NOVEMBRE/DECEMBRE 2006

Semaine 49  Du 29-11-2006 au 05-12-2006

BAMAKO - de Abderrahmane Sissako. (8/20)
Mali / France - Couleur, 1h58 - 2005.
Avec : Aïssa Maïga, Tiécoura Traoré, Hélène Diarra, Habib Dembelé, Djénéba Koné.

Drame : Le déroulement d’un procès fictif et quelque peu surréaliste à Bamako au Mali. Cela se passe dans la cour d’une maison, au milieu des habitants, certains totalement indifférents, d’autres plus attentifs... Il s’agit d’un procès intenté par des représentants de la société civile aux institutions financières internationales. Celles-ci seraient (et le sont !!!) responsables de la misère des peuples africains. Il y est question de la fameuse dette, notamment, qui même lorsqu’elle est en partie annulée n’en demeure pas moins une vaste arnaque tant les magouilles sont artificielles. Sissako joue le jeu à la loyale, un avocat de la défense pouvant bien sûr s’exprimer pour tenter d’expliquer le fonctionnement de l’économie mondiale. A travers ce film, l’on peut se faire une idée un peu plus précise des ravages du post-colonialisme, plus précisément du néocolonialisme ! Quand foutra-t-on la paix à l’Afrique subsaharienne ?!? Au lieu de les aider - car c’est le moins que l’on pourrait faire au vu de la dette (réelle celle-ci !) que nous avons vis-à-vis d’eux - nous autres occidentaux continuons à leur sucer le sang ! Il y a même des fumiers de la pire espèce qui considèrent que les Africains sont les seuls responsables de leur extrême pauvreté ! Toutefois, d’un point de vue plus cinématographique, le film n’est pas toujours passionnant, et lorsque Sissako se lance dans le délire fantaisiste - voir la scène du “western africain” où l’on aperçoit entre autres Danny Glover (L’arme fatale ) par ailleurs co-financier du film - il se ramasse lourdement.

 

 

BLACK BOOK - (Zwartboek) de Paul Verhoeven.(11/20)
Hollande - Couleur, 2h25 - 2006.
Avec : Carice van Houten, Sebastian Koch, Thom Hoffman, Halina Reijn, Peter Blok.

Guerre : En Hollande occupée par les nazis, en 1944, une jeune femme juive se fait zigouiller sous ses yeux toute sa famille lors d’une tentative de fuite. Après avoir échappé au massacre de justesse, elle aura bientôt l’occasion d’entrer dans un groupe de résistance et finira par jouer les “Mata-Hari” en s’infiltrant chez les occupants après avoir séduit un bel officier... C’est vraiment un drôle de film que nous propose le père Verhoeven ! Tour à tour drame de guerre, tragédie de l’extermination des Juifs, film d’aventures parfois proche d’une BD pour adultes et aux couleurs fort agréablement chaudes, le tout ponctué de scènes de sexe et de sang ( a toujours le même penchant pour la “crudité”, le Popaul !), l’oeuvre nous désoriente, et je me suis (stupidement, bien sûr !) posé la question de savoir si je pouvais ou non aimer ce spectacle... Une chose est sûre, on ne s’ennuie pas un instant... mais, la réalisation étant d’un classicisme suranné et parfois trop sucrée (Carice est un sacré canon de gonzesse !), on a la gueule par trop désorientée, comme déjà dit plus haut, entre le réalisme et la fantaisie... Quant aux idées qui se dégagent de la toile, elle sont malgré tout plutôt saines. Les bons et les méchants sont savamment mélangés, secoués dans un shaker, et le cocktail est très équilibré au niveau des différentes facettes de l’animal humain.

 

 

BORAT (Leçons culturelles sur l’Amérique pour profit glorieuse nation Kazakhstan) - de Larry Charles.(8/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Sacha Baron Cohen, Ken Davitian, Pamela Anderson.

Comédie : Sous forme de reportage, ce pseudo-documentaire nous offre des images soigneusement cradingues et d’emblée l’on se dit que, quoi qu’il arrive, personne ne pourra reprocher à ce film d’avoir été bâclé. C’est déjà ça de pris. Le ton délirant ne met pas trois plombes à s’installer, il est immédiat, dès les premières images. Ainsi, on sait à peu près où on va. Le fameux Sacha, fort populaire outre-Atlantique, m’est néanmoins (comme pour beaucoup de Français) parfaitement inconnu et donc je le scrute soigneusement... Il s’est fait une gueule à la Groucho mais ne possède nullement l’oeil qui pétille de l’aîné des Marx... Il ne dégage pas des masses d’ondes comiques... pas très puissantes, en tous cas... en tant qu’interprète, il est du genre moyen... Cela dit, il prend tant de libertés à tous les niveaux que l’on est tout de même accroché... Toutefois, il a cette fâcheuse tendance si répandue à confondre l’absurde et le “n’importe quoi”... Souvent plus proche de Michael Youn que des fameux frangins ou d’un Woody en forme, il nous désole avec des gags par trop faciles lorsqu’il tourne comme une mouche à merde un peu trop autour du cul... En revanche, il m’a explosé au moment où il demande sa main à Pamela Anderson ! Il s’assied en face d’elle, il ne la connaît que par photos interposées, et lui annonce tout de go qu’il est amoureux d’elle et qu’il veut l’épouser ! Elle rigole, se fout de sa gueule en refusant bien évidemment... et, c’est là que Sacha fait mouche en lui sautant dessus armé d’une espèce de sac à patates dans lequel il veut la fourrer en lui disant que son approbation d’est pas indispensable ! Là, je marche ! Mais, tout n’est pas du même cru... ici, on se balade entre le pire, le moins mauvais et quelquefois le meilleur... à la fortune du pot ! Néanmoins, et pour finir, je suis d’avis que le le gars Sacha est un comique (coauteur du scénario et créateur de son personnage, rappelons-le) à suivre... car il doit pouvoir mieux faire !

 

 

2h37 - (Two Thirty Seven) de Murali K. Thalluri.(3/20)
Australie - Couleur, 1h33 - 2006.
Avec : Teresa Palmer, Joel MacKenzie, Frank Sweet, Clementine Mellor, Sam Harris.

Drame : Dieu soit loué, le titre n’indique nullement la durée du film ! Il s’agit de l’heure exacte du décès d’un(e) jeune suicidé(e) dans les chiottes de son lycée... Le film démarre par la fin sans nous montrer la gueule du cadavre... Flash-back... Et c’est parti pour une longue promenade dans les couloirs du lycée... Un peu façon Gugusse dans son “Elephant”... Gugusse, dont le jeune (22 ans seulement) Thalluri est un fervent admirateur... Il ferait bien de se méfier le jeunot car il possède un indéniable sens de l’image cinématographique... qu’il aurait tort de continuer à gâcher, n’est-ce pas... Mais bon, c’est son premier film, le gars est loin d’être mûr, on ne va donc pas lui lancer une trop grosse pierre ! Revenons à nos promenades lycéennes et à tous ces personnages d’adolescents... tous plus emmerdés et désespérés les uns que les autres... Oui, et là c’est transparent, il veut nous ménager le suspense jusqu’au bout le Murali... puisqu’on ne saura qu’à la fin qui s’est suicidé... Ils ont par conséquent tous d’excellentes raisons de se flinguer... Bien que l’adolescence soit l’âge de toutes les questions et remises en question, tous les jeunes gens ne nagent pas dans la tragédie absolue... sinon, quelle hécatombe ! Invraisemblable histoire que voilà, donc! L’un est handicapé grave - il se pisse toujours dessus à cause d’une malformation urétérale - un autre est un homosexuel torturé, et un autre encore a foutu enceinte sa propre frangine...! Je ne vais pas les énumérer tous... Et puis, et puis... on n’est pas chez Agatha Christie ! Il y a des mélanges de genres qui ne font point bon ménage...! Bref, laissons mûrir ce cinéaste en herbe... lui aussi fera peut-être mieux la prochaine fois...

 

 

FAST FOOD NATION - de Richard Linklater. (13/20)
Grande-Bretagne / Espagne - Couleur, 1h54 - 2005.
Avec : Greg Kinnear, Avril Lavigne, Catalina Sandino Moreno, Esai Morales, Kris Kristofferson, Luis Guzman, Paul Dano, Wilmer Valderrama, Bobby Canavale, Patricia Arquette, Ethan Hawke, Ashley Johnson, Bruce Willis.

Comédie dramatique : Les directeurs d’une chaîne de Fast Food apprennent un beau jour qu’il y a probablement de la merde dans les hamburgers qu’ils vendent...! Et qui ont un succès fou par-dessus le marché... Aïe, aïe, aïe...!!! L’on envoie alors sur les lieux de fabrication un responsable marketing pour y mener l’enquête... Il va en apprendre des vertes et des pas mûres... des puantes et des bien pourries...! Dans l’usine où sont “formatés” les steacks, les cadences infernales ne permettent pas à des ouvriers non qualifiés (des immigrés clandestins mexicains dont les femmes se font enculer pour avoir un job) de bien nettoyer, entre autres, les intestins des vaches... Au passage, rions un peu en notant que le nom de l’entreprise qui gère l’usine... tenez-vous bien... c’est UMP! Bref, Linklater, inspiré par un bouquin-enquête, nous fait faire ici le tour des immondes magouilles dues à la pourriture humaine... le pire du sommet de l’abomination dont est capable ce magnifique accident de la nature : l’homme ! T’as l’impression d’assister au dernier crépuscule avant l’apocalypse... L’exploitation de l’homme par l’homme poussée à son paroxysme...! Les lois du marché ultra libéral... pipées par-dessus le marché ! L’on ne se contente plus de laisser faire “la main invisible” de l’économie capitaliste... On lui donne un sacré coup de... main ! En suçant à fond le sang des misérables... Teinté d’un humour cynique parfois réjouissant, le film fiche toutefois un gros coup de cafard... Dommage que Linklater n’ait pas su mieux lier les différentes histoires aux nombreux protagonistes...

 

 

LES INFILTRES - ( Departed) de Martin Scorsese. (14/20)
USA - Couleur, 2h30 - 2005.
Avec : Leonardo Di Caprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Alec Baldwin, Ray Winstone, Vera Farmiga, Anthony Anderson,Kevin Corrigan.

Policier : Voilà qu’après Woody Allen, De Palma et Christopher Nolan, Scorsese se décide lui aussi à changer son fusil d’épaule en réalisant plus que correctement son dernier film, contrairement aux deux précédents... Certes, il s’agit d’un remake... mais amélioré ! Pas difficile me dira-t-on d’améliorer l’original dû à Andrew Lau et Alan Mak, “Infernal Affairs” , une chinoiserie de Hong Kong... Martin n’a gardé que l’idée principale (fort bonne !) et l’a adaptée à sa sauce... OK, c’est pas du niveau de Taxi Driver, mais on aurait tort de cracher dans la soupe pour autant. Je ne dévoilerai rien de très secret (on le sait dès le début) en précisant qu’il s’agit de l’histoire de deux jeunes flics, l’un infiltré dans la mafia irlandaise, l’autre vrai faux flic, infiltré par cette même mafia dans la “maison poulaga”... Voilà de quoi faire, côté suspense et rebondissements... Surtout que Scorsese ne mégote pas sur les scènes dites d’action ! (Un peu trop de complaisance toutefois rapport au sang et à la brutalité inutile... Martin a souvent eu cette fâcheuse tendance). Les acteurs sont épatants... même Matt “Gueule-de Godasse”! Quant à Nicholson, ses habituels détracteurs diront une fois de plus qu’il en fait des tonnes... Pour sûr, mais pour notre plus grand plaisir !

 

 

JE PENSE A VOUS - de Pascal Bonitzer.(0/20)
France - Couleur, 1h22 - 2006.
Avec : Edouard Baer, Géraldine Pailhas, Marina de Van, Charles Berling, Hippolyte Girardot, Philippe Caroit, Dominique Constanza, Dinara Droukarova.

Comédie dramatique : Une belle histoire bien bourge et bien invraisemblable...! Lors d’un enterrement, Hermann rencontre dans le cimetière, comme surgie d’une tombe, son “ex”, Anne... (En fait, il s’agit de Belphégor... rapport à la gueule de Marina de Van). Elle tient à renouer avec lui... alors que le cœur d’ Hermann est désormais ailleurs, du côté d’une certaine Diane... Mais le salaud Worms, un traître et un lâche, (qu’ Hermann en tant qu’éditeur édite... mais hait à la folie...) va photographier un moment compromettant lors de la rencontre des deux “ex”... et montrer l’image à Diane... Terrible quiproquo... suivi de bien d’autres... tous aussi sauvagement crétins... L’histoire se terminera dans le plumard d’ Hermann... avec - carrément - les deux nanas ensemble, qui par ailleurs sont gouines... ! Comme d’habitude Bonitzer, essaie de faire passer les mots de ses dialogues par le chas d’une aiguille... mais, peine perdue, cette ratatouille est tout sauf subtile...!

 

 

MADEINUSA - de Claudia Llosa.(2/20)
Pérou - Couleur, 1h40 - 2005.
Avec : Magaly Solier, Carlos de la Torre, Liliana Chong, Ubaldo Huaman.

Drame : Eh oui, ça s’écrit en un seul mot, vu que Madeinusa est le prénom de la jeune héroïne du film. Une bien improbable héroïne du reste... Elle vit avec son père et sa soeur dans une masure à Manayaycuna, un village paumé, très loin là-bas, au Pérou... Arrivent les festivités de la Semaine Sainte durant laquelle - le Christ étant mort - le péché n’existe pas... Le père - toujours complètement “burracho” de la jeunette - vierge bien sûr - semblait attendre avec impatience ce moment béni du diable où il pourrait enfin dépuceler sa gamine... Or, quelqu’un d’autre va le doubler... après quoi, ça va chier des bulles... ! Entre l’ennui, la lourdeur indigeste et un regrettable manque de poésie, le spectateur souffre... bouffé par mille cafards !

 

 

SOURIS CITY - (Flushed Away) de David Bowers et Sam Fell.(0/20)
USA - Couleur, 1h35 - 2005.
Avec les voix (en VO) de : Hugh Jackman, Kate Winslet, Ian McKellen, Jean Reno.
En VF : Lambert Wilson, Emma de Caunes, Jean Reno.

Animation : Roddy, un rat quelque peu “dandy”, se retrouve tout seul dans sa luxueuse demeure située dans Kensington... Ses maîtres sont partis en vacances, et lui, en profite pour sortir de sa cage et gambader dans l’immense appartement... Apparaît alors Syd, un sale rat d’égout qui lui causera bien des ennuis... au bout desquels la fortune lui sourira dans tous les domaines... Donc, balargué par le tourbillon de la chasse d’eau provoqué par Syd, Roddy va plonger dans l’enfer des égouts... mais qui le mèneront dans un monde peuplé de souris et de rats et dont les ennemis jurés sont les crapauds... Après avoir fait la connaissance de l’excentrique Rita, il va vivre avec elle d’inouïes aventures... C’est tellement inouï que l’on bâille en pestant ! Tout ce que l’on nous propose est du déjà vu et revu cent cinquante fois au moins...! Les gags terriblement éculés font tous des prouts dans les eaux cradingues des égouts ! Attention, les enfants, ce film est une... souricière !

 

 

 

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