JANVIER 2006
Semaine 02  Du 04-01-2006 au 10-01-2006

 

APPELEZ-MOI KUBRICK - (Colour Me Kubrick) de Brian Cook. (6/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h25 - 2003.
Avec : John Malkovich, Marc Warren, Jim Davidson, Tom Allen, Marisa Berenson.

Comédie : Dans les années 80, une “doulce folle” se fait passer pour Stanley Kubrick. Et ça marche ! Ainsi, il parvient à escroquer des gogos ou à coucher avec... Ce qui nous vaut une série d’anecdotes plus ou moins cocasses... dont on ne retiendra essentiellement que la prestation de John Malkovich en “homo excentricus”... En effet, cette histoire tirée de faits réels aurait mérité mieux qu’une simple esquisse... Le personnage ne sert quasiment que de prétexte à amuser... le gogo ! Or, toutes sortes de facettes émanent de lui et auraient pu nous passionner... Il n’est pas seulement un vulgaire petit arnaqueur ringard; il souffre probablement de manque de reconnaissance... jusqu’à une sorte de mégalomanie... S’agit-il d’un artiste raté...? En tous cas, il sait jouer la comédie, tromper son monde jusqu’au dédoublement de personnalité... L’affiche du film elle-même nous propose pas moins de trente qualificatifs : menteur, usurpateur, trompeur... tzétéra. Ce n’est pas ainsi que l’on parvient à combler le vide d’un scénario... Cela dit, ne l’appelez plus... il est mort depuis sept ans, trois mois avant le vrai Kubrick...
A noter : le réalisateur, Brian Cook, a été à plusieurs reprises l’assistant du grand Stanley...

 

 

DAMNATION - (Karhozat) de Bela Tarr. (7/20)
Hongrie - Noir et blanc, 1h56 - 1987.
Avec : Miklos B. Szekely, Vali Kerekes, Hedi Temessy, Gyorgy Cserhalmi.

Drame: Il pleut dans la boue en noir et blanc... Ou alors, c’est des berlines qui défilent inlassablement sous les yeux de notre “zéro”... dont le seul “pote” est un bar indifférent et quelque peu sordide... Il y a aussi la chanteuse dont le “zéro” est épris... et qui l’utilise lorsque bon lui... chante. Ils couchaillent ainsi de temps à autre ensemble... mais le mari est gênant... On va l’envoyer en voyage faire du “transport illicite”... puis... à son retour, le dénoncer... Ainsi, notre “zéro” va aller de damnation en enfer. Après une interminable errance dans les décors misérables et lépreux sur fond de musique tristement gaie ou triste tout court, il va finir à quatre pattes... à aboyer avec les chiens... Lenteur des mouvements d’une caméra qui semble parfois chercher quelque chose à se mettre sous l’objectif... ankylose des nerfs et des émotions... spleen fascinant comme le vertige... ambiance sale et brouillardeuse... dialogues littéraires complètement décalés... De l’insolite dans le désespoir; voyage au bout de l’ennui; ténuité d’un propos pourtant fondamental... Pourquoi donc Dieu a-t-il croisé l’homme avec le cafard...?
NB : Ce film est sorti depuis le mois d’avril 2005... Il est toujours programmé au cinéma MK2 Hautefeuille, le mardi matin en principe.

 

 

ESPRIT DE FAMILLE - (The Family Stone) de Thomas Bezucha. (0/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Sarah Jessica Parker, Clare Danes, Diane Keaton, Rachel McAdams,Dermot Mulroney, Craig T. Nelson, Luke Wilson.

Comédie : Voici une sitcom “cinématographique” construite autour d’une star (tare ?) de la téloche dont j’ignore à peu près tout : Sarah Jessica Parker... Belle, sympathique et talentueuse comme seules peuvent l’être les vedettes de l’écran du pauvre, elle est là pour faire rire ou donner la nausée... c’est selon... Nous disons donc une famille... Un papa, une maman, deux filles et trois fils... dont un...! L’inévitable homosexuel répondant désormais aux exigences du quota tacitement établi au nom du politiquement correct... L’un des trois fils, le soir du réveillon familial (évidemment !) de Noël, emmène avec lui sa toute dernière future et promise (Sarah Jessica, bien sûr!)... que personne dans la famille (of course) ne peut sentir... l’on se demande bien pour quelle exacte raison... Enfin de l’implicite dans le cinéma américain, n’est-ce pas...! Prétexte évident à provoquer l’hilarité générale avec des situasses fort peu recherchées et pour tout dire complètement connes ! Toujours est-il que Mézigue et Moi-Même sommes restés crispés (surtout les dents !) durant toute la projection ! Pourquoi suis-je allé voir cette chose dont j’étais pourtant certain qu’elle serait une déjection ? Excellente question ! Que voulez-vous, “nobody’s perfèque”... et surtout pas moi !!! En tout cas, personne n’est obligé de m’imiter...! Et, pour être salaud jusqu’au bout, je vous raconte la fin : la Sarah Jessica de mes deux va finir dans les bras d’un des deux autres fils (l’hétéro, bien sûr) tandis que la sœur de Sarah deviendra finalement la vraie future et promise de notre héros... Pendant ce temps, la maman va passer l’arme à gauche à cause d’une maladie incurable; les sœurs - l’une enceinte - finira par accoucher, l’autre par se maquer avec le gars qui la dépucela douze mois auparavant (la morale est sauve) et le frère gay - dont le boyfriend est noir par-dessus le marché (quelle audace !) - adoptera avec son compagnon un gamin... noir bien sûr... Quant au papa, il passera du rire aux larmes et inversement... Plus lisse que ça, tu meurs trois fois !!!

 

 

LA FILLE DU JUGE - de William Karel. (3/20)
France - Couleur, 1h30 - 2005.
Avec : Clémence Boulouque et la voix de Elsa Zylberstein.

Documentaire : Auteur de l’excellent documentaire Le monde selon Bush, Karel nous revient avec... un docu... menteur ! Dans le sens où la quasi totalité du film est mise en scène avec pour personnage central et principal Clémence Boulouque, la fille du juge... que l’on voit à New York le jour même de l’attentat de septembre 2001, puis un peu n’importe où... Avec, en fond sonore, la voix de Zaza Zyzy qui nous l’articule approximative et monocorde... Le propos ? Non, ce n’est pas l’affaire Boulouque (si ce n’est par vagues sursauts, de temps à autre)... C’est la tristesse de la fille et son évocation personnelle de son papa... qu’elle a déjà effectuée par écrit dans un bouquin ! Merci beaucoup William, mais nous savons lire ! Qu’une jeune fille ayant perdu son père de façon dramatique en soit désolée et profondément marquée, quoi de plus normal ? Mais, que l’on me pardonne mon insoutenable insensibilité, en quoi, moi spectateur, puis-je être bouleversé par un événement aussi anodin au cinéma... surtout aussi platement et superficiellement offert à mon regard...? Je pensais qu’on allait peut-être nous éclairer quelque peu sur la fameuse affaire de ce “petit juge”, comme on le surnomma à un moment donné, lever un petit bout de voile... Quelque chose à se mettre sous la dent... Non. A trois fois rien du néant absolu...

 

 

GOOD NIGHT AND GOOD LUCK - de George Clooney. (8/20) 1
USA - Noir et blanc, 1h33 - 2005.
Avec : David Strathairn, Patricia Clarckson, George Clooney, Jeff Daniels, Robert Downey Jr., Frank Langella, Ray Wise, Tate Donovan.

Comédie dramatique : Années 50 aux States... Années noires des listes noires... McCarthy, au lieu de chasser ses propres démons, s’amusait en chassant de la sorcière...! Cela dit, il n’était ni tout seul ni très contesté... Ainsi, bon nombre d’artistes notamment se couchèrent par peur et par précaution... Mais, que celui qui n’a jamais eu la trouille, n’est-ce pas, jette la première pierre...! Cependant, il y avait aussi des gars comme Edward R. Murrow, incorruptible passionné de la vérité vraie... Un pur et dur... Lui et ses collaborateurs, bien sûr. Il s’agit d’un présentateur de sujets d’actualité à la télé, plus précisément sur la chaîne CBS. Il ne manquera pas l’occasion de ruer dans le gras du fameux sénateur-chasseur en révélant les dessous de l’affaire Milo Radulovich, un pilote de l’armée injustement congédié. Un an plus tard, McCarthy se verra prononcer un blâme à son encontre... Petite victoire...? Pas tant que cela au vu des efforts et du courage dont il aura fallu faire preuve à Murrow et son équipe...! De quoi réfléchir sur la relativité entre la témérité nécessaire et le résultat obtenu... Quant à Clooney réalisateur, il prouve pour la deuxième fois qu’il prend grand soin de sa mise en scène. Toutefois, compte tenu de l’ennui moyennement distillé - à mon goût du moins, son travail relève plus de l’exercice de style que d’une interaction aboutie entre fond et forme. Le manque de densité et d’émotion est dû au parti pris de Clooney de dédramatiser autant que peut se faire, d’utiliser une musique ouatinée pour souligner, à contre emploi, les émotions fortes... doucettement proposées. En résulte, pour ma part une fois de plus, une sorte d’anesthésie quasi générale... du moins à de nombreux moments. Le plus embêtant reste encore une utilisation intempestive du numérique en noir et blanc... afin de restituer l’ambiance des années cinquante... Que nenni ! C’est le contraire qui se produit; le virtuel “éclat” du numérique jure terriblement avec l’effet désiré... En revanche - et je préfère terminer là-dessus - la distribution est parfaite. Pour la bonne raison, notamment, que Clooney a fait un véritable choix d’acteurs correspondant aux personnages... sans sacrifier aux exigences de rentabilité en employant des stars en raison de leur cote au box-office...

 

 

LORD OF WAR - de Andrew Niccol. (20/20) 1
USA - Couleur, 2h02 - 2005.
Avec : Nicolas Cage, Jared Leto, Bridget Moynahan, Ethan Hawke, Ian Holm.

Drame : Yuri et sa famille, d’origine ukrainienne, sont des émigrants d’avant l’effondrement soviétique. Audacieux et vif d’esprit, Yuri va choisir comme métier : trafiquant d’armes... et se fera une belle place, grâce à sa débrouillardise, au soleil du marché international de la... mort. De plus en plus aisé, il finira fort riche et aura réussi au passage à séduire la femme de ses rêves, Ava la star mannequin. Sa conscience finira-t-elle par le travailler...? Voilà ce que j’appelle un film complet ! Niccol nous trace le parcours au fil des années, puis des décennies, d’un gars parti matériellement de rien pour arriver à acheter le diable en lui vendant son âme... L’auteur ne se confine pas dans la prise de position mais nous offre un vrai spectacle en sus. Pas un temps mort dans cette œuvre où aventures, humour cynique, dénonciation de faits authentiques, sentiments vrais ou faux se côtoient sans se faire de l’ombre... Le personnage principal est-il un vrai salaud ? Probablement, mais... ne cesse de nous dire Niccol. Il parvient à nous le rendre attachant par certains aspects sans jamais tomber dans l’outrance ni son contraire. Du vrai cinéma qui amuse, passionne et dérange ou remet en question... Paradoxalement, je n’ai pas très envie de m’étendre. Il s’agit d’un film qu’il faut - tout bonnement - aller voir... si tant est que l’on aime le cinoche !

 

 

SAW 2 - de Darren Lynn Bousman. (0/20)1
USA - Couleur, 1h35 - 2005.
Avec : Tobin Bell, Donnie Wahlberg, Shawnee Smith, Franky G., Glenn Plummer.

Horreur : Pourquoi aller voir la suite d’une saloperie sadique...? Excellente question, une fois de plus ! Va falloir que je revoie ma liste et que je cesse de m’emmerder...! Le tueur fou et vicieux, malade du cancer, continue à faire des siennes en enfermant des gens, pas toujours très propres en eux, dans son sous-sol cradingue et en les obligeant à se torturer eux-mêmes s’il veulent avoir une chance de s’en sortir... Le sang gicle de partout... forcément, c’est un film d’horreur (oh! désespoir !)... Tout y est étudié affreux jusqu’aux acteurs et trices qui sont tous laids et cons...! Que dire de plus... sinon se poser la question de savoir si les spectateurs qui prennent leur pied avec ce genre de trucs... ne sont pas un peu timbrés...? Avis aux intéressés : Saw 3 est en préparation...!

 

 

UNE VIE INACHEVEE - (An Unfinished Life) de Lasse Hallström.. (8/20) 1
USA - Couleur, 1h41 - 2004.
Avec : Robert Redford, Jennifer Lopez, Morgan Freeman, Becca Gardner, Josh Lucas, Damian Lewis, Camryn Manheim.

Drame : Suite à la mort accidentelle et par trop prématurée de son fiston, Einar le rancher (Robert Redford, toujours vaillant) s’est isolé dans sa propriété en compagnie de son meilleur pote Mitch (Morgan Freeman, toujours classieux). Malheureusement pour tout le monde, la belle-fille (tenue par Einar pour responsable de la mort de son fils), va débarquer sans crier gare avec sa fillette, fuyant toutes deux un compagnon de la maman un peu trop brutal... La belle-fille, c’est Jennifer Lopez... la fameuse poupée gonflable qui te dégonfle un film d’un claquement de doigts dès qu’elle apparaît à l’écran. Bon. Comme je l’ai déjà dit quelque part, Lasse (non, non, non, je ne ferai pas un mauvais jeu de mots de plus !) est devenu très inégal depuis qu’il est aux ordres du billet vert... Lui, qui nous gratifia du splendide Ma vie de chien, il y a une vingtaine d’années... Cette fois, il nous a ficelé - à peu près correctement , mais avec de la grosse ficelle évidemment - un mélo que l’on a l’impression d’avoir déjà vu une centaine de fois. La belle-fille est-elle réellement coupable ? Pourquoi Einar s’occupe-t-il de son ami Mitch avec autant de dévouement ? Et ce bel ours... quel est son rôle dans cette histoire...? Autant de questions qui auront inévitablement une réponse claire, nette et bien jolie comme il faut... On m’a reproché dans mon entourage d’avoir mis la même appréciation au film de Hallström qu’à celui de Clooney (voir plus haut)... C’est que dans son genre, je dis bien dans son genre, Une vie inachevée me semble plus... achevé. Mais, comme il s’agit d’un genre que je ne porte pas spécialement dans mon palpitant, les deux films se rééquilibrent... Et puis, merde ! Je note comme je le veux... en fonction du bon plaisir... que me procurent les films lors de leur vision... et non après analyse.

 

 

 

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