AVRIL 2006

Semaine 17  Du 19-04-2006 au 25-04-2006

 

CINEMA, ASPIRINES ET VAUTOURS - (Cinema, aspirinas e urubus) de Marcelo Gomes. (7/20)
Brésil - Couleur, 1h39 - 2004.
Avec : Peter Ketnath, Joao Miguel, Fabiana Pirro, José Leite, Zezita Matos, Oswaldo Mil, Hermila Guedes, Veronica Cavalcanti.

Comédie dramatique : En 1942, peu de temps avant la déclaration de guerre entre le Brésil et l’Allemagne, Johann parcourt les régions désertiques du Sertao pour y vendre de l’aspirine et en guise de pub, il projette un court film afin d’impressionner l’éventuel client. Durant son long trajet, il prend volontiers des auto-stoppeurs et au bout d’un moment, il tombe sur Ranulpho, un jeune rêveur brésilien qui en a marre du désert et veut se lancer dans une aventure urbaine... Les deux hommes vont sympathiser, et c’est ainsi que le Brésilien deviendra l’employé de Johann. Ce film, nullement dénué d’esthétique, nous propose de suivre les deux routiers tout au long de leur voyage souvent maussade. En effet, si ce premier film ne manque point de qualités visuelles, humaines, et d’un esprit très positif, le même problème se repose une fois de plus. Pourquoi un scénario ne devrait-il être réduit qu’à l’état d’une ossature ?... Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ici l’histoire manque de corpulence... de densité tout simplement. C’est toujours la même vieille rengaine. Cela fait maintenant cinquante ans que le minimalisme semble être de rigueur... En tout cas, très en vogue. Voilà mon reproche principal ; pour ce qui est du reste, il est incontestable que les deux protagonistes sont remarquables de justesse, que malgré une action diluée, nous nous prenons d’intérêt à ce “road movie” et il y a notamment, une fort jolie scène entre Johann et Ranulpho où les deux copains, la guerre ayant été déclarée entre-temps, entre le Brésil et l’Allemagne, singent un conflit entre eux deux. Subtile manière de tourner en dérision cette putain de guerre. Au total, je pardonne volontiers toutes les faiblesses de cette première oeuvre en souhaitant bonne route au cinéaste débutant Marcelo Gomes pour son prochain film !

 

 

EN ATTENDANT LES NUAGES - (Waiting for the Clouds / Bulutlari Beklerken) de Yesim Ustaoglu.(0/20)
Turquie - Couleur, 1h27 - 2003.
Avec : Ruchan Caliskur, Ridvan Yagci, Dimitris Kaberitis.Ismaïl Baysan, Feride Karaman.

Drame : J’ai horreur de saquer les petits films, entendez côté budget, mais il n’empêche... Ici, on se rase comme des malades pendant près de 90 minutes, tout en essayant de comprendre ce qu’il y a derrière les pauvres images qui nous sont proposées. Il s’agit de la dramatique histoire d’une certaine Eleni contrainte de survivre comme elle peut dans une région grecque devenue turque ou un truc comme ça... Il y a une tragédie familiale à la clé, bien sûr, des recenseurs turcs qui remuent de désagréables souvenirs dans la mémoire de celle qui s’appelle depuis cinquante ans Ayshe au lieu de... Eleni. En fait, il n’y a pas grand chose, donc on aurait pu espérer au moins une certaine ambiance, quelques touches picturales, que sais-je... Or, même la musique n’est pas au rendez-vous ; il s’agit d’une espèce de violon bateau... On s’emmerde donc ferme et je ne vais pas me complaire davantage à fustiger une tentative cinématographique, sans doute pleine de bonnes intentions...

 

 

LES ENFANTS DU PAYS - de Pierre Javaux. (0/20)
France - Couleur, 1h27 - 2005.
Avec : Michel Serrault, Arthur Chazal, Emma Javaux, Pascal Nzonzi, William Nadylam.

Drame : Dans un petit village français, presque complètement désert, en mai 1940... Un vieil homme, le seul à avoir décidé de rester dans les lieux, avec ses petits-enfants, une jeune fille et un gamin, n’est toujours pas au courant que la guerre a lieu... Enfin, c’est ce qu’il m’a semblé comprendre... C’est alors que l’idée du scénario devient fort intéressante et aurait pu être d’un cocasse formidable ; six soldats sénégalais font leur apparition dans ce lieu désert et d’emblée, on sourit d’aise tant leurs bouilles sont sympathiques ! Voilà qui aurait pu donner un film franchement divertissant et qui plus est, porteur d’idées fortes... Malheureusement, les auteurs (ils sont trois !) n’ont rien compris au film qu’ils voulaient faire. Ils n’avaient très certainement rien à dire puisqu’ils n’ont rien dit ! Quel horrible gâchis ! Il nous font du remplissage pendant la quasi totalité de ce que j’hésite à appeler “film”. Ajoutez à cela un Michel Serrault bien fatigué, qui en fait des tonnes et qui est complètement à côté de la plaque, lui qui, par le passé, nous prouva maintes fois qu’il était capable du meilleur ! Comme je le disais naguère, il est fort dommage qu’un comédien qui prend de l’âge soit tout d’un coup sous-estimé au point qu’on lui fasse faire n’importe quoi...

 

 

OSS 117 - LE CAIRE, NID D’ESPIONS - de Michel Hazanavicius.(5/20)
France - Couleur, 1h39 - 2005.
Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, Aure Atika, Philippe Lefebvre, Claude Brosset.

Comédie : Voilà un film que j’aurais aimé... aimer ! En effet, l’idée de faire un pastiche de films d’espionnage de série B des années soixante, est plutôt originale... et le pari -du moins formellement- est tenu. Il est vrai que par les temps qui courent, nous sommes peu habitués à des réalisations soignées, et dans cette parodie, presque réussie, je l’avoue volontiers, j’ai ri plusieurs fois de bon cœur ! Le gros problème, désolé de me répéter, c’est toujours le scénario. Eût-il été un peu plus étoffé que nous aurions eu droit à un régal, peut-être... Cela dit, l’autre gros problème, immense, incommensurable, en un mot insurmontable, c’est Jean Dugland !!! Que voulez-vous cet homme-là, il m’a rien fait, personnellement, mais je ne peux pas le blairer ! C’est peut-être humainement, le meilleur des hommes, mais à l’écran, grâce notamment à son regard de veau, il est franchement insupportable ! Ici, il s’évertue à imiter James Bond (le vrai bien sûr, Sean Connery) ... alors qu’il s’agit d’une parodie d’OSS 117... d’accord, je chipote... mais de là à dire, comme l’ont osé certains, qu’il est dans ce film semblable à un Sean Connery mâtiné d’un Louis de Funès ... !!!! Du coup, laissez-moi rire.

 

 

PARADE - de Jacques Tati.(12/20)
France - Couleur, 1h25 - 1974. (Reprise)
Avec : Jacques Tati, Pia Colombo, les Vétérans, les Spinols.

Comédie : Suite à l’échec commercial cuisant de sa seule super production Playtime, Jacques Tati eut les plus grands maux à trouver, ne serait-ce que quelques fifrelins, pour refaire un film. Jacques Tati ! L’immense et génial Jacques Tati !!! Quand on voit les connards d’aujourd’hui qui enchaînent film sur film, qu’ils soient succès ou échecs... ! Bref, il trouva tout de même suffisamment d’argent pour tricoter un film assez mineur Trafic -qui lui aussi, ne fut qu’un succès d’estime-, puis, il fut obligé d’aller presque jusqu’au Pôle Nord pour trouver le financement de cette petite chose à priori qui se révèle, après vision, être une oeuvre à conserver dans tous les sens du terme. Comme le disait ma grand-mère, à conserver comme un peu d’eau dans le creux de sa main. En effet, (une lacune de plus, une !) je n’ai découvert ce film que maintenant et ne pouvais me faire une idée vraiment précise de ce que Tati pouvait donner sur scène. Il faut le voir mimer le gardien de but, le joueur de tennis (qui plus est à des époques différentes et aussi au ralenti), les différents flics qu’ils soient français, anglais ou américains, etc...Que d’élégantes caricatures... ! Et au fond, quelque part, toujours ce petit brin de nostalgie... car Jacques Tati fut toujours l’homme d’un autre temps... Un revenant qui revenait nous rendre visite afin de nous rappeler ce qu’était le bonheur... Bien que cette oeuvre soit fort inégale et tournée en vidéo (pour une fois, on s’en fout royalement !), il y a bien des pseudo-comiques actuels qui devraient revoir Tati afin de prendre une bonne leçon !

 

 

THE SECRET LIFE OF WORDS - (La vida secreta de las palabras) de Isabel Coixet. (3/20)
Espagne - Couleur, 1h45 - 2004.
Avec : Sarah Polley, Tim Robbins, Javier Camara, Sverre Anker Ousdal, Julie Christie.

Comédie : Je sais que je radote comme un papy, mais “La vie secrète des mots” aurait été, me semble-t-il, un titre plus adapté. Par ailleurs, il ne s’agit point d’un thème linguistique que traite la décidément très ennuyeuse Isabel Coixet. Fort heureusement. Parce que des Nordiques ou des Yougos qui parlent tous english, ça pose un drôle de problème sémantique... Passons. Non là, il s’agirait plutôt de mots enfouis et dont l’existence souterraine finit par se manifester de la manière la plus discrète qu’il soit... Je vous laisse découvrir si tant est que vous ayez envie de vous enquiquiner quelque peu durant presque deux heures... En effet, pratiquement tout se passe sur une plate-forme pétrolière... entre une femme plutôt sourdingue et franchement pas causante et un homme blessé dans un incendie... Palpitant non ! Ils finiront quand même par se raconter quelques conneries et, je vous le donne Emile, par tomber amoureux l’un de l’autre ! Je ne sais pas si c’est bien malin de ma part de divulguer une idée de scénario qui me trotte de par la tête... Imaginons un groupe de mineurs dans une mine, sans aucun éclairage... un groupe de mineurs tous nègres... dont tout ce que l’on pourrait percevoir seraient leurs dents bien blanches (j’me tâte car je me demande si cela ne risque pas d’être déjà trop spectaculaire)... le suspense viendrait du fait que par une raison inexplicable (restons implicites ! ), ces mineurs noirs perdraient au fil du film toutes leurs dents... Imaginez un peu l’apothéose finale... ! Par ailleurs, et plus sérieusement, la noble démarche de la réalisatrice qui consiste à nous rappeler que nous avons tous un devoir de mémoire collective, par rapport aux guerres d’antan, est une chose bien entendue... qui le nierait...? Seulement, j’ajouterais à cela, qu’en plus des commémorations multiples et variées des assassins du passé, nous devrions peut-être nous occuper également de désarmer les assassins d’aujourd’hui... Suivez mon regard...

 

 

V POUR VENDETTA - (V for Vendetta) de James Mc Teigue. (10/20)
USA - Couleur, 2h10 - 2005.
Avec : Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea, John Hurt, Stephen Fry.

Aventures fantastique : V est une sorte de Zorro futuriste. Après un terrible accident provoqué par d’immenses salopards, son seul but est la vengeance. Il n’aura de cesse d’éliminer tous les coupables ! Eh figurez-vous que les coupables sont des gens très haut placés et qui sont carrément au pouvoir. Voici un plaisant clin d’oeil à notre société actuelle par exemple... Certes, il n’est point recommandable, au sens physique du terme, de casser du flic ou du cureton, mais lorsqu’on voit ça à l’écran, de temps en temps, ça ne fait pas de mal..., cela fait même quelque peu rigoler... ! Cela dit, ce film est une espèce de mélange parfois indigeste... quelques idées assez fortes, beaucoup de vernis, et un côté BD, évidemment inévitable, puisqu’il s’agit de l’adaptation d’un “comics”. Toujours est-il que notre V fera une adepte en la personne d’Evey Hammond (Natalie Portman), et ainsi parviendra à transmettre son message et qui sait en assurer la pérennité... La plupart des acteurs british sont comme toujours impeccables -ce qui est vraiment un point fort de ce film finalement modeste...

 

 

 

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