AOUT 2006

Semaine 32 à 34  Du 02-08-2006 au 22-08-2006

 

ADIEU CUBA - (The Lost City) de Andy Garcia. (3/20)
USA - Couleur, 2h23 - 2004.
Avec : Andy Garcia, Tomas Milian, Bill Murray, Ines Sastre, Dustin Hoffman.

Drame : La Havane, 1958. Le dictateur Batista vit ses derniers mois de règne. Le Che et Castro sont sur le point de prendre le pouvoir. Pendant ce temps, un certain Fico Fellove se débrouille tant bien que mal pour faire fonctionner son Night Club El Tropico... Sa famille est très divisée rapport à la Revolucion... Son père, un digne prof d’université est plutôt du genre prudent et sage; mais, plusieurs de ses frangins vont s’engager dans la lutte aux côtés des communistes en y laissant au passage leurs os... Entre les deux, Fico est du genre cerveau embrouillé - en tous cas, c’est ainsi que nous le présente le Pacino du dimanche, Andy Garcia. Il pratique la danse de l’opportuniste tout en se la jouant patriote... et finit par trouver préférable la loi de la pègre à celle des “envahisseurs” communistes... ! Je veux bien que les deux extrêmes se rejoignent quelque part, mais la caricaturale esquisse du Che notamment que nous propose l’improvisé réalisateur Andy est du genre ridicule, énervante... ou tout du moins risible... !
Fico finira par foutre le camp aux States, pays de la liberté... tout comme Andy en son temps... Ici, il rend un hommage appuyé et balbutiant à Cuba; mais surtout à sa famille. Bien sûr, dans cette région des Amériques, tout le monde speake english, y compris les révolutionnaires... Amusant, non ?

 

 

ARRIVEDERCI AMORE, CIAO - de Michele Soavi.(12/20)
Italie - Couleur, 1h48 - 2005.
Avec : Alessio Boni, Michele Placido, Isabella Ferrari, Alina Nedelea, Carlo Cecchi.

Policier : Le beau gosse Giorgio, après plusieurs années de planque en Amérique centrale, because excès de militantisme extrême-gauchiste, décide de revenir au pays. Il échappera de justesse à la taule, notamment grâce à un flic bien pourri comme il ne faut pas ! En effet, il sera contraint de lui servir d’informateur puis de collaborateur à des exactions pour le moins criminelles... qui le mèneront loin... dans tous les sens du terme ! Friqué et pistonné par “la haute”, il ira jusqu’à éliminer sa propre fiancée de la manière la plus cruelle et immonde ! Mais, n’en disons pas plus. Il s’agit avant tout d’un polar à suspense et ce parti pris de divertissement dérangeant s’avère souvent plus efficace pour faire passer quelques idées et réflexions concernant les pourritures de nos sociétés que les films dits engagés. (Je songe notamment à l’excellent Yves Boisset des années soixante-dix). La réalisation de Soavi est plus que correcte et convaincante. Elle nous fait vibrer, frissonner à loisir tout en touchant là où cela fait mal. Voilà ce que j’appelle du bon cinoche servi par des acteurs valables : Alessio Boni, aussi beau gosse que le personnage - ce qui n’est pas toujours le cas de nos jours où nous avons perdu le sens de l’esthétique - et, dans le rôle du pourri, Michele Placido, bien plus édifiant comme comédien que comme réalisateur (voir le complètement loupé Romanzo criminale ). Qui plus est, un Michele Placido grandement bonifié avec l’âge et l’expérience; il est loin le temps où il nous assommait quelque peu avec son débit plus fulgurant qu’une mitraillette...

 

 

ARSENE LUPIN CONTRE ARSENE LUPIN - de Edouard Molinaro. (7/20)
France - Noir et blanc, 1h46 - 1962. (Reprise)
Avec : Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel, Françoise Dorléac, Geneviève Grad, Anne Vernon, Jean Le Poulain, Charles Millot, Henri Virlogeux, Jacques Herlin.

Policier : Le saviez-vous? Arsène Lupin avait deux fils... auxquels il ne laissa en héritage que le sens du cambriolage “gentlemanesque”... Voici donc le point de départ de ce petit divertissement sans aucune prétention, naïf et bon enfant, léger et embrouillé... à l’excès. Son charme - reconnaissons qu’il doit y avoir de la nostalgie là-dessous - est cependant indéniable... Tout pétille dans ce filmounet... même s’il ne s’agit que d’un modeste mousseux la plupart du temps. Toutefois, un Cassel Jean-Pierre, ça a de la gueule, Madame, du panache ! Autrement que nos épouvantails à moineaux actuels ! Même Brialy, dans une moindre mesure, ne manque point d’élégance et d’humour. Glissons sur l’intrigue dont il est dit plus haut qu’elle est pour le moins difficile à suivre... Mais, ce n’est point elle que nous suivons dans le fond... C’est plutôt les personnages et leurs savoureux interprètes... On prend le film scène par scène sans trop se soucier des liens... Les dames (dont la toujours regrettée Françoise Dorléac) y sont fort gracieuses et c’est là encore quelque chose qui se perd depuis plusieurs décennies ! Certes, nous sommes loin de ce que le cinéma français a pu donner de meilleur dans le genre. Toutefois, grâce également à la soigneuse mise en images de Molinaro, l’on se surprend à faire preuve de beaucoup d’indulgence sans doute méritée...
PS : Ce film a été programmé dans le cadre des “Crimes et Délits du Cinéma Français”; festival qui joue les prolongations cette semaine, toujours au Reflet Médicis. Avis aux amateurs.

 

 

BLEU D’ENFER - (Into the Blue) de John Stockwell. (6/20)
USA - Couleur, 1h52 - 2005.
Avec : Paul Walker, Jessica Alba, Scott Caan, Ashley Scott, Josh Brolin, James Frain.

Aventures : Voici ce que l’on appelle un film de vacances. Il m’a toujours été difficile, sinon de comprendre, en tous cas d’accepter cette... catégorie de spectacles... Bref, nous sommes aux Bahamas en compagnie de plongeurs qui vont découvrir une épave avec trésor...! Wouaouh ! Une compagnie fort agréable : Paul Walker pour ces dames et Jessica Alba pour ces messieurs... L’autre couple est moins alléchant, surtout le mec. S’agit de Scott Caan... qui ressemble à une reproduction foireuse de son papa James. Mais bon, il faut de tout pour faire un monde, comme dirait le sage. Cela dit, à proximité de la fameuse épave, se trouve une énorme cargaison de drogue ayant sombré là dans un petit avion de trafics... Ha, ha !!! Les choses vont se gâter car, bien évidemment , derrière cela, rôdent de bien patibulaires et agressifs personnages qui vont mener la vie dure à nos protagonistes... On l’aura compris, voilà sans doute l’explication du sens de la catégorie “films de vacances”, n’est-ce pas... Trois fois rien à se mettre sous la dent, si ce n’est, et ce n’est quand même pas rien, de très belles images subaquatiques dont semble raffoler le réalisateur Stockwell. Voilà de quoi tromper l’ennui jusqu’au générique de fin...

 

 

CHEEKY - de David Thewlis. (6/20)
Grande-Bretagne / France - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : David Thewlis, Johnny Vegas, Trudy Styler, Lisa Gorman, Sean Ward, Ian Hart.

Comédie : Un homme de condition modeste, n’ayant pour seul point commun avec Don Quichotte que son goût insatiable pour la lecture, perd sa femme dans un incendie stupidement provoqué. Après des années de vie en commun, ils étaient restés passionnément et tendrement amoureux l’un de l’autre... sa femme, par exemple, lui écrivant et les lui envoyant par la poste, des poèmes tous les jours... Il va donc respecter sa dernière volonté qui fut qu’il participât à un jeu télévisuel bien débile évidemment... “Cheeky”... (“insolent” en français). En effet, il s’agit d’un jeu de culture générale mais agrémenté d’une ambiance triviale où les concurrents - pour se départager - sont censés s’insulter grassement... ! Notre bonhomme, aussi cultivé qu’introverti, aura bien du mal à injurier ses adversaires - notamment une femme prénommée comme feue son épouse qui se trouvera systématiquement sur son chemin lors des parties finales... Le film, joliment coloré et décoré, ressemble au départ à un conte pour enfants assorti d’un côté rétro assez chaleureux... Ensuite, nous avons droit à un petit peu de tout... avec au passage une (gentille) satire de la téloche... Le comédien David Thewlis (dont c’est la première réalisation) ne parvient qu’à transformer son brouillon en coup d’essai, nous laissant sur notre faim... sans pour autant nous agacer et encore moins nous assommer. Un gentil petit film de plus...

 

 

LASSIE - de Charles Sturridge. (6/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h39 - 2005.
Avec : Peter O’Toole, Samantha Morton, John Lynch, Peter Dinklage, Edward Fox.

Aventures : Quatrième adaptation du célèbre roman d’un certain Eric Knight qui fit un tabac à la fin des années trente et dont la première version cinématographique reste de loin la plus connue, version dans laquelle la petite - à l’époque - Elizabeth Taylor faisait ses premiers pas... La fidèle Lassie, fut réalisé en 1943 par Fred M. Wilcox, et les deux remakes suivants ( Le poulain noir de Andrew Marton en 1954 et The Magic of Lassie de Don Chaffey en 1978) passeront inaperçus... Par ailleurs, deux autres films plus ou moins inspirés par ces aventures canines, Lassie perd et gagne de Richard Thorpe en 1948 (où l’on ne retrouve que le chien Lassie acteur dans une histoire tout autre) et Lassie de Daniel Petrie en 1994 ( où Lassie nous emmène dans d’autres aventures) subiront le même sort... Cette nouvelle mouture ne devrait pas non plus rester gravée dans les mémoires. En effet, nonobstant les qualités et les faiblesses de l’oeuvre, ce divertissement pour les plus jeunes doit probablement être jugé démodé par le public actuel. Il n’y a point ici d’effets spéciaux “flamboyants” et la narration n’est nullement agrémentées de petits “trucs” au goût du jour... tels que les rots et les pets savamment distillés afin de permettre aux gamins de s’amuser en se défoulant un peu “salement”... Paraît que c’est “hachement” important pour leur équilibre psychique selon certains spécialistes... Passons. Il n’en est pas moins vrai que la toile est un peu faiblarde; le spectacle, quoique chatoyant, manque d’énergie et n’enthousiasme guère... Une famille fort pauvre est obligée de vendre un magnifique colley à un duc des environs... Le colley, fidèle comme un... chien, n’aura de cesse de revenir à son jeune maître, le fiston des parents pauvres... Alors, on l’éloigne... en l’envoyant en Ecosse... Le film nous raconte les aventures assez extraordinaires de Lassie revenant, malgré l’énorme distance, vers son propriétaire d’origine... C’est là que l’histoire traîne... Mais bon, l’on a droit de préférer une démarche un peu mièvre aux pétarades agressives qui envahissent les bambins depuis quelques années...

 

 

LUCAS, FOURMI MALGRE LUI - (The Ant Bully) de John A. Davis. (2/20)
USA - Couleur, 1h29 - 2005.
Avec les voix (en VO) de : Julia Roberts, Meryl Streep, Nicolas Cage, Paul Giamatti.
(en VF) : Bruno Salomone, Nathalie Baye, Alexandra Lamy, Florence Foresti.

Animation : Un gamin de dix ans fait mumuse en bousillant les fourmilières dans son jardin... Les fourmis en ont marre de trembler chaque fois qu’il fait un pas et parviennent grâce à un sortilège à réduire notre gamin Lucas à leur taille... ! Aïe, aïe, aïe...! Comme le dit le titre, malgré lui donc, il va être amené à vivre dans une autre dimension, devenant non seulement plus compréhensif et plus humain envers les petites bêtes mais carrément... plus fourmi...! Une belle leçon de cohabitation, nous dit-on... mais, oh combien mal racontée... bâclée en fait... fadasse et tout le toutim...! Pourquoi donc cet acharnement à sortir deux cents films d’animation par trimestre... ? De toute façon, quel que soit l’intérêt des films, au-delà d’un certain point, il n’y a plus de place pour tout le monde... Par ailleurs, nous avons affaire en l’occurrence à une vraie arnaque... !!! Comme il vient d’être dit, le film, à quelques images près, est parfaitement nul; pour rattraper le coup et attraper le nigaud, les producteurs ont soudoyé plusieurs vedettes fort connues dans le monde entier pour prêter voix forte à cette opération bassement commerciale !!!

 

 

LUCY - de Henner Winckler. (0/20)
Allemagne - Couleur, 1h32 - 2005.
Avec : Kim Schnitzer, Gordon Schmidt, Feo Alodag, Polly Hauschild, Ninjo Borth.

Drame : La jeune Maggy, dix-huit ans et déjà maman, continue de vivre chez sa mère, ayant rompu avec le père de son bébé prénommé Lucy... En revanche, elle va rencontrer un autre jeune homme avec qui elle s’installera... ni pour le meilleur ni pour le pire... mais pratiquement pour rien... Dans la salle, nous autres spectateurs, nous bâillons, nous étirons, flippons et marmonnons des jurons... Qu’a voulu nous montrer l’auteur de cette “chose”...? Une réflexion profonde sur les difficultés parfois insurmontables de passer à l’âge adulte... les épreuves durement imposées par la fatalité surmontable ou insurmontable... ou encore quelque peu surmontable tout en ne l’étant point... ? Les affres d’une jeunette victime de l’attrait de la quéquette... ou bien d’une quéquette qu’aurait mieux fait de se contenter d’une branlette...? Pour ce qui est de la branlette, on est servi ! Il y a vraiment des gens qui n’ont strictement rien à dire et qui, à force d’acharnement surhumain, parviennent à “inexprimer” l’exprimable de la façon la plus insignifiante, la plus laide, pour finir la plus stupide qui soit ! Ils sont bien sûr inconscients de l’énormité de leur vanité et, par-dessus le marché, regonflés par des critiques dues sans doute à un dix-huitième sens qui encensent leur travail qui n’est que le fruit d’une longue errance... Lucy, le petit bébé, se porte bien... le film, lui, est mort-né.

 

 

MIAMI VICE - DEUX FLICS A MIAMI - de Michael Mann.(6/20)
USA - Couleur, 2h15 - 2005.
Avec : Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris, Luis Tosar, Justin Theroux.

Policier : Producteur lui-même de la série télé, Michael Mann s’emploie ici à “relooker” les héros de ce polar en les “cradinguant” quelque peu, histoire de donner un côté plus réaliste et sombre... L’intrigue se résume en quelques lignes (trafic de drogue en gros, tzétéra), et l’énorme problème du réalisateur de plusieurs films inoubliables tels que Heat, Révélations ou Ali, c’est qu’il est tombé follement amoureux du numérique...! Déjà avec Collateral, son précédent polar, il avait commencé à nous les briser avec les fameuses et odieuses images “plastoc”... Cette fois, il met le paquet en remplaçant le nitrate d’argent par le nitrate de carbone ! C’est du dégueulasse gravissime... Toute la réalisation s’en ressent : les cadrages “flottants”, les prises de vues alambiquées et même le montage nerveux à l’extrême ! Comme d’habitude, des critiques-publicistes (vous savez, ceusses qui savent compter jusqu’à cinq et qui ont l’alphabet dans le désordre) encensent la démarche de Michael en qualifiant ses images de “top niveau du numérique” ou encore (Virginie Gauchet) en évoquant une photographie (?) superbe ! Devraient s’acheter un dico afin de comprendre enfin le sens du mot photographie !!! Reste le casting plutôt remarquable jusqu’au plus petit truand... et quelques scènes surprenantes... On est loin du maximum... !

 

 

LES MONSTRES - (I mostri) de Dino Risi.(20/20)
Italie - Noir et blanc, 1h58 - 1963. (Reprise / Re-vision)
Avec : Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Michèle Mercier, Lando Buzzanca, Mario Brega, Daniele Vargas.

Comédie : Là, au moins, c’était du sûr ! En allant revoir le chef-d’oeuvre de Risi, j’étais peinard, je savais où je mettais les pieds ! Contrairement à la majeure partie des films à sketches, celui-ci n’est nullement inégal. D’un bout à l’autre, l’on jubile avec cette série de farces hilarantes, corrosives et (pseudo) méchantes. Car, même lorsque les auteurs italiens de l’époque s’amusaient à nous servir des personnages monstrueux, leur démarche n’était point superficielle. Comme le disait Risi, il n ‘y a pas très longtemps encore dans une interview, ils appliquaient toujours le principe de la “double vision”, grossièrement dit, l’aspect négatif et l’aspect positif des êtres humains qu’ils mettaient en scène. Jusqu’à la fusion parfaite des deux; Scola ira plus loin encore en fusionnant le tragique et le comique dans le même instant, suscitant ainsi un troublant mélange de rires et de larmes. Nous percevons déjà dans ce film la griffe du grand Ettore (coscénariste), notamment dans le dernier sketch intitulé “Le noble art”. Une satire du monde de la boxe vu au travers de deux ringards complètement has been et formidablement abrutis pour notre plus grande joie (on rit férocement) mais aussi pour notre plus grande compassion à l’égard de ces deux pauvres types, victimes de leur connerie certes, mais aussi du temps qui passe, de la condition humaine en général. Tognazzi et Gassman se surpassent dans ce morceau de bravoure final. Eux, qui ont déjà pour habitude d’être géniaux, nous servent ici une interprétation ahurissante de justesse, de réalisme, de comique “hénaurme” et d’émotions on ne peut plus fortes... tout cela à la fois et dans le même temps... Une telle perfection donne le vertige au spectateur qui lui aussi dans le même temps est bousculé par des émotions aussi nombreuses que contradictoires. Pour le reste, cette puissante comédie foisonne à loisir de situations délirantes, de gags particulièrement subtils même lorsqu’ils sont gros, de caricatures à peine au-dessus de la réalité, si j’ose dire, et bien sûr d’une critique des mœurs qui vise souvent les politiques et les curetons mais qui n’épargne personne, y compris les plus misérables hères vivant dans un bidonville avec une tripotée de bambins (le fabuleux sketch très court joué par Gassman dans le rôle d’un abruti, “tragédien” à sa façon, littéralement fanatisé par le football !). Bref, si vous n’avez plus l’occasion de (re)découvrir ce bijou d’une autre époque où l’on savait encore rire intelligemment de tout, Cinékosma vous autorise exceptionnellement de le zieuter même sur petit écran !

 

 

LE PARRAIN - (The Godfather) de Francis Ford Coppola. (20/20)
USA - Couleur, 2h55 - 1971. (Reprise / Re-vision)
Avec : Marlon Brando, Al Pacino, James Caan, Robert Duvall, Diane Keaton, Richard Castellano, Talia Shire, Sterling Hayden, John Morley, Richard Conte, John Cazale, Al Lettieri, Angelo Infanti, Franco Citti.

Policier : Véritable phénomène cinématographique du début des années soixante-dix, succès délirant et tout à fait exceptionnel à l’époque pour un film américain, acclamé comme un chef-d’oeuvre par les uns, décrié par d’autres qui reprochaient notamment à cette production d’avoir été financée par la mafia (?) - ça, personne ne peut l’affirmer ou l’infirmer vu que la mafia est de plus en plus partout, tout en se diluant dans la masse et c’est ce que nous dira assez clairement Coppola dans la seconde partie de cette œuvre - Le parrain provoqua donc moult passions et généra beaucoup de bénéf... D’un point de vue objectif, quoi de plus normal qu’un film à grand spectacle superbement mis en scène et génialement interprété (notamment par Brando dans son rôle le plus surprenant), provoque une ruée vers les salles obscures ? Quant à ma réaction personnelle, eh bien... elle fut tout à fait semblable à celle de la majorité des spectateurs. Tout le monde (ou presque) connaît cette toile et il est quasiment inutile d’en répéter à outrance le contenu. L’histoire (la saga diraient certains) d’une famille mafieuse, celle de Don Corleone, aux prises avec d’autres clans et souvent en butte avec leur propre démarche. C’est que la réalisation de Coppola est autrement plus subtile qu’il n’y paraît au premier abord. Primo, ils nous dépeint un monde d’une façon objective; secundo, il nous offre un polar de luxe absolument palpitant (on se prend au jeu, on est du côté des Corleone, because les autres familles sont encore plus pourries); tertio, il nous balance quelques “cacahuètes à méninges” en nous incitant notamment à parfois remettre en question notre plaisir. (Lorsque j’ai revu le film, l’autre jour, dieu que Corleone Jr (Al Pacino) m’a paru antipathique !) Du reste, à la fin de cette première partie, (la confrontation de Michael Corleone et de son épouse) Coppola remet, avec un zeste d’ambiguïté, les pendules à l’heure...

N. B. : Cette semaine, les trois “Parrains” sont programmés en alternance au Grand Action. Le numéro deux, beaucoup plus personnel, ténébreux et... plus long, est un peu moins passionnant mais vaut bien évidemment le détour, ne serait-ce que pour y revoir Robert De Niro dans son premier grand rôle, celui de Vito Corleone jeune. Le troisième et dernier datant de l’époque où Coppola commençait à s’essouffler reste regardable... surtout par curiosité.

 

 

PIRATES DES CARAÏBES, LE SECRET DU COFFRE MAUDIT - (Pirates of the Carribean, Dead Men’s Chest) de Gore Verbinski.(0/20)
USA - Couleur, 2h31 - 2005.
Avec : Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Stellan Skarsgard, Bill Nighy, Jack Davenport, Jonathan Pryce, Kevin R. McNally.

Aventures : Après Superman, voici Superpirate qui revient ! Jack Sparrow himself ! Dans de nouvelles aventures fantastiques of course, mais beaucoup plus ratatouillesques que dans le premier volet ! Pourtant l’on ne nous raconte pas grand chose... mais... comme tout est prétexte à effets plus ou moins spéciaux, l’on nage à côté du navire, cas de le dire ! Rien, pas même l’interprétation insolite de Johnny Depp ne nous accroche plus ! C’est donc devenu une habitude - et cela deviendra une tradition, n’en doutons pas - les suites des films hollywoodiens à grand spectacle et à grand succès ne sont plus que des surenchères stupides et ineptes formatées de façon à nous gaver d’imageries débiles et tapageuses...! Du cinoche “fast food”, plein de sucre et de matière grasse et sans la moindre vitamine ni oligo-élément... Ces vitamines si indispensables pour réellement émouvoir le public... dont la fonction est de préserver des “plages”, des moments de répit afin de mieux nous étonner et du même coup nous faire jubiler... C’est pourtant élémentaire ! Eh bien, apparemment pas pour tout le monde... Reste à savoir si les nombreux spectateurs qui se sont précipités pour consommer de la tambouille immonde dans une gamelle de luxe se sont fait piéger en savourant la chose à sa juste valeur... ou s’ils se sont réellement régalés... Au vu des résultats en France, on ne peut encore rien affirmer. Nous serons sans doute fixés en mai 2007 lorsque le troisième épisode envahira nos écrans. Quand au quatrième, que l’on se rassure, il est déjà en cours d’écriture !

 

 

LA RUPTURE - (The Break Up) de Peyton Reed.(0/20)
USA - Couleur, 1h46 - 2005.
Avec : Jennifer Aniston, Vince Vaughn, Joey Lauren Adams, Judy Davis, Ann-Margret.

Comédie : Faut vraiment avoir rien à foutre pour aller voir un truc pareil !!! Voilà ce que m’a hurlé Mézigue dans le creux de l’oreille ! La rencontre puis la longue (interminable et minable tout court !) séparation d’un homme et d’une femme... Une sitcom concoctée par Vince Vaughn lui-même dans laquelle il partage la vedette avec sa meufette Jennifer (la Sheila américaine - de gueule, j’entends). VéVé aussi est d’un charme irrésistible... dans le genre adipeux sympa comme un pou... ! C’est rien de dire que le truc vole bas... Une série (noire!) de situasses qui ne font rire qu’au forceps. Terrible perte de temps... d’autant plus que le film étant en fin de carrière, il ne me sert à rien de prévenir les honnêtes gens...!

 

 

LA SCIENCE DES RÊVES - (The Science of Sleep) de Michel Gondry.(0/20)
France / Grande-Bretagne - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou, Emma de Caunes, Sacha Bourdo, Pierre Vaneck, Aurelia Petit, Stéphane Metzger.

Comédie : Plus ça va, moins ça va pour Gondry ! Human Nature fut une comédie moyennement délirante et largement supportable... Eternal Sunshine of the Spotless Mind m’a assommé (je sais, je sais, il s’agit d’un cult-movie, très apprécié par un assez large public...)... quant à cette “science du slip”, il y a de quoi hurler ! Gondry nous la joue “Picasso” en brûlant les étapes... S’agit d’une sorte de collage informe qui se veut naïf... La facilité dans toute sa splendeur est au rendez-vous ! Quoi de plus simple, en effet, que de balancer des giclées de gouache un peu partout aux quatre coins de l’écran ? Vous avez dit onirisme ? Alors, tout les coups sont permis ! Le problème, c’est que les machins sans queue ni tête sont ceux qui ont paradoxalement le plus besoin d’être peaufinés. En fait, il n’y a rien d’autre à dire, sinon... fuyez ! Fuyez donc 1h45 de foutaises où l’on retrouve pêle-mêle un Bernal et une Charlotte égarés, un Chabat faisant le drôle à quatre sous comme d’habitude, ou encore un parfait Pierre Vaneck... qui doit se moquer de tout cela à son âge, d’autant plus qu’il fait partie des rares comédiens “indémolissables” même dans le pire des navets. Allez, restez dans votre plumard, braves gens et... faites vos beaux rêves vous-mêmes !

 

 

LA TOURNEUSE DE PAGES - de Denis Dercourt. (0/20)
France - Couleur, 1h25 - 2005.
Avec : Catherine Frot, Déborah François, Pascal Greggory, Martine Chevallier.

Drame : Après l’invraisemblable Mes enfants ne sont pas comme les autres, Dédé remet ça malgré un échec cuisant... Notez bien que cette fois, le public est là, bien présent pour admirer un des navets les plus apocalyptiques de l’année ! C’est l’histoire d’une gamine qui étudie le piano... Elle doit passer un concours important et durant l’audition, l’un des membres du jury (Catherine Frot) accepte de signer un autographe en plein milieu de l’interprétation pianistique de la petite... ça commence bien... La jeunette s’interrompt, logiquement perturbée; mais (Mme Fouchécourt) lui reproche d’avoir cessé de jouer et l’invite à reprendre. Bien sûr, la gamine se plante douloureusement ! Puis, suite à cet incident majeur qui lui vaut d’être refusée, elle décide de perdre définitivement sa vocation... on reste dans le “crédible”, n’est-ce pas... Bien mieux encore, quelques années plus tard, Mélanie a grandi et tente d’entrer dans la vie active en faisant un stage comme sous-fifrette chez un avocat particulièrement racé et célèb’e... or, il se trouve que son épouse n’est autre que la salope qui lui a viandé son audition à l’époque... ! Comme le hasard fait bien les choses... Passons sur certains détails, abrégeons, abrégeons... De fil en aiguille, Mélanie se trouve bombardée tourneuse de pages au service de la salope Fouchécourt... qui est bien sûr une grrrrrande pianiste (à la voir jouer, j’ai pu constater qu’elle semblait aussi pianiste que je suis cordonnier...). Grâce à la fabuleuse prestation de tourneuse de Mélanie, voilà notre pianiste relancée... because un grand choc l’ayant traumatisette quelque temps auparavant, elle souffre d’un trac insurmontable... Mélanie - qui a bien sûr depuis longtemps reconnu la salope du jury - entreprend de se venger de la plus sadique manière...! Non seulement elle ne viendra pas tourner si majestueusement les pages lors du concert suivant mais fera également en sorte que la pianiste salope tombe amoureuse d’elle !!! Après quoi, elle se débrouillera pour que l’époux de l’artiste apprenne leur scandaleux début d’idylle et... s’en ira vers sa destinée, un sombre sourire aux lèvres... Le tout est “filmé” avec un support du genre “serpillière sale”... Je ne mens pas ! Si tu me crois pas, tu peux aller vérifier. Sans plus de commentaire !

 

 

WOLF CREEK - de Greg McLean. (12/20)
Australie - Couleur, 1h35 - 2005.
Avec : John Jarratt, Nathan Phillips, Cassandra Magrath, Kestie Morassi, Gordon Poole.

Horreur : Un jeune gars et deux jeunes gonzes décident de se payer une virée dans l’incommensurable désert australien... A un moment donné, ils vont aller admirer à pieds - laissant donc leur bagnole au bord de la route - le fameux cratère de Wolf Creek. Lorsqu’il reviennent, la voiture est en panne et la nuit tombe... C’est là que tout va démarrer (et que le film, jusque là un peu chiant devient franchement accrocheur)... Non, non, non ! Je t’arrête tout de suite ! Il ne s’agit nullement du énième film d’horreur immonde pour ados un peu attardés ! Là, c’est du sérieux ! Du granit ! Avec pas mal de dynamite !!! Y a dans cette histoire (une fois de plus inspirée par une affaire authentique jamais élucidée) un bonhomme d’une bien étrange prestance qui va intervenir au beau milieu de la nuit noire... pour dépanner nos jeunes gens quelque peu désespérés de se retrouver bloqués dans ce vaste foutoir de désert de merde... Je te le donne Emile... c’est lui l’assassin fou ! D’ailleurs, ça se sent tout de suite... L’acteur John Jarratt - que je ne connaissois ni d’Eve ni de son amant - est prodigieux... tout bonnement parfait ! Et ça , ça vaut son pesant dans un tel film notamment car, automatiquement, l’on se retrouve à un niveau supérieur... ça ajoute de l’épice... de l’amertume bienfaisante... n’est-ce pas... Sérieusement, le gars est plus qu’inquiétant et malgré cela, il parvient à nous faire marrer. La suite est nettement moins drôle... Précisons immédiatement qu’il n’y a pratiquement aucune complaisance même durant les scènes les plus saignantes... Un tour de force ? Pour un film d’horreur, peut-être bien, ouais. Comme quoi... quand on veut et qu’on sait y faire... Cela dit, figurez-vous que le film peine à trouver un public...! C’est à n’y rien comprendre... A moins que justement... comme le film ne cible pas le public le plus facile, n’est-ce pas...

 

 

 

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