné se dégage une certaine... caricature. C’est un homme qui a tant souffert, qui a vécu tant de drames et de tragédies (son enfance violée, son fiston infirme, sa femme suicidée), qu’il a fait une grosse fixation sur le “bien”! D’où un aspect pathologique... A l’autre extrême, un violent crétin qui, lui aussi, d’une certaine manière pourrait être considéré comme malade... Voilà une confrontation parfois passionnante et presque jamais dénuée d’humour... Reste l’ambiguïté de la réflexion de Jensen... qui ne m’a point satisfait. Par ailleurs, les superbes comédiens Thomsen et Mikkelsen sont à peu près au sommet de leur art !

 

 

ANTONIO DAS MORTES - de Glauber Rocha. (6/20)
Brésil - Couleur, 1h35 - 1969. (Reprise)
Avec : Mauricio do Valle, Odete Lara, Othon Bastos, Jofre Soares, Lorival Pariz.

Aventures : Antonio das Mortes est un mercenaire tueur à gages qui a cassé tant et plus du bandit officiellement considéré comme tel - notamment de fameux cangaceiros - qu’un beau jour, après avoir exécuté le chef d’une bande, il commence à avoir la nausée, d’autant plus qu’il se rend - enfin ! - compte de la misère du peuple, ce qui l’amène à changer de camp... Voilà un film pour le moins original et insolite ! Traité d’une manière lyrico-épique, avec une totale prise de liberté, il étonne bien évidemment. Le problème, c’est sans doute le manque de moyens financiers... Ce qui donne souvent un résultat quelque peu “pasolinien”... si vous voyez ce que je veux dire... Avec un zeste de western italien... Mais, halte ! Ici, les choses sont sérieuses. Il s’agit avant tout d’un film “politique”. Que Rocha, grâce à un style indéfinissable et une naïveté sympathique, ait pu séduire - surtout à l’époque - un grand nombre de cinéphiles, je le conçois fort bien; pour ce qui nous concerne, Mézigue et Moi-Même, nous sommes peut-être un peu plus difficiles à convaincre... Nous aimons par-dessus tout le travail bien fait... du crédible... dans n’importe quel genre... mais du crédible. Bien qu’il y ait des plans saisissants, un rythme allègrement et plaisamment cassé par le passage soudain d’une narration conventionnelle à une séquence (par exemple) théâtrale, chantée et dansée et une musique fort attachante, le film risque à tout instant de provoquer le rire au second degré... A voir seul ! Sinon, c’est la rigolade...

 

 

L’ARGENT DE LA VIEILLE - (Lo scopone scientifico) de Luigi Comencini.(20/20)
Italie - Couleur, 1h58 - 1972. (Reprise / Re-vision)
Avec : Alberto Sordi, Silvana Mangano, Bette Davis, Joseph Cotten, Domenico Modugno, Mario Carotenuto, Antonella di Maggio.

Comédie : La “vieille” (Bette Davis) est une milliardaire américaine fort âgée comme l’indique son surnom qui revient tous les ans séjourner quelque peu dans sa luxueuse villa près de Rome et de ses bidonvilles... Dans ces bidonvilles, un couple (Sordi / Mangano) dont le mari est un misérable chiffonnier... un couple que la richissime vieille peau invite régulièrement à disputer des parties de cartes (le “scopone scientifico” est un jeu typiquement italien) où se joue de l’argent... Comme notre couple n’a pas un rond, elle lui prête chaque fois un million de lires qu’elle récupère implacablement, étant une passionnée et très calée joueuse... Cette fois, le couple, soutenu par tous leurs voisins, tient absolument à ce que ce soit la bonne...! Les deux premières soirées se passeront comme à l’accoutumée... mais, la troisième s’avère homérique... jusqu’à l’inéluctable défaite pour nos pauvres hères... vu que l’Américaine dispose d’une fortune et peut surenchérir jusqu’à plus soif... Même l’intervention de Richetto “le tricheur” n’y changera rien... Alors, c’est la gamine Cleopatra, l’une des progénitures du malheureux couple, qui trouvera la seule solution... Nous voilà en pleine comédie dite à l’italienne ! Depuis la commedia dell’arte, nos amis transalpins nous ont habitués à ce rire mêlé de larmes; ce constat d’un monde mauvais et contre lequel l’on ne peut rien... sauf se fendre la gueule... Ici, la misère des “zonards” romains (voir également le fabuleux Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola), est comme un défi à tout ce qui brille, rutile, domine... car le rire n’est jamais loin. Du reste, dans ce film, Comencini n’a pas une démarche réellement mélodramatique - comme ce fut les cas dans un bon nombre de ses réalisations - , juste quelques touches émouvantes et un peu cafardeuses, c’est tout. Par ailleurs, on prend son pied à voir toute cette galerie de personnages pittoresques, excessifs, irrésistibles... mais, somme toute, traités avec sobriété et retenue... Modugno dans le rôle du tricheur frimeur ou Carotenuto dans celui du “professeur”, notamment, sont plus vrais que nature tout en nous faisant parfois hurler de rire. Il s’agit donc ici de ce que la comédie à l’italienne a pu donner de meilleur avec satire sociale en prime - une fable sur le thème de la lutte des classes - dont il n’est pas question de retenir uniquement une illustration du dicton “l’argent va à l’argent”... Le seul problème avec Comencini, c’est qu’il est parfois un peu fâché avec l’esthétique... Personne n’est parfait.

 

 

LES BERKMAN SE SEPARENT - (The Squid and the Whale) de Noah Baumbach.(6/20)
USA - Couleur, 1h21 - 2005.
Avec : Jeff Daniels, Laura Linney, Jesse Eisenberg, Owen Kline, Anna Paquin.

Comédie dramatique : A New York, dans les années 80, un couple et leurs deux jeunes fils... Le mari, Bernard et son épouse Joan sont tous deux écrivains... Lui connut un certain succès avec son premier livre, puis plus rien; elle, comme obéissant à un étrange principe de vases communicants, est de plus en plus éditée... D’où une certaine amertume dans la tête et le coeur de Bernard... Il est à l’évidence aigri et petit à petit les rapports avec sa femme (qui l’a trompé plusieurs fois par-dessus le marché) vont se dégrader... au point d’en arriver à la rupture ! Et les deux gamins dans tout ça ? Le plus jeune est du côté de la mère, l’aîné est quasiment obnubilé par son papa, dont il épouse toutes les opinions jusqu’au choix de ses lectures et de ses petites amies...! Autant le ton est juste, autant l’oeuvre est - à mon goût - banale car baignant dans un quotidien tout à fait ordinaire... si ce n’est la séparation... Certes, nous allons voir évoluer ces personnages, chacun à sa manière trouvant un nouveau mode de vie... mais bon, y a pas de quoi fouetter un chat... En revanche, l’interprétation est de qualité supérieure dans l’ensemble mais Jeff Daniels (Bernard) frôle le génie en composant un personnage - auquel il ne nous avait pas habitué, il a surtout joué des p’tits gars sympas - d’une complexité et d’une subtilité passionnantes. Du travail d’orfèvre, le pur talent en sus.

 

 

DON QUICHOTTE - (Don Kihot) de Grigori Kozintsev.(7/20)
URSS - Couleur, 1h40 - 1957. (Reprise)
Avec : Nikolaï Tcherkassov, Youri Touloubeiev, Serafina Birman, Svetlana Grigorieva.

Aventures : Le picaresque vu par les Soviets... Pourquoi pas ? L’image, les décors, les costumes et bien sûr les personnages sont soignés aux petits oignons, le tout presque un peu trop... appliqué... Genre illustration, mais sans aller aussi loin dans ce sens que le père Bondartchouk avec son Guerre et paix souvent proche du ridicule. Si ma mémoire est bonne, la version d’origine fut d’une durée de cent cinquante minutes; or, ici, nous n’avons droit qu’à cent minutes... Bon. On fera avec... Est-il besoin de rappeler l’histoire de ce bonhomme mélancolique à la triste figure, qui après avoir lu trop de romans, se lance lui-même dans l’aventure. Il va jouer les justiciers avec son fidèle compagnon Sancho Pança dans son monde complètement imaginaire... Poussé donc par une folie douce, il va vivre des moments très durs... d’affreuses déceptions... mais aucune ne parviendra à le rapatrier dans la dimension réelle - en tous cas communément admise et banale - des êtres humains... Il est dans son univers et n’en sortira pas. Bien évidemment, le roman de Cervantès est inracontable, de même qu’il est pratiquement inadaptable au cinéma... Tout ce que l’on peut dire, c’est que la phénoménale prise de liberté (pour l’époque surtout !) qui consista à “déchirer” le monde en en riant aux éclats n’est pas exactement palpable dans cet énième version cinématographique. De plus, le jeu des acteurs et le parti pris de la mise en scène semblent excessivement théâtraux. Cela dit, dans la mesure où l’on admet un tel procédé, les comédiens ne déméritent pas et l’extraordinaire silhouette ainsi que l’expression tragi-comique du visage de Tcherkassov sont parfaits par rapport à l’image que l’on s’est toujours faite de Don Quichotte. Il convaincrait peut-être Cervantès lui-même... quant au reste, je pense que l’auteur serait un peu déçu...

 

 

ECHO PARK L.A. - (Quinceanera) de Richard Glatzer et Wash Westmorland.(7/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2005.Avec : Emily Rios, Jesse Garcia, Chalo Gonzalez, Jesus Castanos-Chima, J.R. Cruz.

Drame : Lors de son quinzième anniversaire, une jeune fille hispanique est consacrée femme par une cérémonie très très très traditionnelle, la “quinceanera”... Ce sera bientôt le tour de Magdalena. Seulement voilà, le jeunette a, entre-temps, trouvé le moyen de se faire mettre en cloque d’une originale manière... Son petit copain, sans même la pénétrer est parvenu grâce à un commando de spermatozoïdes particulièrement agressifs à l’engrosser. Balèze le mec ! Mais, il paraît que c’est possible. Rarissime mais possible. O.K., je m’en fous, allons-y ! Continuons. Ses parents vont découvrir assez rapidement son début de protubérance et alors, ça va barder ! Virée de chez elle, elle se réfugie chez son grand oncle Thomas. Toujours dans le quartier de Echo Park, Carlos est un jeune gars un peu brutal et surtout homosexuel. Cela ne manquera pas de bouleverser sa famille et lui aussi sera accueilli par le vieillard sympa... Rencontre donc inévitable de Magdalena et Carlos... Oh! Cela ne nous donnera pas une nouvelle version de “Roméo et Juliette”. Loin de là. Les deux bannis se contenteront d’une amitié suffisamment solide, toutefois, pour éventuellement former un couple et élever l’enfant à venir... because le petit copain de Magdalena (le lâche!) ne veut pas reconnaître le bambin ! Bien. Il y a de tout dans ce modeste film... au niveau du style, j’entends... Nous passons par bien des situations marginales, sordides et crues... mais aussi, par de gentilles scènes avec le grand oncle, par exemple... pour finir, une fois de plus par un “happy end” forcé... et tout le toutim chute profond dans le ridicule...! La presse est unanime à l’égard de cette oeuvrette, ayant sans doute reçu un mot d’ordre des grands groupes financiers qui aujourd’hui gèrent à leur guise, en la frelatant, la liberté d’expression...! Je ne marche pas dans cette merde-là !

 

 

ETE VIOLENT - (Estate violenta) de Valerio Zurlini.(9/20)
Italie, Noir et blanc, 1h35 - 1959. (Reprise)
Avec : Jean-Louis Trintignant, Eleonora Rossi Drago,Lilla Brignone, Jacqueline Sassard, Enrico Maria Salerno.

Drame : Il y a un an jour pour jour et heure pour heure, dans la même salle, j’ai vu un autre film de Zurlini, La fille à la valise de chouette mémoire. Ce fut le 14 juillet à 16 heures, au “Saint-Germain des Prés”. Tu t’en fous... ? Bon, ben alors, on va passer à la suite... Au bord de la Mer Adriatique, durant l’été 1943, une histoire d’amour entre un jeune fils de fasciste (mais vachement sympa lui-même - rien à voir avec “tel père tel fils” ) et une jeune veuve fort esseulée et bien tristounette. C’est la petite amie du jeune homme qui ne va pas être contente...! Mais les tourtereaux, possédés par l’amour fou, ne s’en soucient guère... Carlo, c’est le prénom du gars, est un planqué rapport à la guerre, n’est-ce pas... grâce aux relations du papa qui est aussi un officier de marine... C’est pour ça qu’il peut se baigner tranquille et se dorer au soleil pendant que ses compatriotes se castagnent pour des prunes... des prunes et des bastos plein la gueule...! Or, à la fin quelque chose de profond (on se demande quoi exactement...) va se mettre à le culpabiliser un petit peu... Bon, du coup, là, c’est moi qui m’en fous...! L’essentiel de l’histoire, c’est la passion sentimentale de nos deux protagonistes... passion non exempte d’emphase, notamment dans l’interprétation de Rossi Drago, la belle transalpine des années cinquante. Ce qui rend le film agréable à suivre, c’est avant tout la mise en scène élégante, dirais-je, de Zurlini... qualifiée à juste raison de néoclassique. Malheureusement, nous sommes loin, cette fois, de la quasi perfection à tous les niveaux du film que Valerio réalisera un an plus tard, savoir la fameuse Fille à la valise... L’histoire ressemble parfois à un simple prétexte... tant elle est ténue et peu soutenue même par une mise en images de qualité... La densité n’est pas au rendez-vous et l’ensemble des protagonistes est finalement insuffisamment crédible. (Sans parler du problème récurrent à l’époque du cinéma italien, la postsynchronisation, because pas de prise de son directe, et le doublage des Trintignant et autres ne parlant pas un mot de rital). En revanche, l’ennui aussi est absent pour cause de savoir-faire de l’auteur, et ce n’est déjà pas si mal...

 

 

L’HOMME SANS FRONTIERE - (The Hired Hand) de Peter Fonda.(17/20)
USA - Couleur, 1h30 - 1970. (Reprise)
Avec : Peter Fonda, Warren Oates, Verna Bloom, Robert Pratt, Megam Denver.

Western : Après moult balades plus ou moins aventureuses durant sept ans à travers l’Ouest, Harry est un homme fatigué qui n’a plus qu’une envie, retourner à son “sweet home” auprès de son épouse... Une femme de dix ans son aînée et qui fut pour lui, lorsqu’il avait vingt ans et elle trente, une erreur de jeunesse. Une erreur alourdie par la naissance d’une fillette... Lors de son voyage de retour, alors que ses deux compagnons, Harris et Dan, veulent poursuivre leur errance, un incident majeur va se produire dans un rade sordide... Le jeune Dan va être tué sous un prétexte fallacieux... et, c’est là que les ennuis commencent... Les deux amis, Harry et Harris, vengent quelque peu leur jeune compagnon puis retournent ensemble à la ferme de l’épouse du voyageur fatigué... L’accueil sera froid - pensez, après sept ans ! - mais, le dégel se pointe à l’horizon... quand un autre drame va s’annoncer afin de mettre un point final aux mésaventures de nos “non-héros”.... Scorsese lui même aurait dit de ce film qu’il s’agit d’un anti-western, d’un genre re-créé par Fonda Jr. Je ne le contredirai pas ! Outre la démarche idéelle, ce film crépusculaire (pour le moins) est formellement unique. Peter Fonda y pratique “souventes fois” la superposition de deux plans différents avec une maestria admirable. Il s’en dégage une atmosphère poétique démultipliant les émotions... sans parler de l’accompagnement musical, savant mélange de “country” et d’harmonies plus modernes... C’est à une époque bénie des dieux que ce faux film d’aventures vit le jour. Une époque où la perplexité mena à un doute certain, où le désenchantement était de mise, où une désespérance aux couleurs ocre et tout naturellement distillée prédominait dans le domaine du cinématographe américain... Provoquant ainsi une suave et difficile prise de conscience dont la finalité était la renaissance de l’espoir... Un espoir plus cohérent, raisonnable et rationnel mais nullement dépourvu d’une poésie feutrée dont chacun sait qu’elle vise le coeur...

 

 

RADIO ON - de Christopher Petit. (5/20)
Grande-Bretagne / Allemagne - Noir et blanc, 1h43 - 1979. (Reprise)
Avec : David Beames, Lisa Kreuzer, Sandy Ratcliff, Sting, Andrew Byatt, Paul Hollywood, Sue Jones-Davies.

Drame : Suite au suicide de son frangin quelque part en Allemagne, Robert quitte Londres afin de tirer au clair cette tragédie... S’ensuit un “road movie”, avec moult “music” à l’appui, lancinant et... “lanchiant”... Robert va, bien évidemment - faut quand même justifier l’existence du film et la faire accepter quelque peu - faire des rencontres insolites durant son petit périple... Notamment, un jeune musicos et sa guitare qui chante aussi bien que Sting... étant donné que c’est Sting qui interprète le rôle... La plus marquante de ses rencontres sera celle d’une jeune et belle allemande (intéressante Lisa Kreuzer) avec laquelle il vivra une brève romance ratée... Les kilomètres défilent, la musique est quasi omniprésente, l’émotion rare... mais la “chose” intrigue... Alors, bon gré mal gré, puisqu’on est dans la salle, on accepte de suivre - sans grande conviction - cette balade un peu lâche et vaine, nonchalante et porteuse... d’ implicites déceptions dont, bien sûr, la plupart du temps l’on n’a rien à fiche... Les personnages sont des ombres, la route est balisée, l’étrange tombe dans l’eau tiède d’un ennui léger mais persistant... et, pour finir, on se demande, on se demande, on se demande... ?

 

 

LE SECRET DE KELLY ANNE - (Opal Dream) de Peter Cattaneo.(0/20)
Grande-Bretagne / Australie - Couleur, 1h26 - 2005.
Avec : Vince Colosimo, Jacqueline McKenzie,Christian Byers, Sapphire Boyce.

Comédie dramatique : Ici, pas de doute. C’est le navet. D’emblée, je l’indique ! Cattaneo l’indûment heureux (grâce au succès du film) réalisateur de The Full Monty confirme sans sourciller qu’il ne sait rien faire sauf si la chance s’en mêle... Une gamine (autiste ?) de sept ans a deux amis imaginaires : Pobby et Dingan. Ses parents ont beau désespérer, rien n’y fait, la môme est têtue et ne veut pas décrocher de son petit univers chéri... Un beau jour, son papa, creuseur de trous profonds à la recherche d’opales en Australie, décide de la débarrasser de ses copains irréels en les emmenant au boulot avec lui... Une explosion, faisant disparaître dans la mine Pobby et Dingan, va provoquer le désespoir de la petite fille ! Elle va se rendre malade... pendant que dans le même temps son papa est accusé de tentative de vol dans une mine appartenant à un fou furieux parano qui voit des malfaiteurs partout... Alors bon ! On ne va pas tortiller de la fesse gauche pour balancer ce ramassis de maladresses aux ordures ! (Au sens figuré, je précise... pour ceux qui me prendraient pour un malade mental). Rien ne colle, rien ne va... Jusqu’au titre français, toujours aussi recherché... Cela ne fera jamais que le millionième titre avec le mot “secret” dedans...!

 

 

SUPERMAN RETURNS - de Bryan Singer.(3/20)
USA - Couleur, 2h34 - 2005. Avec : Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey,James Marsden, Frank Langella,Parker Posey, Eva Marie Saint.

Aventures fantastiques : Alors, comme ça, le gars Superman, il était barré sur les déchets de sa planète d’origine, Krypton, vérifier si tout allait mal... Cinq ans après - dites-vous ? - il revient sur Terre alors que depuis sa dernière apparition à l’écran, dont ce film est censé être la suite, il s’est passé la bagatelle de vingt ans... Entre les années 80 et 2006, je ne cite qu’un exemple, on passe du bigophone à l’ancienne au portable abominablement vulgarisé, sans que cela n’étonne notre héros - qui, cela dit au passage , en a profité pour rajeunir...! Il va retrouver sa bien-aimée Lois Lane mariée... et sacrément transformée (Margot Kidder à l’époque fut autrement charmante et dynamique)... en Kate Bosworth... une sorte de poupée laide et bête... Au secours ! Quant à Lex Luthor, il persiste à être son ennemi abonné... (Kevin Spacey remplaçant Gene Hackman est nettement moins choquant - il est même le seul petit atout de ce film)... Les effets spéciaux actuels provoquent une sorte de malaise cérébral tant ils sont lamentablement virtuels; nous n’avons plus du tout l’illusion de la réalité comme ce fut le cas en 1978 / 79... Eh, oui... Les sous d’abord ! Moins compliqué de pianoter sur un clavier d’ordinateur que de s’évertuer à construire une illusion crédible...! De plus, l’intrigue tient en un demi paragraphe sans ponctuation... Plus aucun charme n’opère... Superman a beau essayer de nous faire croire qu’il vole, on n’est pas complètement con, on ne marche pas une seconde... tzétéra... Bref, un retour aussi inattendu que vain. Vu le succès (relativement) mitigé de cette nouvelle mouture, nous n’aurons peut-être pas à subir une suite du genre Superboy ou The Son of Superman - car il est bien clair que le fiston de Lois Lane a été “progénéré” par “Superparmesan” juste avant son escapade spatiale...

 

 

VAGUES INVISIBLES - (Invisible Waves) de Pen-ek Ratanaruang.(3/20)
Thaïlande / Hollande - Couleur, 1h55 - 2005.
Tadanobu Asano, Gang Hye-Jung, Eric Tsang, Maria Cordero, Toon Hiranyasup.

Policier : Tordu. Entortillé. Inefficace. Voici les trois maître-mots (entre autres) qui définissent cette ombrageuse et sinistre balade filmique... Un cuistot japonais complètement con accepte de tuer sa propre maîtresse épouse de son patron... lequel patron est lui-même le commanditaire de l’assassinat... Puis, notre cuistot, toujours sur ordre de son “boss”, prend le bateau pour se planquer en Thaïlande... (L’histoire démarre à Hong Kong, n’est-ce pas...). Durant son voyage, plein de chuchotements vagues et d’incidents suspects, quelques plans de la mer nous suggèrent et soulignent l’aspect invisible des vagues dont notre antihéros va être victime... C’est la partie la plus pénible du film, ce voyage au ralenti, censé nous intriguer... Une fois arrivé à destination, notre cuistot-assassin, va se faire courser par d’autres tueurs à la solde de son patron... Le tout “éternellement” au ralenti... La course de la limace à travers ville... Sauf quelques minutes durant lesquelles l’affaire est un peu plus rondement menée...Quelques petites minutes d’oxygène... Après, tout devient bêtement compliqué, final tragique sur fond de psycho-philosophie grise... comme la matière cérébrale... qui se la joue mystico-extrême-orientale... Le suspense intello voulu par le réalisateur plouffe dans l’eau... sans faire de vagues... D’où le titre...

 

 

VOL 93 - (United 93) de Paul Greengrass. (10/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Lewis Alsamari, Khalid Abdalla, Omar Berdouni, Jamie Harding, Trish Gates.

Drame : Je ne pense pas que Greengrass, qui semble être un honnête homme, se soit abaissé à faire un film opportuniste. Tout de même, très vite l’on se demande “à quoi bon un tel film”... Oscillant entre le faux documentaire et le film catastrophe, son œuvre est réalisée de main de maître “reconstitutionniste”, chaque millimètre de détail - parfois microscopique - est à sa place, l’on y croit dur comme fer... et dans le même temps on s’en fout un peu... Surtout, lors de la première partie se situant pour l’essentiel dans la tour de contrôle, les acteurs étant plus vrais que vrais... et pour cause... la plupart jouent leur propre rôle ! Cela dit, c’est pas du nanan de diriger des non-professionnels, même lorsqu’ils s’interprètent eux mêmes ! Le savoir-faire consiste à faire des gros plans serrés - on ne peut pas rendre crédible une meute de non-comédiens - caméra à l’épaule, avec un maximum de plans différents et un montage vif et percutant... Tout cela, Popaul sait le faire ! Dans la deuxième partie, nous nous retrouvons en compagnie des voyageurs du vol 93, le seul avion n’ayant pas atteint son objectif le 11 septembre de la fameuse année... Ici intervient plus largement la fiction car personne ne saura jamais ce qui s’est exactement passé à bord de cet engin... Grâce à la mise en scène toujours efficace, nous partageons les émotions diverses et variées et très éprouvantes des otages du 93... C’est la partie la plus prenante du film... Comme quoi, au cinoche, ce n’est pas le reportage - et encore beaucoup moins le docu-fiction - qui font vibrer le spectateur... Un spectacle gagne à être mis en scène... Au-delà, nous n’avons droit à aucune prise de position, aucune réflexion plus ou moins “profonde”, le film est objectif, ouvert... voire béant !

 

 

 

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