SEPTEMBRE 2005
Semaine 39  Du 21-09 au 27-09-2005

 

AUX ABOIS - de Philippe Collin.(0/20) 1
France - Couleur, 1h37 - 2004.
Avec : Elie Semoun, Ludmila Mikaël, Philippe Uchan, Laurent Stocker, Henri Garcin.

Drame : Dans les années cinquante, un “psycho” très légèrement “pathe”, voyant la quarantaine lui pendre au nez alors qu’il est dans une mouise financière sérieuse, tue à coups de marteau un usurier immonde... Une sorte de variante sur le thème de “Crime et châtiment”... sauf que ça n’a rien à voir... Circulez ! A part l’excellent Henri Garcin (que l’on se réjouit de retrouver après une longue absence) et peut-être... quelque peu... n’est-ce pas... Elie La Semoule... les acteurs sont atroces de nullité ! Faut dire que l’ensemble est sans doute voulu un peu théâtral (je suppose...) par le père Collin-Maillard qui nous sert quelques décors miteux dans le style carton-pâte... et où résonnent des dialogues profondément creux... En fait, quand j’y repense, il ne se passe rien dans ce navet... une fois de plus...!

 

 

PARADISE NOW - de Hany Abu Assad.(10/20) 1
Palestine - Couleur, 1h27 - 2004.
Avec : Kais Nashef, Alis Suliman, Lubna Azabal, Amer Hlehel, Hiam Abbass.

Drame : Que se passe-t-il dans la tête d’un kamikaze palestinien à la veille d’une mission-suicide...? Du reste, en l’occurrence, ils sont deux. Et, c’est à partir de cette nuance, que le film commence à m’intéresser encore davantage... au niveau de la réflexion... Certes, je vous rassure tout de suite, il ne s’agit pas d’une oeuvre platement linéaire et nous avons droit à du “surprenant” qui casse fort heureusement la monotonie tant redoutée par Mézigue et Moi-Même... Tout n’est pas parfait dans cette toile, mais ne bavons pas dans le potage, s’il vous plaît ! Je reverge... Réflexion personnelle... Entre une infinité d’autres... Ces individus, ayant souffert dans leur chair et par ailleurs, manipulés (forcément qu’il y a manip’ dès qu’on organise une opération, de quelque nature qu’elle soit) par un groupe de résistants terroristes, que pèsent-ils individuellement... justement... ? Voilà, me semble-t-il, la principale question qui se dégage de ce film - au-delà du conflit israélo-palestinien... Qui décide finalement...? Quelles peuvent-être les motivations - si l’on exclut certains cas extrêmes (car les deux hommes, ici, n’ont pas subi un lavage de cerveau total, ni n’ont été drogués ou que sais-je d’autre...)... quelles motivations donc pour parvenir à accomplir un acte aussi décisif et définitif qui consiste à sacrifier ce que l’on a de plus précieux, savoir la vie... ? Bien sûr, il y a la religion, le fanatisme et plein d’autres formes d’idéologies...! Mais, la subtilité de l’oeuvre de Abu Assad réside précisément dans le fait que les deux protagonistes sont encore en mesure d’utiliser leur cerveau... Etant donc conscients - et l’opération ayant subi un contretemps - ils vont finir par choisir, pour des raisons très personnelles, de commettre l’acte irréparable ou non. L’analyse est fort intéressante et pointue, d’où une émotion forte, elle aussi... Le film est palestinien de par l’origine de l’auteur et d’un point de vue culturel et géographique; mais, au niveau du financement, plusieurs pays ont participé, notamment la France, Israël, le Danemark ou encore l’Allemagne... Au vu du résultat, il semblerait que l’auteur n’ait fait aucune concession au fric... Comme quoi, pour une fois, il est vrai que l’argent n’a pas d’odeur...

 

 

LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR - de Bruno Podalydès.(0/20) 1
France - Couleur, 1h55 - 2005.
Avec : Denis Podalydès, Jean-Noël Brouté, Sabine Azéma, Olivier Gourmet, Zabou Breitman, Michael Lonsdale, Isabelle Candelier, Bruno Podalydès, Pierre Arditi, Julos Beaucarne, Vincent Elbaz, Claude Rich.

Policier : S’agit plus d’une distribution... d’un casting... Plutôt d’une liste... insignifiante énumération... Après Le mystère de la chambre jaune et son succès assez mérité, le scénariste-réalisteur Bruno se relâche gravement... Nous sert une bien médiocre chorégraphie de caricatures plus ou moins agitées... pantins grotesques sans fonction aucune... Où est passée l’intrigue...? On la cherche en vain du début à la fin... on scrute l’écran bien sûr... on essaie de voir à côté également... ridicule réaction... ce n’est pas sous nos sièges qu’on va la déceler... ! On lève les yeux au ciel de lassitude... mais notre regard se cogne à l’obscur plafond... L’on absout volontiers les pauvres comédiens... sauf l’ineffable Vincent Le Blaze qui ne sait définitivement rien faire... et qui se permet des choses en sus, l’inconscient animal... se la joue insolite avec son regard divinement vide... l’expression, c’est pas son fort... voir Ma vie en l’air... Mais, bon, ne nous acharnons pas comme des chacals...! Réjouissons-nous plutôt que le public n’ait pas été dupe... Démarrage largement médiocre, suivi d’un bouche à oreille désastreux... !

 

 

LA PORTE S’OUVRE - (No Way Out) de Joseph L. Mankiewicz.(10/20) 1
USA - Noir et blanc, 1h46 - 1950. (Reprise)
Avec : Sidney Poitier, Stephen McNally, Richard Widmark, Linda Darnell.

Drame : Voilà un film daté (comme tous les films, tu me diras !)... Si j’apporte cette précision c’est uniquement pour rappeler qu’un film ne vieillit pas comme on a tort de le dire souvent... c’est nous qui vieillissons... le film, lui, est seulement daté... Donc, on est prié de faire un petit effort pour se mettre au diapason en resituant l’oeuvre dans notre tronche en fonction de l’époque... comme on le fait si bien par ailleurs, savoir en littérature par exemple... ! Néanmoins (et blaze en plus), il faut reconnaître que le manque de finesse voire la lourdeur de ce film aux intentions les plus nobles qui soient - tenter de faire admettre aux Américains de 1950 que les “nègues” sont des êtres humains à part entière - ainsi qu’un certain nombre de maladresses au plan structurel générant même des invraisemblances... ne sont point dignes d’un Maître tel J.L.M. Loin de là...! En revanche, quel plaisir de revoir un film techniquement bien huilé, avec un script étudié pour accrocher le public, des personnages à la psychologie, certes sommaire, mais qui a l’avantage d’être limpide pour tout le monde... contrairement aux branlettes actuelles où, sous prétexte de finesse extrême, nobody n’y entrave que lerche...! Quelle joie de revoir des “gueules” comme celle du savoureusement odieux Richard Widmark...! Bref. En deux mots, l’intrigue... Deux frangins, piètres gangsters, échouent lors d’un méfait et se prennent des bastos dans le costard puis se retrouvent dans un hosto où c’est un toubib noir, tout noir, qui va les soigner... L’un est dans le coma, l’autre se contente de patauger dans la connerie, sa blessure à la jambe n’étant pas catastrophique... Il patauge grave car il est “racisse” pire qu’un personnage de cinéma... C’est dire... Son frangin comateux passant l’arme à gauche pour une raison qui n’a aucun rapport avec sa blessure, il va accuser le médecin noir de l’avoir tué ! Rien que ça ! Voilà le début de la trame démonstrative à souhait... mais qui pourtant se laisse suivre assez agréablement car aucune réflexion fondamentale sur l’intolérance n’y est omise ou négligée... Donc, nous dirons démonstratif mais efficace. Ajoutons qu’à l’époque, réaliser un tel film était très courageux (quoique... même de nos jours, n’est-ce pas...) et bien que le nom de Sidney Poitier soit relégué dans la catégorie seconds rôles au générique, le personnage qu’il interprète (ce fut son premier grand rôle au cinoche), est lui bien présent. Pour ma part, je me suis permis de reclasser le casting par ordre d’importance...

 

 


Haut de Page

 


Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac