JUILLET 2006

Semaine 28  Du 05-07-2006 au 11-07-2006

 

 

 

BABY BOY FRANKIE - (Blast of Silence) de Allen Baron. (10/20)
USA - Noir et blanc, 1h17 - 1961.
Avec : Allen Baron, Molly McCarthy, Larry Tucker, Peter Clume, Danny Mechan.

Policier : Il s’agit d’un film inédit en France qui fut projeté cette année à Cannes dans le cadre des “Cannes Classics”. L’histoire de la dernière mission d’un tueur à gages plutôt médiocre qui va plus ou moins s’emmêler les pinceaux... à cause d’une femme, of course... Soutenue par une narration nullement dénuée d’intérêt, l’oeuvre de 77 minutes seulement, est linéaire, carrée, sans bavure. Oh, il n’y a pas de quoi se rouler par terre d’extase, mais toujours est-il que nous n’avons pas le temps de nous ennuyer; mieux, bien des qualités se doivent d’être soulignées. Tout d’abord, une mise en scène efficace et des interprètes irréprochables. Le réalisateur-acteur Allen Baron - avec ses faux airs de Robert De Niro en beaucoup plus ordinaire - incarne à la perfection le tueur aussi fragile qu’impitoyable. Le réalisme assez cru parfois et sophistiqué tout le long du film, étonne par son audace - nous sommes en 1961. La violence est quelquefois au rendez-vous également. La simplicité de l’intrigue nous “défatigue” la tête, surchargée qu’elle est par mille et un navets, mais nous laisse quelque peu aussi sur notre faim. En conclusion, voici un film dont l’ambiance noire à souhait est rendue par un travail sérieux, dirais-je tout simplement; un film porteur d’une certaine exemplarité et qui, paradoxalement, nous rafraîchit.

 

 

ECHEC AU PORTEUR - de Gilles Grangier. (0/20)
France - Noir et blanc, 1h26 - 1957. (Reprise)
Avec : Paul Meurisse, Jeanne Moreau, Serge Reggiani, Simone Renant, Gert Froebe.

Policier : Dans le cadre d’un fort alléchant festival nommé “Crimes et délits du cinéma français” (comme toujours ou presque programmé au fameux “Reflet Médicis”), voici, malheureusement, un sacré nanar ! Pourtant, que la distribution est belle ! Il s’agit d’un trafic de drogue un peu minable - la came est planquée dans un ballon de foot et c’est Reggiani le fameux porteur - , puis d’une charge d’explosif que le même Sergio doit transporter... toujours dans un ballon... Lequel ballon va s’égarer et menacer d’exploser n’importe quand et n’importe où, notamment dans un hôpital... C’est là qu’intervient le flic Paul Meurisse - pas très à l’aise dans ce ratage - qui ne manquera pas de sauver la situasse avec, bien sûr, l’indispensable collaboration de ses sous-fifres fort efficaces... La grande Jeanne Moreau n’a finalement qu’un petit rôle, mais dont elle se dépêtre à merveille ! Il y a des comédiens comme ça, rien à faire, même dans un navet, ils sont impeccables ! Ce n’est en revanche pas le cas pour Gert Froebe (Goldfinger ) qui est plutôt ridicule dans le rôle d’un méchant... fort caricatural, précisons-le à sa décharge. Bref, rien à voir, circulez... sauf, si vous êtes plusieurs... S’agit d’un nanar dont la deuxième partie surtout est fort marrante au second degré ! La preuve, bien que tout seul, j’ai bien rigolé !
P.S. : Je précise afin de rassurer le lecteur que durant cette longue rétrospective (jusqu’au 22 août 2006), ne seront pas projetés que des nanars. Loin de là ! Plus d’un grand classique sont au programme : Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle; Tirez sur le pianiste de Truffaut; Les tontons flingueurs de Lautner; A bout de souffle de Godard; sans oublier deux “Eddie Constantine”... pour n’en citer que quelques-uns !

 

 

LECONS D’AMOUR A L’ITALIENNE - (Manuale d’amore) de Giovanni Veronesi.(0/20)
Italie, Couleur, 1h51 - 2005.
Avec : Carlo Verdone, Silvio Muccino, Luciana Littizzetto, Sergio Rubini, Jasmine Trinca.

Comédie : Un jeune débile drague une non moins jeune mocheté, genre fausse belle, c’est son âge qui fait encore un peu illusion... un assez vieux couple est en crise... un autre gros con vieillissant est largué par sa beaufette because il passe trop de temps au boulot... tzétéra... Le tout, filmé le plus platement du monde - ne vous-y trompez pas, c’est de la téloche à peine déguisée - interprété par des acteurs blafards, sans nulle présence ou autre talent...! Quant à l’humour, ben tu cherches, hein... ailleurs qu’à l’écran... Sous ton siège, en regardant le plafond, en observant tes voisins de rang... Voilà ! Voilà où en est désormais la comédie à l’italienne ! Il n’est pas vain de se répéter, me semble-t-il; je le redis donc, c’est la té-lé-vi-si-on qui a lâchement assassiné le cinéma transalpin ! A la fin des années soixante-dix, lorsqu’apparurent, suite à une scandaleuse libéralisation, environ cinq cents chaînes pirates ne diffusant en boucle que des films de cinéma !!! Alors qu’auparavant, dans le monde occidental, seule la fréquentation italienne des salles obscures était en hausse constante because leur téloche n’était à l’époque nullement attractive ! Voilà, voilà, voilà ! Cela, au moins, c’est du clair et net ! Ce qui nous donne ce déchet, par exemple, qui n’a rien à envier aux comédies françaises actuelles... Lesquelles comédies, je te le donne Emile, sont à chier pour à peu près exactement les mêmes raisons qu’en Italie.

 

 

NOS JOURS HEUREUX - de Eric Toledano et Olivier Nakache.(0/20)
France - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Jean-Paul Rouve, Marilou Berry, Omar Sy, Jacques Boudet, Jean Benguigui.

Comédie : ... quand on parle du con, tiens... ! En voilà encore une de belle rigoladerie ! Après le camping c’est au tour de la “colo”...! Eric et Olive (les “fabuleux” réalisateurs de Je préfère qu’on reste amis - (voir article), remettent ça... malgré un cuisant échec de leur première incursion dans le monde du cinématographe... Curieux, tout de même ! Bref, en été 1992, la chronique de trois semaines de vacances en “colonie”... Les animateurs encadrent un paquet de gamins et (ines) de sept à treize ans... qui vont parfois leur en faire voir de toutes les couleurs... T’as rien d’autre de spécial, je te préviens tout de suite. Si les auteurs parviennent partiellement à recréer une ambiance crédible - il se seraient largement inspirés de leurs propres expériences - les situations et les gags sont vaseux et surfaits ! Comme d’hab’, on passe du réalisme à de la fantaisie de bazar pas crédible une seconde sans crier gare. Toujours cette épouvantable bâtardise qui fait que l’on ne peut décemment pas accrocher...! De plus, la blême image n’arrange rien aux gueules des protagonistes... qui sont tous laids ! Pourraient de temps à autre nous montrer des acteurs “à l’ancienne”, merde ! J’entends, des classieux, des charmants, des expressifs... ça nous changerait... nous ferait des vacances, tiens ! Bon, on résume : pas d’histoire, pas de personnages, pas d’acteurs. Total : tirez donc la chasse, de grâce ! Ah! Bon sang, nous sommes en plein bas Moyen Age... en pleine peste noire... A quand la “Néo-Renaissance”, bordel ?!?!

 

 

PARIS, JE T’AIME - de Olivier Assayas, Frédéric Auburtin et Gérard Depardieu, Gurinder Chadha, Sylvain Chomet, Joel et Ethan Coen, Isabel Coixet, Wes Craven, Alfonso Cuaron, Christopher Doyle, Richard Lagravenese, Vincenzo Natali, Alexander Payne, Bruno Podalydès, Walter Salles et Daniela Thomas, Oliver Schmitz, Nobuhiro Suwa, Tom Tykwer, Gus Van Sant.(8/20)
France - Couleur, 1h50 - 2005.
Avec : Fanny Ardant, Leila Bekhti, Melchior Beslon, Juliette Binoche, Seydou Boro, Steve Buscemi, Sergio Castellitto, Willem Dafoe, Gérard Depardieu, Cyril Descours, Marianne Faithfull, Ben Gazzara, Maggie Gyllenhaal, Bob Hoskins, Olga Kurylenko, Li Xin, Elias McConnell, Aïssa Maïga, Margo Martindale, Yolande Moreau, Emily Mortimer, Florence Muller, Nick Nolte, Bruno Podalydès, Natalie Portman, Paul Putner, Miranda Richardson, Gena Rowlands, Catalina Sandino Moreno, Ludivine Sagnier, Barbet Schroeder, Rufus Sewell, Gaspard Ulliel, Elijah Wood.

Comédie dramatique : Un peu d’humour sympa avec Bruno Podalydès; une séquence bien déjantée comme il faut due aux frères Coen; un beau moment de grâce signé Salles et Daniela Thomas et, pour finir, le bonheur en compagnie de la magnifique Gena Rowlands et de son vieux complice, toujours classieux, Ben Gazzara... les auteurs, à mon grand étonnement de ce sketch, sont Auburtin et Gérard Depardieu ! Comme quoi, il peut pas avoir tout faux Gégé le clone... quand il veut, hein... Sinon...? C’est tout ! Le reste du temps, quand tu ne te fais pas chier, c’est du médiocre. Ne nous y attardons donc point. Enfin, si, quand même, un mot... C’est quoi toutes ces historiettes à l’eau de con où il est question d’amour toujours de la façon la moins inventive possible... on dirait de “l’étudié exprès”... C’est tout ce qu’ils ont comme imagination dans la tête tous ces cinéastes ? Cela dit, et peu nombreux sont ceux qui le comprennent, l’art du “court” est un art bien difficile ! Par ailleurs, ces petites scènes auraient très bien pu se passer à Bucarest, je vais te dire un truc... ! Kisséki aime encore Paris...? Paris existe-t-elle seulement encore...? Aaah, voilà peut-être le hic, l’os, le cactus... Paris bouffée par les bagnoles, Paris défigurée par des bildingues, Paris... sans ses bons vieux Parigots... Est-ce encore Paris...? Eh bien, selon l’avis de ma personne, non ! Alors... nous nous sommes tant aimés Paris ! Mais que nous arrive-t-il... ?

 

 

TAKESHI’S - de Takeshi Kitano. (0/20)
Japon - Couleur, 1h48 - 2004.
Avec : Takeshi Kitano, Kotomi Kyono, Kayoko Kishimoto, Ren Oshugi, Akihiro Miwa.

Policier : Enfin dans la tête de Kitano, nous disent certains fins amateurs de ce faux auteur...! Au secours !!! Tout mais pas sa tête !!! C’est plein de boyaux malsains là-dedans...! J’ai mis comme genre “policier”, mais j’aurais pu mettre “ratatouille” ou bien n’importe quoi d’autre... ! Takashierparterre se la joue Fellini mâtiné de Godard ! Carrément !!! Autrement dit, c’est le bordel le plus total ! Le vrai Kitano nous est d’abord présenté puis... nous avons droit à son sosie, son double en fait... Qui lui, n’est qu’un acteur raté... qui passe inaperçu d’une audition l’autre... personne ne veut de lui... Puis, tout d’un coup le sosie se lâche et même... se fâche ! Du coup, réussite garantie... jusqu’à l’apogée, oh grandiose et épique moment, où le double tente de zigouiller l’original...! C’est vachement profond...! Faut aller en chercher le sens dans les tréfonds du subconscient de notre héros et néanmoins grand cinéaste, n’est-ce pas... Faut entrer dans sa tronche, puis sa cervelle, pile au bon moment... lorsqu’il est dans le coma le plus profond, voyez... ou alors, sous hypnose... En tous cas, lui il s’est fait plaisir... Il en a les moyens... financiers... Pas perdu pour tout le monde, le nanar...

 

 

TOURNAGE DANS UN JARDIN ANGLAIS (La vie invraisemblable de Tristram Shandy) - (A Cock and Bull Story) de Michael Winterbottom. (7/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Steve Coogan, Rob Brydon, Shirley Henderson, Gillian Anderson, Ian Hart.

Comédie : Le vrai titre de ce film est Sans queue ni tête... Pourquoi donc les distributeurs français s’obstinent-ils à “traduire” en se référant à des titres célèbres... créant ainsi, à la longue, la confusion... ? En l’occurrence, Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway... C’est ce qu’on appelle, même en restant élégant, de la pure connerie ! Passons... L’infatigable Winterbottom s’essaie cette fois à la comédie. Avec un certain bonheur, reconnaissons-le. C’est un truc un peu compliqué qui nous narre le tournage d’une “impossible” adaptation du chef-d’oeuvre de Laurence Sterne... Steve Coogan, notamment, joue son propre rôle tout en nous commentant son personnage, l’histoire du livre et celle du scénario ainsi que le déroulement des prises de vues... Nous avons droit à un mélange foisonnant de réel et de moins réel ainsi que du fictif pur jus. L’humour est souvent présent voire efficace mais ce film “sans queue ni tête” ne passionne jamais vraiment... Sans doute parce qu’il est un peu trop bordélique et - réaction terrible - l’on se prend à se demander sa raison d’être... Récréatif certes, mais manquant de saveur... Une sorte de “tea time” agrémenté de biscuits sans sucre... Toutefois, le film est loin d’être crispant, certains y trouvent même leur bonheur... alors, pourquoi pas vous...? Moi, je ne fais que donner mon sentiment...
P.S. : Les acteurs sont tous excellentissimes !

 

 

LE VOYAGE EN ARMENIE - de Robert Guédiguian.(0/20)
France - Couleur, 2h05 - 2005.
Avec : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Chorik Grigorian, Simon Abkarian, Serge Avedikian, Roman Avinian, Marcel Bluwal.

Drame : Le père d’Anna est gravement malade et décide de filer en douce mourir dans son pays natal, l’Arménie, sans prévenir personne... mais tout en laissant des traces pour que sa fille puisse le retrouver. Celle-ci, bien évidemment se précipite pour l’y rejoindre mais avant d’y parvenir vivra bien des aventures, faisant ainsi ce qu’on a coutume d’appeler un voyage initiatique... Bon nombre de personnages sur sa route... un arriviste flirtant avec la loi, une jeune femme ne rêvant que d’émigrer en France, un chauffeur (le seul acteur convaincant du film - un très bel homme vieillissant), une poignée de redoutables truands... qu’elle va remettre à leur place d’une façon (ridiculement) musclée... sans oublier un Français arménien ou Arménien français, au choix... ayant migré dans les deux sens... interprété par le difficilement supportable Gérard Meylan... C’est Ariane Ascaride qui est à l’origine du scénario... et, c’est bien sûr Bobby Guégué le lourdingue qui réalise... C’est fou ce qu’il peut être pataud dans sa mise en image cet homme-là ! L’hommage que l’on a voulu rendre ici à l’Arménie frise sans cesse la caricature et les comédiens sont, pour la plupart, victimes du scénar et de la mise en scène... Celui qui m’a le plus fait marrer (et pourtant je l’aime bien) c’est Darroussin... Il apparaît en traînant la patte, le dos voûté, au début du film dans le rôle du mari d’Anna... et il a l’air de plus en plus fatigué... éreinté... dans le genre le gars qui s’est chié dessus... Cela n’est qu’un clin d’oeil. Pour le reste, je me suis tour à tour énervé et ennuyé pendant deux plombes ! Alors, pas de cadeau...!

 

 

 

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