AOUT 2006

Semaine 35  Du 23-08-2006 au 29-08-2006

 

CITIZEN DOG - de Wisit Sasanatieng. (0/20)
Thaïlande - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Mahasamut Boonyaruk, Saengthong Gate-Uthong, Sawatwong Palakawong.

Comédie : Un jeune péquenot s’en-va-t-en ville... A Bangkok plus précisément. Où il va travailler dans une usine à sardines et y perdre un doigt vu les cadences infernales... Il va bien vite le retrouver dans une boîte sur l’étagère d’une épicerie mais ce ne sera pas le sien... il s’agira de celui d’un collègue... qui, lui, a récupéré également par erreur celui de notre héros... Il feront l’échange et tout rentrera dans l’ordre... toutefois pas pour longtemps, le film étant adapté d’un roman surréaliste écrit par un certain Koy Nuj et voguant donc sur les flots incertains du délire humoristique...! Le résultat est inouï !!! Et je pèse mes mots !!! Rarement il m’a été donné d’assister à un spectacle d’une telle débilité !!! Les images, outrancièrement colorées et plastifiées sont d’une laideur épouvantable - genre sucre d’orge, barbe à papa ou pomme d’amour faisandés... - et les gags (?!?) semblent avoir été imaginés par un malade mental... ! Il ne serait nullement amusant de les énumérer... c’est du n’importe quoi, point barre ! Certes, le film fait un flop et comme diraient certains, rien ne sert de tirer sur une ambulance... Toutefois, un seul spectateur de plus, ne serait-ce qu’un, serait déjà de trop tant cette “chose d’un autre monde” est inadmissible ! Moi qui croyais une fois de plus, malheureux imbécile, me rafraîchir les yeux avec un produit exotique... j’ai été dignement servi !

 

 

LA GRANDE PAGAILLE - (Tutti a casa) de Luigi Comencini.(17/20)
talie - Noir et blanc, 1h45 - 1960. (Reprise / Re-vision)
Avec : Alberto Sordi, Serge Reggiani, Martin Balsam, Carla Gravina, Nino Castelnuovo, Eduardo de Filippo.

Comédie : Paris est vraiment la capitale mondiale du cinéma ! Il y a toujours de quoi se consoler et même beaucoup plus ! Ainsi, ce formidable festival de comédies à l’italienne. (Voir programme détaillé). Cette fois c’est une “vieille toile” du grand Luigi qui m’a rassuré... rapport aux nouveautés notamment estivales et à mon jugement que moi-même parfois je juge sévère... Mais non, sauf quelques exceptions, je ne suis point trop dur avec ce qui se balargue sur nos écrans actuellement ! Quand on voit la richesse du propos d’un tel film où se mêlent la tragédie et la bouffonnerie; les personnages tout sauf caricaturaux (même lorsqu’ils le sont !); la rigueur à tous les stades de la réalisation, on ne peut qu’applaudir... même si, à mon sens, il ne s’agit pas d’un chef-d’oeuvre. En 1943, en pleine guerre, on annonce à la surprenante l’armistice, le fascisme ayant été envoyé au diable... La soldatesque italienne se voit par conséquent attaquée par ses ex-alliés, les Allemands ! Sacré bordel en perspective... d’où le titre français. Nous allons suivre dans cette ruée foldingue un brave lieutenant (Alberto Sordi) et quelques-uns de ses compagnons de fuite, le reste des bidasses à ses ordres ayant décampé dans la nature... Le lieutenant décidera lui aussi de faire comme tout le monde, rentrer à la maison... d’où le titre italien. Au passage, nous serons bousculés par les rebondissements, secoués par le rire et bouleversés parfois par le dramatiquement sérieux de l’histoire... Age et Scarpelli (comme souvent) aux commandes du scénario de cette farce tragi-comique, en profitent également pour montrer de la façon la plus réaliste et juste ce qui se passa à ce moment terriblement chaotique où tout un peuple fut en plein désarroi. Il n’y a que quelques rares moments un peu trop mélodramatiques au goût de Mézigue et une fin qui, à mon humble avis ne colle pas très bien avec le reste. En effet, dans ce spectacle populaire, bien des idées fortes s’égrènent tout au long des péripéties... les raisons exactes de cette guerre (et, au fond de toute guerre) sont évoquées et offertes à la réflexion du public.. tzétéra... Toutes les formes d’humour et de comique y passent... de l’ironie au grotesque en passant par le burlesque (Sordi fut un amuseur de génie)... Mais, le passage de la trouillardise à l’héroïsme en guise de conclusion m’a semblé sinon incohérent, du moins indésirable.

 

 

J

LA JEUNE FILLE DE L’EAU - (Lady in the Water) de M. Night Shyamalan. (1/20)
USA - Couleur, 1h49 - 2005.
Avec : Paul Giamatti, Bryce Dallas Howard, Bob Balaban, Jeffrey Wright, Jared Harris.

Fantastique : Cleveland est concierge dans un grand immeuble avec piscine s’il vous plaît... Par une belle nuit - je ne me souviens plus si elle était étoilée - il découvre la présence d’une nymphe dans la grande baignoire de la grande cour de son immeuble... Voilà de quoi intriguer, n’est-ce pas... Pas longtemps... tant la fameuse nymphe est ordinaire et extraordinairement peu crédible... Notre cinéaste M. N. S. qui n’a vraiment pas fait exprès de réussir sa première réalisation Sixième sens, redouble à chaque film d’imbécillité et de platitude. Il s’est inspiré cette fois d’un conte qu’il concocta lui-même à l’attention de ses enfants en guise de berceuse... Pêle-mêle, il y est question d’une nymphe égarée qui voudrait bien replonger dans les grandes eaux océaniques au lieu de moisir dans du 100m3, d’un chien infernal qui n’effraie personne sauf les comédiens bien obligés de faire semblant histoire de justifier leur salaire, de toute une “tartignolerie” ultra compliquée consistant à “dérébusser”, par l’intermédiaire d’un cruciverbiste notamment (Jésus-Marie-Joseph !!!), une symbolique ésotérico-philosophique devant permettre à la gentille “aquaphile” de se libérer de certains démons qui ne veulent pas lui lâcher la touffe... Sans charme aucun, sans sixième ni même premier sens, cette bêtise “poétisante” nous afflige et nous inquiète rapport à la santé mentale de son auteur... Seul moment quelque peu amusant : un critique de cinéma prétentieux et con (pléonasme ?) se trouvant coincé face au chien infernal, a tout faux lorsqu’il prétend prévoir le dénouement de sa périlleuse situation... Il paiera cher son erreur, le chien le bouffera tout cru ! Pour le reste, même l’excellent Paul Giamatti tombe dans le piège de l’excès en se fourvoyant dans une incarnation caricaturale et ridicule... On dirait que Nighty s’amuse à tout faire pour jouer la carte anti-onirique avec cette féerie avec piscine, prouvant ainsi qu’il n’y a point besoin d’un océan ni même d’un étang pour se noyer... qu’il suffit d’un demi litre d’eau comme chacun devrait le savoir !

 

 

J

TAXIDERMIE - (Taxidermia) de György Palfi. (7/20)
Hongrie - Couleur, 1h31 - 2005.
Avec : Csaba Czene, Gergely Trocsanyi, Marc Bischoff, Adel Stanczel, Gabor Maté.

Drame : Trois courtes histoires liées de pères en fils... Le premier est un lamentable bidasse aux ordres d’un infect zèbre hiérarchiquement supérieur et qui passe son temps à se masturber et à faire des rêves érotiques salement salaces... Il finit par niquer un cochon mort qui donnera naissance à son fiston dont l’arrière train sera affublé d’une queue de porcelet et deviendra un grand “sportif” dans le domaine des gros bouffeurs. Concours d’une infinie crétinerie consistant à avaler en un minimum de temps un maximum d’aliments peu ragoûtants... Ce gros (énormément obèse !) abruti aura un fiston également qui, lui, deviendra taxidermiste-utopiste... Trois tranches de l’histoire contemporaine hongroise ? Ouais... Vues par un étrange petit bout de lorgnette... ! Abscons ou hermétique ? Les deux, mon caporal ? J’avoue ne pas m’être trop posé la question, surtout durant le premier épisode... Bon signe... Avouons tout de suite que Palfi, quelle que soit la qualité de son propos, nous invite à reluquer des images... Ben oui, on est au cinéma... Des images bien léchées comme j’aime mettant en évidence l’aspect insolite, effronté et “cochonesque”... plus particulièrement durant cette première partie dont un surréalisme aussi étriqué par certains côtés que généreusement spacieux par d’autres... Suivent les deux autres “historiettes” dont on ne peut dire grand bien... même si elle ne laissent pas indifférent. Le concours de bouffe suivi de dégueulages massifs des “sportifs” en lice... est (évidemment) vomitif ! Le taxidermiste, fort peu orthodoxe, ne nous convainc qu’à moitié... Reste que l’ensemble de l’oeuvrette se laisse regarder sans notable ennui... Je peux aisément comprendre ceusses que cet “ovni” peut indisposer.

 

 

LE VENT SE LEVE - (The Wind that Shakes the Barley) de Ken Loach.(13/20)
Grande-Bretagne / Irlande - Couleur, 2h04 - 2005.
Avec : Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham, Orla Fitzgerald.

Guerre : Cette fois l’honnête cinéaste et l’honnête homme qu’est Ken Loach n’y va pas avec le dos de la cuiller... de même que l’occupant “so british” n’ y va nullement avec le dos des tenailles lorsqu’il veut faire jacter un révolutionnaire “so irish”... ! Nous sommes dans les années 1920 en Irlande. Les exactions anglaises vont bon train et les braves gens du peuple opprimé commencent à bouillir... puis explosent ! Relation de cause à effet simple à saisir. L’un des mérites de ce film dont la reconstitution de l’époque - jusqu’au moindre détail - laisse pantois, est de nous montrer clairement du doigt les atrocités commises par les “english” et dont nous ignorons souvent à peu près tout... Cette dénonciation brute de décoffrage n’est bien évidemment pas du goût de tout le monde. Certains critiques reprochent vivement à Loach son parti pris anti-anglais en rappelant certaines exactions irlandaises - juste retour des choses ? Oui, posons-nous la question et ceci toujours. En cette région-là à l’époque évoquée comme en toute région du globe et à n’importe quelle époque... de nos jours... ! Nous avons pour coutume désormais de fustiger le nazisme (à bien juste raison) mais avons par trop tendance à rester aveugles lorsqu’il s’agit de zieuter autour de nous... maintenant... par exemple. Mais, par exemple aussi, de tous temps ! Combien de fois faudra-t-il bégayer que la cruauté est le propre de l’homme...? Cruauté qui se manifeste - forcément - chez les plus puissants, les plus forts, les prédateurs... Jadis, ils furent Grecs, Romains ou Mongols... avant-hier ils massacrèrent la Nuit de la Saint-Barthélemy, hier, ils cassaient des Arméniens ou des Juifs... et aujourd’hui... ? Peu importe quelles sont les “couleurs” des massacreurs, voilà où ma question blesse... peu importe, puisqu’ils font tous partie de la grande famille humaine ! Ce qui peut gêner en revanche dans cette œuvre du respectable Loach, c’est sans doute l’excès d’objectivité plutôt que de parti pris. Je m’explique, objectivité au niveau du regard quasi documentaire posé sur les événements qui nous émeuvent certes mais ce qui heurte un pacifiste, for instance, c’est l’absence de prise de position de Master Ken face à des conneries abjectes qui consistent à exécuter un traître fut-il notre meilleur ami... ou encore à faire fusiller son propre frère au nom d’une idéologie et de la démarche politique empruntée pour parvenir à de nobles objectifs... Objectifs nobles qui deviennent automatiquement ignobles lorsque l’on commet le pire en leur nom... C’est pourtant simple à piger, non ? Brassens disait : “Mourir pour des idées, d’accord... mais de mort lente.” Voilà une idée digne d’un homme digne... parce que généreusement égoïste et bellement vraie.

 

 

 

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