JANVIER 2006
Semaine 05  Du 25-01-2006 au 31-01-2006

 

LES DAMES DE CORNOUAILLES - (Ladies in Lavender) de Charles Dance. . (12/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h43 - 2004.
Avec : Judi Dench, Maggie Smith, Daniel Brühl, Natasha McElhone, Miriam Margolyes, David Warner, Freddie Jones, Gregor Henderson-Begg, Clive Russell.

Comédie dramatique : En 1936, dans un petit cottage perché en haut d’une falaise, en Cornouailles, vivent des jours tranquilles deux soeurs d’un âge respectable... Mais, par un matin d’été, elle vont retrouver le corps d’un jeune naufragé, échoué sur leur plage... Il a une patte cassée, il est jeune et beau... Que de raisons valables pour s’occuper de lui, n’est-ce pas... Inutile de préciser que les deux dames vont en tomber amoureuses... avec quelques trains et décennies de retard... qu’elles vont se chamailler par désuète jalousie... et, lorsqu’elles se rendront compte qu’il s’agit par-dessus le marché d’un “surdoué” du violon... c’est un soleil de bonheur qui va exploser dans leur foyer et leur âme... Mais, une belle jeune femme rôde dans les parages, soeur d’un grand musicien et artiste elle-même... Aïe, aïe, aïe...! Les deux mamies vont pas la porter dans leur coeur, celle-là...! Voici un petit film sans prétention comme je les affectionne... Malheureusement, l’image est d’une indigence totale et la mise en scène (c’est la première réalisation de l’acteur Charles Dance) très scolaire, parfois jusqu’à la maladresse... Qu’importe, la joliesse de l’histoire (située à l’époque où un certain Adolf pointait son nez) n’est nullement altérée par une vaine dramatisation; outre cela, il est bien évident que l’on se régale avec les deux prodigieuses comédiennes que sont Dench & Smith (l’irrésistible Maggie !!!). Nous avons aussi droit à une chouette surprise de la part du jeune acteur allemand, Daniel Brühl (Good Bye, Lenin), plus que convaincant dans le rôle du jeune Polonais qui jacte mal plusieurs langues avec les accents adéquats. Belle composition. Miriam Margolyes, David Warner et tous les autres nous épatent par la justesse de leur jeu... qui n’en est plus un au bout du compte.

 

 

KEKEXILI (La patrouille sauvage) - de Lu Chuan. (2/20)
Chine - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Duo Buji, Zhang Lei, Qi Liang, Zhao Xueying, Ma Zhanlin.

Aventures : A près de cinq mille mètres d’altitude, sur les plateaux de Kekexili, d’odieux braconniers massacrent les dernières antilopes de la région... Mais ils vont être pourchassés à leur tour par une patrouille de volontaires voulant protéger leurs bêtes et l’ensemble de l’équilibre écologique... C’est plein de bonnes intentions, mais, à quelques plans près, on nage et on suffoque quelque peu dans les noirceurs d’une nature repoussante où les uns traquent les autres sans cesse aucune et lorsqu’on a compris qu’il ne se passerait rien d’autre, on s’énerve... ou bien l’on prend son mal en patience en attendant calmement que passent tempêtes et répétitives agitations et qu’arrive le générique de fin libérateur.

 

 

THE KING - de James Marsh.(12/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Gael Garcia Bernal, William Hurt, Pell James, Laura Harring, Paul Dano.

Drame : Le titre de ce film doit être d’une finesse si ténue que j’en suis toujours à chercher le rapport entre le “King Presley” et le personnage principal ici également prénommé... Elvis ! Mai baste, ça chie pas, l’essentiel est ailleurs... comme dirait ma petite soeur... Un jeune gars de vingt et un ans quitte l’US Navy après trois ans de loyaux et inutiles services... Aussi sec, il rapplique dans un patelin à la recherche d’un homme - son père, en vérité. Ce dernier est devenu, après avoir fauté plus de vingt ans auparavant avec la mère d’Elvis, pasteur d’une église baptiste... Dans le genre doucereux taré... C’est le toujours impressionnant d’ambiguïté, William Hurt qui incarne cet indigne personnage... Revergeons donc... Elvis voudrait bien que son papa le reconnaisse enfin... mais le papa est depuis fort longtemps un époux modèle et papa de deux autres enfants : une fille et un fils... et n’a donc plus de place dans son coeur... Complet ! Elvis est très très contrarié... au point d’aller aussi loin que le permet... l’impossible ! L’histoire point ne dévoileras à ton prochain, a dit le Seigneur... Je me tais donc et laisse la surprise à ceux qui veulent la goûter... Aussi politiquement incorrect que cela... de nos jours... ça stupéfie ! Lent et démonstratif mais diablement dérangeant !!!

 

 

MUNICH - de Steven Spielberg. (3/20)
USA - Couleur, 2h40 - 2005.
Avec : Eric Bana, Daniel Craig, Ciaran Hinds, Mathieu Kassovitz, Hans Zichler, Geoffrey Rush, Mathieu Amalric, Michael Lonsdale, Marie-Josée Croze, Yvan Attal.

Espionnage : Bon. Le terrorisme est à la mode alors on fait un retour en arrière sur la fameuse affaire de “Septembre Noir” aux J.O. de 1972 à Munich. Why not ? Le problème c’est que Spielberg, chaque fois qu’il s’attaque à un sujet du genre “sérieux”, s’emmêle les pinceaux entre ses tics bassement hollywoodiens, une forme de réalisme qui sonne aussi faux que n’importe quelle ludique fantaisie et une réflexion qu’il voudrait développer mais... qui semble le fuir impitoyablement... Ici, il nous sert, l’après Munich, c’est-à-dire l’élimination des membres du groupe terroriste responsables de la tuerie sauvage de septembre 72. Il s’agit d’une opération sanglante montée par Golda Meir et baptisée “Colère de Dieu”... Et, comme à l’accoutumée, Stevie met les “louchées doubles”! De meurtre en assassinat, de coups de pétards en explosions spectaculaires, il nous traîne à sa suite en boitant... et en bégayant... nous lassant ainsi bien vite ! Les personnages et leurs interprètes sont des caricatures qui nous font parfois sourire et nous excèdent à d’autres moments... C’est un festival d’invraisemblances et de platitudes clicheteuses au service d’un message humaniste, certes... mais il aurait au moins pu faire plus court le gars Steven... Tout ce qui reste de ces vaines péripéties, souvent atroces, c’est l’idée (loin d’être négligeable toutefois !) que la guerre à la guerre est une guerre sans fin... Cette idée forte et simple aurait pu être exprimée de bien meilleure façon...!
A noter : Nous avons droit dans ce film à un avant-goût de ce que sera le prochain James Bond. C’est Daniel Craig, en effet, qui va l’incarner... Non, non, ce ne sera pas une parodie !

 

 

LA TERRE ABANDONNEE - (Sulanga enu pinisa) de Vimukhti Jayasundara. (2/20)
Sri-Lanka - Couleur, 1h48 - 2004.
Avec : Mahendra Perera, Kaushalya Fernando, Nilupili Jayawardena, Saumiya Lyianage

Drame :Voulant exprimer des notions abstraites, Jayasundara a réalisé un film abstrait. Au moins est-il cohérent lorsqu’il nous montre sans nous conter d’histoire... Ne cherche pas l’intrigue, spectateur, nous dit-il, dans cette oeuvre il n’y en a point; pas plus que de vie; pas plus que de mort; pas plus que de vrais sentiments... Seulement quelques réflexes bestiaux dans l’expectative... d’un futur plus ou moins redoutable... mais qui n’en finit pas d’être futur... alors que le temps passe pourtant... Esquisses et portraits d’humains décharnés par une guerre toute récente... Laideur de la misère et par-dessus tout... absence... A force d’absence, il y a au bout du compte absence de film aussi... Je le dis sans nulle méchanceté, je constate, c’est tout. Je m’ennuie et je constate... c’est tout...

 

 

LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE - (Hoodwinked - The True Story of Red Riding Hood) de Tod Edwards, Tony Leech et Cory Edwards. (8/20)
USA - Couleur, 1h20 - 2004.
Avec les voix de (en VO) : Anne Hathaway, Glenn Close, Jim Belushi Patrick Warburton, Anthony Anderson, David Ogden Stiers, Chazz Palminteri.
En VF : Dominique Lavanant, Michel Leeb, Eric Métayer, Edgard Givry...

Animation : Dans la foulée de Shrek, voilà que l’on nous propose de nous amuser avec une nouvelle “revisitation” de conte pour enfants. C’est que dans cette parodie l’histoire du Petit Chaperon Rouge n’est pas si simple que cela... A l’origine et derrière les apparences, il y aurait comme du trafic de cookies dans l’air...! La police s’en mêle, arrête tout le monde et interroge les quatre protagonistes : la fillette, le loup, le bûcheron et la grand-mère... Chacun va y aller de sa version; il ne s’agit point seulement de quatre différentes façons de considérer les événements, mais de différents “vécus” des mêmes aventures se complétant entre eux... Ainsi l’on découvre qui sont réellement ces fameux protagonistes...! Le délire étant de mise, nous assistons à un spectacle mouvementé aux couleurs vives et à une innombrable série de surprises au rythme souvent enlevé... quoiqu’irrégulier et donc inégal... La recherche du gag le plus “hénaurme” y est par trop systématique, mais les auteurs font parfois mouche ! Exemple : le chanteur country ensorcelé qui n’a de cesse de brailler en grattant sa gratte. Hilarant au possible ! En revanche, l’ensemble est un peu faiblard, manque de réelle causticité oblige... Mais pourquoi dédaigner, aussi modeste soit-elle, cette bouffée de bonne humeur...?

 

 

 

 

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