OCTOBRE 2005
Semaine 43  Du 19-10 au 25-10-2005

 

BE WITH ME - de Eric Khoo.(0/20) 1
Singapour - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Theresa Chan, Lawrence Yong, Lynn Poh, Samantha Tan, Seet Keng Yew.

Drame : Trois histoires emmêlées, toutes trois d’amour... d’espoir et autres belles “sentimentaleries” singulièrement moches grâce au parti pris formel terriblement impitoyable pour le spectateur... Un gros lard qui bouffe pour oublier un amour perdu, une donzelle larguée par sa girlfriend qui se suicide en se jetant pile sur la poire du gros lard... d’une pierre deux coups ! Et surtout, la grande leçon de courage et d’espoir -histoire authentique de Theresa Chaw - celle d’une dame âgée sourde et aveugle... qui survit malgré tout et malgré tout trouve le bonheur en finissant probablement en compagnie d’un sympathique vieillard... Cela émeut certains... les fait chialer... Moi aussi, j’ai failli chialer... de douleurs diverses et bassement physiques... maux de tête, nerfs en feu, yeux irrités par tant de disgrâce cafardeuse... On te parle d’espoir et l’on te désespère avec des images sombres qui te collent un blues bien noir... un manque de savoir-faire primordial “justifié” par la recherche de dépouillement, comme on dit, de sobriété... tzétéra... Et vas-y colle-m’en encore une, histoire de m’achever...! De tes prétendues minimalisations qui finissent par être bien plus prétentieuses que n’importe quel mélo ampoulé... Ce n’est plus du cinéma, c’est un assommoir... l’absinthe en moins...!

 

 

DON’T COME KNOCKING - de Wim Wenders. (6/20) 1
Allemagne - Couleur, 2h02 - 2004.
Avec : Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth, Gabriel Mann, Sarah Polley, Fairuza Balk, George Kennedy et Eva Marie Saint.

Drame : Paysages de western... tournage d’un western... et, un cow-boy pur jus fuyant le western au galop...! Ainsi commence le spectacle... On se prend à rêver immédiatement... de poésie... dont déjà un léger souffle nous caresse... de surréalistes aventures d’un héros qui tente de changer de film... Certes, le gars en a ras-le-bol... S’agit d’une star, un peu vieillissante, depuis toujours un peu flinguée de la tronche... névrosée, droguée et alcoolisée à ses heures... courant la pute... et survivant dans le tumulte de ses synapses... Le metteur en scène et son assistant... puis toute l’équipe... puis les producteurs et assureurs s’affolent et s’arrachent les tifs... Excepté un agent d’assurances (excellent Tim Roth), qui, flegmatique, part à la recherche du fuyard déglingué... Le fuyard ira se planquer chez sa très vieille môman (inattendu retour de Eva Maria Saint !) et apprendra par elle qu’il est père d’un fils âgé de trente ans...! Il va fissa retrouver la pressentie mère qu’il fréquenta dans une vie antérieure... Et ensuite, ça déconne ! Complètement ! Le scénariste-vedette Sam Shepard perd les pédales - sans doute après la soixante-dixième bouteille de bourbon... Un fouillis (qui n’est pas nouveau chez Wim) très wendersien nous égare désagréablement et le film se termine un peu... au hasard... C’est bien dommage... L’écran large ayant été à plusieurs reprises bien rempli d’images quasi oniriques, non dénuées d’une certaine beauté... En fait, rien à voir avec Broken Flowers malgré un point de départ semblable (un quinquagénaire célibataire qui apprend soudain qu’il est père depuis longtemps...).

 

 

L’ENFANT - de Jean-Pierre et Luc Dardenne. (7/20) 1
Belgique - Couleur, 1h35 - 2004.
Avec : Jérémie Renier, Déborah François, Jérémie Segard, Olivier Gourmet.

Drame : Décidément... la paternité en ce moment, ça nous travaille ! Ou simple hasard...? En tous cas, à Cannes, en mai dernier, z’ont dû avoir l’impression d’assister à des festivités... “thématiques”...! Bref. Voyons. Les frères Dardenne... Ils ont tenu leur belle “promesse” (titre du film qui les fit connaître) avec la merveilleuse “Rosetta”, également et dûment palmée elle aussi, puis nous ont un peu fait suer avec Le fils... et maintenant, ils enchaînent avec L’enfant... S’il s’agit d’une trilogie, leur prochain film devrait s’intituler L’embryon... Mais, trêve de blagues, ici le rôle en titre est apparemment tenu par deux personnages... Le bébé et l’irresponsable géniteur de vingt ans... Un jeune homme égaré, une sorte de chien fou qui court après les sous en enfilant les magouilles de bas étage... Il partage son existence avec une jeune fille qui donc... va avoir un gamin... Bien. Je ne vais pas faire comme dans la bande-annonce et raconter toute l’histoire - d’autant qu’elle est très mince - mais simplement remarquer que Jipé et Lulu se répètent en s’essoufflant... Le parti pris “vériste” qui consiste à tourner de longs plans-séquences, c’est-à-dire en durée d’action faussement réelle est énervant et usant !
(Mais peut-on chronométrer la réalité recréée...?). Oh, ils ne sont pas les seuls à nous emmerder avec ça... C’est la mode...! Les plans serrés qui nous laissent sans oxygène itou...! Cela dit, les frangins ont évité les clichés à la mode. Le jeune écervelé n’est ni une crapule, ni le classicos dealer, consommateur de came ou d’alcool... C’est juste un être humain qui a perdu pied dans une société cruelle et conne... Malgré quelques invraisemblances, les comédiens sont justes et la dernière partie du film est très prenante... Comme si les frangins, voulant s’amender, nous offraient une petite portion d’émotions fortes avant de baisser le rideau...

 

 

LES FRERES GRIMM - (The Brothers Grimm) de Terry Gilliam.(3/20) 1
USA - Couleur, 1h59 - 2005.
Avec : Matt Damon, Heath Ledger, Peter Stormare, Lena Headey, Jonathan Pryce et Monica Bellucci.

Aventures fantastiques : Les frères Grimm sont de faux pourfendeurs de malédictions... Jusqu’au jour où il leur en tombe une bien réelle (si’ j’ose dire) sur le coin de la tronche... Quel sens peut avoir le mot “malédiction” dans un film athée ? Première question... Pourquoi donc cet imbuvable mélange de personnages authentiques dans une fantastique fiction...? Est-il vrai que les Français, au dix-neuvième siècle, parlaient l’anglais avec un accent français caricatural...? C’est que, mon bon ami, il s’agit ici d’une fantaisie, voyons...! Qui plus est, nous sommes au cinoche, Pays des Rêves...! Certes, moi je veux bien... Mais pourquoi donc n’y croit-on pas plus d’une poignée de secondes...? Ben, j’vas vous l’dire, en toute simplicité, c’est passque le Gilliam il a raté son film ! C’est tout con... Mais, c’est comme ça... Du reste, si je zieute un peu en arrière, je m’aperçois qu’à part Monty Python, sacré Graal ! , Brazil et L’armée des douze singes, m’a jamais bien emballé le Terry foldingue... Toujours est-il qu’ici il s’est embourbé dans une mélasse bassement commerciale où l’on vous sert de “l’effet spécial” à la louche... en omettant de préserver un minimum de cohérence indispensable à une démarche dite fantaisiste... Côté interprétation, seul Jonathan Pryce est quelque peu comédien...

 



KEANE - de Lodge Kerrigan. (0/20) 1
USA - Couleur, 1h33 - 2004.
Avec : Damian Lewis, Abigail Breslin, Amy Ryan.

Drame : Là, côté plans-séquences-serrés, c’est le maximum ! Avec, en cerise bien amère, un acteur qui n’assure pas...! Faut dire que le pari était osé... la barre placée très haut... un rôle pour comédien de génie... Etant donné les conditions de travail, surtout ! Un metteur en scène qui te lâche dans la nature en te disant (sans doute...) tu es le personnage, fais pour le mieux (en ne faisant rien de préférence), t’occupes, la caméra te suit... vas-y, mets-m’en donc pour une plombe... Tout cela, avec pour fils conducteurs, une situation nullement crédible et un personnage illogique au possible et qui n’est même pas fou...! En tous cas, ça ne se voit pas dans les mirettes du modeste Damian Lewis... Le gars en question s’est fait piquer sa gamine de six-sept ans - depuis un certain temps déjà - et revient inlassablement fouiller la gare où s’est passé le malheureux événement tous les jours et tout le temps... Inutile de dire à quel point c’est chiant pour le spectateur...! Et, une fois de plus, (voir plus haut L’enfant ), l’on nous prend pour des nases en nous vendant du vérisme plus faux que la pire des mauvaises caricatures ! Putain, si tu veux filmer la réalité, bonhomme Kerrigan, va dans la rue et ne fais aucune mise en scène ! C’est là qu’elle se trouve cette réalité de merde qui t’obsède tant !!! Je cesse, j’ai les nerfs en feu... et, contrairement aux critiques qui trouvent ce film bouleversant, je dis haut et fort : “Halte à la pseudo-mutation cérébrale !!!”

 

 

LA MAISON DE NINA - de Richard Dembo.(O/20) 1
France - Couleur, 1h52 - 2004.
Avec : Agnès Jaoui, Sarah Adler, Katia Lewkowicz, Gaspard Ulliel, Charles Berling.

Drame : Lors de la Libération, les maisons d’enfants - dont celle de Nina - accueillent de nombreux gamins déportés et rescapés des camps de concentration... C’est essentiellement par respect pour les victimes de la shoah (ou de tout autre génocide) que je suis scandalisé de voir qu’un aussi honteux navet puisse exister...! Certes, le réalisateur Dembo est décédé (paix à son âme !) avant d’avoir terminé le film. Cela dit, tant d’indigence scénaristique, de stupides et plates énumérations de situations clicheteuses; de dialogues navrants lamentablement marmonnés par des acteurs déboussolés sans doute... ce n’est pas permis ! Les personnages au service (?) de ce film commémoratif ne sont que de piteux pantins... en fait, les mots me manquent...! Et puis, Jaoui... Ah, la Jaoui...! Elle n’apprendra donc jamais à parler un peu moins vite...? De toute façon, elle n’a jamais rien su faire... alors, résignons nous ! Non, M’sieu-Dames, n’allez pas voir ça ! Il y a d’excellents documentaires sur ce sujet... Et puis, tiens, au hasard, autant aller revoir - pour rire aux larmes - La vie est belle de Benigni... !

 

 

MIRACLE A PALERME - (Miracolo a Palermo) de Beppe Cino. (0/20) 1
Italie - Couleur, 1h31 - 2004.
Avec : Michele Lucchese, Tony Sperandeo, Maria Grazia Cucinotta, Egido Termine.

Drame : Vague histoire d’un vague gamin dont le vague père s’est vaguement fait zigouiller par de vagues mafiosi... Ne connaissant point le réalisateur Beppe Cino, je me fis quelques illusions... La Cucinotta m’avait laissé un beau souvenir avec le fabuleux Facteur de Radford et Troisi... Me disais qu’il pouvait y avoir encore quelque chose à tirer du cinoche rital... au vu du dernier film de Salvatores, L’été où j’ai grandi... (voir critique Cinékosma)... Que nenni ! T’auras peau de balle ! Pas de scénar, (sur quoi se fondent donc les producteurs pour financer ce genre de merde ?!?), acteurs surjouant des personnages sortis de la poubelle de “chutes” des studios de Cinecittà des années soixante-dix... Que dire de plus...? Marre de me lamenter...! Voilà du cinéma italien dégénéré...

 

 

LES NOCES FUNEBRES DE TIM BURTON - (Tim Burton’s Corpse Bride) de Michael Johnson et Tim Burton.(12/20) 1
USA - Couleur, 1h15 - 2005.
Avec les voix de (en vo) : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily Watson, Albert Finney.

Animation : Simple comme “bonjour”, insolite à souhait et chargé d’humour et de dérision, ce petit film d’animation ne mérite pourtant pas que l’on se roule par terre en bavant de béatitude et en vomissant d’extase...! Les critiques sont des gens indécrottables qui aiment se la jouer fine en créant des modes... Dernier cri : Tim Burton ! Un must, Môssieur ! Je n’ai rien contre Timmy, ce brave Timmy... n’est-ce pas... Son histoire de mariage avec une amoureuse d’outre-tombe ne manque pas de charme comme je viens de le dire plus haut... Simplement, il ne décolle jamais vraiment... Genre envol de poule... tu vois ? La superbe scène de piano à quatre mains - celles des deux protagonistes - est cruellement courte...! Il en va ainsi de presque tout le film... Quant à l’originalité, eh bien... elle n’est pas si originale que cela... Nulle insolence réelle... les codes narratifs habituels sont presque tous respectés... En y regardant de plus près, donc... le film agace...! Même si le plaisir est constant, il est par trop dilué... Sans cesse, l’on déplore que Timmy passe juste à côté de fabuleuses merveilles... Car ce film aurait pu être un superbe chef-d’oeuvre... Mais, comme trop souvent, les idées ne sont pas assez riches... les rapports amoureux entre une morte et un vivant aurait pu donner corps et âme à une poétique réflexion envoûtante... Je ne vous dirai pas laquelle... Mes idées, je les garde pour bibi... Tralalalalère...!!!

 

 

OLIVER TWIST - de Roman Polanski.(20/20) 1
France / Grande-Bretagne - Couleur, 2h05 - 2004.
Avec : Barney Clark, Ben Kingsley, Jamie Foreman, Mark Strong, Leanne Rowl.

Aventures : Saperlipopette ! Je commençais à croire que je virais dingo... que j’avais chopé “la grippe des ovaires”... ou une autre saloperie... ! J’avais oublié que cela pouvait encore exister...! Un “vrai” film ! Où tout est soigneusement concocté et réalisé...! Je ne sais par ou commencer...! Oui, au début et à la base, il y a Charles Dickens. Indiscutablement, l’un des plus grands romanciers de tous les temps. Mais, paradoxalement, comme handicap, il n’y a pas mieux ! D’ailleurs, ce n’est nullement paradoxal, les plus belles écritures sont quasi inadaptables à l’écran. Because il s’agit d’une tout autre forme d’expression, point barre. Sauf exception... Et, en voilà une ! Et de belle taille ! Polanski, dont on sait depuis fort longtemps qu’il sait faire un film - parfois génial quand il daigne - nous revient en grande forme. A mon sens, cela fait très très belle lurette qu’il n’était parvenu à un aussi beau résultat. Eh oui, je fais partie des gens que son précédent film, Le pianiste, n’avait convaincu qu’à moitié... Avec ce bijou, d’emblée l’on est emballé, adjugé, vendu, l’oeil incrédule et l’oreille tendue... Je ne suis pas sûr que tout le monde connaisse bien l’histoire de ce petit orphelin martyrisé par un entourage social des plus méchants et cruels... je ne vais pas pour autant la raconter... Disons simplement que les mésaventures du jeune héros sont fort nombreuses, palpitantes, émouvantes à souhait et, le tout teinté d’un réjouissant humour so british... A propos de “british”, le casting est d’enfer !!! Du rarement vu ! Le moindre figurant y est parfait ! Le gamin Barney Clark est un Oliver Twist idéal et... Ben Kingsley, mes aïeux...!!! Gandhi métamorphosé en Fagin, ça impressionne le bonhomme, je te le dis ! Il faut le voir jubiler en caressant avec délectation son petit trésor... pierres précieuses, bijoux, tzétéra... Du jamais vu ! Kingsley puise au fin fond de son âme et exprime... quelque chose d’inexprimable...! Eh oui, les “branlo-comédiens” catégorie “inexpression totale”, allez prendre une leçon ! Bref. Au-delà du spectacle; décors, costumes, mise en scène d’orfèvre, interprétation on ne peut plus savoureuse; au-delà, il y a dans cette fameuse histoire une peinture implacable et une profonde remise en question de la société (celle d’hier comme celle d’aujourd’hui) et, partant, de la gent humaine. Nul mieux que Dickens n’a su créer des personnages aussi vrais que pittoresques - et Polanski a su les recréer de la manière la plus fidèle, savoir en même temps personnelle... Excellente illustration de l’oeuvre de Dickens, certes, mais bien plus encore...! Quant aux ignares (de Loyola, bien sûr !) qui ne connaîtraient encore rien de l’oeuvre de Dickens, qu’ils courent fissa à leur librairie la plus proche ou à la bibliothèque ! Et... pour finir en beauté, vous prendrez bien une petite tranche d’Alain, qui fut un grand admirateur de Dickens... Si, si... ! Allez, allez...! Juste une petite bouchée pour le plaisir... “C’est ainsi que Dickens s’étend à partir d’un centre, et toujours y revenant, toujours tissant les pensées et les rêves sur le même décor planté de biais. Il est profondément vrai que les lézardes soutiennent l’imagination; d’où je tire quelquefois, et peut-être témérairement, que ceux qui ont grandi dans une maison sans lézardes ne peuvent point avoir d’idées naturelles. Nous voilà donc dans un monde où rien n’est selon un plan, où chacun tire parti de tout, où nécessité l’ingénieuse montre ses solutions de fortune. Ainsi c’est le génie humain qui vous regarde de tous ses yeux. Tout est improvisé et inventé; il n’y a pas une serrure qui marche, pas un tournant d’escalier qui ne gémisse; et c’est un art prodigieux que de se glisser parmi ces hasards fixés, et d’y trouver sa place. Aussi le jugement n’y chôme point. Le jugement perceur de murs sait alors ce que c’est qu’une rue et puis une autre, d’où enfin l’on arrive au pont de Londres, à la solitude peuplée, à l’écrasante grandeur; et la Tamise au-dessous roule des eaux inhumaines...”.

 

 

 


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