FEVRIER 2006
Semaine 08  Du 15-02-2006 au 21-02-2006

 

THE BALLAD OF JACK AND ROSE - de Rebecca Miller. (10/20) 1
USA - Couleur, 1h52 - 2004.
Avec : Daniel Day-Lewis, Camilla Belle, Catherine Keener, Beau Bridges, Jason Lee.

Drame : En 1986, dans une île perdue quelque part au large de la côte Est des States, vivent en solitaires un père et sa fille, Jack et Rose... Autrefois, cet endroit fut habité par toute une petite communauté hippie... mais aujourd’hui, les potes de Jack sont partis depuis un bail et sa femme est décédée... Qui plus est, le gars Jack est très malade du palpitant... alors que dans le même temps sa fillette grandit et se transforme en jeune fille... Lui mort, que va-t-elle devenir ? Le suivre dans son dernier voyage...? Leur amour est si exclusif que cette éventualité, elle, n’est pas exclue... Le père, durant des années a voulu protéger sa fille du monde merdique, régressif et décadent... total, ils sont devenus inséparables... Afin d’éviter le pire, Jack tente un coup un peu foireux. Il fait venir sa maîtresse avec ses deux fils dans l’île... La réaction de Rose sera pour le moins insolite... D’ailleurs, l’ensemble du film est par bien des aspects étrange... irréel... Jack et Rose sont si décalés et mènent une existence si sereine, ouatinée et hors du temps qu’ils ont des allures de fantômes... Et pour cause... Le refus de Jack du monde “moderne” est si entier qu’il use parfois du fusil pour dissuader un bâtisseur de baraques en plastoc de polluer l’île... ! Bien que faible en densité, cette oeuvre est souvent touchante de par la sensibilité idéaliste des protagonistes. Il s’en dégage une sombre et mélancolique poésie en complète opposition avec les profiteurs ou les victimes de l’engrenage du “progrès”. Dommage que la qualité de l’image ne soit pas à la hauteur...

 

 

BROTHERS - (Brodre) de Susanne Bier. (15/20)
Danemark - Couleur, 1h50 - 2004.
Avec : Connie Nielsen, Ulrich Thomsen, Nikolaj Lie Kaas, Sarah Huel Werner.

Drame : L’un est jeune, l’autre un peu moins; l’un est un petit voyou, l’autre un soldat; l’un est faible, l’autre est fort... Ils sont frères. Lorsque l’aîné est envoyé en mission en Afghantistan, le petit voyou va s’assagir... surtout lorsque la famille apprendra le décès de Michael (l’aîné) dans un “crash” d’avion... Le jeune homme va même tout faire pour aider l’épouse du frangin et leurs deux filles... se rendre utile en retapant leur cuisine... se rendre agréable avec sa pittoresque présence, son humour et ses timides sourires... Ira-t-il trop loin avec l’épouse de Michael, son frangin...? Parce que... les porteurs de mauvaises nouvelles se plantent parfois... Difficile de ne rien raconter tout en voulant exprimer les émotions fortes, les points culminants de cette oeuvre qui prend à bras-le- corps l’indicible amour, l’atroce beauté de gestes tragiques utiles à la survie de cet amour ainsi que le beau respect que cet amour inspire au jeune frère... ! Dure, la toile !!! Dure, dure...! Un vaccin contre la condition humaine... Ponctué par des plans surréalistes qui visent direct le palpitant et une musique planante, ce film bénéficie également d’une interprétation “haut de gamme” ! Mention spéciale au deux frangins : Ulrich Thomsen et Nikolaj Lie Kaas. Quant à Connie Nielsen, on comprend mieux, grâce à sa présence, pourquoi l’amour rend fou...!

 

 

ILS NE MOURAIENT PAS TOUS , MAIS TOUS ETAIENT FRAPPES - de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau. (14/20)
France - Couleur, 1h20 - 2005.

Documentaire : De nos jours, l’esclavage est officiellement aboli... toujours ça de pris... Dans la pratique, il semblerait plutôt qu’il y ait une recrudescence de travaux forcés, par nos temps modernes où les joueurs de “Monopoly” grandeur nature veulent toujours plus... toujours plus... toujours plus... ! Il serait peut-être temps de cesser ce petit jeu avant que nos sociétés ne fassent “tilt”! Bouffer davantage pour déféquer davantage... voilà comment je résume la chose, personnellement...! Ici, l’on nous montre plusieurs entretiens de personnes rendues malades par leur boulot avec des toubibs et psys pas ordinaires... Des gens qui tentent réellement de les aider en les écoutant les oreilles grandes ouvertes afin de bien les comprendre... puis conseiller. Toutes les catégories de travailleurs étant “frappées”, nous entendons aussi bien un cadre qu’une ouvrière exposer leurs souffrances... Pressions de plus en plus insupportables, humiliations et tout le bazar, menant droit à la dépression nerveuse et autres joyeusetés... ! Voilà un film “utile”, comme j’aime à les appeler. Très intéressant mais... un peu timide à mon goût... Il y a manque d’énergie tant au niveau du fond que de la forme... Le film eut certainement été dynamisé par davantage d’entretiens différents avec un montage croisé, par exemple... Non point que je veuille refaire le film; j’essaie simplement d’expliquer ma (très relative) déception... Pour ce qui est du fond - à part la conclusion intitulée “Viatique” - cela tourne un peu en rond... ça bégaie, n’ose pas trop dire... On met le chagrin en avant omettant ainsi d’approfondir la question sociale... Non, il ne s’agit pas du film percutant que j’attendais... toutefois, il est largement pertinent ! Par les temps qui courent, il va nous falloir réviser sérieusement le dicton : “Le travail, c’est la santé”! C’est ce que ce documentaire s’emploie à faire. A l’évidence ! Et c’est son principal mérite.

 

 

NANNY MCPHEE - de Kirk Jones. (0/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h37 - 2005.
Avec : Emma Thompson, Colin Firth, Kelly MacDonald, Angela Lansbury,Derek Jacobi.

Fantastique : Un jeune veuf, père de sept enfants, a bien du mal à garder une nurse plus de quelques jours ! Faut voir les garnements ! D’affreux petits salopards dont le jeu favori est justement de torturer les nounous afin qu’elle démissionnent au plus vite...! Ils sont si odieux... que le Ciel est obligé de s’en mêler... Le pauvre veuf ayant épuisé tout le stock de nourrices de la région, arrive miraculeusement... Nanny McPhee...! D’une laideur effrayante (tout le contraire de Mary Poppins !), elle fait immédiatement forte impression sur les mômes... avec la sévérité en sus ! Ils la prennent pour une sorcière, alors qu’il ne s’agit que d’une magicienne... pas si méchante que ça dans le fond... Mais, comme elle se doit de dresser les petits monstres, elle fera tout - implacablement - pour remettre de l’ordre dans cette famille fortement perturbée. C’est peu de dire qu’il s’agit d’un film raté ! Outrancier, bâclé, antipathique au possible; couleurs criardes, humour foireux, mise en scène de primate... rien ne manque pour écœurer le spectateur le plus indulgent ! L’énorme cerise, c’est Emma Thompson elle-même (auteur du scénario !!!)... Grimée de la plus ridicule manière, elle fait rire au trentième degré ! Le vrai gag du film, c’est la gueule que fait le fan d’Emma au charme fou lorsqu’elle fait son apparition ainsi arrangée...!!! Un désastre !!!

 

 

LE NOUVEAU MONDE - (The New World) de Terrence Malick. (20/20)
USA - Couleur, 2h13 - 2005.
Avec : Colin Farrell, Q’Orianka Kilcher, Christopher Plummer, Christian Bale, David Thewlis, Wes Studi, August Shellenberg.

Aventures : Malick est un cinéaste rare dans tous les sens du terme. Quatre films en trente ans ! Qui dit moins ? La balade sauvage, Les moissons du ciel, La ligne rouge... et maintenant, ce bijou à la magnificence indescriptible... ! Il revisite l’histoire d’amour impossible de la jeune Pocahontas et d’un officier de l’armée british, John Smith. Le choc du vieux et du nouveau monde est ici évident. Un réalisme poétique on ne peut plus crédible nous entraîne dans une nature aussi splendide que dangereuse. On y est tout bonnement ! Bouche bée, on découvre des indigènes si vrais que l’on se demande si c’est nous qui avons pénétré l’écran ou si ces personnages ont fait un voyage dans le temps pour revivre sous nos yeux ébahis une aventure vécue il y a fort longtemps. En 1607 exactement. Trois bateaux anglais et leurs navigateurs débarquent dans l’actuelle Virginie afin de coloniser un territoire dont ils ignorent tout. Ils vont être surpris ! Les “sauvages” ont une culture et une façon de vivre fort bien structurées... quant à la nature, cette nature que Malick place pour le moins au premier plan de sa mise en scène, elle va leur cogner la gueule de la balèze manière...! Les conflits saignants vont alterner avec des scènes d’une magique tendresse... John Smith va s’enrichir l’esprit quelque chose d’inédit pour lui en découvrant ce fameux nouveau monde au sein de la tribu du chef Powhatan... Ce n’est pas tant l’histoire qui épate... C’est la lyrique harmonie des images que nous propose un Malick particulièrement inspiré. Il filme comme personne... ou plutôt comme lui... et seulement lui ! Il ponctue à sa guise... met les virgules où bon lui semble... le sommet de l’art de l’ellipse et du montage ! Il nous fait de la musique avec les images... et des images avec la musique... Il nous sert ça avec toute l’audace permise à un grand artiste. Incroyablement poétique et étonnamment sobre à la fois ! Un mélange qui génère un parfait équilibre dans un parfait déséquilibre. Admirable !

 

 

NOUVELLE CUISINE - (Dumplings) de Fruit Chan. (0/20)
Hong-Kong - Couleur, 1h31 - 2005.
Avec : Myriam Yeung, Bai Ling, Tony Leung Ka-Fai.

Fantastique : Des raviolis au foetus humain de cinq mois... ça vous dit ? Histoire de rajeunir...? Non...? Eh ben, y en a que cela ne dégoûte point... comme cette star vieillissante qui va donc voir une sorcière qui sait lui préparer le truc à la perfection... mijoté, fignolé, tzétéra... A part cette ineptie dégueulasse, t’as pas trace de scénar dans ce film parfaitement vain...! Tu te fais chier en gerbant ! Comme ça, c’est complet !!! Le cinéma asiatique n’a pas fini de nous étonner par son incommensurable idiotie congénitale ! Vu le nombre de toiles qui sortent en ce moment, je pense que l’on peut sans hésiter se dispenser de perdre son temps avec ce délire totalement débile !

 

 

TOUTE LA BEAUTE DU MONDE - de Marc Esposito. (0/20)
France - Couleur, 1h43 - 2005.
Avec : Marc Lavoine, Zoé Félix, Jean-Pierre Darroussin, Albane Duterc.

Comédie dramatique : Sacré Esposito ! Voilà qu’il nous sert de l’inconcevable... du “Nous Deux” avec des images qui bougent... de l’intolérable...! Une nana qui vient de perdre son mari, flippe et déprime... Visiblement, elle a besoin de vacances ! Alors, Esposito l’envoie à Bali par l’intermédiaire de l’ami d’un ami... qui en plus va chuter amoureux de la nénette... Il va d’ailleurs la rejoindre dans ces décors de cartes postales, histoire de la draguer... passque, le bougre, jamais, vous entendez, jamais de sa vie, n’a ressenti quelque chose de semblable pour une femme... ! Alors, de fadeur en insipidité, les scènes creuses et sentimentalo-imbéciles s’enchaînent effrontément ! Il faut vous dire, M’sieu-Dames, que par-dessus le marché, Marco a adapté cette “histoire” (?) de son propre bouquin ! Un bouquin de gare, sans doute... mais à lire exclusivement dans les chiottes du train ! Ce fabuleux Marco de la B.B.B. (Bof-Beurk-Bourge) Génération sait donc tout faire, mazette !!! C’est quand que tu te mets au violon, eh le surdoué ?!? N’empêche, toute la beauté du monde... avec les gueules de Lavoine et Zoé, fallait oser !!!
Nota Bene : ce film est bien évidemment, d’ores et déjà, un grand favori dans la course au “Navet d’or” de Cinékosma.

 

 

13 TZAMETI - de Gela Babluani. (0/20)
France - Noir et blanc, 1h33 - 2005.
Avec : Georges Babluani, Philippe Passon, Vania Villers,Fred Ulysse,Aurélien Recoing

Policier : Spécial Mézigue : “En noir et boue, un jeune couillon prend l’identité d’un vieux con pour aller jouer à la méga roulette russe organisée par une bande de fous friqués... S’il reste en vie, le gamin va ramasser un magot ! Faut dire que le jeu est cruel et que t’as peu de chances de t’en sortir ! Je ne vais pas faire le salaud, je ne vais pas tout raconter, d’autant que l’idée est bonne ! Le problème, c’est l’amateurisme inouï de la réalisation... l’interprétation calamiteuse notamment de Jojo Babluani aussi expressif qu’une bite de lézard... et aussi gauche que le roi des “gogols” ! La plupart des autres, du reste, ne déméritent pas ! C’est dire la puissance du film... du spectacle grandiose... de la nullité érigée en art suprême...! Vous inquiétez pas, les critiques sont heu-reux !!! Alors, on a créé un événement autour de ce navet... Je crois, bien que l’on puisse être parfois indulgents avec des toiles à tout petit budget, qu’il y a, comme dirait le sage, des limites à ne pas dynamiter...! Bordel, c’est tout bonnement inadmissible ! On ne va tout de même pas se voir obligé d’instaurer le label “Amateur”... organiser un festival de cinéastes du dimanche à Pouilleuse-la-Joie... Faudrait voir à cesser ce genre d’abus... prendre les spectateurs pour des cons, pour parler direct et franc... Vacherie de bordel de merde!!!”

 

 

WALK THE LINE - de James Mangold. (8/20)
USA - Couleur, 2h17 - 2004.
Avec : Joaquin Phoenix, Reese Witherspoone, Shelby Lynne, Robert Patrick.

Drame : Voici donc la fameuse bio du non moins fameux Johnny (Cash, bien sûr !). Bien que je ne sois pas un grand connaisseur, il me semble qu’il s’agit d’une version plutôt soft... En tous cas, il y est avant tout question de son histoire d’amour avec June Carter... qu’il mettra quinze ans à épouser. C’est pourquoi la partie la plus intéressante du film est finalement la première heure... Son enfance marquée à jamais par la mort accidentelle de son grand frère, ses débuts difficiles, ses rencontres avec des musicos du genre Presley ou Jerry Lee Lewis... La deuxième partie nous les broute quelque peu avec donc cette romance un peu fadasse, il faut bien le dire... dont le seul point fort reste son mémorable concert chez les taulards de Folsom en 1968. Les protagonistes, Phoenix et Reese - qui auraient été choisi par Cash et June themself, décédés en 2003 avant la réalisation du film - sont comme des poissons dans l’eau dans une mise en images conventionnelle mais efficace. Pour ce qui est de la zizique “country rock”, à mon goût, personne - même pas Cash - n’arrive au trou de chaussette de Neil Young... Malgré le côté gnangnan, on a bien sûr le droit de se laisser tenter... en payant sa place au risque de s’ennuyer durant la deuxième heure, comme ce fut le cas pour Mézigue and Myself...

 

 

 

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