AVRIL 2006

Semaine 15  Du 05-04-2006 au 11-04-2006

 

L’AGE DE GLACE 2 - (Ice Age 2) de Carlos Saldanha. (13/20)
USA - Couleur, 1h26 - 2005.
Avec les voix de (en VO) : Denis Leary, John Leguizamo, Ray Romano.
(en VF) : Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Elie Semoun.

Animation : Une fois n’est pas coutume - quoique... les producteurs semblent avoir parfois compris qu’il ne suffit point d’ajouter un numéro à un succès - la suite est meilleure que le premier...! Ainsi, ce fameux écureuil préhistorique que l’on regrettait de voir si peu dans le précédent (juste au début et à la fin) et qui ponctue cette fois tout le film...! Il est particulièrement hilarant de par son côté “cartoons d’autrefois” et fleurant bon la démarche d’un Tex Avery...! Pour le reste, nous sommes à l’âge du plastoc, ne l’oublions pas... Le vingt et unième siècle sera plastifié ou ne sera pas, a dit le sage... n’est-ce pas... bien qu’ici c’est de l’âge de glace qu’il est question... Mais, attention, une glace (clin d’oeil à l’actuel problème majeur de notre bonne vieille planète) qui se met à fondre... provoquant de graves inondations qu’il devient urgent de fuir ! Nous retrouvons donc nos trois héros, le mammouth, le tigre et le paresseux (succulent et irrésistiblement doublé par John Leguizamo !) en train de migrer vers des contrées moins hostiles, rencontrant au long de leur périple un mammouth femelle qui se prend pour un opossum ainsi que deux vrais opossums - deux horribles chieurs... pour notre plus grand plaisir ! Pendant ce temps, n’est-ce pas, notre écureuil n’a de cesse de courir après sa noisette qui impitoyablement finit toujours par lui glisser entre les doigts ! Dommage, mille fois dommage, comme je le dis plus haut que nous soyons de nos jours assujettis aux effets spéciaux des ordinateurs - oh, combien plus faciles à manipuler - et que l’ensemble du graphisme manque de chaleur (même à l’âge de glace, si, si...!) et que pour un ou deux personnages très réussis il y en ait dix d’approximativement esquissés... Quant aux blocs de glace, ils ne sont pas crédibles une seconde tant ils sont plasticos ! Inacceptable ! En revanche, le public semble préférer ce type de réalisations aux dessins animés à l’ancienne... Au vu des résultats, cette tendance se confirmerait... je parle au conditionnel because, une fois de plus, manipulation oblige, les grands studios apportent infiniment plus de soins aux scénarios des films synthétiquement animés qu’aux suites plus ou moins ineptes (genre Le livre de la jungle 2 ou Bambi 2 )... Parano moi...? ça reste à prouver... Cela dit, on n’a pas le droit de bouder son plaisir et force m’est de reconnaître que je me suis bien marré et que le succès de ce divertissement sans prétention est finalement bien mérité.

 

 

ENFERMES DEHORS - de Albert Dupontel.(0/20)
France - Couleur, 1h28 - 2005.
Avec : Albert Dupontel, Claude Perron, Nicolas Marié, Hélène Vincent, Yolande Moreau, Philippe Duquesne, Bruno Lochet, Terry Jones, Terry Gilliam, Serge Riaboukine, Jackie Berroyer.

Comédie : Un SDF sniffeur de sac en plastique et donc complètement déjanté assiste au suicide d’un policier puis récupère son uniforme histoire d’aller bouffer gratos à la cantoche du commissariat... Mais, bien d’autres quiproquos l’attendent et il va s’évertuer à faire face à l’adversité en pratiquant le métier de flic d’une bien absurde manière... L’on voit bien où Dupontel veut en venir... à une comédie burlesque dans le genre cinéma muet avec quelques clignements d’yeux du côté d’un Chaplin ou d’un Tati (qui lui faisait du vrai faux muet)... Seulement, à force de loufoqueries gratuites et stupides, notre malheureux cinéaste amateur s’égare et nul propos digne d’intérêt ne se dégage de ce qu’aurait été une fable sociale tragi-comique si tant est qu’elle fût réalisée par l’irremplaçable Charlot...! C’est au contraire un spectacle particulièrement affligeant qu’Albert nous inflige ! Avec quelques cascades bien vaines et des trucages - une fois de plus - concoctés à l’ordinateur, ce qui donne à l’ensemble de cette déconnade indigeste une ambiance picturale digne d’une pub... (Aujourd’hui, toutes les pubs - mais ça, on s’en branle - sont réalisées avec un support “numerdique”). A éviter comme la peste bubonique !

 

 

FIREWALL - de Richard Loncraine.(2/20)
USA - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Harrison Ford, Paul Bettany, Virginia Madsen, Mary Lynn Rajskub,Robert Patrick

Policier : Quand Indiana Jones se transforme en Papy Ford, ça casse vraiment pas des briques ! Curieux tout de même de voir à quel point certaines stars s’usent et plus elles s’usent plus on leur propose des scénarios usés... et ainsi de suite... Harrison est entré de toute évidence dans ce cercle vicieux. Ici, il se fait kidnapper toute sa famille par une bande de salopards voulant le contraindre à virer via les tubes informatiques (il est en fait un très grand spécialiste en la matière, n’est-ce pas...) la bagatelle de cent millions de dollars sur leurs comptes, les crapules ! A partir de là, tout le monde va traîner la patte, Ford Harrison en tête... Je n’ai pas compté ni répertorié les clichés, mais, à première vue, il me semble qu’aucun n’ait été oublié dans ce petit polar d’occasion que l’on aurait dû directement orienter vers le petit écran... Il s’agit en effet d’un assez mauvais téléfilm ! Je ne me souviens déjà plus pourquoi je lui ai accordé deux points...

 

 

L’ICEBERG - de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy.(0/20)
Belgique - Couleur, 1h24 - 2005.
Avec : Lucy Tulugarjuk, Fiona Gordon, Dominique Abel, Philippe Martz, Robin Goupil.

Comédie : Encore du faux burlesque qui fait référence au bon vieux temps du cinéma muet...! Faut voir comment aussi ! T’as une espèce de chose que l’on nous présente comme une nana qui reste accidentellement enfermée dans le congélateur du “fast food” où elle bosse et qui le lendemain va ressentir un irrépressible besoin d’aller à la rencontre d’un iceberg... Une sorte de chaussette sale, son mari apparemment, va la suivre désespérément... pendant qu’en chemin elle va rencontrer ce qui risque de devenir son amant... Les gags (?!?) déjà terriblement crétins se répètent jusqu’à l’écoeurement... A se demander réellement si les trois (!!!) réalisateurs de cette bavure ne prennent pas les gens pour des cons !?! Répéter un geste comique une, deux ou trois fois... passe encore... Mais dix à vingt fois, c’est de l’idiotie congénitale !!! Cette vidéo-pelure mérite l’eskimo de bronze au festival des Amateurs de l’Amicale de Fouchtraville... Théoriquement inexploitable ailleurs que dans un préau de CEG des années cinquante...

 

 

JEAN-PHILIPPE - de Laurent Tuel. (0/20)
France - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Fabrice Luchini, Johnny Halliday, Guilaine Londez, Antoine Duléry, Elodie Bollée, Olivier Gueritée, Caroline Cellier, Barbara Schulz, Jackie Berroyer.

Comédie : Spécial Mézigue : “Dans un monde parallèle (où il ferait bon vivre si seulement il pouvait exister) Johnny Halliday est un inconnu... Son plus grand fan - un terrifiant abruti interprété par un Luchini qui ressemble de plus en plus à un ver de terre - suite à un coup de poing dans la figure va se trouver projeté dans ce monde impitoyable... Inutile de dire à quel point le calvaire qu’il va endurer sera atroce... Vous vous rendez compte, un monde sans Johnny... le plus grand chanteur français de tous les temps...! Il va néanmoins tout faire pour le retrouver... Quelle aventure ! Dans la salle où je fus torturé par ce navet de luxe, un fan de quatre-vingt-dix ans, ivre-mort n’eut de cesse de danser et brailler pendant la projection jusqu’à ce que deux agents de police, plutôt bon enfant, soient venus lui faire dégager les lieux... On lui fit remarquer qu’il dérangeait tout le monde et il eut une réponse simple et évidente (mon seul éclat de rire cet après-midi-là) : “...moi aussi, je peux chanter !!!” Effectivement, si “Jauni” peut hurler, on voit mal pourquoi d’autres s’en abstiendraient... Je sais bien que tous les égouts vont dans la nature, mais tout de même... S’extasier ainsi devant un épouvantail à vampires... Un gars qui se la joue dur de dur alors qu’il est obligé de porter un cintre sous sa veste pour avoir un semblant d’épaules... Oser seulement faire des gros plans de sa gueule... Oui, sa gueule, qu’est-ce qu’elle a sa gueule...?!? Bonne question. Elle a qu’on dirait que le bougre a été raccommodé avec la peau de ses fesses et son regard vide n’a d’égales que ses lippes boursouflées...! Du reste, ce navet comporte au moins une séquence cohérente : le ver de terre et son idole se rencontrent finalement dans des... pissotières !”

 

 

16 BLOCS - (16 Blocks) de Richard Donner. (7/20)
USA - Couleur, 1h41 - 2005.
Avec : Bruce Willis, Mos Def, David Morse, Jenna Stern, Casey Sander, Cylk Cozart.

Policier : Le cro-magnon, le débutant et l’épatant... J’ai nommé dans l’ordre, Willis, Def et David Morse... Dans un scénario qui vaut ce qu’il vaut - ni trop pourri ni franchement passionnant - Bruce s’emploie plus que jamais à nous démontrer à quel point il est limité côté art dramatique... Cette fois, il ne sauve pas le monde... mais juste un gars plutôt sympa quoique délinquant sur les bords... Qui plus est, le personnage de “tête de pastèque” est un ex-ripoux alcoolo pas nécessairement donc un flic modèle... Mais, il va de fil en aiguille, et de pétarades en castagnes, se “rédemptionner” le temps de faire le tour de seize blocs d’immeubles... Entre-temps, on aura pu admirer à loisir le talentueux Morse - que nous (pas très nombreux, hélas !) venons de voir dans Down in the Valley - et de sourire de temps à autre grâce aux facéties (souvent un peu creuses) de Mos Def... Ce modeste polar doit beaucoup à son réalisateur, Richard Donner, spécialiste de films à suspense et de polars (La malédiction, L’arme fatale), sans qui on n’aurait eu aucun plaisir à suivre ces quelques aventures ponctuées de morale bon marché... Comme quoi, n’est-ce pas... le savoir-faire...

 

 

TABAC, LA CONSPIRATION - de Nadia Collot (8/20)
France - Couleur, 1h32 - 2005.

Documentaire : Un film-guérilla nous annonce avec fracas la réalisatrice ! Pour le moins, oui ! D’où un début notamment assez embrouillé et par la suite une charge parfois insuffisamment contrôlée donnant au film un aspect quelque peu brouillon... Que le tabac soit dangereux pour l’organisme humain, cela semble évident. Tout le monde devrait être d’accord sur ce point... Je m’exprime au conditionnel car il existe tout de même quelques industriels incroyablement gonflés pour prétendre le contraire, et, qui dans notre dos rajoutent des saloperies dans les clopes histoire de rendre encore plus accros les fumeurs ! En revanche, un certain nombre d’affirmations - sans doute plus ou moins exactes - nous sont assenées comme de boiteuses assertions... Ainsi, le tabagisme passif. L’on va jusqu’à prétendre que le fait de respirer dans l’air ambiant de la fumée de cigarette peut être quatre, cinq, voire vingt fois plus dangereux que le fait d’inhaler la fumée en bon fumeur bien intoxiqué... Il y a là quelque chose qui échappe à la logique. Ce serait presqu’une incitation à fumer, cette histoire... Faudrait préciser, sans quoi, comme d’hab’ on tend le bâton pour se faire battre et l’ange finit par devenir bête ! Du reste, l’on voit bien que les personnes les plus gravement atteintes sont des fumeurs, cela tombe sous le sens ! Alors, pourquoi en rajouter, produire des effets “choc”, histoire de cogner, d’assommer... au lieu de préciser, par exemple, que le tabagisme passif n’est hautement dangereux que dans des cas précis; comme ceux des chauffeurs de taxi lorsqu’il était encore permis de fumer dans leurs voitures ou encore des garçons de café ou serveuses exposés à longueur de journée à une fumée souvent trop bien fournie... Il faut relativiser et rester honnête, bon sang ! Par ailleurs, bon nombre d’abominables magouilles sont bien mises en évidence dans ce documentaire plein de bonnes intentions. Toutefois, j’attends toujours que quelqu’un ose s’attaquer, par exemple, à la pollution automobile !!! Aaaah... là, ça se complique...! Pour la bonne raison que la bagnole c’est “la vache à lait” des uns et “la vache sacrée” des autres...! Chacun devrait savoir à quel point cette pollution est cancérogène; chacun sait à quel point les plus jeunes bambins en particulier souffrent de plus en plus de maladies respiratoires because ils sont juste assez grands pour avoir les narines à hauteur des tuyaux d’échappement de gaz on ne peut plus nocifs... infiniment plus que les rares cas de jeunes asthmatiques, victimes de leurs parents fumeurs, que Nadia Collot nous montre volontiers dans son film-guérilla... Et si cette massive campagne antitabac servait entre autres à masquer les autres sources de pollution... souvent encore plus graves...? Parano moi...? ça reste à prouver...!

 

 

WASSUP ROCKERS - de Larry Clark. (0/20)
USA - Couleur, 1h46 - 2004.
Avec : Jonathan Velasquez, Francisco Pedrasa, Milton Velasquez, Usualdo Panameno.

Drame : Après quatre bons films de Kids à Ken Park, v’là que le gars Larry se met à délirer quelque chose d’antispectaculaire !!! Il nous sert un torchon filmé en DV (digitale saloperie de vidéo), interprété au “p’tit-bonheur-la-chance” par de jeunes amateurs... Le groupe d’ados qu’il nous montre cette fois est composé de personnages inoffensifs aimant par-dessus tout prendre leur pied en “skatant”... Ils iront enquiquiner juste un petit peu le “beau monde” de Beverly Hills mais provoqueront, malgré eux, des situations dramatiques... D’interminables prises de vues, (finalement ce navet est assez proche de l’immonde Les seigneurs de Dogtown ), douloureuses pour nos pauvres rétines, de jeunes latinos en train de rouler sur leurs planches ponctuent cette oeuvre hautement méprisable... Je rappelle qu’il fut un temps où une certaine normalisation dans les salles de cinéma - dans le but de respecter le spectateur - existait : pellicule uniquement argentique, trois formats dont un seul considéré comme professionnel et par conséquent exploitable en salles : le 35mm ou quelquefois le 16mm gonflé en 35mm... Marre de me répéter ! Alors, suite à cette “bâclure” indigne de commentaires et en attendant que tu te ressaisisses, fuck off, Larry !

 

 

 

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