DECEMBRE 2006

Semaine 50/51/52  Du 06-12-2006 au 26-12-2006

THE LAST SHOW - (A Prairie Home Companion) de Robert Altman. (20/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Meryl Streep, Lily Tomlin, Garrison Keillor, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, Woody Harrelson, John C. Reilly, Tommy Lee Jones, Maya Rudolph, L.Q.Jones, Marylouise Burke, Sue Scott, Tim Russell, Tom Keith.

Comédie dramatique : Eh voilà, Bobby est parti... On ignore s’il s’y attendait, mais le titre “français” était quelque peu prémonitoire. Néanmoins, cette histoire du dernier show radiophonique dans un patelin comme il n’en existe plus... est bien le dernier because une grosse firme texane l’a racheté... Il y a néanmoins assez peu de place pour la nostalgie dans la troupe country... Il viennent comme d’habitude assurer leur show gagne-pain et c’est seulement en filigrane que des souvenirs resurgissent... Il semble assez clair que Robert Altman - via le présentateur Garrisson Keillor qui joue son propre rôle - n’ait nullement tenu à s’apitoyer sur une disparition qui allait bientôt devenir la sienne propre. Et pourtant, comment ne pas être troublé par cette mort qui rôde, personnifiée par une belle femme blonde... que Bobby, toujours par souci de sobriété et de dédramatisation surnomme simplement “Dangerous Woman”... Par ailleurs, toujours en supposant que Altman pressentait sa fin proche - on a du mal à en douter, tant les détails allusifs foisonnent, il semble cette fois s’être quelque peu réconcilié avec les ploucards (comme ceux de Nashville, par exemple) afin de pouvoir partir en paix - lui le pourtant “faux méchant” par excellence... “Faux-méchant”, pour la bonne raison qu’à travers ces comédies les plus satiriques, comme Un mariage pour n’en citer qu’un, posait dans le même temps un regard d’une tendresse rare sur ses personnages. Et puis, on rit beaucoup dans cette œuvre sombre et néanmoins empreinte d’une belle sérénité. Avec Kevin Kline, dans un registre proche du Clouzeau de Sellers - et dans un registre nettement plus trivial avec Woody Harrelson et John C. Reilly qui interprètent un duo de cow boys adeptes de “dirty jokes”... Quant à Meryl Streep, elle illumine la scène, au point de se demander si elle a vraiment besoin de projecteurs. Elle est parfaite comme elle l’a rarement été - et en chanteuse country... eh bien, on dirait qu’elle a fait cela toute sa vie ! Plus qu’impressionnant ! Pour finir, une dernière comparaison avec Nashville, dont ceux qui l’ont vu connaissent le final prodigieux - une jeune chanteuse en herbe attend durant tout le film qu’on lui accorde ses quelques minutes... et après tous les ringardos, elle nous sert une mélodie divine... alors que les gradins se sont vidés... Tout l’art de Big Bobby ! A l’inverse, ici, une jeunette, fait ce qu’elle peut en fin de show, sans trop mal se débrouiller pour autant... Comme si Altman n’avait eu plus grand chose à nous promettre... si ce n’est qu’après lui, ce ne sera pas le déluge...

 

 

LA MAISON DE SABLE - (Casa de areia) de Andrucha Waddington. (15/20)
Brésil - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Fernanda Montenegro, Fernanda Torres, Ruy Guerra, Seu Jorge, Luiz Melodia.

Drame : Quelque part au bout du bout du Brésil du nord, t’as une région essentiellement couverte de sable et, à l’évidence peu hospitalière. Pourtant, un fou furieux tient absolument à s’y installer en y traînant sa femme, sa belle-mère et une bande de bonshommes peu conscients de ce qui les y attend... Son épouse étant enceinte d’une fille, c’est à un portrait de trois femmes que nous aurons droit au fil des décennies. Après la mort violente du fou furieux, nul espoir pour la gent féminine de fuir cette contrée éloignée de tout... Waddington va donc nous servir une vision exacerbée de la condition humaine. Dans des paysages stupéfiants de cruelle beauté, c’est le sable qui fait la loi... Idée insolite et tournage particulièrement éprouvant ! Le tout couronné par une indéniable réussite et pas seulement formelle... Quand tu es parvenu à réaliser un tel film, les réflexions fusent d’elles-mêmes et l’on peut y voir tantôt une parabole sur la vie tout simplement, tantôt la condition de la femme éternelle victime ou encore un hommage à la planète Terre qui sait être à la fois si généreuse et si cruelle ! A l’évidence, l’on songe à la “Déesse Nature” qui, ici plus que presque partout ailleurs façonne notre existence. Et, tu n’as pas le choix; après tout, la seule manière d’échapper à cette vie que personne n’a demandée, c’est la mort. Or, Andrucha réussit le tour de force de rendre l’existence belle et désirable. La fin du film est prodigieuse; après pour seule musique le bruit incessant du vent, elle nous offre du Chopin... et nous enchante par un clin d’oeil final à peine teinté d’un sain cynisme.
Nota bene... mais alors très bene que ce petit bijou n’est honteusement projeté que dans une seule salle parisienne ! C’est à pleurer !!!

 

 

MAUVAISE FOI - de Roschdy Zem. (2/20)
France - Couleur, 1h28 - 2006.
Avec : Roschdy Zem, Cécile de France, Pascal Elbé, Jean-Pierre Cassel, Leïla Bekhti

Comédie : Roschdy Zem inspire la sympathie. Il a une bonne bouille. Quant à Cécile de France, elle est mignonne à croquer. Bon, néanmoins avec ça, on est pas arrivé ! Mais ce n’est pas tout ! Y a l’histoire... L’histoire d’amour entre un Arabe et une Juive... Ah! Là, ça risque de se gâter... Surtout que la jeune femme se retrouve enceinte... Devinez de qui ? Alors, il faut aller visiter les parents respectifs... Plutôt intolérants... Oh! On a vu pire comme paternels et maternels... Et puis, tout finira par s’arranger, bien sûr ! Nous sommes dans une comédie, n’est-ce pas... Et puis, quand on a dit ça... Qu’est-ce qui reste...? Un scénario anémique avec quelques gags bien éculés... et le travail d’un metteur en scène amateur... Ben oui, parce que le Zem, il s’est senti lui aussi des démangeaisons autour des mirettes... Certes, les intentions sont louables... On essaie de montrer que les “mariages mixtes” (m’a toujours fait marrer cette expression !) peuvent très bien fonctionner... Comme s’il n’était pas plus simple de nous foutre tranquilles avec ces faux problèmes ! Y a un truc qui m’a fait marrer tout de même (au second degré sans doute), c ‘est quand la môme Cécile rétorque à Roschdy...”là, tu confonds tradition et religion...” Quand tu m’auras dégoté une religion sans tradition (vu que c’est sur cela qu’elle repose la sacro-sainte)...ben, tu me téléphoneras Emile...! Bon, écoutez, on va abréger... Je me fiche de savoir s’il y a une bonne ou une mauvaise foi...! Je suis athée; par conséquent, pour moi, un être humain, c’est un être humain... et tous sans exception sont aussi respectables... La seule mauvaise foi que je reconnais actuellement, c’est celle des critiques qui prétendent trouver ce navet à leur goût !

 

 

RED ROAD - de Andrea Arnold. (0/20)
Ecosse - Couleur, 1h53 - 2005.
Avec : Kate Dickie, Tony Curran, Martin Compston, Natalie Press.

Drame : Jackie, une solitaire, a pour métier de surveiller via des écrans de télévision les passants dans plusieurs quartiers... Un jour, elle reconnaît un sale type bien louche... d’autant plus sale qu’il est responsable de la mort de sa gamine et de son mari... Aïe ! Mais qu’est-ce qu’il fout en liberté...? Elle va le suivre, l’épier, le traquer... Bon, je vous la fais courte parcequ’elle pas bonne... Mais, pas du tout ! Pendant 1h45, elle va suivre le gus...! Et après, durant les huit minutes qui restent, il va se produire une foultitude d’invraisemblances because tout simplement, le rythme est trop précipité...! En effet, comment tu vas croire qu’après avoir livré le mec à la police... il lui suffise d’un coup de fil au commissaire de service pour retirer sa plainte...? Le gars sort de taule une heure après environ... et c’est là qu’elle voulait en venir Andrea Arnold... n’est-ce pas... erreur de débutante grosse comme un bildingue... savoir à l’explication finale entre le zig et elle...! Prix du Jury au dernier festival de Cannes, tout de même...

 

 

 

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