FEVRIER 2006
Semaine 09  Du 22-02-2006 au 28-02-2006

 

DOWN IN THE VALLEY - de David Jacobson. (15/20)
USA - Couleur, 1h52 - 2005.
Avec : Edward Norton, Evan Rachel Wood, David Morse, Rory Culkin, Bruce Dern.

Western : Nouveau genre une fois de plus : le western urbain schizophrène... Une jeune fille de dix-huit ans, October dite Tobe, s’ennuie grave... son petit frangin de treize balais itou... Because, leur papa, seul à les élever s’y prend plutôt mal et merdoie souvent... Par une belle journée ensoleillée, Tobe s’amuse à draguer un pompiste d’une trentaine d’années, Harlan... qui n’hésite pas à quitter illico son boulot pour suivre la demoiselle qui l’invite à venir à la plage... Vont pas tarder à tomber amoureux, les deux tourtereaux... Mais le père de Tobe va flipper très sérieusement ! En effet, il sent mal le gars Harlan... Faut dire que ce dernier est un peu spécial... Cow-boy de métier n’ayant plus de travail, il est descendu en ville... le cerveau chargé de rêves, et surtout, en décalage total avec le monde moderne... Le film démarre pianissimo - on s’ennuie presque - mais pour mieux évoluer en un lent crescendo vers un drame parfaitement bordélique... ! C’est à ce moment-là que l’on se retrouve en plein western ! N’en disons pas plus, le scénario est savamment étudié pour étonner le spectateur. Et Edward Norton est d’une finesse et d’une ambiguïté extraordinaires ! Se baladant entre fable et tragédie, cette œuvre trouve son équilibre dans l’expression réaliste d’un onirisme désenchanté et qui n’est plus de mise de nos jours... A voir toutes affaires “cassantes”, because cette toile de grande qualité est très très mal distribuée et risque fort de passer inaperçue...

 

 

FALLING INTO PARADISE - de Milos Radovic. (7/20)
Serbie / France / Allemagne - Couleur, 1h34 - 2005.
Avec : Lazar Ristovski, Branka Katic, Simon Lyndon, Olivera Markovic, Bogdan Diklic.

Comédie : En avril 1999, Belgrade est sous les bombes de l’Otan. Lubi le colérique ne cesse de grogner contre les Américains, le gouvernement et tout le reste... Sa soeur, au contraire, croit encore au rêve américain. Tous deux vivent avec leur mère et la fillette de la frangine. Ce qui donne une famille pas triste... ! Le furibard Lubi vit de trafics; c’est le roi du marché noir. Cela lui permet notamment de posséder un lance-missiles... qu’il n’hésitera pas à utiliser dès que l’occasion d’abattre un avion ennemi se présentera ! L’engin volant abattu, un soldat américain parachuté lui tombe tout cuit du ciel dans sa demeure... Lubi va le garder en otage et tenter de monnayer sa libération... Alors que sa frangine tombe amoureuse folle du bidasse, lui trouvant une ressemblance avec Robert Redford... De délires faciles en situations cocasses mais aussi lourdes que légères si j’ose dire, nous allons nous retrouver - avec assez souvent le sourire aux lèvres tout de même - dans le domaine du “n’importe quoi” à maintes reprises... Cela donne du sous Kusturica à la sauce “rions z’un peu”... C’est bien dommage car il y avait matière à faire du plus que correct ! Milos Radovic semble proposer aux Ricains de fumer le calumet de la paix tout en rendant Lubi pittoresque quoique parfois par trop antipathique... Le rôle est assuré par Lazar Ristovski qui reprend le même type de personnage que celui de Underground ... mais excessivement caricatural. Côté comédiens, nous retiendrons surtout la grand-mère (Olivera Markovic) avec sa prothèse dentaire qui l’empêche d’articuler sans chuinter; et plus particulièrement, Bogdan Diklic (le protagoniste de Au feu ! - voir critique Cinékosma ) plus que parfait dans le rôle d’un délirant gardien d’une salle d’opéra...

 

 

FAUTEUILS D’ORCHESTRE - de Danièle Thompson. (0/20)
France - Couleur, 1h46 - 2005.
Avec : Cécile de France, Valérie Lemercier, Albert Dupontel, Claude Brasseur, Dani, Christopher Thompson, Laura Morante, Suzanne Flon et Sydney Pollack.

Comédie : Après deux “bourgeosieries” (La bûche et Décalage horaire ), dont les relents sont encore présents dans mes narines, Madâme Thompson nous en sert... une troisième ! Tout bonnement... Pourquoi se ferait-elle chier puisque ça marche !?! Cette “étonnante galerie de portraits” dixit je-ne-sais quelle article de merde, se compose d’une jeune provinciale (Cécile de France) montée à Paris pour y travailler dans le luxe afin de pouvoir admirer à loisir le charme éhonté de la haute société; d’une comédienne chieuse qui ne cesse de cracher dans le “soap” (Valérie Lemercier); d’un pianiste fatigué de jouer pour un public mondain (Albert Dupontel); d’un richard vieillissant qui vend aux enchères toute sa collection de tableaux et de son fils qu’en a marre de son fric (Claude Brasseur et Christopher Thompson); ou encore d’un cinéaste américain célèbre (Sydney Pollack) qui va être fasciné par Catherine Versen alias Lemercier (faut le voir pour le croire...!!!). Il y en a d’autres encore mais on va abréger la liste avec un “tzétéra” sans appel. D’une démagogie terrifiante, ce méfait cinématographique a la prétention de nous émouvoir en passant du rire aux larmes et vice et versa. La jeune provinciale s’exclame à un moment donné à l’adresse d’un collègue : “... pourquoi es-tu toujours malheureux, tu n’es ni pianiste ni riche” (sic !)... Ce doit être sans doute de l’humour à un degré... auquel tout le monde ne peut accéder... En tout cas, la mission qui consistait à consoler les personnes de condition modeste en leur ressassant que l’argent ne fait pas le bonheur - bien au contraire ! - est accomplie. Le film est un succès...! Ahhhh!!! Quand le Plouc s’éveillera, le Monde refleurira... !

 

 

L’IVRESSE DU POUVOIR - de Claude Chabrol.(10/20)
France - Couleur, 1h50 - 2005.
Avec : Isabelle Huppert, François Berléand, Patrick Bruel, Robin Renucci, Thomas Chabrol, Marilyne Canto, Jean-François Balmer, Jacques Boudet, Pierre Vernier,Jean-Christophe Bouvet, Roger Dumas, Jean-Marie Winling.

Comédie dramatique : Ah, voilà enfin un “Chabrol” qui ressemble à du “Chabrol” d’autrefois...! Il faut préciser que cette fois - ce ne fut pas le cas depuis fort longtemps - il a une bonne histoire à raconter. Une bonne histoire plutôt bien scénarisée moyennement mise en valeur par une réalisation correcte... et, malheureusement, moyennement dévalorisée par un casting de comédiens que je n’affectionne pas des masses, mais qui, cela dit, ont déjà fait bien pire... Soyons justes ! Cette intrigue, comme chacun le sait probablement, s’inspire d’une affaire célèbre, une série de magouilles politico-financières. Toutefois, le film va au-delà en nous invitant à réfléchir sur l’ivresse du pouvoir... (d’où le titre, n’est-ce pas...) Pas seulement celle des hauts fonctionnaires et des personnalités balèzes et fortement implantées dans le décor socio-politique... mais celle d’à-peu-près tout le monde. En l’occurrence, Chabrol nous propose ici le portrait intéressant parce que complexe d’un personnage au service de la Justice mais aussi de son ego... Malgré les ambitions de cette juge d’instruction, la réplique d’un des personnages du film finit par se vérifier : “... nous n’avons que le pouvoir que l’on nous accorde...” Pas mal, pas mal... Je vais finir par me réconcilier avec Claude s’il continue ainsi... surtout qu’il a donné pour une fois un vrai rôle à Pierre Vernier.

 

 

PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) - (Prime) de Ben Younger. (2/20)
USA - Couleur, 1h45 - 2005.
Avec : Uma Thurman, Meryl Streep, Bryan Greenberg, Jon Abrahams.

Comédie : Ici, la composition du trio sentimental est originale. Il ne s’agit point du mari, de la femme et de l’amant... mais de la mère, du fils et de sa “girlfriend” qui est également la patiente de la maman psychiatre... C’est tout ! Une fois que tu as pigé ça, tu peux partir. Malgré la présence de la formidable Meryl Streep. Eh oui...! Les auteurs de cette sitcom tenaient pourtant une assez bonne idée. Une situation délicate qui se prêtait fort bien à plein plein plein de quiproquos qui eussent pu être très amusants... Seulement voilà, c’est la tendance générale de nos jours, les scénaristes se suffisent de la portion congrue... La maman psy ignore que sa patiente de trente-sept ans sort avec son fiston “surmaterné” âgé de seulement vingt-trois ans... Lorsqu’elle l’apprendra, les scénaristes se contenteront de nous servir quelques vannes salaces qui, normalement, ne devraient plus faire sourire personne. Et, par-dessus le marché, la morale puritaine sera sauve...! Je vous laisse deviner de quelle manière... bien que je soupçonne que vous vous en fichez comme de votre première paire de lacets...

 

 

THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD - de Guy Maddin. (6/20)
Canada - Noir et blanc, 1h39 - 2003.
Avec : Isabella Rossellini, Mark McKinney, Maria de Medeiros, David Fox, Louis Negin.

Comédie : Un concours de la musique la plus triste du monde... à Winnipeg, Canada, dans les fortement dépressives années trente... Concours organisé par la “reine de la bière” ayant flairé le bon coup à l’approche de la fin de la prohibition... Entre autres concurrents, il y aura son ex, un producteur ruiné... D’où toute une série de situations insolites puissamment colorées d’humour noir ! Le très déjanté Guy Maddin nous la sert décalée balèze... Formellement, le film est aussi étonnant que parfois foireux... Un noir et blanc numérique plutôt désagréablement flou (c’est fait exprès, je vous rassure) au service d’une ambiance sordide dégageant cependant quelque chose de fascinant... Une sorte de laideur fascinante, chargée de secrets mystérieux et bien sûr de drôlerie... On rit de temps en temps... “Zat’ s all”...

 

 

SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS - de Fabienne Godet. (3/20)
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Olivier Gourmet, Dominique Blanc, Julie Depardieu, Marion Cotillard, Jean-Michel Portal, Jean-Marie Winling.

Drame : Je dois être définitivement con ! Quand on lit les critiques publicitaires de cette toile, on a le sentiment d’avoir affaire au film (pour le moins !) de l’année ! “De grand moments d’émotion pure”... “Absolument poignant”... “Une tension folle”... “Bouleversant et irréfutable” (sikkk !)... J’en passe et des vachement “irréfutables”... ! Il y en a quatorze comme ça... On ne va pas y passer la soirée ! Moi, que Dieu me pardonne, je n’ai vu qu’une toute petite chose médiocre, sans quasiment aucun intérêt... si ce n’est l’interprétation remarquable d’Olivier Gourmet... c’est ce que j’appelle du gâchis de talent ! C’est l’histoire - très actuelle (marre des actualités !) - très simple et très douloureuse d’un homme dont un collègue injustement licencié se suicide... Le brave protagoniste va donc flipper gravement... jusqu’à commettre le meurtre dont on va l’accuser...? Au vu de la platitude de la narration et de la mise en scène... force m’est de constater une fois de plus qu’il s’agit là d’un téléfilm... même pas déguisé... Voilà avec quoi on encombre les salles de cinéma...

 

 

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SYRIANA - de Steven Gaghan.(15/20)
USA - Couleur, 2h07 - 2005.
Avec : George Clooney, Matt Damon, Jeffrey Wright, Chris Cooper, William Hurt, Christopher Plummer, Michelle Monaghan, Tim Blake Nelson, Amanda Peet.

Espionnage : Dans un émirat arabe, le conflit de deux princes héritiers, Nasir et Meshal... L’un est progressiste et préfère traiter une grosse affaire de gaz naturel avec la Chine qui, à priori propose un meilleur prix que les Ricains; l’autre est con... et un peu servateur... et se laisse volontiers influencer par les “biznessmen” américains... L’affaire est si grosse et sérieuse que tout le monde va s’en mêler... Y compris, bien sûr, la CIA dont le vétéran, Bob Barnes va être mis sur le coup... chargé qu’il sera - rien de moins - d’éliminer l’un des deux princes... D’entourloupes en vacheries sanglantes, on ne va plus savoir qui baise qui dans cette histoire...! C’est du reste le seul gros problème de ce très bon film... on a beaucoup de mal à suivre... Dommage, dommage... En revanche, le parti pris de passer (comme le dit l’auteur) “du général au particulier” est passionnant; à savoir, nous montrer les espions, les hommes d’affaires, les magouilleurs et autres protagonistes de ces sombres manipulations, dans leur intimité quotidienne... Cette démarche permet de prendre conscience que les forces dites occultes ne sont pas si occultes que cela... et qu’au plan individuel, l’on peut tous se sentir responsables. Outre cela, l’aspect spectaculaire de l’oeuvre est remarquablement mis en images et les acteurs, George Clooney en tête, assurent comme des bêtes... Mention spéciale dans un second rôle à Tim Blake Nelson... qui a une tronche, j’te raconte pas !

 

 

UN JOUR EN SEPTEMBRE - (One Day in September) de Kevin Mac Donald. (8/20)
Grande-Bretagne - Noir et blanc, couleur, 1h32 - 2000.
Avec la voix de : Michael Douglas.

Documentaire : A l’occasion de la sortie du dernier film de Spielberg, Munich, l’on a également sorti... des tiroirs... ce docu datant de plusieurs années. Oscarisé à l’époque, c’est d’autant plus étonnant... Mais bon, on s’en fout, il est désormais sur les écrans et il n’est pas interdit de s’y intéresser de plus près. En effet, on nous révèle assez minutieusement l’ensemble des événements plutôt tragiques de ces fameuses vingt-quatre heures de Munich... La première partie en est la moins bien maîtrisée, m’a-t-il semblé, et l’on n’est réellement accroché qu’aux alentours de la dernière demi-heure. Où il est question, d’une manière précise, de l’incroyable amateurisme des services de sécurité allemands de l’époque... A titre d’exemple, les responsables de l’opération envoient cinq tireurs d’élite pour accueillir les terroristes... dont on a décidé tout à fait arbitrairement qu’ils étaient au nombre de cinq... alors qu’ils furent huit...! D’où un sacré massacre !!! Bref, pour ceux que ça intéresse...

 

 

 

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