AVRIL 2006

Semaine 16  Du 12-04-2006 au 18-04-2006

 

ASTERIX ET LES VIKINGS - de Stefan Fjeldmark et Jesper Moller. (0/20)
France - Couleur, 1h18 - 2004.
Avec les voix de : Roger Carel, Jacques Frantz, Lorant Deutsch, Sara Forestier, Pierre Palmade.

Animation : Attention, cette fois c’est les Vikings qui débarquent !Et contrairement aux Romains, ils sont cons mais pas fous...! En effet, ils sont à la recherche du “roi de la trouille” car, comme on le leur a appris, “la peur donne des ailes” et eux, eh ben, z’ont envie d’arriver à voler...! Manque de bol, Astérix et Obélix viennent tout juste de se retrouver avec le jeune neveu du chef sur les bras, un certain Goudurix (le mal nommé!) qui est un froussard sans égal...! Nos héros ont pour charge de faire de cette mauviette un homme... Aïe, aïe, aïe...! Bien évidemment, le jeunot va être enlevé par les “Seigneurs des Mers” et s’ensuivront alors bien des... agitations ! Cela bouge de partout, s’agit d’un dessin animé n’est-ce pas... ça bouge, ça se bouscule, ça se précipite... qu’on n’a pas le temps de reprendre son souffle... pire, on n’a point le temps de s’intéresser le moins du monde à l’action de ce gribouillage dont les auteurs nous proposent vraiment... le strict “service minimum”...!

 

 

LES BRIGADES DU TIGRE - de Jérôme Cornuau .(5/20)
France - Couleur, 2h05 - 2005.
Avec : Clovis Cornillac, Diane Kruger, Edouard Baer, Olivier Gourmet, Stefano Accorsi, Jacques Gamblin, Thierry Frémont, Léa Drucker, Didier Flamand, Gérard Jugnot.

Policier : En 1907, Georges Clémenceau créa une force de police à la mesure de la vague criminelle qui sévissait en ce temps-là. Cinq ans plus tard, c’est sous le nom des Brigades du Tigre que ces super flics seront connus par la France entière... L’action démarre donc en 1912 et nos bourres - dont trois héros principaux - ont fort affaire à la Bande à Bonnot... Que l’on ait voulu nous présenter le gars Bonnot comme un personnage anarco-romantico-torturé, vaillant quoique hors-la-loi, durant la première heure du film on daigne volontiers l’accepter. Même si, autant que je sache, Bonnot et ses “bonnettes” étaient d’abord des marginaux - pour le moins - , des voleurs, des gangsters, des tueurs, des fouteurs de merde et accessoirement... des anarchistes ! A moins que l’on n’entende le mot “anarchiste” dans son sens malheureusement le plus répandu, savoir uniquement dangereux “bordeliste”...! Je rappelle que pour être un anar digne de ce nom, il n’est point interdit d’être quelqu’un de tout à fait pacifique ! Bref, on va dire que la première partie de cette toile fonctionne plutôt pas mal... Hélas, une fois le père Bonnot zigouillé (Jacques Gamblin est le seul interprète crédible qui plus est...), l’action piétine, le film se prend de plus en plus au sérieux... Jusque-là, on se disait, tant qu’il s’agit d’une amusette, les péripéties fantaisistes ne sont pas de refus... Mais non. Il y a dans ce polar quelque chose de très gênant, c’est qu’il n’a pas su rester à sa place... Que l’on situe le décor à une période donnée, pas de problème; que tout en s’inspirant - de préférence vaguement - de faits réels, on fasse mumuse, parfait ! Mais, pourquoi diable cette ambiance sombre, doublée paradoxalement de situations enchevêtrées “à la bolognese”, cette démarche pseudo-historique...? Rien de tel, par-dessus le marché, pour que tous les défauts du film nous sautent à la gueule. Le casting par exemple; Clovis, l’antipathique, doit vraiment bouffer que de la poitrine fumée pour avoir une gueule pareille; Doudou Baer, avec sa bouche toujours pleine - devrait cracher de temps à autre, merde - et sa grotesque démarche, se la joue silhouette élégante fort charmeuse et classieuse; quant à “Gourmet-Gras-Double” en champion de boxe française, c’est à hurler de rire ! N’arrive pas à lever la patte, le pauvre... avec sa brioche ! Lorsqu’il tente un coup de pied, on dirait qu’il chasse des cafards... nettoie le tapis... se rééduque...! Quand on sait que la boxe française, c’est surtout l’art de la savate, ça laisse pantois même un lutteur de sumo...! Le comble est atteint par André Marcon dans le rôle de Jaurès...! Un Jaurès totalement anémique... qu’il a dû se retourner dans sa tombe trente-six fois le Jeannot... lui qu’était tout sauf un figurant... que même à l’heure actuelle il doit donner du fil à retordre aux vers de terre et autres diablotins...! Abrégeons, car tout le reste est du même cru... Accorsi l’Italien qui joue le rôle d’un soi-disant Espagnol qui porte un nom... d’origine inconnue... Bianci que ça s’écrit... et tout le monde de prononcer “Bianqui”...! Passons aussi sur l’accent du sud que Gourmet tente parfois de prendre... Tzétéra, tzétéra, tzétérum...! Passons, passons, passum...!

 

 

CABARET PARADIS - de Gilles et Corinne Benizio. (0/20)
France - Couleur, 1h38 - 2005.
Avec : Gilles Benizio, Corinne Benizio, Michel Vuillermoz, Serge Riaboukine.

Comédie : Deux idiots de village héritent d’un cabaret à Pigalle, Paris. Vont avoir des histoires avec le cabaretier du voisinage qui fera tout pour leur récupérer leur lieu de spectacle... Pendant ce temps, nos deux “zéros”, mine de rien, continuent d’improviser des numéros incroyablement foireux... et qui ravissent le public en plus ! Je n’ai pas pu résister ! Fallait que je “voye” ça... histoire de le croire ! Shirley et Dino, je les ai déjà entrevus... à la télé bien sûr (où ils ont ramassé l’autre soir sept millions de spectateurs!).
Je me doutais, j’en étais même sûr et certain ! Mais fallait que je constate jusqu’où on peut aller encore plus loin...!!! Tu ramasses Youn et Dujardin et tu les colles ensemble à l’affiche... que c’est pas pire...! Ici, il ne s’agit même pas de naïveté (une certaine gentillesse peut-être, parfois...), il ne s’agit pas de bêtise, de connerie, d’indicibles horreurs... Ici, tu fais le total de tout le total et t’as pas encore compris où était le total...!!! Les deux ou trois fois où tu ris avec ces deux épouvantables caricatures issues d’un pot de peinture c’est au six cent millionième degré !!! Faut que tu vois ça, mon pote ! Enfin, t’attends quand même que ça sorte en DVD soldé à quinze cents... mais faut que tu vois ça... sinon tu vas jamais le croire !

 

 

FRERES D’EXIL - de Yilmaz Arslan.(3/20)
Allemagne / France / Luxembourg - Couleur, 1h32 - 2005.
Avec : Xewat Gectan, Erdan Celik, Nurettin Celik, Bulent Buyukasik, Xhiljona Ndoja.

Drame : C’est la guerre pour trois fois rien entre Kurdes et Turcs... Ici, on est en Allemagne et il suffit d’un léger semblant d’altercation pour que la tragédie n’en finisse plus...! Par ailleurs, c’est aussi une histoire d’amitié entre un jeune homme, Azad et un gamin, Ibo, tout deux d’origine kurde. Dur, dur, de voir comment des hommes vivent pendant que le gâchis règne dans les riches contrées...! On se prend à rêver... tiens, à cette fameuse “société de loisirs” dont on nous parla tant il y a trente ans... On se prend à rêver que nous autres, les riches, nous pourrions (et sans doute le devrions-nous) aujourd’hui, ayant réglé l’essentiel de nos propres problèmes, entreprendre d’organiser et de gérer une mondialisation digne de ce nom... Notre souci principal serait, non plus de renforcer les frontières, mais de prêter main forte aux pays les plus défavorisés... Pour cela, il faudrait tout bonnement remettre d’abord tout à plat, changer notre mode de vie, c’est-à-dire modifier notre processus mental... rien que ça... Qui veut commencer ? “Mon zob !” répond l’écho. Enfin... le propos de ce film franchement mineur est ailleurs... Il se contente de nous montrer l’engrenage de la violence due à une haine ancestrale... Une tragédie sans fin, comme je disais plus haut... Si seulement les prises de vues avaient été un peu plus supportables pour nos pauvres mirettes, la mise en scène moins maladroite... si seulement les acteurs récitaient un peu moins leur prose convenue...

 

 

INSIDE MAN - L’HOMME DE L’INTERIEUR - (Inside Man) de Spike Lee. (17/20)
USA - Couleur, 2h10 - 2005.
Avec : Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster, Willem Dafoe, Christopher Plummer, Chiwetel Ejiofor.

Policier : Limousine avec chauffeur. Au volant, Spike Lee. Un trublion de longue date désormais vu qu’il concocte des “joints” depuis vingt ans... Par trop souvent inégal, nonchalant, négligeant, voilà qu’il décide cette fois de taper dans le genre virtuose...! Pourtant pas son truc... En plus et à priori, il ne s’agirait “que” d’un divertissement... Pas tellement son truc non plus... Certains le lui reprochent d’ailleurs...! Les ingrats ! C’est pas moi qui irai apporter de l’eau à leur moulin ! Le coup du hold-up parfait qu’il veut nous faire... Un drôle de zèbre décide de “faire sauter une banque” et pour mener son affaire à bien, il lui est indispensable de prendre des otages... Un négociateur va être mis sur le coup... Puis, peu de temps après, une étrange négociatrice... De fil en aiguille - à moins que ce ne soit d’aiguille en fil -, on pige que dalle, Spiky nous mène en bateau ! Enfin, on pige ce que l’auteur veut bien montrer, n’est-ce pas... Surprises, rebondissements, coups de théâtre, tout y est ! Le plus, c’est la touche de Lee... Et c’est là que je refuse tout net d’être en accord - une fois de plus - avec un certain nombre de critiques ! Vous avez déjà maté la tête de Spike... et ses billes malicieuses...? Eh bien, qui dit billes malicieuses dit également humour piquant, humour fin, rire jaune, intelligent, ballet de pantins qui n’en sont pas moins de vrais personnages...! Parlons pas des acteurs ! Là, t’as de quoi être ébouriffé... jusqu’au plus modeste rôle comme on dit si souvent...! N’énumérons point ! Ne présentons plus ! Tout le monde connaît les artistes en question. Comme de coutume, on n’insiste pas sur l’intrigue lorsqu’il s’agit d’un polar... ! Conclusion : je ne suis pas absolument sûr que côté virtuosité Spiky ait atteint des sommets... Lui manque peut-être encore un petit quelque chose par-ci par-là... Notamment un montage quelquefois déstabilisant... et un reste... juste un reste... de nonchalance... Sinon, ce film est à voir toutes affaires cessantes, c’est moi qui vous le dit! N’écoutez pas les autres ! C’est des mauvaises langues ! Des mauvaises langues qui adorent étiqueter tout sur leur passage, notamment les metteurs en scène... Moi, je prétends que ce polar “envergure haut de gamme” est sans doute le film le plus abouti de son auteur ! Rien ne vaut un bon cadre - un film de “genre” par exemple - pour s’exprimer sans bavures... et - quoi de plus évident ? - pour en déborder tout à son aise...!

 

 

SOMETHING LIKE HAPPINESS - (Stesti) de Bohdan Slama. (4/20)
Tchéquie - Couleur, 1h40 - 2005.
Avec : Tatiana Vilhelmova, Pavel Liska, Ana Geislerova, Marek Daniel, David Dolnik.

Comédie dramatique : En voilà un beau titre bien de chez nous ! Je ne savais pas que ça se disait comme ça in french... Bref, passons, les distributeurs sont définitivement complètement malades ! Nous voilà dans une petite ville tchèque, donc... afin d’y assister à un chassé-croisé de personnages assez ordinaires avec des problèmes tout aussi ordinaires... ou bien n’est-ce qu’une impression...? Une cité style HLM, deux jeunes femmes et un jeune homme se connaissent depuis toujours, ayant poussé ensemble, là au beau milieu du béton... Le gars est un marginal, l’une des deux nanas est maquée à un “battant” qui est parti se battre en plein dans le rêve américain (du moins ce qu’il en reste) et elle songe sérieusement à aller le rejoindre... et l’autre nana est totalement timbrée. Il y a aussi les parents... quelques touches drôles, des moments de nostalgie (par rapport à quel passé au juste ?), des petits drames, des grands riens... Que de l’ordinaire, disais-je... C’est avant tout le parti pris narratif qui est minimaliste... Eh, ouais ! La quintessence reste au fond des personnages et ni les larmes ni les rires ne nous étouffent... Le travail de mise en scène et le jeu des comédiens sont pourtant fort honnêtes...

 

 

 

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